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16.10.2008
Festival du film britannique - compte-rendu

ça y est, c'est passé. Comment donc résumer ces quatre jours ?
- 18 films vus. Compétition, avant-premières, rétrospective, documentaires.
- La pluie, le vent. Pas n'importe quelle pluie. Forte. Grêle. Drue. Du genre de celle qui nous mouille complètement le temps de rejoindre deux salles de projection, ou deux cafés. Quelques brèves accalmies, mais alors c'est le vent, fort, bourrasques qui fait tomber les panneaux à l'effigie d'Hitchcock et qui donne l'impression que la salle gonflable va s'envoler. ou qu'elle va ployer sous l'eau. Car celle-ci redémarre très vite au gré des lâchages de ces gros nuages noirs.
L'esplanade devant la plage où l'on appréciait sandwiches et cafés en terrasse, est déserte, envahie par les vagues écumeuses de la marée, les palmiers de décoration et les pancartes à terre.
Et ça a duré deux drôles de jours le jeudi et vendredi, ça n'a jamais vraiement cessé en fait.
On pourrait dire qu'on s'en fout, le but de ces quatrejours étant de squatter les salles à outrance, 5 films par jour, c'est pas rien. Mais bon, j'imagine que pour les spectateurs qui doivent supporter jusqu'à une heure de queue pour avoir un précieux sésame, attendre sous la pluie, le vent et le froid, a de quoi faire émerger un profond découragement.
Pourtant j'ai eu l'impression qu'il y avait du monde, pratiquement autant que d'habitude et surtout à partir du vendredi après midi. Comme d'habitude. Salles combles. Des gens qui s'asseoient par terre au palais des arts, des ouvreuses qui comptent et recomptent les places, cherchant la moindre disponibilité. Et au fur et à mesure qu'avance le festival, chacun commentant, re-commentant, discutant, déconseillant tel film ("Helen" par exemple, unanime dans la neurasthénie), acclamant tel autre, pronostiquant tel gagnant un jour après avoir vu "The Escapist" et tel autre le lendemain après avoir vu "The Club". Mais il y en a un qui se détachait tout le temps : "Boy A". Le premier qu'on ait vu le jeudi matin. Un ton juste. Très juste.
Le temps chaotique nous aura permis d'expérimenter quelques restaurants (dont le minuscule "8 Bis" et ses tartines de chèvre gargantuesques), dont certains luttaient pour maintenir leurs terrasses hermétiques malgré les bourrasques. Petits restos devenus comme des annexes du "masque et la plume" ou de "le cercle", chacun dépliant ses fameuses grilles horaires.
Ah ces grilles, outil indispensable du festivalier, cochées et recochées, barrées, ré-ouvertes en fonction de telle ou telle nouvelle appréciation, mais susceptible de bousculer tout un planning. Cependant, ce genre de bousculade, on en redemande..
- 4 salles pas suffisantes toujours, le tapis rouge complètement imbibé d'eau, un filet d'eau tombant du toit de la salle gonflable, des files d'attente prenant souvent la forme d'un amas, chacun cherchant à se protéger des aléas météorologiques. Et au milieu de tout ça passent Colin Firth, Shame Meadows, Nicholas Roeg, Hugh Hudson..Lambert Wilson et le reste du Jury,
Je n'ai jamais aussi peu vu le jury d'ailleurs et honnêtement je m'en fous. Je ne suis même pas allée à la cérémonie d'ouverture et de présentation.
Mais j'ai aimé les acteurs et réalisateurs anglo-saxons qui venaient en début de projection dire un ou deux mots, habillés comme vous et moi, baskets, jeans et chemise à carreaux. Par exemple Liam Cunningham, présent dans "the Escapist" et dans le bouleversant et percutant "Hunger", ou toute l'équipe très applaudie des videurs de "The Club" ou encore l'acteur-réalisateur Chris Wait (sorte sosie de K Cobain) présentant son film-documentaire sur son "histoires de ses déboires sexuels". Quelques mots. Simples.
Les films :
Quand j'ai découvert le catalogue, j'y avais trouvé comme une thématique "prison". Elle y était bien présente. Pas seulement la prison/murs et sa sortie mais l'enfermement sous toutes ses formes, la non communication. Du huis clos dans une cabane d'observation d'oiseaux ("The Hide"), à la traque gore dans la forêt ("Eden Lake"), l'évasion et enfin la sinistre prison de Maze à Belfast avec la grève de l'hygiène et de la faim des militants de l'IRA.
Le film primé (justement) "Boy A", évoque la possibilité de réinsertion, la difficulté de tirer un trait sur le passé, tant de la part du protagoniste que de la société toute entière.
Donc une thématique certaine. Un peu sombre. Beaucoup d'hommes dans les films. Peu de femmes.D'ailleurs, un des films qui, lui par contre, a déclenché l'hilarité générale était considéré comme un "film pour hommes" à travers C Wait qui s'interroge sur les echecs de sa sexualité en faisant appel à ses "ex" en vidéo.
L'homme en premier plan mais les femmes sont justes toujours, comme la mère de ce videur, la femme d'un loser, l'épouse d'un petit revendeur turc..Et les deux muses de Dylan Thomas jouées par K Kneightly et S Miller..("The edge of love")
Peu de comédies à plier de rire, peu de grand air, de campagnes riantes, de verte irlande.
Mais un bon festival et un superbe film qui a remporté tous les prix : "Boy A". Un jeune acteur remarquable de justese. Les autres aussi, dont un grand Peter Mullan. La rédemption est elle possible ? L'absolution. La nouvelle vie. La double peine. A voir à sa sortie.
Vivement l'an prochain.
Boy A - bande annonce
11:52 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, festival, film britannique


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Commentaires
Supers commentaires dans lesquels je retrouve pas mal de mes ressentis du moment, une vision qui souligne avec justesse des détails que j'ai parfois négligés et des points de vue bien épicés, clairement exprimés, sans jugement.
Beaucoup de plaisir au visionnage de la bande annonce de Boy A.
C'est toujours un grand moment de partager ce festival avec vous et j’apprécie de le retrouver à travers ton article Mireille.
Ecrit par : alain | 10.11.2008
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