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18.04.2006

Une enfance en Bretagne 10 - véhicules

Véhicules à moteur
Je me souviens des premières voitures particulières, outre celles des commerçants – boulangers/épiciers, garagistes et autre camion magasin – notamment de la première voiture acquise par un voisin et qui l’exposait presque devant tout le monde sur la placette devant la chapelle. C’était en plus une voiture étrangère, une Opel achetée par les Le Coq (qui étaient toujours à la pointe du nouveau). Beaucoup de gens du bourg étaient venus tourner autour. Une voiture ! Une vraie.
Bien sûr il y avait aussi déjà celle de mon tonton Marcel, une Renault dauphine noire, appelée Titine, dans laquelle on a souvent fait les allers-retours Trébrivan/Le Frostel. Et même des virées à Brest ou la fameuse ballade à la mer annuelle.
Et puis les 404 Peugeot de mon grand oncle, qu’il conduisait avec extrême lenteur et il valait mieux cela car ses réflexes n’étaient plus adaptés à l’évolution de la conduite et de la voierie. Pour lui, il n’y avait pas meilleur que les Peugeot. Inutile de citer d’autres marques.
Une curiosité locale automobile, c’était les « pétrolettes », nom donné aux voitures style simili-jeep ou méhari d’Arsène,notre voisin paysan, devenues des "tout-terrains" par la force des choses et qui ont souvent manifesté leur dur traitement en tombant en panne, voire en brûlant. Un véhicule de jungle dans le bocage breton, c’était inattendu et ajoutait au pittoresque du personnage. On l’entendait venir de loin, la « pétrolette », un phénomène à lui seul.
Sur la route de la maison d’ailleurs, à côté d’une entrée de champ, il était demeuré longtemps une épave de voiture qui n’avait sans doute pas supporté le rythme paysan. On en a fait des jeux là-dedans, voyant disparaître régulièrement des pièces détachées, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une carcasse envahie de fougères. Je ne me rappelle plus ce qu’était cette voiture, ni comment elle est arrivée là, ni comment elle est partie mais je la visualise bien encore en haut de la route, dans le fossé, avec les vaches d’Arsène derrière, regardant sans voir ce bout de tôle et s'en allant sans demander leur reste, pour broûter de l'herbe, insensible au déroulement du temps qui court depuis les dauphines jusqu'aux 205.

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