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29.08.2008
Festival Film Britannique en vue
Festival du film britannique en vue
Je viens de découvrir l'affiche de l'édition 2008 du festival du film britannique et j'avoue que j'aime bien. Ces morceaux de pellicules et de cordes marines (non pas de cordes, plutôt de "bouts"m'a dit un marin, ou de drisses ou à la rigueur de cordages), entremêlés sur le sable est d'un meilleur effet, sobre.
Décidément dans le style bouts de pellicule qui se lâchent, il y avait aussi l'affiche de l'édition d'hiver de la route du rock, avec ses cassettes audios en déperdition. J'ai aussi beaucoup aimé.Par contre le côté britannique est plus discret. Quelques petits drapeaux épars au milieu de l'amoncellement tortueux. A quoi s'attendre cette année ? Rien ne filtre au bureau du festival du film. Aucune annonce de film en compétition ou d'avant-première. D'habitude, à cette époque de l'anée, on avait des noms, des thèmes, une tendance. Là rien de rien.
Sauf l'affiche. Mais elle est bien.
07:46 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, Dinard, britannique
27.08.2008
L'Inde partout
Depuis deux mois, je vis un peu au rythme de l'Inde.
D'abord un ami y est parti début juillet et m'adresse régulièrement ses billets et photos, de Bombay à Hampi, via Goa et Hospet, ses rencontres sur les routes simples et excentriques ses enthousiasmes et ses mésaventures. Afin que je mette en forme son carnet de voyage dans un blog associatif. C'est un amoureux éperdu de l'Inde et des Indiens, et il réussit à faire passer cette ferveur dans les articles que je mets en ligne. A cette occasion, je me suis retrouvée souvent sur Google, effectuant des recherches pour illustrer ses propos sur les temples, les marchés, les singes, les rues et toutes les personnes rencontrées, enfants, familles, villageois, sadhus..Je suis aussi allée télécharger les cartes des contrées qu'il traverse, en bus locaux essentiellement, déjà une aventure en soi. Ce fut (et c'est encore) une opportunité de m'informer, de connaitre.
Et puis il y a Shantaram : le livre de Gregory David Roberts qui conte l'histoire d'un australien emprisonné pour divers délits, qui s'évade de prison et se réfugie en Inde, en immersion complète. Son périple commence aussi dans le quartier de Colaba à Bombay ("Mumbai"), exactement comme le premier post que m'a envoyé notre ami, et ainsi l'Inde s'est invitée une deuxième fois.Shantaram.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un vrai roman, en outre du style gros pavé. En dehors des essais, je lisais surtout des polars, un genre dans lequel je découvre sans cesse de nouveaux auteurs en fonction des impressions de lectures et des consultations de commentaires de lecteurs sur Internet qui m’emmènent à d'autres auteurs etc..
Là c’est une amie qui l’a prêté à Georges, lequel l’a dévoré avec un enthousiasme rare et me l'a conseillé plus que vivement.
Je m’y suis mise à mon tour, avec une légère réticence devant la grosseur de l’ouvrage (900 pages en collection "j’ai lu," ce qui est assez rare pour être noté). De plus écrit tout petit..
Et puis dès les premières pages, on est plongé en apnée, c’est le mot qui convient. Car G. D. Roberts fait preuve d'un talent incroyable pour faire vibrer, sentir, presque palper l'Inde actuelle qui reste l'Inde de toujours, avec son grouillement, ses ethnies et ses religions qui cohabitent on ne sait comment mais qui le font de manière incroyable, ses riches et ses miséreux, ses enfants et ses vieillards, son flot incessant. Pour nous faire découvrir l’univers des rues, des bidonvilles, des hôtels et des palais mais aussi le rythme languissant des villages écrasés de chaleur. Pour nous faire entrer dans l’univers des plus déshérités mais aussi des mafiosos, des religieux, des occidentaux qui se cherchent etc
Tout cela sur une trame de thriller, d’histoire d’amour, et un fond initiatique, rédempteur, philosophique très intéressant. Je n'en suis qu'à la moitié. Passionnant, foisonnant, tout comme le pays qu'il décrit.
Il parait que les droits sont achetés et que c'est Johnny Depp qui jouera le rôle du héros. je me demande comment il sera possible de rendre compte d'une telle ampleur. L'écriture à cette qualité d'appropriation qu'il est souvent difficile d'égaler au cinéma.
Même les billets de notre copain sont en ce sens vecteur d'enthousiasme et de partage.
Et voilà pas qu'un site de cuisine, ("Marmiton" recettes au hasard) propose il y a quelques jours la recette des "momos" népalais et des samoussas végétariens indiens. Alors là, voilà que revient l'immersion dans laquelle j'ai été aussi plongée à l'occasion de deux séjours de plus de six mois en Inde et Népal. Qu'est ce que j'ai pu en manger de ces bouchées à la vapeur ou de ces triangles frits ! Les deux recettes en question étaient remarquablement fidèles au souvenir que j'en avais.
L'Inde s'invite une troisième fois.
J'ai toujours aimé la cuisine indienne et je fais assez souvent le plat de base "dhal bat" avec des lentilles.J'avais fait d'ailleurs un précédent billet à ce sujet voir ici
Mais en règle générale la liste des ingrédients me paraissait toujours énorme. Et pourtant je les ai toutes dans ma cuisine, glanées au fur et à mesure de mes recettes, même des trucs impossibles qui servent rarement comme le tamarin, par exemple.
Donc là je me suis remise dans mes bouquins de cuisine et fiches de classeur et, en cette période d'été où des amis venaient à la maison, j'ai cuisiné à tout rompre :
- du palak paneer (épinards avec fromage ou tofu)
- baighan bharta (curry d'aubergines délicieux)
- chicken makkani butter (un mélange de poulet tandoori et byriani, une merveille)
- Aloo gobi (curry pommes de terre, chou fleur)
- jingha carry (curry crevettes au lait de coco)
sans compter les momos et samossas et riz aux épices..et les pains. Ah les chapatis ! toute une époque.
Finalement, certes ça prend du temps (mais on peut en faire plein et congeler), certes, il y à un moment un bazar dingue dans la cuisine, où certains n'osent même plus s'aventurer, mais les odeurs sont extraordinaires et le résultat a toujours été unanimement apprécié par nos hôtes et moi j'y retrouve toujours un plaisir certain
Remarquez, je pourrais en dire autant de la cuisine italienne ou chinoise, je suis une incorrigible gourmande, si ça se trouve demain je vais faire une envolée lyrique sur les potées cévenoles, mais cette fois encore c'était l'Inde éternelle.
17:20 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture, cuisine
26.08.2008
Festive fifty John peel. suite
Suite à mon précédent billet sur John peel (que je regrette de n'avoir pas mieux connu le gars avant !), voici donc, à titre indicatif, quels étaient les "podiums" annuels de la musique indépendante, du moins selon les auditeurs de Radio One, soit les trois premières places du fameux Festive Fifty de 1976 à 1991. Ce classement a continué après 1991, mais ces quinze années-là sont celles du coffret que je possède et que j'ai découvert avec grand plaisir:
- 1976 : (sorte d'année "récapitulative d'avant", les trois premiers ayant en effet sorti leur album bien auparavant.)
1 - Led Zeppelin - "Stairway to heaven" (un must)
2 - Derek and dominos - "Layla" (un autre must, avec une intro qui fait office de réveil sur mon portable)
3 - Bob Dylan - "Desolation Row" (très ancien, mais c'est du grand Bob, comme toujours)
- 1977 : (sorte d'année de transition - il n'y avait d'ailleurs que 13 titres)
1 - The Motors - "Dancing the night away" (jamais entendu parler)
2 - Althea and Donna - "Uptown to ranking" (encore moins entendu parler)
3 - The Motors - "you beat the hell out of me" (encore eux, eh bien...)
- 1978 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK" (ça y est voici arriver le punk"
2 - The Clash - "Complete Control" (les autres grandes figures de ce mouvement)
3 - Sex Pistols - God save The Queen
- 1979 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK" (again, il faudra s'y habituer)
2 - Undertones - "Teenage Kicks" (en n° 2 et pourtant cela restera sans doute le meilleur morceau de tous les temps selon John peel)
3 - The Clash - "Whiteman in Hammersmith palais"
- 1980 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK"
2 - Joy Division - "Atmosphere" (voici venir un familier du chart, pas étonnant. Ils ont vraiment apporté quelque chose. Hommage donc aussi à Ian Curtis)
3 - Joy Division - Love wille tear us apart
- 1981 : (On prend les mêmes, dans le désordre)
1 - Joy Division - "Atmosphere"
2 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK"
3 - Joy Division - " Love will tear us apart"
- 1982 :
1 - New Order - "temptation" (la suite logique de Joy Division, à leurs débuts, encore proches de la période Joy)
2 - Robert Wyatt - "Shipbuilding" (le grand Robert Wyatt de Soft Machine après son accident qui l'a laissé paralysé)
3 - Grandmaster Flash and the furious five - "the message" (totalement inconnus pour ma part)
- 1983 :
1 - New Order - "Blue Monday"
2 - The Smiths - "This charming man" (1ère apparition des gars de Manchester. Ce ne sera pas la dernière)
3 - New Order - "Age of contact"
- 1984 :
1 - The Smiths - "How soon is now"
2 - Cocteau Twins - pearly drewdrop's drops (un des préférés de John Peel, avec la voix si spécifique de Liz Phraser")
3 - The men they could'nt hang - "green fields of france" (un ovni ?)
- 1985 :
1 - Jesus and Mary Chain - "never understand" (arrivée du "shoegazing", des distorsions, toujours défendus par John peel)
2 - Jesus and mary Chain - "Just like Honey" (la preuve)
3 - The Fall - "Cruiser's creek" (1ère entrée sur le podium du chouchou des chouchous.)
- 1986 :
1 - The Smiths - "there is a light that never goes out"
2 - Age of Chance - "Kiss" (?!)
3 - The Fall - "Mr Pharmacist"
- 1987 :
1 - The Sugarcubes - "Birthday" (pré-Bjork)
2 - The Fall - "Australians in Europe"
3 - The Wedding present : "Everyone thinks he looks daft" (l'autre chouchou de John, très intransigeants eux aussi - je les ai vus plusieurs fois)
- 1988 :
1 - The House of Love - " destroy the heart" (j'avais beaucoup aimé leur album à l'époque)
2 - The Wedding Present - "Nobody 's twisting your arm"
3 - Jesus and mary Chain - "Sidewalking"
- 1989 :
1 - The Sundays - "can't be sure"
2 - The Wedding Present - "Kennedy"
3 - The Pixies - "debaser" (voici venir les américains - débutaient aussi cette année-là Dinosaur Jr et Sonic Youth)
- 1990 :
1 - The Fall - "Bill is dead"
2 - My Bloody Valentine - "Soon" (voici le rock saturé dans toute sa splendeur)
3 - Ride - "Dreams burn down" (c'était mes préférés dans la rubrique "Shoe gazing")
- 1991 :
1 - Nirvana - "Smell like teen spirit" (incontournable)
2 - P J Harvey - "Dress" (brut de décoffrage, efficace, tranchant)
3 - Curve - "ten little girls" (connais pas)
Laissons le journaliste annoncer donc ce "number one" de 1991 (que pratiquement tout le monde connait..)
18:42 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock
23.08.2008
John Peel - une décade prodigieuse
John Peel : c'était l'équivalent grand-breton de notre B Lenoir à nous, officiant lui aussi sur une radio publique (Radio one) et proposant aussi des "sessions", les fameuses "Peel sessions" dont certaines sont devenues célèbres. Elles étaient un peu différentes de nos "black sessions" en ce sens qu'il mettait à disposition des groupes un studio et ceux-ci devaient enregistrer quelques titres qui seraient ensuite diffusés dans son émission. Certains de ces morceaux sont devenus d'anthologie.
Sinon c'était un défricheur insatiable, ayant commencé son travail d'explorateur des courants musicaux indépendants il y a bien longtemps, en 1967 ou 1969, époque Woodstock, mais lui déjà entrevoyait la progressive et le punk. C'est d'ailleurs en ardent défenseur de ce dernier mouvement, en dénicheur de plein de pépites de groupes "garage" qu'il a fait connaitre, que sa notoriété s'est affermie et il est devenu incontournable au sein de la musique rock indépendante. Sa disparition brutale en 2004, à l'age de 65 ans a laissé beaucoup de regrets et encore maintenant, nombre d'hommages, de "John Peel day", ont lieu en Grande Bretagne.Voir le site bien fait de la BBC à se sujet. Chaque année, il établissait, à partir des votes des lecteurs, une sorte de hit parade des 50 meilleurs morceaux de l'année, appelé "festive fifty". Pendant quelque temps, il s'agissait de voter pour ses morceaux de musique préférés, même s'ils étaient sortis quelques années auparavant (c'est ainsi qu'on a pu voir "Anarchy in the UK" des Sex Pistols trôner sur la première marche du podium pendant pratiquement 3 ans.) Ensuite il s'agissait de voter uniquement pour les albums sortis dans l'année. Et c'est là que ça devenait sacrément instructif, avec le recul.
J'ai eu l'occasion récemment d'écouter une compilation regroupant 15 de ces années, et pas n'importe lesquelles, celles allant de 1976 à 1991, soit du punk au grunge, des Sex Pistols à Nirvana. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une "décade", mais comme c'est à partir de 1982 que le classement prenait en compte l'année écoulée, on va dire comme ça. J'ai éprouvé un réel plaisir à ré-écouter tous ces noms oubliés, (en vrac "pale saints, galaxy 500, field mice, mudhoney, babes in toyland..) qui faisaient à l'époque le bonheur des couvertures des Inrockuptibles, formule bimestrielle et de Lenoir toujours et encore. Et de ré-entendre aussi ceux qui se sont installés dans mon parcours musical, mais que je n'avais pas écouté depuis longtemps (Joy Division, Jesus and Mary Chain..)
Et c'est donc ainsi, en découvrant ces presque 800 morceaux !!! (carrément, super occupation pendant mes trajets en voiture) que j'ai retrouvé une bonne partie de mon parcours musical "historique", celui, plus indépendant, qui avait commencé justement en 1980 avec B. Lenoir et Echo and the Bunnymen.
De plus John Peel avait ce côté "so british" pour annoncer les morceaux, en général hyper-minimaliste du style "and this is the number twenty nine" : et s'ensuivait le morceau en question sans qu'en général lui même ne dise le titre du morceau, avec parfois un bref commentaire :
Le premier Cd du coffret en question commence en 1976 et John Peel semble faire cette année-là comme une synthèse ou un aperçu du rock de la fin sixties, début seventies avec P. Floyd, Yes, les Who, Dylan, Bowie, Neil Young et en numéro un cette année là : Stairway to Heaven de Led Zeppelin.
Un peu comme une jonction avec la suite, c'est à dire l'explosion 1977 et le punk.
- Il en a été un fervent défendeur, et a régulièrement passé dans son émission les Jam, Damned, Stiff, Buzzcocks, et bien sur Clash et Sex Pistols. D'ailleurs "Anarchy in the Uk" est demeuré trois ans en tête de ce chart particulier.
- Puis on a vu arriver Joy Division et Cure, Echo and the Bunnymen, et un de ses groupes préférés : Siouxsee and the Banshees. J'ai vite repéré ses "chouchous" si on peut dire ainsi, à travers le nombre de fois où apparait l'artiste en question. Donc beaucoup de Siouxsee and The Banshées. Et c'est plutôt pas mal. Je les avais oubliés.
- Joy Division aussi était un favori, et j'ai eu l'occasion de réécouter plusieurs morceaux avec plaisir (d'autant plus que je venais de voir "Control" le remarquable film de Anton Corjbin sur la vie de Ian Curtis)
- Et qui dit Joy Division suggère bien sûr ensuite New Order. Et là aussi John Peel leur a donné une bonne couverture.
- Joy division puis ensuite New order, il a fait la même chose avec Birthday Party puis Nick cave, et avec The Smiths puis Morrissey, avec Sex Pistols puis PIL... La fidélité dans la continuité.
- Par contre très peu de ceux qui sont devenus des grosses cylindrées à savoir U2 (quelques morceaux et encore période October), Simple Minds, Dire Straits, Police..Il avait déjà dû sentir le commercial.
- Un peu d'électro quand même surfant sur la vague New Order : Propaganda, Bronski beat, Magazine, The Orb, même les fameux Marrs. Mais ça reste limité.
- Un peu de rap aussi avec Public Ennemy.
- un peu de ska avec the spécials, mais pas de reggae
- pas de métal non plus, ni de gros rock US à la Springsteen, ni blues.
Alors quoi ? Qu'est ce que j'ai écouté durant plusieurs semaines ?
- la période "cold wave" avec The Cure, Siouxsee, Sisters of Mercy, Nick cave.
- Le noisy matiné de "shoegazing" type Jesus and mary Chain, My Bloody Valentine, Ride.
- Le noisy américain avec Husker dû, Dinosaur Jr, Mudhoney,Sonic Youth, Pixies..
- les débuts des glorieux slackers, Pavement, Dinosaur Jr, et le grunge avec Nirvana
- quelques groupes plus mélodiques, style Teenage Fan Club, House of Love, Inspiral carpets.
- des particularités anglaises ou groupes éphémères, voire presqu'inconnus : Rezillos, Stiff little fingers, Billy Bragg, the mekongs
Et puis les préférés de John :
- Siouxsee and the Banshees> au tout début (période Punk)
- The Smiths et Morrissey. J'en ai entendu des morceaux, et ils sont tous bien. Rien à dire. ça m'a rappelé la première moûture des Inrocks, lesquels vouaient aussi une admiration sans bornes au groupe
- Les Cocteau Twins
- The Jesus and Mary Chain
- The Wedding Present (son numero 2)
- The Fall (de loin son numero 1)
Il convient de noter que les trois derniers artistes sont plutôt du style intègre, du moins sans concessions voire même austères et braques. (Ensuite il y aura Mogwai, dans le même style)
Mark E. Smith de The Fall a toujours été à part, avec une musique qui ne relève d'aucun courant et une attitude quelque peu chaotique. Le groupe aurait participé à 27 reprises aux émissions de John Peel.
Voici donc une de ces apparitions (avec John Peel présentant rapidement)
The fall "Smile" 1983
Et puis il y a "Teenage Kicks" des Undertones, que J. Peel aurait considéré comme la meilleure chanson de tous les temps
13:06 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock
20.08.2008
Une enfance en centre bretagne 71 - les loches 2
La loche aux lapins
Elle a toujours été appelée ainsi même longtemps après que les mammifères en question aient cessé d'occuper cette petite remise de 6 m sur 2 située sur l'arrière de la maison, vers le nord. On aurait pu tout autant la surnommer "loche aux pommes de terre", ou "loche à l'écrémeuse" ou alors "loche aux poules" et cette dernière dénomination aurait correspondu plus à la réalité vu que les quelques gallinacées rousses auront été les dernières occupantes de l'endroit. Ah, j'oubliais "loche au bois de chauffage" ou encore mieux "loche aux fagots".
C'était, comme on peut le deviner au travers de tous ces sobriquets, une dépendance active. On y allait souvent, soit pour chercher des pommes de terre ou betteraves, soit pour rentrer les poules.
Mais honneur aux fondateurs du surnom : les fameux lapins en question. C'est donc là que se trouvaient les clapiers. J'ai nommé quatre ou six (je ne rappelle plus) espèces de grosses cages en bois, insérées dans une sorte d'entourage en bois aussi, puis ensuite ce fut un clapier tout moderne en espèce de béton. (le format "cages à lapins" comme on dit).
Le sort des animaux en question n'était guère enviable, à savoir finir en roti avec pommes de terre et échalottes et parfois ajout de muscadet et champignons. (on avait toujours plein de boites de champignons pour ce genre d'usage).
Mais auparavant, nous étions chargés de les nourrir, voire parfois d'enlever le fumier pour remettre de la bonne paille. Nous avions fini par connaitre les herbes et plantes sauvages qu'ils préféraient, dont certaines variétés de pissenlit. Mais ce genre d'alimentation était presque devenu un luxe que nous leur prodiguions avec notre énergie d'enfants ruraux. Le commun du repas c'était quand même des espèces de granulés, parvenant en gros sacs de papier kraft. Nous aimions beaucoup ces lapins, surtout dans les périodes où ils se constituaient un petit nid au fond de la cage, confectionné de poils duveteux planqués sous la paille et qu'un jour il y avait plein de petites boules vivantes, glabres au départ et qui devenaient rapidement d'adorables petits lapins de cartes postales, courant partout, gris, roux ou noirs et blancs aux dents remuant en permanence. Avant cette période de naissance il y avait bien sûr l'introduction d'un gros mâle dans une cage avec une lapine et là, l'adage commun se révèle exact, c'était du rapide et du direct. ça nous a toujours impressionné. Ce qui nous impressionnait encore plus c'était leur fin de vie, et la façon tellement facile qu'avait notre mère d'enlever toute la peau de la bête (accrochée à la barrière du jardin) comme un gant (et une autre façon toute aussi facile de donner un coup de baton sur leur cou, mais ça j'ai jamais voulu voir). Les plats de lapin étaient monnaie courante (rôti, ragout, civet) puis ils se sont raréfiées au fur à mesure que la population des clapiers diminuait, car cela demeurait de l'entretien jusqu'à ce que les cages demeurent un jour désespéremment vides. ça faisait drôle quand même.. Et pourtant c'est demeuré la" loche aux lapins."
Il y avait donc aussi un endroit sombre, ne recevant jamais la lumière, où étaient entreposées plein de pommes de terre, des kilos et des kilos, recouvertes de jute, et également des rutabagas (surtout quand on avait des cochons). Ce qui montre tout de suite quel était la base de l'alimentaion. La pomme de terre.
Le beurre n'était pas loin non plus, car c'est bien dans cette loche qu'était fixée la fameuse écrémeuse, servant à diviser la crème du lait, avec cette manivelle que nous avons souvent tournée et tous ces filtres ensuite qui étaient lavés à grande eaux et qui sentaient cette odeur particulière, limite ecoeurante de lait tiéde. Elle s'est retrouvée bien seule aussi l'écrémeuse quand ce sont les camions d'Unicopa qui sont venus chercher les gros bidons de lait et que le beurre était devenu des plaquettes "even" ou du "paysan breton " de chez leclerc.
Ce fut aussi un endroit où entreposer du bois, surtout des fagots confectionnés avec l'élagage des haies du coin ou le ramassage des branches mortes sur les chemins.
Et puis les fidèles des fidèles, qui ont toujours occupé un coin de cette loche, le même coin d'ailleurs, ce furent les quelques poules pondeuses et les éventuels coqs nains qui hurlaient à tout-tête le matin et qui donnaient envie de leur donner un bon coup de pied. Les poules étaient tranquilles attendant juste que l'on enlève le loquet de la loche (en raison des éventuels renards et chiens errants pas vraiment pour d'autres raisons de sécurité) le matin pour s'ébrouer bruyammant, et vaquant à leurs occupations de poules, toujours dans les parages, comme une partie du paysage et repartant en soirée reprendre seules et tranquillement le chemin de cette loche. Je me souviens que lorsque nous étions chargés d'aller vérifier la fermeture le soir et que nous jettions un regard vers les espèces de vielles barriques et de cageots en tous genre qui leur servaient de perchoir, nous avions leurs regards et gloussements légers qui semblaient dire : "ne nous dérangez pas."
Cela aurait donc pu et dû s'appeler "loche aux poules" ou "poulailler" mais le nom de poulailler était réservé aux vrais de vrais,les trois que nous avons eus et qui contenaient des centaines, voire des milliers de poules, élevées pour leurs oeufs, une activité qui nous a permis de vivre pendant longtemps, jusqu'à l'accident de mon père. Et puis les poules n'ont pas été les premières occupantes de la loche. Elles sont venues en petit nombre pour une consommation familiale d'oeufs quand justement les grands poulaillers ont dû fermer
C'était et ça restera donc la "loche aux lapins."
10:37 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bretagne
18.08.2008
2008 - pop is not dead

Ce slogan est celui associé à la Route du rock depuis des années et jamais il n'aura autant été d'actualité qu'en cette édition 2008 qui vient de s'achever. Parce que les nuages s'amoncelaient fortement au-dessus de cette manifestation à part, parce que son équilibre était fragile, parce que l'évolution des scènes et du milieu artistique en général génère une surenchère délirante des cachets et frais d'exclusivité.
Et donc ce jour, on peut dire que "the pop is not dead". Ce serait donc ce constat de la manifestation 2008, qui laisse espérer encore d'autres éditions, éditions d'hiver, éditions d'été et que vive toujours cette musique hors normes.
Pourtant, une programmation qui ne me faisait pas tellement vibrer au départ, puis qui commençait peu à peu à me parler, trouvant finalement une cohérence entre l'expérimental et le plus immédiat, entre l'inconnu et le plus connu, entre les diverses nationalités et styles de musique. En y revenant après coup, c'était une excellente programmation. Comme d'hab.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir l'un des deux concerts qui étaient le plus attendus (l'autre étant Cold war Kids), à savoir celui de Sigur Ros. Les divers avis que j'ai glanés évoquaient surtout un aspect visuel très recherché mais une certaine déception musicale. Bon, en même temps on n'aime ou on n'aime pas. De là à parler d'un croisement entre Pink Floyd et Radiohead (comme je l'ai lu sur un média quelconque), je demeure toujours très sceptique. Ils ont créé l'évènement en tous cas et c'était la journée la plus chargée en termes de public. Sinon, les autres attendus : Cold war Kids n'ont pas déçu, les Foals ont apporté une sacrée énergie, Tindersticks a fait ...du Tindersticks, les Breeders ont fait ce qu'on attendait de cette reformation, les Ting tings ont montré certes une sacrée pêche mais aussi des limitations répétitives et une voix suraüe de la chanteuse qui m'ont fait reculer jusque derrière le grand écran, sur l'herbe, juste avant la pluie.
Et puis les découvertes, tel ce trio de Portland, Menomena (drôle de nom déjà), qui alterne et mélange les voix avec brio.
Et puis le rock géographiquement francophone a démontré et déployé son incroyable vitalité, son énergie.
Entre autres les French Cowboys (photo) qui n'ont pas démérité par rapport à la superbe période des Little rabbits, Federico faisant participer le public et jouant des morceaux que l'on pourrait juger monocordes, si ce n'était parallèlement les vocalises et montées progressives des deux autres guitaristes qui finissant pas créer un paroxysme.
Pareil pour les Girls in Hawaii, des belges, jouant comme leurs confrères de dEus à l'époque de Worst Case Scénario, c'est à dire, jouissif, chaotique, avec là aussi des incroyables montées en puissance.
Il y a deux ans, je me réjouissais du bon tonus du rock canadien (à l'occasion du passage de The Islands à la RDR et de Broken Social Scene la fois d'avant) avec plein de monde sur scène et échanges d'instruments et de rôles en permanence.
Cette année, c'est le rock belge qui me fait vibrer. D'ailleurs, le dernier dEus est super, les Ginzhu sont une vraie révélation et donc samedi Girls In Hawaii ont chauffé l'enceinte du Fort St Père où je serai toujours aussi ravie de pénétrer, même si je vais bientôt commencer à être dans les doyens de l'épreuve.
Peu importe, Pop is not dead, qu'ils disent les rock tympans.
Alors que la fête continue
18:30 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock; musique, st malo
11.08.2008
une enfance en centre Bretagne 70 - les loches 1
La loche au cidre
"Loche" ? C'est quoi au juste ? Non non, il ne s'agit pas de la variété de poisson connue sous ce sobriquet. C'est la prononciation éludée de la "lochenn", (ou "loch "dans la région de lannion) terme breton pour tout ce qui est cabane, dépendance, hangar, remise, garage etc...terme tès générique qui voulait et qui veut encore tout dire. Comme d'habitude, la langue trouvait là une expression très pratique pour ce qui était de l'usage commun. Nous avions donc plusieurs "loches" appelées selon leur destination première : loche au lapin, loche au lavoir, loche au "frigidaire"...
Ainsi, la plus ancienne, à l'arrière de la maison, très petite, basse, avec juste une porte vermoulue faite de simples planches et maintenue par une vague loquet que tout le monde aurait pu forcer en un rien de temps. Et pourtant c'était la "loche au cidre". Car c'est là qu'étaient entreposées les barriques de ce breuvage, après que nos quelques pommes aient donné lieu à un jus fermenté chez le voisin du bas et que ce dernier nous en ait aussi vendu pour l'année à venir. Nous avions l'habitude d'aller remplir une bouteille au robinet de ces grosses barriques. Il y avait une odeur d'alcool et d'acidité, de pommes et de vinaigre, mélangé à une certaine humidité. Le jus de pommes virait vite à un breuvage "trink", mais que je trouvais très désaltérant. Tout le cidre ne reposait pas dans ces tonneaux. Il y en avait aussi mis en bouteilles au bon moment, véritable évènement que la mise en plein de bouteilles, qu'il fallait bien laver avec une sorte de brosse à bouteille, les bouchons étant mis avec une sorte de puissant "poussoir " à qui m'impressionnait et ces bouteilles étaient entreposées également dans un coin de cette loche, recueillant allègrement poussière, toiles d'araignée et humidité, mais qui n'enlevait rien au côté demeuré pétillant du cidre (alors que celui des barriques était plutôt "plat" et surtout "trink".)
Ce n'était pas une cave à vin, cependant, loin de là. De toutes façons le vin, c'était uniquement du "Père Benoit "ou un vague muscadet pour le civet de lapin et ça restait dans la cuisine.
En plus du cidre, c'était aussi là qu'étaient entrepoés les bocaux de conservation. Les fameux bocaux "le Parfait" après stérilisation des haricots beurre ou verts, des betteraves rouges et des poires au sitop (les incontournables). et les cornichons au vinagre aussi bien sûr ! Là aussi l'humidité, les araignées..malmenaient le fameux caoutchouc rose des bocaux et on s'est souvent énervé à essayer de forcer une ouverture quand le bout du caoutchouc nous restait benoitement dans les mains et qu'on essayait de trouver le meilleur système pour ouvrir ce fichu bocal sans le casser (d'autant plus que l'accroche en métal censée faire levier avait elle aussi subi l'érosion d'une longue présence dans la loche et n'avait plus sa vigueur d'origine)
Avec le temps les barriques ont disparu et cette odeur spécifique d'alcool et de bois mélangés. Les petits vasistas qui ouvraient timidement sur la lumière du champ d'à côté ont vu un coin de vitrage cassé et peu à peu se sont engouffrées à l'intérieur des ronces vaillantes. On n'y allait plus que pour quelques bocaux.
Juste à côté, à l'extérieur, j'ai connu un endroit où se faisait la grande cuisson des légumes pour cochons.
C'était à l'air libre, un grand chaudron (avec le recul ça devait faire un peu "sorcière"), sur un feu de bois et on y mettait les épluchures de pommes de terre, de pommes et poireaux, des rutabagas, de la balle de blé, du son et plein d'autres choses.
Il y avait comme une odeur tiède de chou et d'herbe mouillée mélangés, vaguement écoeurante. Mais les cochons eux, adoraient. Ensuite ils sont passés aux granulés. Je ne suis pas sure qu'ils aient gagné au change.
Dans ce coin de loche, il y avait aussi un "passage" - c'est le nom qu'on donne aux endroits des haies les plus propices à nous faire passer de l'autre coté - pour aller dans le champ du voisin chercher le ballon ou la volant de badmington, ou les élastiques.. que nos jeux envoyaient là bas. C'était le "passage par derrière", ce qui veut dire qu'il y avait aussi un "passage par devant", mais là on risquait de casser la barrière et notre mère nous l'interdisait à coup de "doue, doue, doue".
La prochaine fois : la "loche aux lapins"
12:55 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne
07.08.2008
Route du rock 2008 à venir
Il est beaucoup question de la route du rock 2008 ces jours-ci dans la région.
D'abord j'ai reçu le programme (bien que j'avais déjà suivi les péripéties sur le net, le quotidien local ou via l'incontournable B Lenoir. En outre j'avais assisté à la version hiver que j'avais vraiment appréciée.)
Maintenant ce sont les affiches que l'on voit un peu partout à St Malo, très chouette affiche d'ailleurs qui me rappelle celle de l'édition d'hiver (on y voyait sur fond rouge des bandes magnétiques bien malmenés fusionnant dans un maelstrom sonique et cette fois ce sont de bons vieux vinyles sur fond jaune qui subissent un sort similaire)
Et demain ce sera l'achat des billets.
Sans compter les commentaires de différents organes de presse qui sont plus nombreux cette année pour pointer à la fois le côté toujours défricheur et indépendant de la manifestation et revers de la médaille, le déficit budgétaire (merci entre autres les Smashing Pumpkins) et l'annonce que ce serait peut-être la dernière fois.
Ce serait dur, dur pour moi qui trouve là ( à l'instar du festival du film britannique) un festival selon mes gouts situé à ma porte. Mais dur surtout pour l'évolution des scènes musicales, de la musique pas comme les autres, de la recherche et de l'audace, bref, de la différence.
Cette année, pas de grosse tête d'affiche à la Cure ou Smashing Pumpkins. Il semble que les cachets des musiciens et la main mise (j'ai envie de dire "l'engouffrement", même si ce n'est guère français) de certaines entreprises privées qui se spécialisent dans les tournées, avec enchères à la clef, rendent difficile l'équilibre des festivals indépendants.
Et pourtant : Cold War Kids, Girls in Hawai, Sigur Ros, Notwist, the Foals seront peut-être d'ici 3 ans les cachets que l'on monnaiera au plus offrant.
Pour l'instant j'entends surtout des réflexions du genre :" c'est qui ?" "je connais personne". Et certains de ressasser le côté soi-disant élitiste de l'évènement. Elitiste, non. Connaisseur, intéressé, ouvert oui. J'ai récemment pris en stop un gars qui revenait des Vieilles Charrues, et qui avait aussi passé un jour à Bobital. Et il ne se lassait pas de nous raconter l'ambiance, les campings, les retrouvailles entre copains, le monde etc.. La musique, il en a peu parlé, et lorsque je lui ai demandé s'il allait à "la route du rock", il m'a demandé "c'est où, c'est quand, c'est quoi ?".
Personnellement cette année, j'ai hésité à y aller, hormis pour le côté soutien de la manifestation.
Disons que dans la programmation il n'y avait pas tellement d'artistes qui me faisaient sauter au ciel du fort de St Père. A part le jeudi et Cold war kids (qui passent à 1h20, heureusement que je ne bosse pas le lendemain) ce qui me permettra aussi de revoir pour la 5ème ou 6ème fois les Tindersticks (dont une fois au fort déjà et ce n'était pas la prestation la plus mémorable, celle-ci restant pour toujours celle de 19994 à l'UBU). Les Breeders seront là aussi mais je me méfie de ces reformations après coup, l'exemple des Pixies et des Smashing (encore eux !) me laissant une arrière odeur de billet vert. Il y aura aussi The Do, une sensation du moment.
Le vendredi, journée qualifiée par beaucoup comme la plus intéressante par le côté expérimental et intègre des groupes en question (Sigur Ros, Notwist), me semblait quant à moi plutôt neurasthénique. Les allemands de Notwist j'ai déjà vu ici même, le groupe Why aussi (il y a deux ans). Quant à Sigur Ros, auréolé d'une certaine atmosphère (nappes éthérées, longues vocalises), je suis dubitative par rapport à ce que ça peut donner sur scène. Ils ont fait un super DVD, mais l'album, réécouté encore hier, me laisse un peu de marbre. Mais peut-être que ce sera un grand moment, très possible.
Le samedi, grosse sympathie pour les "french cowboys", émanation des Little rabbits que j'ai tant aimés, et pour Girls in hawai (j'adore la scène belge - Deus, Ghinzu, Zita Swoon..). Le reste c'est l'autre sensation du moment Ting Tings.
Les groupes électro de fin de nuit par contre n'ont jamais été mon truc.
Alors PASS 3 jours ou que le jeudi ?
Tindersticks - Jism
07:45 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock
05.08.2008
see the sky about to rain..
Ecouter la Musique
C'était un vendredi de RTT. Une joie d'aller dans le Finistère Sud rendre visite à la famille et auparavant faire une halte avec nuit d'hôtel dans le pays Fouesnantais. J'ai un petit faible pour cette commune qui sait présenter à la fois les éléments nécessaires à la pratique d'une voile presque compétitive, les chemins de randonnées au coeur des pommiers et champs de vaches avec dégustation de cidres et pommeaux,
-mais aussi une longue bande de terre comprise entre plage étendue et rivière, se rejoignant progressivement vers Port La Forêt si bien qu'une maison peut très bien avoir vue sur le large et la rivière. En fait de rivière, celle-ci peut sembler ridicule dans un lit vaseux où on la distingue à peine, on dirait un filet d'eau, et quand vient la marée c'est presqu'une autre mer qui prend la place, et entre les deux, les oiseaux de tous genres sondant l'espace découvert pour piocher une nourriture généreuse : c'est le Cap Coz.
- et encore, un autre coin, rappelant tout à coup un rivage plutôt méditerranéen, dunes encadrées par de grands pins et des sables blancs. Les arbres ont beaucoup souffert de la tempête de 1987, mais ils semblent reprendre vigueur. Bien que des villas cossues occupent l'endroit, donnant un côté chic à la station, cela reste quand même restreint et un peu hors d'age et le bord de mer demeure attractif avec des petites criques où l'on accède par des chemins de sables et de pins maritimes : c'est Beg Meil
- et puis en partant de là, une très longue plage, un peu comme celles que l'on trouve dans la baie d'Audierne, se terminant à la pointe de Mousterlin et longeant en parallèle des marais remarquables, avec végétation ad'hoc, et toutes sortes d'oiseaux que l'on peut regarder dans les niches aménagées à cet effet par le conservatoire du littoral. Super marais, peu d'habitations, quelques campings planqués (camping plutôt "classes "d'ailleurs peut être pour compenser l'absence d'hôtellerie) : La pointe de Mousterlin
- Puis encore une autre bande déserte, mais vraiment déserte, presque du sable à la fin, se mourant dans la rivière du Letty à Bénodet et avec pour doux nom : la Mer Blanche.
Je précise que je n'ai aucun intéressement avec l'office de tourisme de Fouesnant, mais c'est juste pour dire que je suis toujours contente d'y revenir, que je découvre sans cesse de nouvelles routes et sentiers et luminosités.
En parlant de luminosité, ce vendredi-là, alors que les jours précédents avaient vu sur nos côtes de la Manche une offensive d'air chaud et de coups de soleil et qu'on se réjouissait d'un farniente sur les plages du Sud, eh bien donc, c'est notre chère pluie qui s'est invitée. Attention, pas la pluie d'orage momentanée qui fait courir dans la pièce informatique pour débrancher la live box, ni un petit nuage qui crève de temps à autres, à peine suffisant pour arroser les salades, non la vraie pluie celte, persistante, continue, pas vraiment un crachin, pas sévère non plus, mais présente. On finit par s'y faire, ôtant la capuche, fermant le parapluie, et tant pis si on est mouillés, ce n'est pas si terrible après tout.
Mais cela donnait à la station un air fantomatique. Personne sur les plages, quelques pêcheurs, un ou deux voiliers en partance vers les Glénan, les terrasses des restaurants plutôt vides et le chocolat chaud de sortie. le vendeur de glaces en camionnette sur le parking de Beg Meil lisait le journal de fond en comble en regardant les vacanciers faire des demi tours avec leurs voitures. La grande plage de Mousterlin enveloppée comme dans un nuage, on n'en voyait pas le bout et juste un chien qui faisait fi du tout, goutant comme un fou une plage déserte rien que pour lui.
Et puis toutes ces maisons, chambres d'hôte, appartements à la semaine, souvent situés idéalement les pieds dans l'eau et cherchant locataires désespérément. ça m'a paru surprenant, pour une dernière semaine de juillet, avec le festival de Cornouailles pas très loin à Quimper. Des super plans de location, on avait envie de toutes les faire.
Renseignements pris à l'office de tourisme, la saison serait plutôt morose, voire très déficitaire.
Pourquoi ? Alors que la station offre vraiment tant de possibilités. Serait-ce les algues vertes qui dégagent une vision et surtout une odeur nauséabondes sur certaines plages ? Non, d'abord c'est pas toujours ainsi et le nettoyage serait assez efficace. La faute à la baisse du pouvoir d'achat ? Il doit y avoir de cela. Mais selon la fille de l'office du tourisme, c'est encore la même appréhension des vacanciers devant le caprices du ciel qui constituerait la véritable raison. Avec en rappel une saison 2007 pas terrible
La fille de l'office du tourisme s'était d'ailleurs un peu emportée au téléphone envers un touriste qui annonçait qu'il avait vu la météo nationale et que cela n'était pas terrible pour la Bretagne.
Alors que toute la semaine venait d'être très belle, que les terrains sont plutôt secs et que les hortensias commencent à griller..
Certes ce jour-là il pleuvait, mais alors. quelle est cette dictature des présentateurs météo qui font grise mine en évoquant d'éventuels "passages nuageux" comme si l'on était atteint d'une malédiction, avant de ressortir le sourire "dents blanches" et sautillant presque en poursuivant que le soleil est de mise au sud ou que ça va aller mieux. ça m'a toujours énervée (voir une note précédente déjà sur le sujet)
Surtout que ces présentateurs ne se cassent pas beaucoup la tête et n'hésitent pas à poser un nuage sur l'ouest en se disant que "il y en bien toujours." Oui mais pareillement il y a aussi souvent du soleil, alors pourquoi pas l'inverse ? - c'était mon passage énervement météorologique.
Pour en revenir à ce vendredi, certes il a plu, et certes nous avons été désappointés de ne pas voir le Ménez Hom clairement car il était dans les nuages, de ne pas pouvoir sortir les serviettes de plage. mais on a longé les marais de Mousterlin, avec les joncs fléchissant sous les gouttes et les hérons sortant leur bec, on a arpenté les grèves désertes où l'océan semblait se fondre dans le ciel, marché sur des chemins bordés par de verdoyantes fougères illuminées de gouttes d'eau, au fur et à mesure que la chaleur tapie reprenait le dessus et que se dégageaient les nuages
Une simple et belle journée de pluie et d'été.

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