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08.06.2006

Une enfance en Bretagne 22 - les habits des femmes

Les habits des femmes
66614ac06248ea3a0dfe48b6616c3b11.jpgDu plus loin que je m'en souvienne, les vêtements n'apparaissaient pas vraiment source de dilemme.
Ce n'était plus le costume breton tel qu'on se le représente, juste quelques vieilles voisines les portaient. Et elles le portaient bien, corbeau noir avec juste une coiffe.
Non, moi je me souviens de l'utilitaire, simplement, et la norme de ce qui se faisait partout dans le coin. La tendance si on peut dire, plutôt dans le sens de communautaire et pratique, entretenue par les femmes entre elles avec l'aide des camions magasins qui déballaient toujours les mêmes modèles : de la blouse et de la veste en maille. Ce sont juste ensuite les couleurs, rayures ou fleurs, manches ou sans manches, qui faisaient briller les yeux des grands mères au moment du choix. Moi j'avais l'impression que ces vêtements étaient tous les mêmes. Pas vraiment "fashion victim" les mamies.. Oui mais attention il y avait blouse et blouse : la "sans manche", portée sur un pull tricoté et jupe, et demeurant étonnamment pratique pour les éclaboussures et épluchages divers. Ou la "classique", en coton et parfois quelques nouveaux textiles mélangés (ah le fameux tergal, plutôt classe ou le nylon pour les tâches plus ingrates, tuer un lapin par exemple), couvrant une robe, ou carrément juste une "combinaison" s'il s'agissait d'un tissu lourd. Avec des grandes poches pour y placer l'utile, allant du mouchoir aux pinces à linge ou au couteau "sert à tout faire".
Et par dessus, l'inévitable gilet, ou veste en maille, en général du bleu marine ou un espèce de mauve qui a toujours fait fureur dans le coin. Et il y avait parfois des petites fantaisies dans le tricot, des torsades, crochets etc.. Une blouse comme ça pouvait ainsi durer la semaine, elle se lavait très bien, il y en avait toujours une à sécher quelque part.
Très rarement les robes, juste pour les grandes occasions, en tissu synthétique, le top du top, avec cette fois des super-cols ou des espèces de cravate, et inévitablement un gilet, mais cette fois plutôt blanc et léger. Mais sans gilet, il ne fallait même pas y penser.
Et pour finir, une écharpe, ou plutôt un foulard léger pour bien couvrir à l'intérieur et un châle à l'extérieur, qui débordait bien sur le gilet.
Enfin, toujours à l'extérieur, l'imper (eh on est en Bretagne quand même) en bleu marine ou gris généralement, avec la variante manteau un peu plus épais. Ceux là pouvaient durer des années, ce n'est pas tous les jours qu'on achetait un manteau, et quand c'était le cas c'était un évènement, alors que les blouses faisaient le lot des de base des camelots des marchés, avec les gilets et les chaussons, style charentaises (et il y a encore plus longtemps les sabots avec des caoutchoucs qu'on pointait sur la semelle, avec des minuscules clous et des chaussons fins à glisser dedans..).
454a2c82979b59400351e258e90b19ff.jpgEt, la touche finale, le sac à main , en cuir ou simili, avec des fermetures bien dorées ou nickelées, toujours porté à la main, pas de bandoulière. Marron ou noir et très grand, pour les mouchoirs, parfois des gants et surtout le gros porte-monnaie à plusieurs compartiments et fermoir en clic, qui sentait bon le mélange de sou et de cuir humide.


Il y avait aussi les habits des hommes, mais ce sera pour une autre histoire

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