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24.10.2006

une enfance en centre bretagne 60 - du gout de lire

Du gout de lire
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Mes premières lectures se résumaient plutôt à des illustrés, petits formats pas cher que l'on achetait chez Yvonne en même temps que les confiseries de saison, petits jésus en sucre ou grosses boules oranges à la noix de coco. Les héros nous étaient devenus familiers : la bande des trappeurs : Blek le Roc, Kiwi, celle de la jungle et de la préhistoire, héros dévêtus à peaux de bête, Akim, Zembla, Rahan, les rois du far west Tex Tone , Kit carson, Buck Jones aux noms aussi courts et secs qu'un colt sans oublier les indiens Rodeo, Mustang et quelques cas à part comme Mandrake le magicien. Et j'en oublie des tonnes. Presque toujours en noir et blanc, sauf la couverture. Ils finissaient leur histoire dans un grenier pour les plus chanceux, sinon en forme de papier d'emballage ou carrément faisant office de papier toilette. Mais auparavant, tous les enfants du village avaient pu lire leurs dernières aventure, passées de main en main et plutôt bien rentabilisées finalement Rien ne me plaisait autant que d'échanger des piles de ces petits formats avec des copains, avec le bonheur de la négociation ("tu me prêtes 3 Yuma , moi j'ai le nouveau Nevada broché) et la joie de plusieurs moment de lecture à venir.medium_mustang.jpg
Je me rappelle que nous avons été très intrigués à une période par un petit format réservé plutôt aux grands, et qui s'appelait "Satanik". C'était notre fantasme de pouvoir s'en procurer un, comme une énorme transgression Nous faisions celui qui achète nonchalamment quelques malabars, un "Kiwi" et..un "satanik", alors qu'à l'intérieur on avait une vraie trouille de cet interdit, et quand la vendeuse nous faisait remarquer qu'on n'avait pas l'age, c'était la suprême honte ! D'autant plus que le jeu n'en valait même pas la chandelle. Rien ne valait un bon Rodeo de derrière les fagots.
medium_pim.jpgDans le style fun, nous avions aussi les Pif le chien, Pim Pam poum (et pipo), Tartine. Mais j'étais moins fan, pareil avec les histoires de SF ou de guerre style Commando. C'était plus pour les gars et encore je n'en ai pas vu souvent trainer à la maison.
Nous les filles n'avions pas vraiment de Bd spécifique, du moins dans le genre petit format. Il existait bien des périodiques style Lisette, ou Caroline mais que je trouvais déjà un peu nunuches.
Sont arrivés ensuite les fameux "journaux" en couleur (de Mickey, de Tintin) avec plusieurs histoires ou séries sur un fascicule et des jeux du style points à relier entre eux, ou comment trouver le plus court chemin de la niche de Pluto jusqu'à l'os. Le must du must, c'était les reliures cartonnées de plusieurs numéros de ces périodiques. Cela faisait opulent tout d'un coup. Au moins ceux-là ne finissaient pas chiffonnés dans un coin ou enlevés par le vent voire dans les toilettes. Ils étaient rudes à négocier Mais surtout c'était la certitude de longs moments de lecture.
medium_michel.jpgPour des plus longs moments justement, je me suis mise aux livres, aux vrais, que ma mère voulait bien acheter de temps en temps, car cela faisait plus sérieux. C'était la bibliothèque rose avec le Club des cinq et le Clan des Sept puis la bibliothèque verte avec toute la série d'Alice et de Michel. Premières plongées dans les ambiances un peu policières et aventureuses, avec des héros de notre age et surtout découverte des descriptions, des longues phrases, des décors. Planter les personnages, les faire vivre, uniquement dans l'imagination. 6e4dad86726d41bd9a72ab8381d5696d.jpgCertains m'ont marqué comme une certaine "tombée du ciel" histoire d'une petite fille extra terrestre perdue sur terre (c'était bien avant E.T.) et sortie dans la collection "rouge et or".

J'adorais ces petits livres rigides, fidèles compagnons d'évasion. Grimpant encore d'un cran sur l'escalier littéraire, un oncle parisien m' achetait à Noël, en même temps que des "Mon Chéri" à la noisette, plusieurs romans de Jules Verne. Une vraie révélation. J'ai dévoré, de longues heures durant, et pourtant sans illustrations et certains étaient de vrais pavés. Mais quel imaginaire ! Autour de moi, les copains étaient restés aux petits formats et j'avais peu d'échanges de vrais livres en perspective. Dommage.
Mais il y avait des nouvelles apparitions, des nouveaux supports. Par exemple les magazines publicitaires du style "Meubles Levitan " ou Galeries Barbes" qui ont atterri chez nous on ne sait comment, et qui présentaient du mobilier à mille lieues de notre quotidien, mais qui me faisaient rêver, imaginant déjà plein de vies autour.
Et puis l'essor des magazines TV. Ainsi, même sans avoir la télévision, j'achetais télé poche toutes les semaines, parce que c'était le moins cher, et je lisais toutes les rubriques (il n'y en avait pas beaucoup vu le nombre restreint de chaînes à l'époque) Mais c'était comme entrer dans une famille de média, s'ouvrir à un monde extérieur. medium_telepoche.jpg
L'entrée au Lycée a constitué aussi l"entrée dans la grande littérature, celle imposée par les profs bien sûr mais aussi la découverte de la bibliothèque, du choix et des emprunts de livres, et surtout de la poésie. Mais c'est une autre histoire

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