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22.09.2008
Une lettre pour le Festival du film britannique version Mireille
Retour au blog après trois bonnes semaines de congés.
Au tout début de ces vacances, le journal Ouest-France proposait, comme chaque année, à un lecteur de devenir membre du jury du festival du film britannique de Dinard et pour cela d'envoyer un "feuillet" personnel où nous évoquerions nos souvenirs, nos coups de coeur, notre passion pour ce cinéma etc..Ce n''est pas que je souhaite devenir jury, bien que l'idée de débattre avec des acteurs français et britanniques, d'être logée au Grand Hôtel et de festoyer à tous les repas de gala possède certes un petit côté piquant. Mais en même temps, j'apprécie tellement ces quatre jours avec des amis, à se retrouver entre deux projections autour d'un sandwich sur la plage, de comparer nos plannings, se garder les places pour le copain qui arrivera juste à temps, glaner des points de vue différents etc..c'est une dynamlique qui fait partie du plaisir du festival.
Mais cette invitation à écrire à Ouest-France s'est trouvée devenir une opportunité de faire un peu un bilan, une synthèse et donc, Georges et moi avons envoyé un "feuillet". Ceux qui me connaissent ne seront pas surpris d'apprendre que mon "feuillet" faisait un recto-verso, tapé sur Word et remplissant bien les deux pages. Je dis ça parce que le journal a diffusé cette annonce à trois reprises durant la semaine, sauf qu'à la fin, il avait été rajouté l'annotation "feuillet pas plus de 1500 caractères". Oups ! je suis allée vérifier, le mien faisait...environ 6500 caractères. Donc pas bon j'imagine. On n'a pas les résultats (c'est le 27 septembre), mais c'est évident que je déborde à fond. J'ai du mal à faire synthétique. Celui de Georges n'était pas beaucoup mieux : 4300. On ne sera pas membre du jury, mais cela aura été l'occasion d'écrire un bilan-ressenti sur cet évènement et sur le festival britannique en général. Je vous le livre donc tel quel. (et la prochaine fois, celui de Georges qui est dans un dtyle tout à fait différent)
"Bonjour à vous, Ouest-France qui accompagnez mes petits matins, le bruit de la mobylette du livreur étant presque devenu mon réveil. Je lis ce jour l'annonce pour se proposer comme jury du Festival du film britannique et je me lance, pour cet événement cher à mon cœur et mes yeux de cinéphile. Et en plus, à domicile.
Festival du film Britannique de Dinard, FFBD pour faire court.
FFBD, comme un des premiers sigles que j'inscris inévitablement sur le calendrier de l'année nouvelle. Une date à ne pas manquer tout comme la Route du Rock.
FFBD . Fidèle depuis toujours, presque depuis la pré-origine, quand nous discutions avec Thierry de la Fournière dans sa librairie, du potentiel que pouvait constituer la ville de Dinard pour ce cinéma peu médiatisé à l'époque.
FFBD : que j'ai fréquenté chaque année depuis le début, d'abord un ou deux films en raison des impératifs liés à l'age de nos enfants (il n'y avait qu'un compostage sur ma carte "formule 5 films pour 100 ff", c'était avant le Pass magique.), puis graduellement beaucoup plus jusqu'à près de 18 l'an passé.
Et pas de lassitude, au contraire, tant est varié ce cinéma qui sait associer l'humour décapant et la désespérance sociale, les quotidiens de briques rouges et les manoirs victoriens, le microcosme enfumé des boites de nuit et les champs de murets d'Irlande, les ambiances conviviales des pubs et les ravages de la guerre, les paysans d'écosse et les communautés d'origine pakistanais
Un cinéma sur les gens avec des acteurs remarquables dans leur authenticité.
FFBD : des moments qui me sont restés
- "Naked" de Mike Leigh. J'ai rarement autant ri au cinéma, l'expression "pisser de rire" se trouvant presque adéquate. Et toute la salle aussi. Et pourtant le propos était noir, très noir..mais les dialogues si brillants. Et David Thewlis époustouflant. Et Kathryn Cartlidge, sensible. En voilà une à laquelle j'aurais souhaité que le FFBD rende hommage, après sa précoce disparition.
-" Mushrooms" (ce n'est sans doute pas le titre) : un des mes premiers films. En outre sur l'histoire d'un cinéma qui disparaît, livré aux promoteurs et que les employés font revivre en y cultivant des champignons. Je me rappelle surtout que l'équipe du film distribuait à la sortie des boites de champignons avec le nom du film dessus. Et j'ai gardé très longtemps cette boite, ne voulant pas l'utiliser, même après l'expiration de la date de validité. C'était plus comme un talisman de mon premier festival qu'une banale boite de conserves.
- "The Full Monty" : une salle comble, plus une seule place et surtout, comme dans le film, tous les spectateurs qui ont applaudi à tout rompre à la fin du film, quand la pellicule se fige sur la scène où les cinq lancent leurs chapeaux, de la même manière que la salle du pub là bas applaudissait. Ce genre de film, qui a fait les grandes heures du festival et du cinéma britannique en général ("Billy Elliott", "Les Virtuoses") pourrait paraître léger cinématographiquement parlant, voire utilisant les même ficelles, mais à chaque fois il me touche. Me déclenchant des larmes d'émotion et de foi en l'homme, récemment encore, c'était un chômeur qui traversait la manche, avec Peter Mulan ("Une belle journée")
- "Petits meurtres entre amis", l'impertinence de Danny Boyle associée à un scénario et des superbes acteurs en devenir, j'étais bluffée, sentant poindre une nouvelle génération de cinéastes avec M Winterbottom. Du typique et constant humour sur une base plutôt noire.
Mais ce n'était pas toujours aussi drôle. Ainsi l'an passé beaucoup de films sur les difficultés de communication entre les gens et puis ces films coup de poing qui m'ont dérangée mais demeurent à tout jamais marquants :
- "Nil by mouth", de Gary Oldman, avec le grand Ray Winstone. Les ravages de l'alcool comme si on y était, comme si on était la femme terrorisée qui se cache des coups et qui aime néanmoins. "The War Zone" de Tim Roth, œuvre autobiographique sur un inceste. Un coup de massue avec un père encore remarquablement joué par R Winstone (et la mère par Tilda Swinton, une future grande aussi)
Le festival n'a pas été avare de ces films troublants, abordant des thèmes tels l'homosexualité, ("Get real" ou "Hollow reed" – une "vie normale" que j'avais adoré) mais aussi l'inceste donc (avec aussi frères et sœurs – "Cement Garden" de A Birkin et un autre dont j'ai oublié le nom), la transsexualité...
- les films politiques : "Bloody Sunday" de Paul Greengrass avec une réalisation qui nous plongeait dans la manifestation, ressentant le côté "dépassé par les événement" de Mile Nesbitt. Longtemps après, la musique de U2 m'est restée en tête, avec aussi une sacrée rancœur contre les anglais.
- la violence, celle crue et dérangeante de "The great ecstasy of Robert Carmichael" où plein de spectateurs quittaient la salle gonflable, d'autres laissant libérer leur rage en sortant, alors que le propos pouvait paraître bien plus subtil qu'on ne le croit. Où est la violence, celle de tous les jours, celle qui faisaient fuir ces deux filles de L"ondon à Brighton", celle qui irradiait de ce jeune skinhead (Tim Roth déjà) dans "Made in England"
- les films sociaux : ceux-là me touchent d'autant que par ma profession d'assistante sociale je côtoie la précarité et les effets pervers d'une société sur les laissés pour compte. Et le cinéma britannique est passé maître dans cet art, associant en général l'humour ("The Van") les bons sentiments, mais aussi la violence et la politique évoquées précédemment.
- Les films musicaux tels "Glastonbury", ou"24 hour party people". Généralement ils passaient tard le samedi, nous n'étions plus nombreux dans la salle. Auparavant, ces séances tardives étaient aussi l'apanage des dessins animés ou des courts métrages non sous-titrées. On y a découvert des pépites, quand on ne s'endormissait pas en utilisant 3 ou 4 sièges.
Et en vrac, ce qui m'a marqué ces dernières années :
-"Dead man's shoes" de Shane Meadows (qui a fait ensuite This is England) Un rythme, une relation entre deux frères. Superbe.
-"In My Father's Den" de Brad McGann, avec un remarquable Matthew McFadyen, que j'avais découvert dans la série MI5. Il est d'ailleurs surprenant que ces deux films qui ont obtenu le prix n'aient pas encore été diffusés en France
-Following de Christopher Nolan, un premier essai en noir et blanc très original et très réussi. Un thriller, genre qui finalement n'est pas très représenté au cinéma britannique. Je m'en fais la réflexion à l'instant (hormis les réalisations loufoques de
-Trojan Eddie, une immersion dans le monde des travellers, des gitans, par un réalisateur trop peu connu, Gillies MacKinnon qui aura obtenu la première palme avec Grass Arena.
-Funny Bones, enchanteur
- The field, du grand Jim Sheridan, un de plus beaux, un des plus forts de tous.
-Kings ou les retrouvailles désenchantées de paddies irlandais, un des films qui m'a bouleversée l'an passé.
- On the edge, sur la "folie" adolescente, un des premiers films de Cillian Murphy
- Morvern callar, un road movie littéraire de deux filles entre banlieue écossaise et Espagne aride.
- Final Cut, avec des acteurs épatants (Jude Law, Sadie Frost, Ray Winstone ..encore) qui représente bien une synthèse de ce que peuvent être des relations.
Et puis des acteurs : Stephen rea, Paddy Considine, Colm Meaney, Robert Carlyle, Peter Mullan, Tom Wilkinson, Ray Winstone
Et des actrices : Samantha Morton, Tilda Swinton, Kelly McDonald, Kerry Fox, Emily Watson
Je pourrais encore dire et redire, il y en a tant. C'est tellement riche. C'est pourquoi j'aime ce cinéma, j'aime cet événement et j'y sera encore fidèle cette année.
12:25 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival, film britannique, Dinard


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