« Herbiers des campagnes bretonnes 9 | Page d'accueil | Les indispensables fleurs de jardin »
31.05.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 10
Début juin
Flamboyant
C'est bien le mot qui convient pour le roi incontesté des herbiers (et il ne peut servir qu'à cela vu l'extrême grandeur de la fleur.) D'ailleurs, pour commencer un tableau, c'est d'abord un coquelicot qui y était posé, de préférence vers le milieu, car ainsi il dirigeait les places restantes et les mouvements à venir. Ensuite c'était pas mal de placer une autre grande fleur, plutôt longue, bordant un coté du tableau, par exemple une salicaire (on y reviendra vers juillet-aout, c'est une des dernières fleurs à fleurir sur le chemin. Les épilobes sont bien aussi (pareil, poussent plus tard) ou alors les digitales.
Donc par quoi on commence : le coquelicot – papaver rhoeas (famille des papavéracées).. Il déploie son rouge éclatant alors qu'on le croyait perdu en Bretagne après l'utilisation des herbicides dans les années 70. Eh bien non seulement il revient, mais pousse partout jusqu'à la moindre décombre, sur les bords des quatre-voies et bien sûr dans les champs qui n'auront jamais été aussi rouges. Très, très délicat à cueillir. Le temps que vous arrivez chez vous, et plusieurs pétales sont déjà tombés ou fripés. Alors, mieux vaut aller cueillir la fleur avec directement les feuilles ou l'annuaire, pas trop grosse quand même car ferait un trop gros pâté sur l'herbier, et là encore plutôt jeune, la capsule est moins épaisse et le plus rouge carmin possible, car ensuite il vire au plus foncé, et comme le pressage rajoute encore un coup de foncé, eh bien il peut y avoir quelques déceptions. Mais pas beaucoup, car le coquelicot garde quand même son coloris. Mais alors attention en le détachant, car il a tendance à rester bien collé au papier et les pétales semblent si fines qu'elles peuvent se déchirer. A décoller lentement, puis à recoller pareillement. En ce moment commence sa glorieuse époque. Les feuilles pennées, dentelées, à lobes étroits et profonds rendent bien aussi. Les fleurs à quatre pétales écarlates sont tâchées de sombre à la base et la tige est bien velue. Environ 50 cm.
La digitale pourpre – digitalis purpurea, appelée aussi grande digitale, ou gant de Notre dame (c'est joli) . Elle aussi s'élève fièrement au bord des routes et chemins et dans les clairières, gardant quelques distances avec ses congénères. Pratiquement un mètre de haut, une tige très épaisse avec des feuilles alternes et des fleurs tubulaires, en longs épis, style cloches rose foncé avec un intérieur à tâches blanches et noires. Cloche d'abord presque fermée, s'ouvrant au fur et à mesure de la croissance. J'ai déjà raconté l'anecdote de mes années d'enfance au bord des chemins en essayant de faire "claquer ces fleurs" en tenant fermement les deux extrémités et "clac".
Ceci étant, c'est une plante vénéneuse, médicinale, la digitaline étant utilisée pour traiter certains troubles cardiaques. Mais malheureusement au pressage, les fleurs conservent mal leur couleur et virent au marron, surtout si elles sont pressées avec la grosse tige bien grasse. Mieux vaut faire sécher les fleurs une à une et les disposer ensuite sur l'herbier dans les coins par exemple. Ou alors en choisir des très jeunes et très fines (en général, cela va ensemble)
L'autre jour, dans la série bleue, j'avais oublié la jasione- jasione montana et je m'en veux car elle a pour moi une connotation symbolique, étant en effet la fleur que je persistais à appeler bleuet pendant mon enfance (alors le vrai bleuet avait quant à lui disparu). Alors qu'elle n'appartient même pas à la famille des centaurées mais à celle des campanules. Mais elle ne ressemble pourtant pas à une campanule. Poussant dans les fossés, elle avait une odeur un peu forte qui sentait la campagne. Oui oui il y a des fleurs qui pour moi "sentent plus la campagne que d'autres" allez savoir pourquoi, le meilleur exemple étant la Reine des prés, définitivement associée à toutes les prairies. Pour revenir à la jasione, elle serait plutôt discrète, elle n'est pas souvent citée dans les livres de vulgarisation, mais continue sa présence persistante et semble t'il très ancienne, avec des fleurs bleues en capitules globuleux au bout d'une tige pratiquement glabre. Il faut la repérer, elle est petite et souvent cachée, assez isolée, au milieu des graminées.
Actuellement les fougères – dryopteris filix mas (fougère male) commencent leur gigantesque expansion et c'est à présent qu'elles sont intéressantes à cueillir, quand on peut choisir le feuilles au vert tendre et des dentelles de petites tailles. Facile à presser, une simple feuille peut servir à plein de choses car on les recoupe comme on veut. Moi j'en plaçais trois ou quatre dans un coin de l'herbier (en bas à gauche par exemple) et un effet champêtre avec mouvement était tout de suite trouvé. Bientôt elles seront trop grandes avec un vert trop sombre et trop lisses. Par contre pour les toits des cabanes ce sera parfait. Et quand elles poussent, elles poussent si bien qu'on ne les voit plus en tant que fougères mais élément de verdure, comme l'herbe ou les graminées.
La prochaine fois, on laisse de côté momentanément fossés et prairies pour un tour d'horizon des fleurs indispensables qu'il faut planter dans son jardin pour s'en servir ensuite dans les compositions florale pressées. Les incontournables des incontournables, les lobélias, alysses, verveine etc..
De multiples formes et couleurs très soutenues. Précieux alliés.
21:19 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, fleurs, nature


Ecrire un commentaire