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26.08.2007
Route du rock 17
Voici donc achevée la 17ème route du Rock , qui aura été la 13ème pour moi, fidèle de par la double proximité à la fois géographique et musicale. Eh oui déjà en 1991, j'avais assisté à la nuit furieuse qui avait vu Therapy enflammer une maison des associations peu habituée à ce genre de rythme. Sans oublier l'ardeur des fans de Ned's Atomic Dustbin. Qui se souvient des Ned's maintenant et d'ailleurs que sont ils devenus ? Cette année, on faisait dans le plus gros calibre, l'asso Rock Tympans ayant cassé la tirelire pour les Smashing Pumpkins. Qui se souvient des Smashing Pumpkins ? Apparemment beaucoup de monde si j'en juge par l'affluence du jeudi soir et la bousculade avant même que le groupe ne pointe le bout de son nez. Le soir précédent, on avait eu droit à une invitée qui jusqu'à présent était plutôt restée discrète sur ce festival : la pluie –hormis une fois en 2002 où une forte tempête avait obligé Neil Hannon de Divine Comedy à écourter son set, n'en pouvant plus d'éponger ses claviers. "You are brave" avait t'il lancé à une foule trempée jusqu'aux os, les pieds enfoncés dans une boue collante. Cette fois c'est une pluie plus classique dirons nous, pénétrante à laquelle a échappé de justesse Elvis Perkins, bien que sa musique se serait bien arrangée d'une prestation plus nocturne et humide. A 19h15, son folk construit ne passe pas trop. Peu de monde. Même avec ma petite taille je pouvais m'avancer à un mètre de la scène. C'est Herman Düne qui a fait le plus de plaisanteries sur la pluie (en français qu'il connait bien), essayant d'exorciser les gouttes et de les faire oublier par un rock un peu déjanté, bien sympathique. Mais qui ne laisse pas non plus beaucoup de traces. Et puis The National, groupe qui m'intéressait au 1er lieu ce mercredi soir. Dense, profond, pas déçue, quoique c'est le genre de groupe que je verrais mieux dans une salle de petite taille (La Cité à Rennes pourquoi pas) que sur la scène d'un festival, à l'instar des Tindersticks par exemple. Je ne suis pas restée pour Art Brut que j'avais déjà vu ici même il y a deux ans et je crois que c'est un peu toujours le même genre de show (beaucoup parlé). Donc exit aussi Justice et Go team. Le lendemain il y avait boulot. Le lendemain il y avait surtout la grosse artillerie : The Smashing Pumpkins. Déjà il se la jouent star. Je veux dire, les autres, ceux de Besnard Lakes ou des groupes électro précédents, venaient auparavant faire des passages sur scène histoire de vérifier les câbles etc. Pas la bande de Corgan qui s'est fait attendre longtemps histoire de faire monter la pression. Auparavant donc, un combo anglais au nom japonais Fujiya et Myagi et qui ferait dans l'électro allemand. Et un concept un peu redondant, ressemblant à un "Inertia creep" étiré et répété. Jusque dans la façon de chanter de (scander) du chanteur à la façon Robert Del Naja. Sauf que sur Massive il y a une richesse des sons et une diversité des compositions qu'on ne retrouvait pas là. Un peu ça va, mais sur la longueur. Et puis un inconnu puisque même pas programmé sur le catalogue, 120 days, sorte de Happy Mondays aussi allumés en substance semble t'il, mais trop brouillon pour accrocher. Le chanteur essayait désespérément de faire bouger un public qui n'en avait pas grand chose à faire, attendant que vienne la bande à Corgan. Même public qui a peu accroché aux Besnard Lakes et pourtant cette bande de canadiens assure à fond. Mais là aussi, comme Arcade Fire, ils seraient mieux dans une salle. Pourtant les morceaux du génial "Dark Horse" étaient là, mais avec un son trop saturé qui ne laisse pas s'exprimer la lente dynamique et les reliefs explosifs que recèle ce groupe. C'est resté pour moi un grand moment quand même. A revoir. Puis la scène s'enrichit d'enceintes supplémentaires et on sent qu'il va y avoir du gros son. Et du gros son il y en a On en prend plein la gueule. On les reçoit très fort, les Smashing, un peu bluffant dans leur déversement sonique, mais en même temps sans pénétrer en profondeur à l'intérieur. Trop métal pratiquement, au sens lisse du mot. C'est fort, mais ça glisse. Décevant donc. Dans le style je préfèrerais dorénavant assister à un concert de Tool. Et puis pas très sympathique le Corgan. Quand je pense qu'il s'est ramassé 40% du budget total des artistes et a refusé tout enregistrement sonore et visuel… J'ai pas vu New Young Pony club et CSS – Boulot le lendemain et Corgan m'avait achevée. Au fait il n'a pas plu, ou juste deux ou trois gouttes, dans le style léger crachin. Le lendemain, ma journée préférée. Sonic Youth et un album que j'ai beaucoup écouté : "Daydream Nation". Toujours contente de les revoir. C'est peut-être la 4ème fois, mais leur son (avec du vrai relief celui-là) est inimitable et toujours présent et toujours généreusement donné. Et Thurston Moore a toujours l'air adolescent, alors qu'il doit bien avoir mon age. Auparavant leurs consœurs anglaises d'Electrelane ont assuré aussi dans ce genre. Elles sont très bien ces filles. Rien à dire. Et puis là où Electrelane fait du Sonic Youth, Albert Hammond jr, le guitariste des Strokes, fait..du Strokes. C'est pas mal dans le genre, mais je préfère quand même les originaux. Il y a eu un autre groupe, en tout premier, Voxtrot, mais lors j'ai l'impression d'avoir complètement zappé. Pourtant j'étais tout près de la scène, va t'en savoir. Y'en a toujours des groupes comme ça, qu'on ne se souvient même plus ce que c'était. L'an dernier c'était Why?.(c'est leur nom) Bon, revenons donc à Sonic Youth donc, très, très bien. L'album impeccablement restitué avec ses côtés expérimentaux, torsions, sons saturés et stridents etc qui ont dû en dérouter certains. Il y avait une continuité bien menée et je m'en fous que certains disent que c'est un marketing, une tendance que de jouer des albums dans l'ordre etc.. C'est un bon album de bout en bout, il est construit, a une unité et c'est un bon groupe. Donc chapeau les mecs. Vous étiez parfaits, (mieux en tous cas qu'en 2005) Et pour ne pas bouder notre plaisir ils sont revenus avec six ou sept morceaux plus nouveaux ("incinerate" par exemple) et impeccables. Avec une Kim Gordon qui dansait comme une jeune fille. En voilà qui ont apporté ce qu'on attendait. Je ne suis pas restée pour LCD Soundsystem, pour cause d'obligations du lendemain. Parait que c'était pourtant un des meilleurs sets. Tant pis, ce sera pour l'année prochaine. Car cette route du rock m'a semblé toujours autant sympathique, 23000 personnes sur trois jours, restant à taille humaine, (si on les compare aux autres mastodontes bretons – Terre neuvas et Vieilles Charrues – ou aux mastodontes rock que sont les Eurockéennes) on peut s'assoir non loin de la scène sur l'herbe entre chaque set, le fort est un bel endroit, le public intéressant. A refaire. J'espère que les volontés démesurés de certains artistes et la concurrence acharnées des festivals ne vont pas saper le budget. A l'année prochaine donc !
16:30 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, musique, bretagne, st-malo

