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27.08.2008

L'Inde partout

Depuis deux mois, je vis un peu au rythme de l'Inde.

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D'abord un ami y est parti début juillet et m'adresse régulièrement ses billets et photos, de Bombay à Hampi, via Goa et Hospet, ses rencontres sur les routes simples et excentriques ses enthousiasmes et ses mésaventures. Afin que je mette en forme son carnet de voyage dans un blog associatif. C'est un amoureux éperdu de l'Inde et des Indiens, et il réussit à faire passer cette ferveur dans les articles que je mets en ligne. A cette occasion, je me suis retrouvée souvent sur Google, effectuant des recherches pour illustrer ses propos sur les temples, les marchés, les singes, les rues et toutes les personnes rencontrées, enfants, familles, villageois, sadhus..Je suis aussi allée télécharger les cartes des contrées qu'il traverse, en bus locaux essentiellement, déjà une aventure en soi. Ce fut (et c'est encore) une opportunité de m'informer, de connaitre.

b904aa6b0ab83cf732402c90050f5794.jpgEt puis il y a Shantaram : le livre de Gregory David Roberts qui conte l'histoire d'un australien emprisonné pour divers délits, qui s'évade de prison et se réfugie en Inde, en immersion complète. Son périple commence aussi dans le quartier de Colaba à Bombay ("Mumbai"), exactement comme le premier post que m'a envoyé notre ami, et ainsi l'Inde s'est invitée une deuxième fois.
Shantaram.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un vrai roman, en outre du style gros pavé. En dehors des essais, je lisais surtout des polars, un genre dans lequel je découvre sans cesse de nouveaux auteurs en fonction des impressions de lectures et des consultations de commentaires de lecteurs sur Internet qui m’emmènent à d'autres auteurs etc..
Là c’est une amie qui l’a prêté à Georges, lequel l’a dévoré avec un enthousiasme rare et me l'a conseillé plus que vivement.
Je m’y suis mise à mon tour, avec une légère réticence devant la grosseur de l’ouvrage (900 pages en collection "j’ai lu," ce qui est assez rare pour être noté). De plus écrit tout petit..
Et puis dès les premières pages, on est plongé en apnée, c’est le mot qui convient. Car G. D. Roberts fait preuve d'un talent incroyable pour faire vibrer, sentir, presque palper l'Inde actuelle qui reste l'Inde de toujours, avec son grouillement, ses ethnies et ses religions qui cohabitent on ne sait comment mais qui le font de manière incroyable, ses riches et ses miséreux, ses enfants et ses vieillards, son flot incessant. Pour nous faire découvrir l’univers des rues, des bidonvilles, des hôtels et des palais mais aussi le rythme languissant des villages écrasés de chaleur. Pour nous faire entrer dans l’univers des plus déshérités mais aussi des mafiosos, des religieux, des occidentaux qui se cherchent etc
Tout cela sur une trame de thriller, d’histoire d’amour, et un fond initiatique, rédempteur, philosophique très intéressant. Je n'en suis qu'à la moitié. Passionnant, foisonnant, tout comme le pays qu'il décrit.
Il parait que les droits sont achetés et que c'est Johnny Depp qui jouera le rôle du héros. je me demande comment il sera possible de rendre compte d'une telle ampleur. L'écriture à cette qualité d'appropriation qu'il est souvent difficile d'égaler au cinéma.
Même les billets de notre copain sont en ce sens vecteur d'enthousiasme et de partage.

Et voilà pas qu'un site de cuisine, ("Marmiton" recettes au hasard) propose il y a quelques jours la recette des "momos" népalais et des samoussas végétariens indiens. Alors là, voilà que revient l'immersion dans laquelle j'ai été aussi plongée à l'occasion de deux séjours de plus de six mois en Inde et Népal. Qu'est ce que j'ai pu en manger de ces bouchées à la vapeur ou de ces triangles frits ! Les deux recettes en question étaient remarquablement fidèles au souvenir que j'en avais.
L'Inde s'invite une troisième fois.
J'ai toujours aimé la cuisine indienne et je fais assez souvent le plat de base "dhal bat" avec des lentilles.J'avais fait d'ailleurs un précédent billet à ce sujet voir ici
Mais en règle générale la liste des ingrédients me paraissait toujours énorme. Et pourtant je les ai toutes dans ma cuisine, glanées au fur et à mesure de mes recettes, même des trucs impossibles qui servent rarement comme le tamarin, par exemple.
Donc là je me suis remise dans mes bouquins de cuisine et fiches de classeur et, en cette période d'été où des amis venaient à la maison, j'ai cuisiné à tout rompre :
- du palak paneer (épinards avec fromage ou tofu)
- baighan bharta (curry d'aubergines délicieux)
- chicken makkani butter (un mélange de poulet tandoori et byriani, une merveille)
- Aloo gobi (curry pommes de terre, chou fleur)
- jingha carry (curry crevettes au lait de coco)
sans compter les momos et samossas et riz aux épices..et les pains. Ah les chapatis ! toute une époque.
Finalement, certes ça prend du temps (mais on peut en faire plein et congeler), certes, il y à un moment un bazar dingue dans la cuisine, où certains n'osent même plus s'aventurer, mais les odeurs sont extraordinaires et le résultat a toujours été unanimement apprécié par nos hôtes et moi j'y retrouve toujours un plaisir certain
Remarquez, je pourrais en dire autant de la cuisine italienne ou chinoise, je suis une incorrigible gourmande, si ça se trouve demain je vais faire une envolée lyrique sur les potées cévenoles, mais cette fois encore c'était l'Inde éternelle.

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