03.09.2008
fest-noz again
Minimaliste donc, mais efficace et suffisant pour faire danser tout le monde sur les mêmes danses, réduites en fait au nombre de deux ou trois dans ce Centre Bretagne, à savoir la gavotte, le plinn et le fisel. On pouvait rentrer à tout moment dans la ronde, on n'était pas largué. De toutes façons, à l'époque il n'y avait aucun jugement à propos de ceux qui savent faire et les autres. L'important c'était d'être ensemble. Les pas venaient assez facilement, c'était d'ailleurs toujours les mêmes : gavotte (et sa variante fisel plus hard) et plinn (fatigant aussi celui-là), et un peu de pach-pi et la fameuse danse du "pot au fer" immortalisée par les sœurs Goadec où il fallait" tourner en arrière" ce qui faisait naitre un fou rire systématique général.
Puis le revival celtique des années 70 nous a fait entrevoir d'autres sonorités, des groupes avec batterie et guitares électriques, des harpes celtiques, des danses d'autres nations, Irlande et Ecosse, mais aussi d'autres pays locaux, notamment vannetais avec les an-dro, hanter dro, laridé et plein d'autres où il fallait se tenir par le petit doigt. Avec le plinn et la gavotte, on ne se servait jamais des petits doigts, mais des bras, bien serrés. Et pourtant quand on discute danse bretonne avec des personnes qui ne connaissent pas grand chose, elles évoquent irrémédiablement les petits doigts. ça fait plus fun, on dirait.Ceci étant, j'ai beaucoup aimé apprendre les autres danses, et cela apportait une variété dans les festou-noz d'adolescence qui remplaçaient pour nous les bals ringards ou les discothèques. Je suis devenue experte en plein de pas différents, an-dro et laridé donc mais aussi le Kost ar Ch'oat, Dérobée de Guingamp, et j'ai découvert les duos, valses scottish, polka etc..
Mais en même temps, comme on écumait surtout la région située entre Chateauneuf du Faou et Brasparts d'un côté (le pays de la gavotte des montagnes) et Kergrist Moëlou et Lanrivain de l'autre côté, (le pays du Plinn), et que les gens du village venaient toujours en nombre, tous âges confondus, eh bien c'est encore et surtout ces deux danses que l'on retrouvait le plus. En outre, malgré l'essor des groupes multi-instrumentistes, ce sont essentiellement les duos qui animaient les soirées. Ainsi sur les affiches on pouvait toujours lire des annonces telles "Grand Fest-noz de l'Amicale laique de Carnoêt" avec Marchand-Kemener (mes préférés de tous temps avant qu'ils ne vaquent à d'autres projets), Jegou-Le Bars, Pedron-Le Guillou, toujours des duos, soit sonneurs, soit chanteurs et plutôt locaux, gars du village se produisant de temps en temps avec son compère, amateurs. Tels ceux-ci, par exemple (sur un air plinn)Pourquoi en fait je parle autant de fest-noz aujourd'hui ?
C'est parce que samedi dernier, j'étais un peu par hasard à celui de St Enogat, à Dinard. Un fest-noz que j'aurais eu tendance facilement à qualifier de "manifestation à touristes", dans une zone qui n'a jamais été coutumière du fait, avec des groupes (ici pas de kan ha diskan, ni de simples sonneurs) qui essaient de brasser très large, en faisant une panoplie de danses très étendue - pour un peu, ça pourrait presque se poursuivre en chants de marins....
Il n'y a pas longtemps, je me serais drapée dans une sorte d'intégrisme du genre "moi je viens d'un vrai coin où la danse est une tradition, na !". Mais j'ai suffisamment dénoncé les ayatollahs des festou-noz, ceux qui montrent qu'ils connaissent le vrai pas, qu'ils différencient le passepied du Haut Léon de celui du Bas Léon et le démontrent de manière trop dogmatique, sérieuse, ne souriant pratiquement pas, et bref, cette nuit-là, je suis rentrée dans les danses, certains pas que je ne connaissais pas, d'autres que j'avais oublié mais qui revenaient assez rapidement, avec des gens qui rentraient aussi, attirés par l'aspect festif, et c'est bien cet aspect qui présidait aux tous premiers festou-noz, et ce qui m'est resté, c'est la convivialité, c'est le "tous ensemble".
Et c'est le simple, comme cela se faisait par exemple dans la salle communale de Spezet dans les années 70.
fest-noz à Spezet
12:07 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne, musique, danse, Dinard
01.09.2008
Sunshine, fest-noz et bain de minuit
Début officiel de mes congés annuels. Visite d'amis, apéritif au cabernet rosé au soleil et préparation d'un repas italien. Ou plutôt de différentes sauces pour accompagner des pâtes dont un super pistou rosso, une bolognaise qui cuit 2 heures avec du vin rouge (du vrai "ragû") et une subtile préparation au thon signée Jamie Oliver, avec juste ce qu'il faut de gingembre et fenouil.
Samedi 30 aout.
Chaude journée, super pour ma première journée de vacances. Et pas moins de trois bains dans cette journée, en parvenant à éviter l'heure de basse mer, où il aurait fallu marcher des heures pour pouvoir nager. Donc un le matin, personne sur la plage, tout le monde est au marché, puis un autre vers 18 heures et c'est à ce retour qu'on a vu un podium s'installer pour un fest-noz prévu en soirée à la plage de St Enogat, c'est à dire pratiquement à la porte.
Donc, après l'intermède Italie et foot mêlés, nous voilà tous partis dans une nuit qui n'aurait rien à envier à celles du Sud vers la plage, le podium, la terrasse au bord de mer.
Très auspicieux pour ce début de congés !
Un bain de minuit dans une mer où l'on pénètre facilement, les seules étoiles comme éclairage, encore plus de sensation d'être immergée, car rien ne vient distraire visuellement, une mer se fondant dans le noir de la nuit, avec un son de biniou et bombarde, c'était tout simplement parfait
Pourtant, ce n'est pas un air celtique qui me trottait en tête ce jour-là. Non peut-être dû au fait que c'était une première journée de vrai beau temps, c'est une chanson d'un de mes groupes fétiches, Swell (pour plus d'infos sur ce groupe, voir ici) qui s'est insinuée toute cette journée, le genre de morceau languissant, intemporel, qui ne soulève certes pas un enthousiasme de premier abord, presque banal mais qui demeure et avec ce titre : Everyday Sunshine.
En espérant que cette phrase puisse s'appliquer à tous, toujours, par tous les temps. Un sunshine in our hearts.
18:20 Publié dans perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : perso, rock, dinard
29.08.2008
Festival Film Britannique en vue
Festival du film britannique en vue
Je viens de découvrir l'affiche de l'édition 2008 du festival du film britannique et j'avoue que j'aime bien. Ces morceaux de pellicules et de cordes marines (non pas de cordes, plutôt de "bouts"m'a dit un marin, ou de drisses ou à la rigueur de cordages), entremêlés sur le sable est d'un meilleur effet, sobre.
Décidément dans le style bouts de pellicule qui se lâchent, il y avait aussi l'affiche de l'édition d'hiver de la route du rock, avec ses cassettes audios en déperdition. J'ai aussi beaucoup aimé.Par contre le côté britannique est plus discret. Quelques petits drapeaux épars au milieu de l'amoncellement tortueux. A quoi s'attendre cette année ? Rien ne filtre au bureau du festival du film. Aucune annonce de film en compétition ou d'avant-première. D'habitude, à cette époque de l'anée, on avait des noms, des thèmes, une tendance. Là rien de rien.
Sauf l'affiche. Mais elle est bien.
07:46 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, Dinard, britannique
27.08.2008
L'Inde partout
Depuis deux mois, je vis un peu au rythme de l'Inde.
D'abord un ami y est parti début juillet et m'adresse régulièrement ses billets et photos, de Bombay à Hampi, via Goa et Hospet, ses rencontres sur les routes simples et excentriques ses enthousiasmes et ses mésaventures. Afin que je mette en forme son carnet de voyage dans un blog associatif. C'est un amoureux éperdu de l'Inde et des Indiens, et il réussit à faire passer cette ferveur dans les articles que je mets en ligne. A cette occasion, je me suis retrouvée souvent sur Google, effectuant des recherches pour illustrer ses propos sur les temples, les marchés, les singes, les rues et toutes les personnes rencontrées, enfants, familles, villageois, sadhus..Je suis aussi allée télécharger les cartes des contrées qu'il traverse, en bus locaux essentiellement, déjà une aventure en soi. Ce fut (et c'est encore) une opportunité de m'informer, de connaitre.
Et puis il y a Shantaram : le livre de Gregory David Roberts qui conte l'histoire d'un australien emprisonné pour divers délits, qui s'évade de prison et se réfugie en Inde, en immersion complète. Son périple commence aussi dans le quartier de Colaba à Bombay ("Mumbai"), exactement comme le premier post que m'a envoyé notre ami, et ainsi l'Inde s'est invitée une deuxième fois.Shantaram.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un vrai roman, en outre du style gros pavé. En dehors des essais, je lisais surtout des polars, un genre dans lequel je découvre sans cesse de nouveaux auteurs en fonction des impressions de lectures et des consultations de commentaires de lecteurs sur Internet qui m’emmènent à d'autres auteurs etc..
Là c’est une amie qui l’a prêté à Georges, lequel l’a dévoré avec un enthousiasme rare et me l'a conseillé plus que vivement.
Je m’y suis mise à mon tour, avec une légère réticence devant la grosseur de l’ouvrage (900 pages en collection "j’ai lu," ce qui est assez rare pour être noté). De plus écrit tout petit..
Et puis dès les premières pages, on est plongé en apnée, c’est le mot qui convient. Car G. D. Roberts fait preuve d'un talent incroyable pour faire vibrer, sentir, presque palper l'Inde actuelle qui reste l'Inde de toujours, avec son grouillement, ses ethnies et ses religions qui cohabitent on ne sait comment mais qui le font de manière incroyable, ses riches et ses miséreux, ses enfants et ses vieillards, son flot incessant. Pour nous faire découvrir l’univers des rues, des bidonvilles, des hôtels et des palais mais aussi le rythme languissant des villages écrasés de chaleur. Pour nous faire entrer dans l’univers des plus déshérités mais aussi des mafiosos, des religieux, des occidentaux qui se cherchent etc
Tout cela sur une trame de thriller, d’histoire d’amour, et un fond initiatique, rédempteur, philosophique très intéressant. Je n'en suis qu'à la moitié. Passionnant, foisonnant, tout comme le pays qu'il décrit.
Il parait que les droits sont achetés et que c'est Johnny Depp qui jouera le rôle du héros. je me demande comment il sera possible de rendre compte d'une telle ampleur. L'écriture à cette qualité d'appropriation qu'il est souvent difficile d'égaler au cinéma.
Même les billets de notre copain sont en ce sens vecteur d'enthousiasme et de partage.
Et voilà pas qu'un site de cuisine, ("Marmiton" recettes au hasard) propose il y a quelques jours la recette des "momos" népalais et des samoussas végétariens indiens. Alors là, voilà que revient l'immersion dans laquelle j'ai été aussi plongée à l'occasion de deux séjours de plus de six mois en Inde et Népal. Qu'est ce que j'ai pu en manger de ces bouchées à la vapeur ou de ces triangles frits ! Les deux recettes en question étaient remarquablement fidèles au souvenir que j'en avais.
L'Inde s'invite une troisième fois.
J'ai toujours aimé la cuisine indienne et je fais assez souvent le plat de base "dhal bat" avec des lentilles.J'avais fait d'ailleurs un précédent billet à ce sujet voir ici
Mais en règle générale la liste des ingrédients me paraissait toujours énorme. Et pourtant je les ai toutes dans ma cuisine, glanées au fur et à mesure de mes recettes, même des trucs impossibles qui servent rarement comme le tamarin, par exemple.
Donc là je me suis remise dans mes bouquins de cuisine et fiches de classeur et, en cette période d'été où des amis venaient à la maison, j'ai cuisiné à tout rompre :
- du palak paneer (épinards avec fromage ou tofu)
- baighan bharta (curry d'aubergines délicieux)
- chicken makkani butter (un mélange de poulet tandoori et byriani, une merveille)
- Aloo gobi (curry pommes de terre, chou fleur)
- jingha carry (curry crevettes au lait de coco)
sans compter les momos et samossas et riz aux épices..et les pains. Ah les chapatis ! toute une époque.
Finalement, certes ça prend du temps (mais on peut en faire plein et congeler), certes, il y à un moment un bazar dingue dans la cuisine, où certains n'osent même plus s'aventurer, mais les odeurs sont extraordinaires et le résultat a toujours été unanimement apprécié par nos hôtes et moi j'y retrouve toujours un plaisir certain
Remarquez, je pourrais en dire autant de la cuisine italienne ou chinoise, je suis une incorrigible gourmande, si ça se trouve demain je vais faire une envolée lyrique sur les potées cévenoles, mais cette fois encore c'était l'Inde éternelle.
17:20 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture, cuisine
26.08.2008
Festive fifty John peel. suite
Suite à mon précédent billet sur John peel (que je regrette de n'avoir pas mieux connu le gars avant !), voici donc, à titre indicatif, quels étaient les "podiums" annuels de la musique indépendante, du moins selon les auditeurs de Radio One, soit les trois premières places du fameux Festive Fifty de 1976 à 1991. Ce classement a continué après 1991, mais ces quinze années-là sont celles du coffret que je possède et que j'ai découvert avec grand plaisir:
- 1976 : (sorte d'année "récapitulative d'avant", les trois premiers ayant en effet sorti leur album bien auparavant.)
1 - Led Zeppelin - "Stairway to heaven" (un must)
2 - Derek and dominos - "Layla" (un autre must, avec une intro qui fait office de réveil sur mon portable)
3 - Bob Dylan - "Desolation Row" (très ancien, mais c'est du grand Bob, comme toujours)
- 1977 : (sorte d'année de transition - il n'y avait d'ailleurs que 13 titres)
1 - The Motors - "Dancing the night away" (jamais entendu parler)
2 - Althea and Donna - "Uptown to ranking" (encore moins entendu parler)
3 - The Motors - "you beat the hell out of me" (encore eux, eh bien...)
- 1978 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK" (ça y est voici arriver le punk"
2 - The Clash - "Complete Control" (les autres grandes figures de ce mouvement)
3 - Sex Pistols - God save The Queen
- 1979 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK" (again, il faudra s'y habituer)
2 - Undertones - "Teenage Kicks" (en n° 2 et pourtant cela restera sans doute le meilleur morceau de tous les temps selon John peel)
3 - The Clash - "Whiteman in Hammersmith palais"
- 1980 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK"
2 - Joy Division - "Atmosphere" (voici venir un familier du chart, pas étonnant. Ils ont vraiment apporté quelque chose. Hommage donc aussi à Ian Curtis)
3 - Joy Division - Love wille tear us apart
- 1981 : (On prend les mêmes, dans le désordre)
1 - Joy Division - "Atmosphere"
2 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK"
3 - Joy Division - " Love will tear us apart"
- 1982 :
1 - New Order - "temptation" (la suite logique de Joy Division, à leurs débuts, encore proches de la période Joy)
2 - Robert Wyatt - "Shipbuilding" (le grand Robert Wyatt de Soft Machine après son accident qui l'a laissé paralysé)
3 - Grandmaster Flash and the furious five - "the message" (totalement inconnus pour ma part)
- 1983 :
1 - New Order - "Blue Monday"
2 - The Smiths - "This charming man" (1ère apparition des gars de Manchester. Ce ne sera pas la dernière)
3 - New Order - "Age of contact"
- 1984 :
1 - The Smiths - "How soon is now"
2 - Cocteau Twins - pearly drewdrop's drops (un des préférés de John Peel, avec la voix si spécifique de Liz Phraser")
3 - The men they could'nt hang - "green fields of france" (un ovni ?)
- 1985 :
1 - Jesus and Mary Chain - "never understand" (arrivée du "shoegazing", des distorsions, toujours défendus par John peel)
2 - Jesus and mary Chain - "Just like Honey" (la preuve)
3 - The Fall - "Cruiser's creek" (1ère entrée sur le podium du chouchou des chouchous.)
- 1986 :
1 - The Smiths - "there is a light that never goes out"
2 - Age of Chance - "Kiss" (?!)
3 - The Fall - "Mr Pharmacist"
- 1987 :
1 - The Sugarcubes - "Birthday" (pré-Bjork)
2 - The Fall - "Australians in Europe"
3 - The Wedding present : "Everyone thinks he looks daft" (l'autre chouchou de John, très intransigeants eux aussi - je les ai vus plusieurs fois)
- 1988 :
1 - The House of Love - " destroy the heart" (j'avais beaucoup aimé leur album à l'époque)
2 - The Wedding Present - "Nobody 's twisting your arm"
3 - Jesus and mary Chain - "Sidewalking"
- 1989 :
1 - The Sundays - "can't be sure"
2 - The Wedding Present - "Kennedy"
3 - The Pixies - "debaser" (voici venir les américains - débutaient aussi cette année-là Dinosaur Jr et Sonic Youth)
- 1990 :
1 - The Fall - "Bill is dead"
2 - My Bloody Valentine - "Soon" (voici le rock saturé dans toute sa splendeur)
3 - Ride - "Dreams burn down" (c'était mes préférés dans la rubrique "Shoe gazing")
- 1991 :
1 - Nirvana - "Smell like teen spirit" (incontournable)
2 - P J Harvey - "Dress" (brut de décoffrage, efficace, tranchant)
3 - Curve - "ten little girls" (connais pas)
Laissons le journaliste annoncer donc ce "number one" de 1991 (que pratiquement tout le monde connait..)
18:42 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock





