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13.07.2006
une enfance en centre bretagne 38 - le pardon de Ste Anne 4
Le pardon de Ste Anne 4
Le lundi clôturait le week-end de fête par la fameuse course cycliste. Et l'affluence était grande. Il faut dire que le cyclisme dans le coin a toujours eu un franc succès, comme partout en Bretagne. Je ne sais pas pourquoi. Les deux principaux sports à se partager les passion des hommes (car les femmes à l'époque ne s'y intéressaient pas) c'était le football et le vélo, et je crois que cela n'a guère changé. Chez mon oncle c'était plutôt foot, chez nous c'était vélo. A la télévision, mon père ne ratait jamais une étape du tour de France et il s'est beaucoup reconnu, comme maints bretons de l'époque dans Jean Robic, Louison Bobet puis Raymond Poulidor, et enfin Bernard Hinault. Avec quelques écarts quand même pour certain étrangers tels Luis Ocana ou Eddy Merckx, parce qu'ils réussissaient en montagne, et la montagne fascinait les bretons, comme un autre monde inaccessible et mystérieux.
La course du pardon était une épreuve assez renommée, et beaucoup de compétiteurs des alentours venaient y participer, chacun avec des maillots tellement bien collés au corps et déjà recouverts de toutes sortes de "réclames" pour des commerces ou services locaux. Le Crédit Agricole était déjà et toujours là mais aussi le Magasin Vert, les aliments Provimi et l'éternel Groupama. Il y avait parmi les coureurs notre champion du village, censé défendre notre honneur et qui se faisait applaudir à tout rompre à chaque passage, ou plutôt il se faisait encourager en hurlant son nom, on savait donc tout de suite qui passait et cela plusieurs tours d'affilée. Car la couse cycliste c'était un parcours en boucle, emprunté une quarantaine de fois. Comme un critérium de Callac en miniature.
Le critérium de Callac, qui a lieu en juillet juste après la du fin tour de France attirait quant à lui pratiquement tout l'Ouest. Car les vedettes en étaient souvent les récents premiers au classement général du tour de France. Et sur l'affiche, on avait pu voir les noms de Gimondi, Poulidor, Merckx, Fignon du très beau monde qu'on avait d'ailleurs du mal à apercevoir tellement il y avait foule. J'y suis allée une fois, et je n'ai rien vu.
A Trébrivan, On voyait. Parce qu'on venait assez tôt, en tout début d'après midi. On s'installait sur un talus, là où il y a plein d'herbes, sans branchages ou ronces et plutôt situé sur un haut de côte comme cela ils passent moins vite les coureurs. Si c'est proche de la ligne d'arrivée (et du compte tours où il y avait sans arrêt des bonus et des primes offerts par tel ou tel sponsor) c'est encore mieux. Mais ils étaient nombreux les spectateurs à vouloir les meilleures places et les haies des environs tout à coup semblaient avoir retrouvé des couleurs fleuries, avec les robes des femmes, les rubans et les jupes des filles, les chemises ouvertes des hommes (pas de veste, en général il faisait beau). La modernité avait vu aussi se déployer quelques sièges pliants ou chaises de camping au bord de la route mais c'était nettement moins bien qu'un bout de talus entre deux noisetiers. Les participants c'était les membres des clubs cyclistes, de tous ages, mais plutôt les jeunes car le parcours avait des sacrées côtes.
On s'est d'ailleurs amusé à le faire ensuite nous-mêmes, mon frère et moi, avec notre petit vélo, pour découvrir cette fameuse côte de Botcoadic, qui s'annonçait comme la terreur des coureurs. Effectivement, elle montait dur, mais sur une si petite distance que maintenant elle apparaitrait comme une difficulté de 20ème catégorie d'un circuit miniature. Et pourtant ils en ont souffert les sportifs, transpirant à grosses gouttes, abandonnant même au 8ème ou 12ème tour, sous les honneurs car on compatissait toujours aux pauvres qui ne parvenaient pas à terminer. On trouvait quand même le temps long et à la fin on finissait par fureter dans les champs derrière notre place pour découper des bouts de branches et en faire d'hypothétiques armes, de façon à se poursuivre après, plus du tout concernés par la course qui se jouait.
Heureusement il y avait l'animateur local, chargé de faire monter la tension, de faire miroiter les primes offertes par tel ou tel magasin (quelques dizaines de francs de l'époque, et parfois carrément en nature avec par exemple un cochon offert par le fermier machin) et de jouer entre les passages des musiques festives, où je me rappelle beaucoup d'accordéon. Il avait de la voix ce speaker professionnel, inlassable et certainement soulant. Mais c'était la fête.
Le vainqueur avait droit à un article dans le Télégramme et une mention sur son CV. Quand même !
Et le soir c'était bal (oui il y avait une fois fest-noz et une fois bal)
13:00 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne


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