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24.10.2008

une enfance en centre Bretagne 72 - la loches 3

La loche au lavoir
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C'était la plus petite de toutes, comme une cabane, un résidus de planches et de plaques goudronnées retenues par des tasseaux cloutés qu'on aurait utilisées comme un abri pour joindre deux plus grandes dépendances. loche lavoir.jpgSans trop savoir qu'en faire, et pourtant, très vite, l'installation d'un lavoir lui a donné son surnom et son inamovible nécessité. Il y a eu certes, dans un coin, quelques tas de bois ou d'autres matières premières entreposées, mais l'odeur qui s'en dégageait, celle du vieux savon de marseille, du linge humide et d'une certaine moisissure, mais aussi la froideur de l'ensemble ne pouvaient que nous faire rappeler que c'était le coin de la lessive, diu linge, du nettoyage..de l'eau.
Certes on avait aussi le vrai lavoir du village "à lavandères" de Lan pont (voir note précédente), mais c'était devenu trop loin. On a eu aussi sur le coté de la maison, des espèces de bacs en pierre et ciment, plutôt abreuvoirs à bétail ou réservoirs de pluie, mais ils se terminaient par un bac à lessive., avec l'inévitable brosse à crins et un bout de savon à trainer. Mais il n'était souvent utilisé à cet effet, trop sale et dans un coin trop venté, il a été démoli rapidement.
Bon, la loche était pas mal ventée aussi, mais elle abritait un vrai lavoir tout neuf.. Il n'y avait pas de porte, ou du moins elle n'a jamais servi et a fini aux oubliettes. De toutes façons on n'y allait pas pour le confort. D'abord c'était humide. Située tout près du puits, pour se servir en eau, puis quand celui ci a été bouché, c'était le long tuyau servant à tout, à remplir les auges à vaches, à laver la voiture, arroser le jardin et donc remplir le lavoir. (ou du moins un énorme baquet vert qui y trônait, car le lavoir en entier c'était quand même beaucoup d'eau).
Et pour y laver quoi ? La lessiveuse, puis la machine à laver étaient passées par là pour tout ce qui est draps, serviettes etc..
Donc c'était le petit tout venant, quand on ne voulait pas faire une machine, c'était les habits tachés qu'il fallait frotter et le nettoyage régulier de la terre, qui collait aux vêtements, bottes.. Il y avait toujours quelques petits bouts de linge qui attendaient ainsi d'être traités, avec l'inévitable énorme savon, bien carré, sans odeur particulière sinon celle du "sans odeur" qui en était devenu une à la fin
Moi j'aimais bien étaler sur la pente du lavoir le savon, sans me restreindre, frotter à fond, passer la brosse, plonger carrément le tissu dans l'eau froide, avec leds mains qui deviennent rouges, le sortir, le frotter, le replonger et tordre ensuite à fond la caisse. pour aller l'étendre dehors dans le jardin, sur les fils à linge, en plein vent. Bon je dis ça maintenant bien sûr, parce qu'alors, ce n'était souvent que froid et humide et nécessité domestique dont on se serait passé finalement.
je ne sais même plus ce qu'il est devenu, ce lavoir, ni ce qu'est devenue cette petite loche. Sans doute le bois a dû pourrir peu à peu et la tempête de 1999 a fini par lui faire lâcher prise.

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