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18.07.2006
DIG : un flamboyant ciné rock
DIG
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Hier soir j'ai regardé DIG, un film documentaire de la réalisatrice Ondi Timoner sur l'itinéraire sur 7 années de deux groupes de rock indépendant depuis 1996: les Dandy Warhols (que je connaissais déjà) et les Brian Joneston Massacre.
Ceux-là je n'en avais jamais entendu parler et pourtant ils ont déjà pondu 12 albums. Le parti pris de la réalisatrice est très intéressant, suivre les deux groupes de l'intérieur en parallèle et en croisement.
Car au départ, ils se connaissent, s'apprécient, développant le même thème de revival 70's avec un son plutôt mélange de psychédélisme et de british, ce qui les fait détonner dans le milieu rock américain standardisé.
Les BJM (on fait dans l'abréviation) et les DW ont eu cette même dynamique de révisitation du style 70's avec la sauce noisy des groupes grunge précédents. C'est un peu brouillon, mais avec de réelles mélodies derrière et un art de se ré-approprier un son, sans que cela fasse plagiat.
Les parcours ont vite divergé, dûs pour cela à la signature des DW sur une major (Capitol) et au refus suicidaire des BJM de se plier aux sirènes des maisons de disques, allant jusqu'à bousiller un showcase qui avait été prévu
pour permettre de séduire une major et ses millions de dollars.
Car les BMJ se battent sur scène, arrêtent de jouer, filant des torgnoles à un spectateur mécontent. Ils peuvent jouer pendant 10 heures pour 10 personnes et le lendemain un des musiciens se fait engueuler et quitte le show.
Car le leader du groupe, Anton Newcombe, omniprésent dans ce film-docu, est une figure du rock comme on n'imaginait plus, à la fois génial et visionnaire, musicien prolixe (presque deux albums par an sur des petits labels avec parfois 18 titres), jouant de tout, imaginant des mélanges de genres et en même temps camé à l'héroine pour tenir, despote tout puissant, avec un égocentrisme hors du commun.
La caméra, acceptée depuis le début, ne cache rien des frasques des musiciens qui ont rarement été capables de tenir un live sans dérapage, ni des côtés glauques de leurs tournées et peu à peu se dessinent des figures-héros de l'histoire, Joel le tambourineman à rouflaquettes, Matt le bassiste semblant plus sérieux et souvent tenant le groupe à bout de guitares mais se frittant sans cesse au leader et bien sûr le fameux Anton, incroyable auto destructeur lyrique et charismatique. Et le guitariste qui a rejoint ensuite les Black Rebel Motorcycle Club.
L'intérêt c'est de voir l'amitié première et la fascination mutuelle des deux groupes, dont le chanteur de l'un joue sur scène en invité avec l'autre et vice-versa. Fascination et haine, quand les seconds, les DW acquièrent peu à peu une notoriété (méritée) notamment de ce coté ci de l'Atlantique. Ils deviennent soudain un archétype de groupe indépendant ayant réussi, devenant calibré major, avec 4 albums au demeurant superbes, assez beau look travaillé en plus si l'on compare aux gueules complètement cassés des BJM. Les relations se distendent, les déclarations deviennent aigries et tout cela sous l'oeil permanent de cette camera sans complaisance, ni pour les uns, ni pour les autres même si l'on a envie de prendre parti pris pour les losers magnifiques. La réalisatrice n'a jamais souhaité opposer mais a retracé fidèlement deux dérives musicales d'un ton juste. Pas étonnant que le film ait eu le prix du documentaire au festival de Sundance
DW
C'est Courtney Taylor des DW qui annonce le film, s'exprimant en fil conducteur et qui manifeste un réel hommage à son illustre "confrère" : il est à la musique des 90/00's ce qu'était le Velvet Underground.
Un film à voir, certainement un des meilleurs sur le monde du rock, un DVD à se procurer, des disques à écouter.
22:00 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock; cinéma


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