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31.05.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 10
Début juin
Flamboyant
C'est bien le mot qui convient pour le roi incontesté des herbiers (et il ne peut servir qu'à cela vu l'extrême grandeur de la fleur.) D'ailleurs, pour commencer un tableau, c'est d'abord un coquelicot qui y était posé, de préférence vers le milieu, car ainsi il dirigeait les places restantes et les mouvements à venir. Ensuite c'était pas mal de placer une autre grande fleur, plutôt longue, bordant un coté du tableau, par exemple une salicaire (on y reviendra vers juillet-aout, c'est une des dernières fleurs à fleurir sur le chemin. Les épilobes sont bien aussi (pareil, poussent plus tard) ou alors les digitales.
Donc par quoi on commence : le coquelicot – papaver rhoeas (famille des papavéracées).. Il déploie son rouge éclatant alors qu'on le croyait perdu en Bretagne après l'utilisation des herbicides dans les années 70. Eh bien non seulement il revient, mais pousse partout jusqu'à la moindre décombre, sur les bords des quatre-voies et bien sûr dans les champs qui n'auront jamais été aussi rouges. Très, très délicat à cueillir. Le temps que vous arrivez chez vous, et plusieurs pétales sont déjà tombés ou fripés. Alors, mieux vaut aller cueillir la fleur avec directement les feuilles ou l'annuaire, pas trop grosse quand même car ferait un trop gros pâté sur l'herbier, et là encore plutôt jeune, la capsule est moins épaisse et le plus rouge carmin possible, car ensuite il vire au plus foncé, et comme le pressage rajoute encore un coup de foncé, eh bien il peut y avoir quelques déceptions. Mais pas beaucoup, car le coquelicot garde quand même son coloris. Mais alors attention en le détachant, car il a tendance à rester bien collé au papier et les pétales semblent si fines qu'elles peuvent se déchirer. A décoller lentement, puis à recoller pareillement. En ce moment commence sa glorieuse époque. Les feuilles pennées, dentelées, à lobes étroits et profonds rendent bien aussi. Les fleurs à quatre pétales écarlates sont tâchées de sombre à la base et la tige est bien velue. Environ 50 cm.
La digitale pourpre – digitalis purpurea, appelée aussi grande digitale, ou gant de Notre dame (c'est joli) . Elle aussi s'élève fièrement au bord des routes et chemins et dans les clairières, gardant quelques distances avec ses congénères. Pratiquement un mètre de haut, une tige très épaisse avec des feuilles alternes et des fleurs tubulaires, en longs épis, style cloches rose foncé avec un intérieur à tâches blanches et noires. Cloche d'abord presque fermée, s'ouvrant au fur et à mesure de la croissance. J'ai déjà raconté l'anecdote de mes années d'enfance au bord des chemins en essayant de faire "claquer ces fleurs" en tenant fermement les deux extrémités et "clac".
Ceci étant, c'est une plante vénéneuse, médicinale, la digitaline étant utilisée pour traiter certains troubles cardiaques. Mais malheureusement au pressage, les fleurs conservent mal leur couleur et virent au marron, surtout si elles sont pressées avec la grosse tige bien grasse. Mieux vaut faire sécher les fleurs une à une et les disposer ensuite sur l'herbier dans les coins par exemple. Ou alors en choisir des très jeunes et très fines (en général, cela va ensemble)
L'autre jour, dans la série bleue, j'avais oublié la jasione- jasione montana et je m'en veux car elle a pour moi une connotation symbolique, étant en effet la fleur que je persistais à appeler bleuet pendant mon enfance (alors le vrai bleuet avait quant à lui disparu). Alors qu'elle n'appartient même pas à la famille des centaurées mais à celle des campanules. Mais elle ne ressemble pourtant pas à une campanule. Poussant dans les fossés, elle avait une odeur un peu forte qui sentait la campagne. Oui oui il y a des fleurs qui pour moi "sentent plus la campagne que d'autres" allez savoir pourquoi, le meilleur exemple étant la Reine des prés, définitivement associée à toutes les prairies. Pour revenir à la jasione, elle serait plutôt discrète, elle n'est pas souvent citée dans les livres de vulgarisation, mais continue sa présence persistante et semble t'il très ancienne, avec des fleurs bleues en capitules globuleux au bout d'une tige pratiquement glabre. Il faut la repérer, elle est petite et souvent cachée, assez isolée, au milieu des graminées.
Actuellement les fougères – dryopteris filix mas (fougère male) commencent leur gigantesque expansion et c'est à présent qu'elles sont intéressantes à cueillir, quand on peut choisir le feuilles au vert tendre et des dentelles de petites tailles. Facile à presser, une simple feuille peut servir à plein de choses car on les recoupe comme on veut. Moi j'en plaçais trois ou quatre dans un coin de l'herbier (en bas à gauche par exemple) et un effet champêtre avec mouvement était tout de suite trouvé. Bientôt elles seront trop grandes avec un vert trop sombre et trop lisses. Par contre pour les toits des cabanes ce sera parfait. Et quand elles poussent, elles poussent si bien qu'on ne les voit plus en tant que fougères mais élément de verdure, comme l'herbe ou les graminées.
La prochaine fois, on laisse de côté momentanément fossés et prairies pour un tour d'horizon des fleurs indispensables qu'il faut planter dans son jardin pour s'en servir ensuite dans les compositions florale pressées. Les incontournables des incontournables, les lobélias, alysses, verveine etc..
De multiples formes et couleurs très soutenues. Précieux alliés.
21:19 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, fleurs, nature
28.05.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 9
Allez, encore un peu de jaune avant de passer au bleu. De toutes façons, il faut s'y faire, c'est le jaune qui domine généralement. C'est la première couleur qui apparaît au printemps, avec les ficaires et primevères, et qui se maintient avec les inusables composées persistantes, crépides et autres laiterons, et même les ajoncs qui fleurissent à deux reprises c'est pour dire.
Actuellement dans les fossés, le millepertuis – hypericum perforatum. Herbe à mille trous. Drôle de plante, très haute, 40 à 90 cm dans les fossés, qu'on prend de loin pour une autre composée style crépide Beaucoup de feuillage et ce sont d'ailleurs les petites vésicules claires de ces feuilles qui donneraient le nom à la plante, ressemblant à des perforations quand on les regarde devant une lumière. Les fleurs ne sont pas en reste, jaune ocre, pétales ponctués de noir sur les marges, avec plein d'étamines qui se dressent fières. La plante perd néanmoins de sa grandeur quand elle est pressée.
Linaire vulgaire – linaria vulgaris (famille des scrofulaires). Là aussi une plante dressée (entre 30 et 80 cm) aux feuilles nombreuses, étroites alternes sur une tige gris-vert avec des fleurs jaune à cœur orange sur la lèvre qui se terminent par un éperon droit, en épi au sommet des tiges. Pareil, bord des chemins, sur les talus, dans les prés.
Et maintenant du bleu. Si le jaune est une couleur dominante des fleurs sauvages de Bretagne, et le rose qui suit pas loin, sans oublier les blancs ou crème, c'est quand même le bleu le parent pauvre et le plus fragile au niveau du pressage. Mais en cette fin mai, ils font de la résistance, souvent discrets mais bien présents si on y regarde de près et souvent délicats.
Polygala commun – polygala vulgaris. voilà une petite fleur-grappe discrète (environ 15 cm) peu connue et pourtant celle qui déploie les couleurs les plus vives et qui en plus les conserve très bien, dans des proportions que sa taille permet, avec en outre la possibilité d'y joindre la feuille pointue pour un meilleur effet. De plus les sépales ont aussi l'aspect de pétales, ce qui rajoute en intérêt. Et elle peut varier du bleu intense au rose-mauve. Alors pourquoi cette méconnaissance ? Parce qu'elle est petite et un peu planquée dans l'herbe, de préférence en bord de mer ou alors en hauteur. Parce qu'elle ne pousse pas en grands groupes, et se mélange à d'autres fleurs plus banales. C'est dommage car voilà une valeur sûre.
Les Véroniques (famille des scrophulariacées) : elles sont surtout de deux variantes. Celle qu'on appelle véronique de perse – veronica persica. parce qu'introduite d'Asie au 19ème siècle;et devenue une des véronique les plus répandues . Une fleur à quatre pétales avec des stries blanches poussant en solitaire à l'aisselle des feuilles supérieures. Très basse, voire rampante, atteint 20cm.
Et sa cousine, plus remarquable, la véronique petit chêne – veronica chamaedrys.. Très jolie petite fleur de 15-30 cm de haut, qui a pour habitude de refermer sur elle-même
dès que le jour se cache. Carrément tapis de champs, ou de pelouse, elles déploient ensuite un bleu plus soutenu mais fragile en grappes pédicellées là aussi à l'aisselle des feuilles supérieures. Quand on s'y penche, la forme générale est harmonieuse et la petitesse peut lui permettre de figurer aussi bien dans des inclusions que sur des petites cartes ou grands herbiers. C'est un bleu un peu vieilli comme on en voit peu et qui doit être difficile à peindre. Enfin quand on peut en trouver un qui demeure bleu après le séchage, car, comme pour les pervenches, il n'y en a qu'une qui reste bleue pour neuf qui virent au beige. Dommage
Une autre fleur fragile, le lin vivace – linum perenne . elle aussi se referme sans luminosité avec un bleu pratiquement pâle presque transparent qui contraste avec la tige haut dressée et les feuilles oblongues vertes, linéaires, alternes. On dirait que c'est presque évanescent et d'ailleurs, quand on les cueille, il faut pratiquement y aller avec l'annuaire ou des feuilles pour y placer la fleur immédiatement, sinon, les pétales vont se détacher et tomber comme des flocons. On la trouve en bordure des champs, sur les talus, sols calcaires, comme d 'hab.
Et pour finir avec les fleurs bleues délicates : la campanule à feuilles rondes –
campanula ritundifolia de 20 à 40 cm, dressée, grêle. Feuilles étroites le long d'une tige glabre et des fleurs pâles, à la limite entre mauve et le bleu, en pédoncules longs et fins comme des cloches. Elle pousse plutôt dans les prés et c'est quand elles sont en groupe que l'on remarque cette teinte bleu-clair fragile mais si attirant.
Bourrache officinale – borrago officinalis . que voilà une belle fleur bleue, du moins la fleur très précise, c'est à dire les cinq pétales bleus, bien déployés avec un calice pourpre pointu, un peu comme celui des douce-amères. Je dis que juste la fleur est magnifique parce qu'elle serait plutôt desservie par les tiges velues, presque rugueuses, les grosses feuilles grisâtres, et qui ont tendance à ne pas mettre en valeur les terminaisons. Ne cueillir que la tête, et encore, comme pour les pervenches ou les véroniques petit-chênes, c'est un seul bleu qui reste pour dix de cueillies, mais dans ce cas quel bleu !
Cette plante de 60 cm poussant sur terres incultes est cultivée pour soigner la toux en infusion ou pour stimuler la sudation comme diurétique. Paraît qu'on peut la manger en salade, mais les feuilles ne m'inspirent pas.
Dans le même style, fleur bleue à cinq pétales très bien dessinées avec une sorte de strie blanche au milieu,
couleur profonde mais complètement perdue au bout d'une tige velue à feuilles qui se collent jusqu'au bout à la fleur, c'est la buglosse officinale – anchusa officinalis. Encore sur les décombres et terrains vagues. Comment ces fleurs font elles pour déployer de telles couleurs et de telles vertus sur des sols ingrats, c'est un mystère.
Pour terminer un bleu qui reste vif et qui sert à tout, mais alors à tout, c'est celui du bleuet des champs – centaurea cyanus. C'était auparavant une plante très commune dans les champs de céréales, voire une "mauvaise herbe" et qui est devenue rare à la suite des traitements herbicides. Il revient désormais à l'occasion des cultures de jardins. Et s'accrochent sur les talus de quatre voies en même temps que les coquelicots. Pubescence grise, et surtout capitules paraissant radiés. Facile à faire presser, en enlevant la pubescence bien sûr et ensuite il sert à tout.
Si on peut l'y joindre quelques centaurées noires – centaurea nigra, en fait
capitules rose-vif, presqu'en pinceau, cela fera un bel ensemble. La courbe et la taille de ces capitules se prêtent bien à un tas de compositions.
21:35 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fleurs ; bretagne
22.05.2007
une balade à la garde Guerin - St Briac
Une fin de dimanche crachinante à l'irlandaise (ou plutôt un dimanche "variable", car c'est bien connu en Bretagne il ne pleut jamais, il fait variable). Tous les Franciliens et Rennais sont repartis vers leurs villes respectives après une forte affluence du pont de l'ascension (certains diraient une "invasion" ) et le site est un peu désert.
Une balade à la Garde Guérin de St Briac, domaine naturel départemental, ce monticule culminant à 50 mètres, et qui offre une vue à 180 degrés sur toute la côte, du Cap Fréhel jusqu'au delà de Saint-Malo. J'aime bien ce monticule car il y a des dizaines de mini chemins non officiels qui s'enfoncent dans les fougères, recoupant d'autres mini chemins, passant sous des espèces d'arches naturelles constitués par les nombreux arbustes et laissant entendre les innombrables chants d'oiseaux qui ont dû batir des centaines de nids un peu partout. Sans compter les lapins du cru, plutôt omniprésents.
Et puis ce sont des couleurs toujours changeantes, entre le gris de l'hiver et les roches saillantes, puis le jaune des jonquilles du printemps et des ajoncs et enfin le rose des bruyères à partir de l'été.
Dimanche, la garde Guerin était devenue toute verte. le vert tendre des fougères qui sont en train de prendre possession des lieux, parce que même en autome elles donneront encore le ton des marrons (fougères fanées). Des bonnes odeurs que ces fougères naissantes, des différentes varétés de vert avec celles qui ont déjà un peu grandi. (en passant, pour rester dans le domaine des fleurs pressées, indispensables de cueillir des fougeres jeunes car leurs courtes feuilles et leur vert tranchant seront d'un meilleur effet surtout si on groupe quelques morceaux de ces plantes dans un coin de l'herbier, voire aux quatre coins)
Les paysages vus d'en haut sont sublimes et je m'extasie encore de vivre sur cette côte d'Emeraude dont les paysages, les variété de couleurs changeantes entre gris, vert et bleu foncé sont toujours remarquables.
Une petite vue du sommet, sur la commune de St Briac, avec un bout du golf et les petits ilots et avancées un peu déchiquetées.
C'était un bon dimanche, tout dans une certaine mélancolie.
08:00 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne
21.05.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 8
Mi-mai déjà
Dans le genre tellement petit qu'on marche allègrement dessus et ne la voit même pas, et se mêlant aux paquerettes, dans les lieux incultes : la minette – medicago lupulina, famille des légumineuses. En fait un mini trèfle, à tête bien jaune, rampant, présent au milieu de l'herbe. Avec bien sûr les feuilles similaires à celle du trèfle, mais avec souvent une sorte de tache au milieu, et pas plus d'espèces à quatre feuilles que les autres.
Et le géranium mou- geranium molle, la plus petite variété de cette famille, aux fleurs rose clair., parfois presque blanches. Très répandu dans les champs et au bord des chemins. Là aussi on marche allègrement dessus.
Et puis leurs grands cousins. D'abord, dans la grande famille des pois, variété luzernes, on trouve le lotier corniculé – lotus corniculatus, appelé aussi pied de poule. Bien jaune lui aussi, parfois avec des connotations rougeâtres. Il s'étend aussi dans les fossés, terrains vagues, bords des pelouses, là où l'on n'a pas tondu.
E
t puis les géraniums ont aussi leur grande cousine (50 cm quand même) au pourpre éclatant, qui se conserve remarquablement bien, peut-être virant au mauve mais c'est l'apanage de tous les pressages en général : le géranium sanguin – geranium sanguineum. Enfin il faut le chercher quand même car il préfère les lieux ombragés, les bords de mer, sous bois. Mais ça vaut le coup.
Enfin je ne peux pas quitte cette famille de géraniums sans un de mes préférés, peut-être parce que c'était les premières fleurs que je trouvais sur le chemin qui menait à nos champs : l'herbe à robert, appelée aussi herbe à esquinancie – geranium robertianum. La feuille est différente, devenant un peu rougeâtre, avec une fleur qui s'élève en solitaire (45cm environ de haut) et elle a une plus forte odeur que les autres. On la trouve dans les endroits plutôt ombragés. Il y a un peu ma même variété au bord de la mer : le bec de grue maritime- erodium maritimum.
Quittons cette famille des geraniums, qui sont tellement variés et se dessinent sous tellement de forme que vous devez au moins en croiser un quelque part (et ils conservent tous leur couleur au séchage) pour évoquer une fleur méconnue et plutôt délaissée. C'est vrai que la forme est un peu spéciale et elle ne rend pas terrible en bouquet, mais elle est omniprésente en cette période au bord des fossés : le fumeterre officinal – fumaria officinalis. Il fait en réalité partie de la famille des papévéracées, qui l'eut cru, et elle a tendance à se reposer sur les plantes voisines, étant elle même assez molle. Les tiges sont presque glabres et les fleurs sont bien caractéristiques, éperonnées, de couleur rose avec extrémités plus foncées. Il paraît qu'on l'utilise en infusion pour guérir la jaunisse et autres troubles du foie.
Ah et voici une superbe touche de couleur dans un herbier avec la morelle douce amère – solanum dulcamara. Famille des solanacées. Un violet et un jaune bien vifs avec en outre une forme de fleurs originale, en panicules lâches, pétales recourbés en arrière et une anthère en colonne très saillante. Elle peut atteindre 2m, rampante, là aussi cachée dans des buissons, terrains vagues. Depuis des siècles les baies font l'objet de superstitions et dans le tombeau de Toutankhamon on en a trouvé un collier. Elles sont très vénéneuses. Et comme souvent, c'est une plante médicinale. Mais la couleur et la taille sont originales, même pour de petites inclusions.
Enfin, dans la grande famille des labiées (variété des sauges), outre les orties et leurs fleurs à peine visibles, apparaît en mai l'épiaire des bois – stachys silvatica, que l'on devine à l'odeur, plutôt forte, et qui aime bien aussi le voisinage de l'eau. Très haute et bien dressée. fleurs pourpres, à tâches blanchâtres, en épis verticillés non feuillés.
La prochaine fois, on fera dans le bleu avec les véroniques, polygala, lins et puis les centaurées, bleuet et jasione et peut-être la flamboyance des coquelicots.
20:40 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, fleurs, nature
15.05.2007
Une enfance en Centre Bretagne 69 - indécrottables morbihannais
Indécrottables Morbihannais
Entendu du côté de Carhaix le lendemain du 2ème tour : "Le Morbihan a encore voté blanc."
Ah bon, au départ je n'ai pas compris le propos : prise en compte du vote blanc ? tendance Bayrou ?
Et puis me sont revenus bien sûr les mêmes réactions qu'il y a 30 ans, quand le Centre Bretagne et les Côtes d'Armor étaient les représentants rouges ('ru") de la politique, plutôt communistes que socialistes (sauf vers St Brieuc) , et plutôt minoritaires au sein d'une société encore très marquée par le christianisme, certes un christianisme à visage démocrate, dans la veine du journal Ouest-France, mais pour nous c'étaient des "blancs", des "gwenn" et la tendance morbihannaise à voter massivement à droite les avaient placés comme symbole de ces blancs, avec en outre une association au potentat conservateur local représenté par Raymond Marcellin. Un ancien ministre de l'intérieur, tiens..
Et puis on a vu lentement le Finistère glisser vers le rose, et même il n'y a pas très longtemps l'Ille et Vilaine, qui se targuait pourtant d'un département plutôt partenarial et centriste. mais du coté "gwenn" quand même.
Donc le 7 mai, le massif armoricain aurait pu se revêtir de cette couleur de granit rose royal (jeu de mots) s'il n'y avait pas eu cette tendance du 56 à encore "voter blanc". Mais à 51.12 % seulement Donc il y a de la progression par rapport aux 65% de Marcellin.
Allez un dernier petit effort et on aura une péninsule entière résistant à l'envahisseur
18:05 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne, politique
14.05.2007
herbiers des campagnes bretonnes 7
Au bord de la mer
Les côtes bretonnes ne sont pas les plus chatoyantes au niveau coloris de fleurs. Celles-ci en règle générale sont de la même famille que leurs congénères champêtres, mais plus rabougries, plus duveteuses et épaisses.
Ainsi l'euphorbe maritime – euphorbia paralias, à la tige plus rouge et aux fleurs plus minuscules que celles des haies, qui semble sortir bien costaud du sable ou de terrains arides. Elles ont en outre plein de feuilles pointues concaves du coté de la tige.
Pareil pour les silènes maritimes – silene vulgaris maritima , famille des stellaires, avec des feuilles grisâtres en paires, beaucoup plus basses, formant des tapis, avec un renflement plus prononcé.
Les trèfles et luzernes ont aussi leur variété maritime : la luzerne maritime – medicago marina Plante couchée et rampante qui s'accrochent au moindre petit bout d'herbe sablonneuse, parfois on croirait qu'il pousse sur le sable. Très fréquent, si bien qu'on le repère à peine.
La giroflée des dunes – matthiola tricuspidata est une des versions maritime de cette grande famille des crucifères Très belle fleur qui présente oh combien dans un herbier dont le ton restera quand même plus palot qu'un herbier sylvestre par exemple.
Les crucifères ont la côte en milieu marin car on y trouve est la fameuse roquette de mer, ou coquillier maritime – calkile maritima (sorte de cardamine des bords de mer)
ainsi que la crambe maritime ou chou marin – crambe maritima qui pousse en gros massifs en plein milieu du sable et la mini version est l'alysson maritime – lobularia maritima, qui
se serait en fait développé à partir des jardins. Les alysses, qu'elles soient blanches, jaunes ou violettes ont toujours constitué une base des inclusions florales. Elles forment des massifs ras, bien fournis et rampants.
Le liseron des dunes- calystegia soldanella se remarque bizarrement plus que son confrère des champs, lequel a c'est vrai tendance à se mélanger aux plantes ou arbustes voisins en s'y entortillant, alors que la variété des dunes semble sortir directement du sable avec des pétales de belle teinte rose aux stries blanches.
Dans le style fleur qu'on voit partout mais qui se plait bien au bord de mer en plus robuste, il y a aussi le géranium sanguin (voir note précédente), la petite centaurée du littoral – centaurium littorale
et la carotte sauvage. (on y reviendra, elles poussent plutôt vers juillet)
ainsi que le serpolet - thymus serpyllum, plante basse gazonnante qui se plait bien en arbrisseaux très ras au bord des dunes. Là aussi on marche allègrement desssus, comme tant d'autres fleurs. Il y en a plein du côté des sables d'Or.
Et il y a les spécialités :
La spergulaire des rochers – spergularia rupicola , fleur à 5 pétales, rose aussi (décidément y'a pas beaucoup de fleurs bleues au bord de la mer). Elle pousse vraiment sur les rochers, sur les falaises, faut le faire, belle fleur mais difficile à faire presser en raison de la tige et des feuilles très grasses et épaisses.
L'armérie maritime – armeria maritima (famille des œillets) appelé aussi gazon d'Olympe qui colore falaises de rose avec une tête bien compacte et une assez longue tige glabre. C'est une fleur assez épaisse et qui donc ne permet pas de l'inclure sous résine, mais dans le cadre d'un herbier marin, elle est d'un meilleur effet. Comme toutes les fleurs épaisses, s'y reprendre en plusieurs étapes pour bien aplatir. Elle est incontournable, omniprésente et c'est tant mieux.
Une autre fleur typique des dunes c'est le pavot cornu ou glaucière jaune- glaucium flavum. Sorte de coquelicot jaune, avec là encore une tige forte, une feuille épaisse et une espèce de terminaison courbe, d'où le nom. Comme les coquelicots, les pétales des fleurs sont très délicats et tombent facilement de la main lors de la cueillette. De même ils ont tendance à bien coller à la feuille d'annuaire tellement ils sont fins, et ils sont à manier avec précaution après le séchage. On les trouve souvent au milieu des ajoncs, ce qui ne manquent pas d'égratigner un peu les jambes.
La star des dunes c'est quand même la lagure ovale –lagurus ovatus (famille des graminées) que l'on connaît sous le nom de pompon ou de queue de lièvre à cause bien sur de la terminaison duveteuse marron ovale et qui plient en groupe devant les vents dominants. Là aussi préférer les fleurs plus petites car bien qu'elles soient faciles à presser (s'y reprendre à plusieurs fois quand même pour bien presser l'herbier, car la fleur épaisse se rétracte d'abord un peu et il est nécessaire d'y revenir pour l'aplatir réellement) et qu'elles gardent leur couleur, elles risquent néanmoins de faire du jeu sous la vitre.
Et la lavande de mer- limonium vulgare , qui forment des taches roses sur les grèves à marée basses et qu'on a pris l'habitude de cueillir surtout pour les bouquets secs sous le nom de statice.
Et puis il y a toutes les bruyères mais cela fera l'objet d'une future note et de toutes façons elles n'apparaissent que vers juillet-aout.
18:50 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, fleurs, nature
12.05.2007
Route du rock à venir
Ce matin dans le Ouest France local, il est annoncé en première page la venue des Smashing Pumpkins et Sonic Youth à la Route du rock de St Malo. (les 16 et 17 aout) Seule date d'ailleurs en Europe pour les Smashing.
Ouah ! je me croirais revenue quinze ans en arrière à cette belle époque des guitares saturées qui avaient sacrément chamboulé le paysage musical indé.
Smashing Pumpkins, j'avais déjà entendu dire qu'ils se réformaient et sortaient un nouvel album ("Zeitgeist "le 7 juillet), le 1er depuis 7 ans. Et à priori j'ai des doutes sur ce genre d'évènement, le précédent épisode Pixies sentant quand même beaucoup l'attrait des billets verts.
Pourtant, en parlant de reformation, j'ai écouté l'album de Dinosaur jr, "Beyond" et je suis très agréablement surprise. Certains morceaux sont réellement dantesques, Lou Barlow y a sa place, même si elle demeure toujours plus infime, et J Mascis n'a rien perdu de sa magie guitaristique inimitable et de ses mélodies brouillonnes chantées par cette voix trainante de quelqu'un qu'on a sorti du lit trop tôt. Génial feignasse quoi.
Alors pour en revenir la programmation et à l'autre groupe phare, Sonic Youth, j'étais un peu surprise de leur venue à St Malo car ils y étaient déjà il y a deux ans et avaient d'ailleurs servi un set bien terne (je les avais préférés à St Brieuc). Mais Ouest-France précise qu'ils vont jouer leur album "daydream nation" (qui a presque 20 ans -sorti en 1998) et qui a vraiment marqué le monde musical. Leur meilleur album sans doute, un double, ce qui laisse préfigurer un long set. Je me réjouis. En outre, peut-être verra t'on le feignasse avec ou sans Dinosaur Jr, car il était présent sur l'album. Il y a même un morceau clin d'oeil "eliminator Jr" Alors on peut rêver.
15:40 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock
03.05.2007
herbiers des campagnes bretonnes 6
fin avril-début mai
Et voici qu'arrivent enfin en scène les indispensables accessoires de notre activité florale, indispensables, car par la possibilité de réduction et le maintien de leur couleur blanche, ils pouvaient orner tous les articles, tels bijoux, boites, apportant la touche de finesse et complétant les moindres interstices. J'ai nommé les ombellifères, cette immense famille qui rivalise facilement avec celle des composées par le nombre et par la difficulté à les différencier. Les fleurs sont donc disposées en ombelles, semblables à un parapluie retourné. Souvent les rayons portent eux aussi de petites ombelles composées, aux fleurs très nombreuses. Mais la vraie blancheur et finesse n'est pas l'apanage de tous.
Pour les articles délicats, le Conopode Dénudé- conopodium majus appelé aussi janotte (ou génotte) est parfait. Il reste bien blanc et même les feuilles peuvent être re-découpées pour en faire un décor. Actuellement c'est celui qui pousse en sous bois, d'environ 60 cm, ne se groupant pas réellement avec ses congénères. Donc feuilles fines, presque filiformes, pennées, fleurs très blanches et duveteuses. Pour les inclusions presser les têtes individuellement. Puis ensuite découper les mini fleurs avec une aiguille. Presser les jeunes feuilles à part. Pour les herbiers, préférer alors de presser la fleur avec la tige et la feuille. Les grosses ombelles sont toujours d'un bel effet, apportant la touche "soleil"(moins quand même que le souci officinal mais on y reviendra) et à cet effet
les grandes ciguës- conium maculatum devraient se révéler encore plus majestueuses. Plantes pouvant atteindre 2m50 cm quand même, mais justement elles sont trop grandes et trop crème et trop pleines d'insectes et l'effet n'est pas garanti comme on pourrait le croire en les voyant de loin. Je me souviens qu'enfant, après avoir lu l'agonie de Socrate je me méfiais de cette plante comme la peste, osant à peine toucher la fleur, bien que ce soit la tige, maculée de pourpre d'où le nom latin (pourtant parfaite pour sarbacane) qui renferme le suc toxique) Et en plus l'odeur est plutôt fétide. Donc pas vraiment indispensable.
L'autre ombellifère très présente actuellement et se présentant en groupe, au bord des routes mesurant près d'un mètre 50 de haut, c'est l'anthrisque sauvage - anthriscus silvestris appelé aussi "cerfeuil d'âne" La différence avec le conopode se voit à leurs feuilles beaucoup plus larges, vert vif. Les fleurs sont moins serrées et donc le blanc se présente moins bien Mais elle est pas mal quand même. On ne peut pas la rater au printemps.
En fait l'autre reine incontestée des ombellifères c'est la carotte sauvage, mais elle ne pousse que vers début juin, donc attendons encore.
Je ne manquerais cependant pas d'évoquer aussi l'achillée millefeuille – achillea millefolium . Plante médicinale très, très commune partout, sur les pelouses, les talus les lieux incultes. La fleur en elle même est plutôt épaisse et pas très intéressante, blanche ou rosée mais les feuilles sont innombrables, elles jonchent le sol en permanence, vous marchez dessus sans arrêt sans le savoir. C'était la touche de verdure première, indispensable car cette feuille pennée aux languettes courtes et ciselées se découpent en autant de variantes que l'on veut et reste très verte. Très odorante, elle serait appelée ainsi depuis qu'Achille l'utilisa pour soigner ses blessures.
Après la couleur blanc, voici le bleu avec donc le myosotis, star incontestée des inclusions florales en compagnie de la bruyère, des alysses violettes et jaunes(fleurs de parterre) et donc des ombellifères et feuilles d'achillée. (là vous avez la base essentielle de toutes les compositions)
Les myosotis fleurissent dans les champs ou surtout dans les bois. Le myosotis des champs- myosotis arvensis est un peu décevant, car très clair et fleurs très petites. Le myosotis des bois – myosotis sylvatica,
que l'on trouve aussi dans des zones un peu humides, pas loin des ruisseaux se révèle plus grand, plus bleu, se rapprochant de ce qu'on peut voir dans les parterres municipaux. Pour le faire sécher, deux façons : soit la fleur entière, avec les feuilles oblongues, que l'on peut ensuite recomposer en bouquet et donner une forme harmonieuse, soit juste la fleur, 5 pétales bien bleus, que l'on détachait avec une pince de laboratoire pour poser directement sur la page d'annuaire. Le myosotis reste très bleu.
Ce qui n'est pas le cas des grandes pervenches – vinca major par exemple. Pourtant la forme est harmonieuse, bien découpée, parfaite. La plante pousse en massif ou en tapis faisant ressortir ses fleurs mauves-bleues à partir leurs feuilles persistantes et luisantes Mais pour une fleur qui reste bleue il faut en cueillir 10 qui virent au marron. Dommage !
Pareil pour la violette de rivin – viola riviniana (plus commune en Bretagne que la variété odeorante) petite, 10 à 20 cm, herbacée glabre aux feuilles cordéiformes en rosette. Difficile de conserver cette couleur violette avec un éperon pale à l'arrière. Pareil, pour en trouver une seule qui demeure, il faut en cueillir plusieurs Dommage encore!
Par contre dans la même veine, celle qui conserve son côté fleur le plus classique c'est la pensée sauvage-viola tricolor minuscule par rapport à nos pensées de jardin qui, malgré leur attrait de couleur, font quand même souvent "gros pâté". Ce mélange-là de jaune et violet est très seyant et la taille adaptée pour plein d'usages. Mais on la trouve peu cette vraie variété sauvage, au lieu de cela les jardineries revendent des pensées sauvages domestiquées si on peut dire. Le résultat en est néanmoins garanti et c'est une des fleurs que je faisais constamment pousser dans l'optique de composition florale sur petites surfaces (avec aussi les alysses (violettes et jaunes) les lobélias (bleus ou roses), les delphinium pied d'alouette, et les centaurées)
Enfin à signaler et vraiment rien à voir, mais y'en a plein, la dynamique des oseilles, qui s'élèvent partout fièrement et qu'on remarque à peine, puisque après tout ce ne sont que des herbes, hein ? Et pourtant l'oseille des prés – rumex acetosa, avec sa fleur rougeâtre en épis serrées apporte un coté brut très nature A noter que l'oseille avait cette particularité d'étancher notre soif l'été quand on ne trouvait pas de point d'eau. Le côté acide des feuilles ("trink!") faisait saliver et désaltérer.
La prochaine fois un petit tour au bord de mer avec les arméries maritimes
silèmes, pavot cornu
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01.05.2007
une enfance en centre bretagne 68 - grands nettoyages
Grand nettoyage
Les tâches domestiques étaient plutôt réduites au stict nécessaire. Ici, pas de grand encaustiquage, ni cirage de cuivres, pas de cuivre d'ailleurs. Pas d'aspirateur non plus, objet d'une autre et nouvelle société, mais nous n'avions pas de moquette ou de tapis en nécessitant éventuellement l'usage. Non, comme dans toute ferme, le sol recueillait inévitablement les vestiges des bottes pleines de terre, ou des chaussures mouillées. Lesquelles bottes et chaussures s'accumulaient dans l'entrée prête à repartir à l'abordage pendant que leurs utilisateurs avaient enfilé ces fameux chaussons que ma mère passait d'interminables hivers à tricoter, ce qui m'avaient toujours fasciné, avec ses quatre aiguilles simultanées. Auparavant c'était encore plus facile avec les sabots de bois indispensables et les chaussons de flanelle qui s'y glissaient et s'y enlevaient illico.
Pour revenir au nettoyage, les sols étaient quand même balayés tous les matins, avec balai en crin (qui laissait des bouts de crins partout) et pour l'extérieur un balai en genêt, souvent fait maison mais sacrément efficace pour enlever tous les bouts de terre et paille etc qui s'accumulaient sur le perron. C'était aussi le balai pour nettoyer de temps en temps les "loches". (les dépendances, quoi!)
Au départ nous avions du plancher dans la cuisine, suffisant pour un balai, mais ne supportant pas le lavage et le cirage qui ne convenaient certes pas à cette pièce, laquelle, outre la terre, voyait aussi les poils de chiens et les bouts de bois et de cendre de la grosse cuisinière. Ensuite, il a été posé un fameux "linoléum", le top du top de la modernité, un peu marron-beige, imitation parquet mais qui, lui, acceptait le passage des serpillères. Il avait aussi la fâcheuse habitude de retenir la cendre chaude et l'humidité, et on pouvait voir au bout d'un moment des traces brûlées ou des taches de rouille. A l'occasion de la rénovation du rez-de-chaussée et de l'installation du chauffage, et ceci grâce aux aides Pactarim, Nous avons assisté à la pose d'un super carrelage dans les couleurs rouille, plutôt seyant et pratique. Et le lavage des sols hebdomadaire (pas moins, faut pas exagérer quand même) avec du pur Javel La Croix. La javel ça servait à tout, remplissage avec berlingots..
La chambre avait droit à son encaustiquage périodique, lequel faisait apparaitre les traces des médicaments liquides de mon père tombés ici et là à l'occasion d'un traitement. Mais ça ne fait rien, la chambre des parents se devait d'avoir une netteté, tout comme l'armoire, astiquée elle aussi avec le clous dorés des sculptures qui brillaient tout à coup d'un autre éclat. Et ça sentait bon la cire d'abeille, presque trop fort.
Les deux chambres du haut, les nôtres n'avaient guère besoin d'être astiquées. Je ne sais même pas si c'était possible les planches étant plutôt rugueuses, parfois pas bien soudées entre elles, avec des échardes de bois qu'on se prenait dans les pieds. Un bon coup de balai et c'est tout.
L'escalier quant à lui, subissait régulièrement le passage d'un simple chiffon, ce qui faisait souvent valdinguer la poussière, laquelle se remettait sournoisement en place dans quelques recoins, mais cela enlevait le maximum visible.
Les chiffons, c'était la base. Les "pilhous" comme on disait. C'était l'expression pour tout ce qui était vieux tissu mais aussi pour commenter la façon de se vêtir de certains. Etre habillée en "pilhou" n'était guère flatteur et c'est d'ailleurs le sobriquet que me donnait ma mère, par désaccord, quand j'ai commencé à porter des vêtements de la période hippie, grands foulards et jupes amples avec pull informe tombant jusqu'aux genoux : des pilhous ! Pour en revenir au nettoyage, faits à partir de vieux draps en général, en lin ou gros coton, donc ces chiffons servaient à tout. Je ne me souviens pas avoir vu une éponge grattante pour la vaisselle avant longtemps. Nous avions l'universel "torr liss". Torr pour "déchiré" et liss sans doute pour l'origine du tissu déchiré, draps ou autres. Je n'ai jamais cherché à savoir ce que cela voulait dire, pour nous c'était un torrliss et c'est tout. C'était la version "pilhou mouillé" Les services de l'hygiène actuelle pousseraient des cris d'effroi, car c'était le même bout de tissu qui servait longtemps, devenant marron, finissant par sentir le moisi si on l'oubliait tout mouillé dans un coin de l'évier, ce qui était souvent le cas. Alors on en déchirait un autre. Mais la vaisselle était parfaitement faite et ce bout de chiffon pouvait se glisser partout, dans tous les interstices du plat en question ou des verres et il finissait par "donner un coup" à la table. Si cela attachait il y avait son compère, l'éponge grattante, toute en ferraille, rayant tout sur son passage mais terriblement efficace. Et ceci avec du Mir qui servait à tout (plaque de la cuisinière, vaisselle) jusqu'à ce que Ajax poudre apparaisse pour tout ce qui est plaque. Ah j'oubliais, les espèces de grattons bleus pour la cuisinière à bois qui devenaient plutôt gris et rouille, mais efficaces dans leur style.
Les vitres avaient droit aussi à leur quart d'heure de gloire, quand les mouches avaient fini par en piquer la surface de plein de petits points noirs. Là le maitre d'œuvre c'était le couple vinaigre d'alcool ou vinaigre blanc (celui des cornichons) et papier journal (donc "le télégramme" ou "la terre" le journal communiste agricole) qui faisait sensation. Jamais rien trouvé de mieux. ça ne faisait pas de traces et ça sentait bon.
Et c'était propre
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