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02.08.2006
une enfance en centre bretagne 45 - catéchisme et communion
Catéchisme et communions.
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Pourquoi devait-on aller au catéchisme alors que toute notre famille était communiste et profondément anti-cléricale, je n'ai jamais compris. Je pense que c'était pour la sacro-sainte communion solennelle, histoire de l'avoir faite comme les autres, pour la montre du parrain (et c'est d'ailleurs la seule occasion où il jouait son rôle de parrain : acheter une montre) et le long repas chez le boucher-restaurateur du village avec la proche famille.
Mais auparavant c'était bien tous les jeudis matin depuis le cours moyen que nous allions jusqu'au presbytère pour entendre les histoires de la vie de Jésus avec des jolis petits livres illustrés de manière simpliste.
Le curé du village n'était pas dupe, et la plupart d'entre nous n'avions cure des évangiles. Mais nous aimions l'atmosphère de cette maison austère, avec de hauts plafonds, une odeur de cire et de verni que nous ne trouvions que là, mélangée à de l'encens. On apprenait à chanter quelques cantiques qui nous seraient demandés à la grand-messe pour donner un peu plus de poids au à la tiède ferveur des fidèles. Les chants, c'était ce que je préférais ainsi que les répétitions dans la petite chapelle Ste Anne, proche du presbytère et qui dresse son ancienneté au tout début de notre route. Je passais mon temps à observer le toit qui menaçait de s'affaisser (il l'a d'ailleurs fait plus tard, initiant un mouvement de "sauvez la chapelle Ste Anne") et les pierres disjonctées, dont certaines étaient couvertes de mousse.
Le catéchisme c'était aussi des espèces de notations avec belles images, des interrogations et un cahier où on faisait du coloriage. Du sérieux quoi.
Je me rappelle plus des retours à la maison, où nous prenions vraiment notre temps car il n'y avait ni école, ni vaches à aller chercher. Alors on musardait sur la route, cherchant des papillons, repérant des nids dans les haies (une de mes spécialités), cueillant ces espèces de petites poires que l'on appelait "copeaux", remuant des bottes de foin au grand dam des fermiers. Tout cela avec en tête les "j'irais vers ta clarté" et des images de Marie en robe bleue et apôtres pêcheurs.
Ma communion à moi était plus tristounette. J'étais déjà au lycée, à l'internat, et on devait bien être une cinquantaine de filles à faire notre communion ensemble, après que le lycée nous ait concocté une sorte de "retraite" studieuse. Toutes ces aubes blanches dans une grande église anonyme de St Brieuc où nous étions comme à l'appel, même pas droit à "notre" église de Trébrivan. En plus il pleuvait, il n'y avait que ma mère et mon frère (notre père avait déjà eu son accident) et en guise de repas, c'était un self de la gare routière avant que je ne pleure en voyant ma mère et mon frère reprendre leur car.
La communion de mon frère était plus classique, notre église, la famille très élargie, oncles et tantes et cousins et le repas chez le charcutier du village, un festin en longueur bien sûr avec même des chansons (plutôt du style"dans le jardin de ma tante" que "j'irais vers ta clarté"). Du vrai de vrai quoi.
En outre mon frère avait eu droit auparavant à la "confirmation". C'est à dire une claque par l'évêque. C'est comme ça que l'on comprenait le message et tout le monde en avait peur à l'avance. Pour ma part je suis bien contente d'y avoir échappé.
Par contre impossible d'échapper aux confessions car à un moment ou un autre le recteur (c'est le nom qu'on donnait à l'ecclésiastique du village, le terme curé étant plus générique et péjoratif tels "école de curés", ou "tel village vote toujours curé"..) nous interpelait pour nous dire que ça faisait longtemps qu'il ne nous avait pas vu dans le confessionnal. Il faut dire que c'était une corvée. Attendre son tour dans l'église froide et presque déserte, en regardant les tableaux du chemin de croix (avec Jésus qui tombait souvent – pour la 1ère fois, pour la 2ème fois..), puis s'agenouiller dans le confessionnal pour raconter des broutilles - comment j'ai pris quelques sous dans le porte monnaie de ma mère, et je me suis bagarrée avec mon frère, je n'ai pas été sage en classe, j'ai renversé les bottes de foin du voisin – et enfin sortir avec un pensum du style dix "je vous salue Marie" et deux "Notre Père" que je disais à toute vitesse avant de sortir dehors, ouf, débarrassée.
Le sentiment religieux n'a jamais été notre tasse de thé.
20:20 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne


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