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26.05.2006
Une enfance en Bretagne 19 - le pain de deux
Le "pain de deux"
Je me souviens de ces grosses tartines de pain que l'on mangeait à la sortie de l'école, enveloppées dans un torchon ou plus tard dans du plastique. Avec du beurre salé et de la confiture. C'était du gros pain, mais en fait je crois qu'on a toujours eu du gros pain à la maison, et quel moment l'après midi, quand on restait à l'étude, et qu'on défaisait les 2 tartines censées nous faire tenir jusqu'au soir et sa fameuse soupe (avec du pain..) !
Il y avait toujours du pain à la maison, du pain de "deux livres" ou plus gros encore et qui avait une vague odeur de placard, et prenait toutes les formes possibles pour bien affirmer son rang d'aliment de base dans une alimentation somme toute peu variée.
Dès le matin il envahissait le grand bol blanc avec liserés bleus, presqu'un mini saladier à lui seul, siège de l'immortelle "soupe au café" : du café/chicorée au lait bouilli avec des petits morceaux de pain qui ramollissent à l'intérieur, et s'amalgament, tout cela avec 4 ou 5 sucres et que que voilà un plat qui tenait toute la matinée. Je n'aurais pas pu en manger ailleurs, ça m'aurait un peu semblé incongru, voire dégoûtant, mais je me rappelle encore que même après avoir passé des années à Paris ou ailleurs, quand je revenais rendre visite à ma mère, je reprenais avec un énorme plaisir cette espèce de mélange pas très digeste mais merveilleux à la fois.
Ensuite, il y avait les tartines au beurre, à tout moment, nécessaires comme l'air qu'on respire. Et le must, quand la cuisinière à bois donnait à fond, c'était de mettre ces tartines dans le four, déjà beurrées, juste assez pour faire le faire fondre, hmmm. Ou bien alors les tartines directement sur la cuisinière, devenant noires sur les bords, pas loin du goût du grille-pain finalement mais en mieux.
Et puis le soir, inévitable, dans la soupe aux légumes. On coupe le pain en petites tranchettes, on les met dans la soupière et hop on verse le mélange légumes de saison, en général carottes, poireaux, rutabaga, oignons et pommes de terre : le plat complet !
Enfin pour nous faire plaisir à nous enfants, il y avait les soirées "soupe au lait". C'est à dire la même chose, petites tranchettes, mais au lieu de légumes et bouillon c'était juste du lait chaud (de nos deux vaches) et c'était un régal ! Tout comme le must du must et ça fait bizarre en y repensant car c'est tellement galvaudé maintenant : le repas du soir chocolat au lait et pain beurre. Vrai de vrai, pour mon frère et moi c'était la fête. Avec du chocolat "Poulain"qui ne servait qu'à cette occasion ou alors en poudre sur une tartine de pain beurre à quatre heures, mais jamais le matin, terrain réservé de la soupe au café.
18:25 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne


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