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03.06.2007
terrain vague
Au coeur de Dinard il y a un terrain vague à l'endroit où s'élevait autrefois la gare SNCF et le terminus de la voie ferrée. Depuis des années, c'est devenu, au choix, une verrue ou un formidable investissement dans une région où le prix de l'immobilier atteint des records insensés.
C'était devenu également l'endroit où garer sa voiture les jours de marché, le lieu où se posaient les cirques et les zoos en été (et parfois aussi les gens du voyage, ce qui ne semblait pas plaire à la population balnéaire bien pensante), l'endroit où faire courir ses chiens et essayer le vélo du petit. Et pour beaucoup dont moi-même un raccourci boueux pour se rendre à pied au centre ville.
La municipalité ayant décidé, toujours en voulant y mettre une pointe de grandeur, de confier le projet immobilier à Riccado Bofill, et après moults recours en justice par des associations locales, il semble que les pelleteuses soient entrées en action et les issues en sont désormais bouchées au public motorisé. Par contre il est toujours possible d'enjamber les murets et de contourner les gros rochers anti-caravanes pour se rendre au marché, en passant derrière les tas de sable et gravats. Et c'est là, parmi tous ces morceaux de débris que poussent aujourd'hui des fleurs resplendissantes, coquelicots, scabieuses et églantines, pas du tout impressionnées par le chantier d'à coté, utilisant des recoins oubliés et arides pour se développer fièrement. Je suis émerveillée par cette constance florale à se magnifier même là où tout est désolé.
Mais quand les dalles de béton du futur parking souterrain auront pris possession du terrain vague, sans doute ne verra t'on plus ces flamboyants rouge et mauve qui s'accrochent pourtant avec l'énergie du désespoir. (quoique j'ai vu des pâquerettes se faufiler dans les moindres interstices de l'asphalte, rien n'est perdu)
Ces scabieuses ont donc été cueillies dans un amas de débris, au milieu de gaillets gratterons qui se sont accrochés à mon pull et d'églantiers piquants. C'est qu'on sait se défendre.
Ce bouquet, sobre, simple, vaut largement toutes les compositions onéreuses de fête des mères.
C'était devenu également l'endroit où garer sa voiture les jours de marché, le lieu où se posaient les cirques et les zoos en été (et parfois aussi les gens du voyage, ce qui ne semblait pas plaire à la population balnéaire bien pensante), l'endroit où faire courir ses chiens et essayer le vélo du petit. Et pour beaucoup dont moi-même un raccourci boueux pour se rendre à pied au centre ville.
La municipalité ayant décidé, toujours en voulant y mettre une pointe de grandeur, de confier le projet immobilier à Riccado Bofill, et après moults recours en justice par des associations locales, il semble que les pelleteuses soient entrées en action et les issues en sont désormais bouchées au public motorisé. Par contre il est toujours possible d'enjamber les murets et de contourner les gros rochers anti-caravanes pour se rendre au marché, en passant derrière les tas de sable et gravats. Et c'est là, parmi tous ces morceaux de débris que poussent aujourd'hui des fleurs resplendissantes, coquelicots, scabieuses et églantines, pas du tout impressionnées par le chantier d'à coté, utilisant des recoins oubliés et arides pour se développer fièrement. Je suis émerveillée par cette constance florale à se magnifier même là où tout est désolé.
Mais quand les dalles de béton du futur parking souterrain auront pris possession du terrain vague, sans doute ne verra t'on plus ces flamboyants rouge et mauve qui s'accrochent pourtant avec l'énergie du désespoir. (quoique j'ai vu des pâquerettes se faufiler dans les moindres interstices de l'asphalte, rien n'est perdu)
Ces scabieuses ont donc été cueillies dans un amas de débris, au milieu de gaillets gratterons qui se sont accrochés à mon pull et d'églantiers piquants. C'est qu'on sait se défendre.
Ce bouquet, sobre, simple, vaut largement toutes les compositions onéreuses de fête des mères.
17:30 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, dinard, bretagne


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