03.09.2008

fest-noz again

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Pour en revenir au fest-noz, j'en ai écumé des dizaines et des dizaines depuis mon enfance, d'abord parce que c'était la façon habituelle pour toute réunion, anniversaire, battage, pardon...de s'achever. Dans une salle communale sans déco, juste une estrade et deux micros suffisaient car c'était toujours le règne des duos chanteurs avec "kan ha diskan" (chants et répons, que la voix et les pieds qui martèlent) ou sonneurs avec "bombarde biniou". Parfois un peu plus de deux, notamment les sœurs Goadec et frères Morvan, mais ils étaient l'exception.
Minimaliste donc, mais efficace et suffisant pour faire danser tout le monde sur les mêmes danses, réduites en fait au nombre de deux ou trois dans ce Centre Bretagne, à savoir la gavotte, le plinn et le fisel. On pouvait rentrer à tout moment dans la ronde, on n'était pas largué. De toutes façons, à l'époque il n'y avait aucun jugement à propos de ceux qui savent faire et les autres. L'important c'était d'être ensemble. Les pas venaient assez facilement, c'était d'ailleurs toujours les mêmes : gavotte (et sa variante fisel plus hard) et plinn (fatigant aussi celui-là), et un peu de pach-pi et la fameuse danse du "pot au fer" immortalisée par les sœurs Goadec où il fallait" tourner en arrière" ce qui faisait naitre un fou rire systématique général.
76ff5cf1fa4b6dcb0ffd8af6323a1e7a.jpgPuis le revival celtique des années 70 nous a fait entrevoir d'autres sonorités, des groupes avec batterie et guitares électriques, des harpes celtiques, des danses d'autres nations, Irlande et Ecosse, mais aussi d'autres pays locaux, notamment vannetais avec les an-dro, hanter dro, laridé et plein d'autres où il fallait se tenir par le petit doigt. Avec le plinn et la gavotte, on ne se servait jamais des petits doigts, mais des bras, bien serrés. Et pourtant quand on discute danse bretonne avec des personnes qui ne connaissent pas grand chose, elles évoquent irrémédiablement les petits doigts. ça fait plus fun, on dirait.
Ceci étant, j'ai beaucoup aimé apprendre les autres danses, et cela apportait une variété dans les festou-noz d'adolescence qui remplaçaient pour nous les bals ringards ou les discothèques. Je suis devenue experte en plein de pas différents, an-dro et laridé donc mais aussi le Kost ar Ch'oat, Dérobée de Guingamp, et j'ai découvert les duos, valses scottish, polka etc..
46c684d792409ff84f806469d33b07cf.jpgMais en même temps, comme on écumait surtout la région située entre Chateauneuf du Faou et Brasparts d'un côté (le pays de la gavotte des montagnes) et Kergrist Moëlou et Lanrivain de l'autre côté, (le pays du Plinn), et que les gens du village venaient toujours en nombre, tous âges confondus, eh bien c'est encore et surtout ces deux danses que l'on retrouvait le plus. En outre, malgré l'essor des groupes multi-instrumentistes, ce sont essentiellement les duos qui animaient les soirées. Ainsi sur les affiches on pouvait toujours lire des annonces telles "Grand Fest-noz de l'Amicale laique de Carnoêt" avec Marchand-Kemener (mes préférés de tous temps avant qu'ils ne vaquent à d'autres projets), Jegou-Le Bars, Pedron-Le Guillou, toujours des duos, soit sonneurs, soit chanteurs et plutôt locaux, gars du village se produisant de temps en temps avec son compère, amateurs. Tels ceux-ci, par exemple (sur un air plinn)


Pourquoi en fait je parle autant de fest-noz aujourd'hui ?
C'est parce que samedi dernier, j'étais un peu par hasard à celui de St Enogat, à Dinard. Un fest-noz que j'aurais eu tendance facilement à qualifier de "manifestation à touristes", dans une zone qui n'a jamais été coutumière du fait, avec des groupes (ici pas de kan ha diskan, ni de simples sonneurs) qui essaient de brasser très large, en faisant une panoplie de danses très étendue - pour un peu, ça pourrait presque se poursuivre en chants de marins....
Il n'y a pas longtemps, je me serais drapée dans une sorte d'intégrisme du genre "moi je viens d'un vrai coin où la danse est une tradition, na !". Mais j'ai suffisamment dénoncé les ayatollahs des festou-noz, ceux qui montrent qu'ils connaissent le vrai pas, qu'ils différencient le passepied du Haut Léon de celui du Bas Léon et le démontrent de manière trop dogmatique, sérieuse, ne souriant pratiquement pas, et bref, cette nuit-là, je suis rentrée dans les danses, certains pas que je ne connaissais pas, d'autres que j'avais oublié mais qui revenaient assez rapidement, avec des gens qui rentraient aussi, attirés par l'aspect festif, et c'est bien cet aspect qui présidait aux tous premiers festou-noz, et ce qui m'est resté, c'est la convivialité, c'est le "tous ensemble".
Et c'est le simple, comme cela se faisait par exemple dans la salle communale de Spezet dans les années 70.

fest-noz à Spezet

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20.08.2008

Une enfance en centre bretagne 71 - les loches 2

La loche aux lapins
Elle a toujours été appelée ainsi même longtemps après que les mammifères en question aient cessé d'occuper cette petite remise de 6 m sur 2 située sur l'arrière de la maison, vers le nord. On aurait pu tout autant la surnommer "loche aux pommes de terre", ou "loche à l'écrémeuse" ou alors "loche aux poules" et cette dernière dénomination aurait correspondu plus à la réalité vu que les quelques gallinacées rousses auront été les dernières occupantes de l'endroit. Ah, j'oubliais "loche au bois de chauffage" ou encore mieux "loche aux fagots".
C'était, comme on peut le deviner au travers de tous ces sobriquets, une dépendance active. On y allait souvent, soit pour chercher des pommes de terre ou betteraves, soit pour rentrer les poules.
Mais honneur aux fondateurs du surnom : les fameux lapins en question. C'est donc là que se trouvaient les clapiers. J'ai nommé quatre ou six (je ne rappelle plus) espèces de grosses cages en bois, insérées dans une sorte d'entourage en bois aussi, puis ensuite ce fut un clapier tout moderne en espèce de béton. (le format "cages à lapins" comme on dit).
Le sort des animaux en question n'était guère enviable, à savoir finir en roti avec pommes de terre et échalottes et parfois ajout de muscadet et champignons. (on avait toujours plein de boites de champignons pour ce genre d'usage).
Mais auparavant, nous étions chargés de les nourrir, voire parfois d'enlever le fumier pour remettre de la bonne paille. Nous avions fini par connaitre les herbes et plantes sauvages qu'ils préféraient, dont certaines variétés de pissenlit. Mais ce genre d'alimentation était presque devenu un luxe que nous leur prodiguions avec notre énergie d'enfants ruraux. Le commun du repas c'était quand même des espèces de granulés, parvenant en gros sacs de papier kraft. Nous aimions beaucoup ces lapins, surtout dans les périodes où ils se constituaient un petit nid au fond de la cage, confectionné de poils duveteux planqués sous la paille et qu'un jour il y avait plein de petites boules vivantes, glabres au départ et qui devenaient rapidement d'adorables petits lapins de cartes postales, courant partout, gris, roux ou noirs et blancs aux dents remuant en permanence. Avant cette période de naissance il y avait bien sûr l'introduction d'un gros mâle dans une cage avec une lapine et là, l'adage commun se révèle exact, c'était du rapide et du direct. ça nous a toujours impressionné. Ce qui nous impressionnait encore plus c'était leur fin de vie, et la façon tellement facile qu'avait notre mère d'enlever toute la peau de la bête (accrochée à la barrière du jardin) comme un gant (et une autre façon toute aussi facile de donner un coup de baton sur leur cou, mais ça j'ai jamais voulu voir). Les plats de lapin étaient monnaie courante (rôti, ragout, civet) puis ils se sont raréfiées au fur à mesure que la population des clapiers diminuait, car cela demeurait de l'entretien jusqu'à ce que les cages demeurent un jour désespéremment vides. ça faisait drôle quand même.. Et pourtant c'est demeuré la" loche aux lapins."
Il y avait donc aussi un endroit sombre, ne recevant jamais la lumière, où étaient entreposées plein de pommes de terre, des kilos et des kilos, recouvertes de jute, et également des rutabagas (surtout quand on avait des cochons). Ce qui montre tout de suite quel était la base de l'alimentaion. La pomme de terre.
Le beurre n'était pas loin non plus, car c'est bien dans cette loche qu'était fixée la fameuse écrémeuse, servant à diviser la crème du lait, avec cette manivelle que nous avons souvent tournée et tous ces filtres ensuite qui étaient lavés à grande eaux et qui sentaient cette odeur particulière, limite ecoeurante de lait tiéde. Elle s'est retrouvée bien seule aussi l'écrémeuse quand ce sont les camions d'Unicopa qui sont venus chercher les gros bidons de lait et que le beurre était devenu des plaquettes "even" ou du "paysan breton " de chez leclerc.
Ce fut aussi un endroit où entreposer du bois, surtout des fagots confectionnés avec l'élagage des haies du coin ou le ramassage des branches mortes sur les chemins.
Et puis les fidèles des fidèles, qui ont toujours occupé un coin de cette loche, le même coin d'ailleurs, ce furent les quelques poules pondeuses et les éventuels coqs nains qui hurlaient à tout-tête le matin et qui donnaient envie de leur donner un bon coup de pied. Les poules étaient tranquilles attendant juste que l'on enlève le loquet de la loche (en raison des éventuels renards et chiens errants pas vraiment pour d'autres raisons de sécurité) le matin pour s'ébrouer bruyammant, et vaquant à leurs occupations de poules, toujours dans les parages, comme une partie du paysage et repartant en soirée reprendre seules et tranquillement le chemin de cette loche. Je me souviens que lorsque nous étions chargés d'aller vérifier la fermeture le soir et que nous jettions un regard vers les espèces de vielles barriques et de cageots en tous genre qui leur servaient de perchoir, nous avions leurs regards et gloussements légers qui semblaient dire : "ne nous dérangez pas."
Cela aurait donc pu et dû s'appeler "loche aux poules" ou "poulailler" mais le nom de poulailler était réservé aux vrais de vrais,les trois que nous avons eus et qui contenaient des centaines, voire des milliers de poules, élevées pour leurs oeufs, une activité qui nous a permis de vivre pendant longtemps, jusqu'à l'accident de mon père. Et puis les poules n'ont pas été les premières occupantes de la loche. Elles sont venues en petit nombre pour une consommation familiale d'oeufs quand justement les grands poulaillers ont dû fermer
C'était et ça restera donc la "loche aux lapins."

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11.08.2008

une enfance en centre Bretagne 70 - les loches 1

La loche au cidre
"Loche" ? C'est quoi au juste ? Non non, il ne s'agit pas de la variété de poisson connue sous ce sobriquet. C'est la prononciation éludée de la "lochenn", (ou "loch "dans la région de lannion) terme breton pour tout ce qui est cabane, dépendance, hangar, remise, garage etc...terme tès générique qui voulait et qui veut encore tout dire. Comme d'habitude, la langue trouvait là une expression très pratique pour ce qui était de l'usage commun. Nous avions donc plusieurs "loches" appelées selon leur destination première : loche au lapin, loche au lavoir, loche au "frigidaire"...
Ainsi, la plus ancienne, à l'arrière de la maison, très petite, basse, avec juste une porte vermoulue faite de simples planches et maintenue par une vague loquet que tout le monde aurait pu forcer en un rien de temps. Et pourtant c'était la "loche au cidre". Car c'est là qu'étaient entreposées les barriques de ce breuvage, après que nos quelques pommes aient donné lieu à un jus fermenté chez le voisin du bas et que ce dernier nous en ait aussi vendu pour l'année à venir. Nous avions l'habitude d'aller remplir une bouteille au robinet de ces grosses barriques. Il y avait une odeur d'alcool et d'acidité, de pommes et de vinaigre, mélangé à une certaine humidité. Le jus de pommes virait vite à un breuvage "trink", mais que je trouvais très désaltérant. Tout le cidre ne reposait pas dans ces tonneaux. Il y en avait aussi mis en bouteilles au bon moment, véritable évènement que la mise en plein de bouteilles, qu'il fallait bien laver avec une sorte de brosse à bouteille, les bouchons étant mis avec une sorte de puissant "poussoir " à qui m'impressionnait et ces bouteilles étaient entreposées également dans un coin de cette loche, recueillant allègrement poussière, toiles d'araignée et humidité, mais qui n'enlevait rien au côté demeuré pétillant du cidre (alors que celui des barriques était plutôt "plat" et surtout "trink".)
Ce n'était pas une cave à vin, cependant, loin de là. De toutes façons le vin, c'était uniquement du "Père Benoit "ou un vague muscadet pour le civet de lapin et ça restait dans la cuisine.
En plus du cidre, c'était aussi là qu'étaient entrepoés les bocaux de conservation. Les fameux bocaux "le Parfait" après stérilisation des haricots beurre ou verts, des betteraves rouges et des poires au sitop (les incontournables). et les cornichons au vinagre aussi bien sûr ! Là aussi l'humidité, les araignées..malmenaient le fameux caoutchouc rose des bocaux et on s'est souvent énervé à essayer de forcer une ouverture quand le bout du caoutchouc nous restait benoitement dans les mains et qu'on essayait de trouver le meilleur système pour ouvrir ce fichu bocal sans le casser (d'autant plus que l'accroche en métal censée faire levier avait elle aussi subi l'érosion d'une longue présence dans la loche et n'avait plus sa vigueur d'origine)
Avec le temps les barriques ont disparu et cette odeur spécifique d'alcool et de bois mélangés. Les petits vasistas qui ouvraient timidement sur la lumière du champ d'à côté ont vu un coin de vitrage cassé et peu à peu se sont engouffrées à l'intérieur des ronces vaillantes. On n'y allait plus que pour quelques bocaux.
Juste à côté, à l'extérieur, j'ai connu un endroit où se faisait la grande cuisson des légumes pour cochons.
C'était à l'air libre, un grand chaudron (avec le recul ça devait faire un peu "sorcière"), sur un feu de bois et on y mettait les épluchures de pommes de terre, de pommes et poireaux, des rutabagas, de la balle de blé, du son et plein d'autres choses.
Il y avait comme une odeur tiède de chou et d'herbe mouillée mélangés, vaguement écoeurante. Mais les cochons eux, adoraient. Ensuite ils sont passés aux granulés. Je ne suis pas sure qu'ils aient gagné au change.
Dans ce coin de loche, il y avait aussi un "passage" - c'est le nom qu'on donne aux endroits des haies les plus propices à nous faire passer de l'autre coté - pour aller dans le champ du voisin chercher le ballon ou la volant de badmington, ou les élastiques.. que nos jeux envoyaient là bas. C'était le "passage par derrière", ce qui veut dire qu'il y avait aussi un "passage par devant", mais là on risquait de casser la barrière et notre mère nous l'interdisait à coup de "doue, doue, doue".
La prochaine fois : la "loche aux lapins"

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05.08.2008

see the sky about to rain..

Ecouter la Musique
6512e5a5f1d7b9a99777e2934dda0c67.jpgC'était un vendredi de RTT. Une joie d'aller dans le Finistère Sud rendre visite à la famille et auparavant faire une halte avec nuit d'hôtel dans le pays Fouesnantais. J'ai un petit faible pour cette commune qui sait présenter à la fois les éléments nécessaires à la pratique d'une voile presque compétitive, les chemins de randonnées au coeur des pommiers et champs de vaches avec dégustation de cidres et pommeaux,
-mais aussi une longue bande de terre comprise entre plage étendue et rivière, se rejoignant progressivement vers Port La Forêt si bien qu'une maison peut très bien avoir vue sur le large et la rivière. En fait de rivière, celle-ci peut sembler ridicule dans un lit vaseux où on la distingue à peine, on dirait un filet d'eau, et quand vient la marée c'est presqu'une autre mer qui prend la place, et entre les deux, les oiseaux de tous genres sondant l'espace découvert pour piocher une nourriture généreuse : c'est le Cap Coz.
- et encore, un autre coin, rappelant tout à coup un rivage plutôt méditerranéen, dunes encadrées par de grands pins et des sables blancs. Les arbres ont beaucoup souffert de la tempête de 1987, mais ils semblent reprendre vigueur. Bien que des villas cossues occupent l'endroit, donnant un côté chic à la station, cela reste quand même restreint et un peu hors d'age et le bord de mer demeure attractif avec des petites criques où l'on accède par des chemins de sables et de pins maritimes : c'est Beg Meil
- et puis en partant de là, une très longue plage, un peu comme celles que l'on trouve dans la baie d'Audierne, se terminant à la pointe de Mousterlin et longeant en parallèle des marais remarquables, avec végétation ad'hoc, et toutes sortes d'oiseaux que l'on peut regarder dans les niches aménagées à cet effet par le conservatoire du littoral. Super marais, peu d'habitations, quelques campings planqués (camping plutôt "classes "d'ailleurs peut être pour compenser l'absence d'hôtellerie) : La pointe de Mousterlin
- Puis encore une autre bande déserte, mais vraiment déserte, presque du sable à la fin, se mourant dans la rivière du Letty à Bénodet et avec pour doux nom : la Mer Blanche.
Je précise que je n'ai aucun intéressement avec l'office de tourisme de Fouesnant, mais c'est juste pour dire que je suis toujours contente d'y revenir, que je découvre sans cesse de nouvelles routes et sentiers et luminosités.

En parlant de luminosité, ce vendredi-là, alors que les jours précédents avaient vu sur nos côtes de la Manche une offensive d'air chaud et de coups de soleil et qu'on se réjouissait d'un farniente sur les plages du Sud, eh bien donc, c'est notre chère pluie qui s'est invitée. Attention, pas la pluie d'orage momentanée qui fait courir dans la pièce informatique pour débrancher la live box, ni un petit nuage qui crève de temps à autres, à peine suffisant pour arroser les salades, non la vraie pluie celte, persistante, continue, pas vraiment un crachin, pas sévère non plus, mais présente. On finit par s'y faire, ôtant la capuche, fermant le parapluie, et tant pis si on est mouillés, ce n'est pas si terrible après tout.

Mais cela donnait à la station un air fantomatique. Personne sur les plages, quelques pêcheurs, un ou deux voiliers en partance vers les Glénan, les terrasses des restaurants plutôt vides et le chocolat chaud de sortie. le vendeur de glaces en camionnette sur le parking de Beg Meil lisait le journal de fond en comble en regardant les vacanciers faire des demi tours avec leurs voitures. La grande plage de Mousterlin enveloppée comme dans un nuage, on n'en voyait pas le bout et juste un chien qui faisait fi du tout, goutant comme un fou une plage déserte rien que pour lui.

Et puis toutes ces maisons, chambres d'hôte, appartements à la semaine, souvent situés idéalement les pieds dans l'eau et cherchant locataires désespérément. ça m'a paru surprenant, pour une dernière semaine de juillet, avec le festival de Cornouailles pas très loin à Quimper. Des super plans de location, on avait envie de toutes les faire.
Renseignements pris à l'office de tourisme, la saison serait plutôt morose, voire très déficitaire.
Pourquoi ? Alors que la station offre vraiment tant de possibilités. Serait-ce les algues vertes qui dégagent une vision et surtout une odeur nauséabondes sur certaines plages ? Non, d'abord c'est pas toujours ainsi et le nettoyage serait assez efficace. La faute à la baisse du pouvoir d'achat ? Il doit y avoir de cela. Mais selon la fille de l'office du tourisme, c'est encore la même appréhension des vacanciers devant le caprices du ciel qui constituerait la véritable raison. Avec en rappel une saison 2007 pas terrible

La fille de l'office du tourisme s'était d'ailleurs un peu emportée au téléphone envers un touriste qui annonçait qu'il avait vu la météo nationale et que cela n'était pas terrible pour la Bretagne.
Alors que toute la semaine venait d'être très belle, que les terrains sont plutôt secs et que les hortensias commencent à griller..
Certes ce jour-là il pleuvait, mais alors. quelle est cette dictature des présentateurs météo qui font grise mine en évoquant d'éventuels "passages nuageux" comme si l'on était atteint d'une malédiction, avant de ressortir le sourire "dents blanches" et sautillant presque en poursuivant que le soleil est de mise au sud ou que ça va aller mieux. ça m'a toujours énervée (voir une note précédente déjà sur le sujet)
Surtout que ces présentateurs ne se cassent pas beaucoup la tête et n'hésitent pas à poser un nuage sur l'ouest en se disant que "il y en bien toujours." Oui mais pareillement il y a aussi souvent du soleil, alors pourquoi pas l'inverse ? - c'était mon passage énervement météorologique.

Pour en revenir à ce vendredi, certes il a plu, et certes nous avons été désappointés de ne pas voir le Ménez Hom clairement car il était dans les nuages, de ne pas pouvoir sortir les serviettes de plage. mais on a longé les marais de Mousterlin, avec les joncs fléchissant sous les gouttes et les hérons sortant leur bec, on a arpenté les grèves désertes où l'océan semblait se fondre dans le ciel, marché sur des chemins bordés par de verdoyantes fougères illuminées de gouttes d'eau, au fur et à mesure que la chaleur tapie reprenait le dessus et que se dégageaient les nuages
Une simple et belle journée de pluie et d'été.

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14.01.2008

Une enfance en centre bretagne 70 - moments de voeux

Moments de voeux.

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En cette période, le facteur ne manquait pas d nous apporter son lot de petites cartes de voeux, de "bonne année", de "bloavez mad". C'était non seulement une tradition, mais aussi presqu'une obligation et on ne manquait pas de pointer rapidement les membres de la famille qui ne se seraient pas manifestés par l'envoi d'une petite mignonnette argentée. Il y avait en plus tout le mois de janvier pour cela. L'habitude était que ce sont les plus jeunes qui devaient adresser d'abord leurs voeux aux plus âgés. Et en général cela prenait la forme d'une mini enveloppe, avec une carte représentant un inévitable paysage enneigé recouvert de paillettes argentées. Et les formules étaient toujours du style "toute la famille se joint à moi pour vous souhaiter une bonne et heureuse année et surtout une "bonne santé". Il n'y avait pas grand chose d'autre. Pas de mention de comment l'année précédente s'était passée pour la famille en question. Juste parfois une petite phrase supplémentaire pour annoncer une réussite d'examen d'un enfant, ou d'un futur mariage, ou alors la dégradation de l'état de santé de la grand-mère en espérant que ça ira mieux l'an prochain bien que "l'âge est là!".
Alors on répondait, du moins ma mère répondait, sur une de ces mini-cartes pareilles, achetées par paquets de dix et nous on signait après la non moins célèbre réplique de la "bonne et heureuse année" (c'est drôle, il fallait toujours les deux qualificatifs, dès fois qu'un ne serait pas suffisant). Elles avaient un côté apaisant ces cartes, des chalets isolés enneigés où l'on devinait une lumière et un feu de bois, ou alors un mini-village dans une vallée de montagne, des sapins dorés, du houx ou du gui, et ces espèces de relief doré ou argenté, on aurait dit du sable sur lequel j'aimais passer le doigt.
Il y avait également des oiseaux, si possible sur une branche enneigée elle aussi et des reliquats du Noël proche, boules et bougies et cadeaux enrubannés.
Nous qui n'avions jamais vu de montagne plus haute que les Mont d'Arrée, c'était une petite part de rêve blanc et la continuation d'une période de fêtes magique. Les mentions "bretonnes" du style Bloavez mad ou les photos de phares et de grande marée sont arrivées bien plus tard, avec le revival celtique.
Pour nous ça restera toujours les chalets dorés dans la montagne enneigée.
Et puis c'était aussi le changement de l'éphéméride comique. Avec un nouveau socle, généralement fait soit de petite fille avec animal, du style cheval ou chien, soit de petite fille sans animal, avec bouquet de fleurs, soit des animaux sans petite fille, mais en commun avec d'autres congénères, comme des petits chats dans des positions où on voyait bien qu'on les avait fait poser, soit animaux qui n'ont rien en commun comme cheval et chien, mais qui s'entendent comme larrons et qu'on a fait poser aussi, soit un paysage de neige, encore ou bien un ruisseau. Je crois que les blagues en question n'étaient jamais lues, déjà il aurait fallu chausser de fortes lunettes car c'était écrit si petit, mais c'était du comique ou rien du tout. Histoire de tourner la page. Ou les pages, car sur la fin, ma mère en enlevait plusieurs en même temps, sans faire exprès, plus maladroite avec l'age. "l'âge est là !"
12bf091d5d434738183ed31db23bdb13.jpgEt puis l'inévitable calendrier des postes. Le fameux almanac'h des PTT. Celui qu'on adorait choisir parmi toute une panoplie que le facteur était fier de nous sortir de sa sacoche. Ma mère aimait nous demander notre avis mais ça finissait toujours par un inévitable portrait de plusieurs petits chiens ou des prairies verdoyantes. Là encore peu de mer. C'est bizarre quand j'y pense, cette omission des paysages marins pourtant proches. (maintenant c'est presque le contraire, il y a des vagues en veux-tu en voilà)
Il fallait en choisir un qui convienne à tous, vu qu'il trônait sur le mur de la cuisine. Son autre intérêt c'était les numéros de téléphone administratifs et les plans intérieurs de Guingamp et St Brieuc, peut être Lannion, en tous cas, on restait bien dans les Côtes du Nord. Si on voulait un plan de Quimper, ou bien les numéros utiles de Carhaix il fallait consulter l'almanach des PTT chez ma tante.
Eh oui, c'était la même chose que pour le Télégramme, et les aléas d'être situé à la limite de trois départements.
Alors, comme on a tout le mois de janvier, à mon tour de passer par cet outil que n'aurait pas imaginé nos anciens, le blog (kezaco ?) pour souhaiter à tous une bloavez mad. Tout simplement

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18.11.2007

Menez Du

De tous temps j'ai eu un faible pour les Montagnes noires. Déjà le nom, il y a un coté mystérieux Les montagnes noires ! Menez Du ! Je les imaginais peuplées de faunes et d'étranges créatures, recelant des lieux secrets ou chargés d'histoire. Un nom qui irait bien sur la carte de la Terre du Milieu chère à Tolkien. Et puis, elles ont une végétation qui n'est pas sans rappeler celle des vraies montagnes. Beaucoup de conifères et de feuillus, ce qui tranche sacrément avec le côté érodé et désertique des Monts d'Arrée.
D'un coté l'Arizona et de l'autre le Wyoming.
Je me souviens de ces routes enchanteresses, celle entre Laz et Chateauneuf par exemple, ou entre Spezet et le Chateau de Trevarez, en passant par St Goazec. Des roches abruptes, sortant d'une forêt et clamant haut et fort leur point culminant à 300 m. C'est ainsi que nous avons franchi fièrement, la semaine dernière le .." col de Toullaeron" à 260 m d'altitude Si , si ! ça doit faire bien rigoler les touristes originaires des Pyrénées. Et pourtant que de tendresse lors de ce retour à Spézet, ville où nous avons habité pendant un an. Du bretonnant de bretonnant. Il y en a comme ça, des lieux qui me sonnent plus "marqués" (comme Poullaouën, Kergrist Moëlou ou Brasparts), je ne sais pas pourquoi. Sans doute que j'y ai vécu des moments forts liés à la celtitude, des festou-noz plus forts que d'autres, des atmosphères particulières. Mais Spézet est le premier endroit (hormis Trebrivan bien sur) où j'ai vécu de manière indépendante après une escapade universitaire parisienne et l'idée d'y retourner pour un week-end me plait énormément
Ce retour s'est programmé de manière assez imprévue. Nos enfants nous ont offert un cadeau "week-end "chambres d'hôtes". C'est une formule qui fait fureur actuellement, dans les Fnac, Carrefour etc. On peut y trouver au choix des séjours sportifs style saut en parachute, des séjours gourmets, des découvertes de ville, ou même des ateliers cuisine avec des chefs.
Nous ça a été "chambres d'hotes", avec un super catalogue qui donne envie d'aller partout, mais en nous resserrant sur la Bretagne, on a flashé sur le Manoir de Toullaeron. Parce que c'est à Spézet et parce que c'est le point culminant des montagnes Noires (320 m). Le Roc de Toullaeron, on y était déjà allé à plusieurs reprises. Il fallait savoir trouver le chemin, pas du tout indiqué et quant au rocher en lui-même, on ne le voyait qu'au dernier moment. Tout petit granit de rien du tout, rien à voir avec le Menez Hom ou la Montagne St Michel de Brasparts, qui se laissent deviner de partout ou les Roc'h des Monts d'Arrée (Roc'hTrevezel, Roc'h Ruz, Menez kador, Roc'h Tredudon, tous fleurant les 380 m). Ici, c'est discret, comme si on tombait par hasard au détour d'un petit sentier humide sur un des plus beaux points de vue de Bretagne.
L'autre jour, en allant à Quimper, nous avons donc décidé d'aller en éclaireur voir le fameux manoir, bifurquant de Gourin à Spézet et franchissant donc le fameux col de Toullaeron. (enfin je me moque gentiment, mais je suppose que pour les cyclistes du coin, ce doit être sacrément costaud). Je m'attendais, 15 ans après, à ce que le roc'h du même nom soit désormais indiqué et hyper bien balisé. Eh bien non. Il faut encore savoir trouver le petit sentier. Les propriétaires du manoir nous ont alors appris ce que j'avais toujours ignoré, c'est que ce point culminant se trouve dans une propriété privée. Et que les propriétaires ne tiennent à aménager le lieu. Si bien qu'en fait de vue, il y a maintenant des arbres qui ont poussé et ne permettent plus d'embrasser autant tous les environs. Pour avoir la plus belle vue des Menez Du, il faudra dorénavant aller jusqu'au signal de Laz ou la Roche du Feu à Gouezec. Je m'en fais déjà une joie.

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07.11.2007

d'autres finistères 3

Je zappe momentanément la région des abers pour plonger dans l'Iroise. Le pays, pas la mer, quoique celle-ci était encore plutôt bonne en septembre. Cette côte entre Portsall et la pointe St Matthieu est vraiment remarquable dans son humilité, peu dénaturée, avec plein de petites routes qui longent la côte de très près. Et quelle côte, là où la Manche et l'Atlantique sont censées se retrouver. J'avais déjà repéré cette portion du littoral, quand nous faisions des expositions artisanales de ce coté, notamment les floralies de Ploudalmézeau à la Pentecôte. Nous dormions dans un hôtel à Porspoder, un peu miteux "le penn ar bed", avec une vue directe sur la mer et sur un petit promontoire rempli de lapins et de vestiges de four à algues. On est repassé à Porspoder, toujours aussi sympa comme village, tout étendu, épousant les contours de la mer, et on y a même vu cet hôtel ou du moins une vieille enseigne, car à mon avis il ne doit plus avoir les normes de sécurité nécessaires. Mais on ne sait jamais..enfin, il n'est plus dans les pages jaunes.43df74f2f8d7440d8fdd857fa719f9a5.jpg
Donc la portion qui va de Tremarzan à Porspoder vaut largement, mais alors largement le détour.
La suite aussi, vers Lampaul-Plouarzel, commune bizarrement faite, essayant de longer le littoral mais paraissant plutôt désolée en même temps. Pas de trace de boutique de souvenirs ni de restos-snacks-terrasse, non des rues qui trainassent, tournent autour d'un phare, rejoignant des criques toutes aussi agréables.
b5c072e3f74c992450278db3a81f030b.jpgC'est étonnant de voir que notre début de périple d'Iroise : Portsall, tout comme la fin : pointe du Corsen sont deux lieux où l'identité bretonne a été bafouée. Par l'Amoco Cadiz pour le premier endroit. C'est fou quand même de voir que ce beau port de Portsall, un havre de paix, a vu s'échouer en son cœur le funeste pétrolier en 1978. A l'époque j'habitais Spezet, en plein centre Bretagne et j'étais admirative de voir tous les paysans du coin attendre avec leurs bottes et seaux les cars qui allaient les conduire vers ces côtes, vers la mer, que certains n'avaient encore jamais vue, pour participer à l'inlassable nettoyage. Grand moment de solidarité bretonne comme il y en a eu tant d'autres..
Et puis là très récemment, à la pointe du Corsen, devant le cross du même nom, véritable station de surveillance qui met tout en oeuvre pour éviter entre autres de nouveaux Amoco, ces mots que j'avais encore en tête, dits par un futur président, fonction qui devrait pourtant inciter à plus de respect :
Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ? (…) Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte !
La pointe du Corsen, beaucoup moins connue que celle de St Matthieu ou du Raz, n'est pas si bien fléchée que ses consœurs, il faut vouloir y aller et c'est au bout d'un chemin que l'on se trouve sur un mini promontoire où il est dit que la Manche et l'Atlantique se rejoignent (mais où ?) et où l'on se trouve sur le point le plus à l'Ouest du continent. Encore un endroit magique, mais il y en a tant. Pas très fréquenté, un peu désolé.

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23.10.2007

d'autres Finistères 2

balade en septembre
Poursuivant la route qui mène de Plougasnou à Locquirec, dans le but de revoir l'hôtel des Sables blancs où j'ai obtenu ma première immatriculation en tant de salariée du régime général, j'ai bien dû m'arrêter 4 ou 5 fois sur la route pour tenter de prendre des clichés de cette côte encore préservée, avec des chemins de randonnée à ras la falaise qui me donnaient vraiment envie d'arpenter plus longuement. Mais comme d'habitude, le résultat photographique n'est pas à la hauteur, et je reste piètre dans ce domaine, malgré les technologies qui permettent d'en faire plein, certes, d'en garder, d'en jeter, mais je n'ai pas l'œil, comme on dit.
Locquirec demeure une petite place sympa, mais finalement on a vite fait le tour, repéré l'hôtel qui vient effectivement de fermer ses portes (alors qu'il était loué par le Routard, c'est dommage), et retour par la même route côtière pour un arrêt baignade dans une crique géniale, surmontée d'un café tout aussi génial et qui mérite largement le détour, même en venant de loin. ed8ca2b7603a1c354f73ed708563afbc.jpgLa crique c'est Pol Rodou, le café c'est le café Caplan (il y en a aussi un autre, style pub écossais qui avait l'air très sympa et tout aussi bien situé mais qui était fermé - dommage). Le Café caplan c'est une oasis du côté de Guimaec, un havre de culture et de vue, la chaleur et la convivialité d'un bar (ils font aussi des assiettes) avec une envie irrépressible de se plonger dans les nombreux ouvrages en vente, particulièrement choisis et dont la disposition bien trouvée, aérée, avec cette baie sur le large, engendre l'envie d'une pause salutaire et culturelle. C'est paumé mais très fréquenté. Super endroit.
Tout comme le petit "café du port "du Dourduff, une carte postale à lui tout seul et qui fait face à la rivière qui vient de Morlaix, avec une rive menant à St Pol et l'autre à Plougasnou via Le Diben et d'autres petits ports enchanteurs. La route pour y mener (passant par le Cairn de Barnenez) est également remarquable.Et la nourriture, simple, familiale, pas très cher à base de produits de la mer.f6103d9a9beeeefe0d7e41e376c11984.jpg
Que voilà donc un coin que j'ai redécouvert, que d'ailleurs je ne connaissais même pas vraiment, avec tous les préjugés que je pouvais avoir sur cette côte Nord légumière et catholique.
Et c'est pas fini.La prochaine fois (je ne dis plus demain, car le temps me manque en ce moment) Une virée dans le pays des abers.

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10.10.2007

d'autres Finistères 1

cca793b3de78411675b437eb8c821ab7.jpgJe dois dire que je ne connaissais pas trop bien le Finistère Nord. Bien que ce soit la côte la plus proche kilométriquement parlant.
Hormis les balades annuelles à Locquirec (que j'ai déjà relatées ici, car c'était toute une épopée) et la colonie de vacances municipale à St Michel en Grève (mais c'était dans le 22), nous ne voyions dans la contrée du nord, dans ce Léon qu'une réputation peu glorieuse de légumiers votant massivement à droite et tous empreints de religion. Un peu mieux que le Morbihan, mais tout juste.
Ensuite c'est une région que j'ai surtout fréquentée à l'occasion des fêtes artisanales (Floralies de Ploudalmézeau, marchés d'art de Roscoff et Lesneven) mais en général nous n'étions pas dans une dynamique de découverte touristique du secteur, et plutôt pressés de quitter les lieux et de remballer nos stands.
Puis nous avons succombé aux sirènes du Sud, du Finistère Sud, entre Audierne et Riec sur Belon. Et parcouru souvent les étangs de Fouesnant et les grandes grèves de la baie d'Audierne avec les villages un peu perdus du pays bigoudens, emprunts d'une mélancolique rudesse.
Donc cette fois, décision de revisiter le Nord en un mois de septembre ensoleillé, arrière saison prometteuse qui se désole de devoir laisser la place à l'automne après avoir tant attendu les rayons frémissants.
On voulait commencer par le tout premier village Finistérien de la Côte : Locquirec mais l'hôtel que l'on convoitait (et qui, bizarrerie des étrangetés, était le premier endroit où j'ai travaillé en tant que serveuse à 17 ans), venait de fermer, mais carrément pour toujours. Pourtant situé sur la grève des Sables blancs, c'était un lieu idéal. Peu importe, Internet est passé par là avec ses adresses comparatives et certaines qui ne sont même pas dans le guide du Routard. Il faut dire que la région ne dispose pas d'un parc hôtelier fourni, contrairement au Sud (on dirait que je parle de deux hémisphères..). il y a des chambres d'hôtes (formule qu'on se réserve pour l'hiver) et des résidences très classes à des prix qui semblent exorbitants du style 160 euros la chambre.
Mais à Plougasnou. un hôtel face au port "le temps des voiles", avec un hôte qui pratique un humour un peu caustique que j'aime bien. Plougasnou, commune sacrément étendue. Et qui mène d'un côté vers les beaux sentiers de randonnée qui vont de Primel Tregastel à Locquirec et de l'autre la route qui longe la vallée du Dourduff en passant par Barnenez. C'est simple, on avait envie de s'arrêter tout le temps pour faire fonctionner le petit panasonic numérique.
D'abord direction Primel Tregastel et la route qui mène à Locquirec (j'avais vraiment envie de revoir "mon" Hotel des Sables blancs. Très belle route côtière, qui n'est pas sans rappeler celle qui, chez nous, va des sables d'Or au Cap Frehel. Sauf que là c'était plus vert, avec des champs et des vaches non loin des plages et des petits villages encaissés dans des mini vallons, tel St Jean Du Doigt. Première impression d'église et de chapelle, on en verra plein sur ce mini périple. Cette partie de côte doit être un paradis pour les randonneurs (il y en avait d'ailleurs pas mal dans l'hôtel) si j'en juge par tous le sentiers longeant la mer, parfois à flanc de falaise. très beau coin (mais comme tant d'autres). Demain la suite.

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25.09.2007

bagads vibrants

Ayant regardé quelques passages de la descente des Champs Elysées dimanche par les Bagadou, j'ai encore observé chez moi cette très forte charge émotionnelle que déclenchent ces sonorités. Charge hautement identitaire bien sûr..
Et pourtant le bagads ça n'a jamais été mon truc. Etant plutôt portée sur le rock en général, indépendant plus précisément (bien que ce terme ne veuille plus dire grand chose), je n'ai jamais été particulièrement sensible à l'aspect musical un peu strident du bagad, encore moins à l'allure un peu figée (voire martiale) des membres.
C'est certain que je ne mettrai pas délibérément un disque de bagad dans ma platine, ni même un disque de duo biniou-bombarde, alors qu'ils me stimulent incroyablement lors des festou noz.
Et pourtant, malgré cette réticence musicale et bien que j'aie la chance de vivre et travailler en Bretagne (à l'inverse de nombreux expatriés nostalgiques dont beaucoup de franciliens), eh bien, ce son typiquement breton m'emporte carrément et me fait venir des larmes. Comme s'il touchait quelque chose de gravé à l'intérieur, d'indissociable et de qui semble dépasser ma propre personne au profit d'une région toute entière.
Alors que vive la bombarde !

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24.07.2007

herbiers des campagnes bretonnes 13

This is the end
Herbiers des campagnes bretonnes 13
Eh oui tout a une fin. La série "fleurs à presser" s'achève. Les talus ne montent plus que quelques carottes sauvages, des séneçons et autres composées jaunes et quelques tâches roses par ci ou là, apportées par les épilobes ou salicaires.
Pourtant dans le style rose, il y en a d'autres qui s'éclatent, ce sont les bruyères. Surtout en bord de mer ou terrain calcaire. Et c'est indéniable que les bruyères sont, à l'instar des hortensias ou ajoncs, associées typiquement à la Bretagne. Il n'a qu'à voir les landes du côté du cap Frehel pour distinguer plusieurs variétés dans ce qui semble être de loin une même couleur rose virant à la rouille inévitable..
On en trouve essentiellement quatre sortes :
1c9a31a0f41c6fb30318b24ec78f30a8.jpg- les bruyères cendréeserica cinerea : la plus connue, dont dérivent les variétés de "toussaint" Presqu'un petit arbrisseau, plus foncé que les autres. Les feuilles restent toujours vertes, minuscules et glabres.



a47835a27025dd3e78496e494dc3742f.jpgles bruyères tétragoneserica tetralix, appelées aussi caminets, clarins ou bruyère à quatre angles plus petites, un peu plus pâles. Poussent plus sur les landes humides, tourbières. Ce sous arbrisseau voisin du précédent est un peu plus bas mais par contre les fleurs sont plus grandes, plus pâles, globuleuses, en grappes courtes, serrées.

48acbd833d5cb57a630c70347a93ab93.jpg- les bruyères ciliées – erica ciliaris, plus grandes, reconnaissables justement à leur espèce de cil et à leurs fleurs en longs épis rose foncé. Moins commune que les deux précédentes.



5f15466cda212ebca408b7a0fd65c0d9.jpg- les bruyères callunes calluna vulgaris, appelées aussi callune fausse bruyère, qui sont en fait plutôt de plus grands et plus denses sous- arbrisseaux. Les feuilles sont différentes, plus linéaires, vert plus clair. Les fleurs en grappes claires, serrées. On s'en sert pour faire des balais et pour les brandes, isolant les jardins.

Elles gardent toutes leur couleur sans aucun problème et leur juxtaposition sur un herbier est du meilleur effet. Dommage que l'on ne puise pas y ajouter ajoncs ou genêts (eux ne gardent pas leur belle couleur jaune), leur naturels voisins

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01.07.2007

un drole d'été

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Voilà donc un drôle de mois de juin qui s'achève. Pluvieux, assurément pluvieux.
Habituellement la pluie en Bretagne ne me gêne pas, elle fait partie de ces variables illustratives indéniables. Elle s'invite spontanément, et repart ensuite vers d'autres cieux, mais demeurant toujours un peu dans les parages, histoire de. A l'instar de nos voisins celtes, on fait avec. De toutes façons, on sait qu'elle laissera ensuite la place au soleil, aux brumes de mer, aux alternances de nuages gris avec d'autres plus clairs ou vice-versa et c'est bien. Mais en ce mois de juin, c'est comme si elle n'était pas parvenue à quitter une sorte de maelström orageux, comme si une chape grise et basse l'empêchait de souffler un peu et qu'elle retombait de dépit.
C'est le 1er juillet et la plage de St Enogat ne sait pas si elle doit sortir ses habits de saison ou attendre encore un peu. Ce qui donne une vison assez étrange C'est le 1er juillet et le Club Mickey reste à l'état d'ébauche, comme inachevé. Pareil pour l'école de voile où juste deux planches signalent une timide ouverture tout en offrant la seule touche de couleur vive dans le ciel bas. Le pub retarde jour après jour l'ouverture de son restaurant Il y a comme un feeling de rentrée avant même d'être parti. Et un silence inhabituel, celui d'une certaine lassitude ou mélancolie. Très étrange.
Sur les marchés, les camelots ont pris l'habitude de systématiquement sortir les parapluies (ça c'est normal) mais aussi les bâches plastiques, et les gros poids en cas de coup de vent. Avec un air désabusé devant des maillots et T shirts qui ne parviennent pas à attirer l'œil du passant. En ce moment pourtant, sur le marché de Dinard, ce n'est pas la pluie le grand sujet de conversation c'est plutôt..le mildiou.
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Ce bon vieux mildiou qu'on croirait une ancienne maladie éradiquée comme la peste et qui a envahi en quelques jours tous les jardins du coin, du moins ceux contenant pommes de terre et tomates. Et avec une uniformité, touchant aussi bien les professionnels que les amateurs retraités ou les petits jardinets du dimanche comme le notre. Eh oui, première fois qu'on s'essaye aux pommes de terre et tomates, et alors qu'on pouvait s'enorgueillir de poussées fières et spectaculaires, en deux jours les tâches marron ont envahi le petit bout de culture et, ni la bouillie bordelaise de la biocoop, ni le fait d'ôter scrupuleusement les feuilles abîmées n'ont enrayé le champignon qui s'en était rarement autant donné à cœur joie, bénissant cette masse pluvieuse de juin. Et quand ce n'est pas ce satané mildiou, ce sont les nombreux escargots qui découvrent le pouvoir enivrant du basilic.
Drôle d'été que voilà. Mais on fait avec, un peu désabusé, un peu mélancolique aussi.

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23.06.2007

herbiers des campagnes bretonnes 12

Allez, dire que c'est déjà pratiquement la fin. Bientôt les bas-côtés des fossés vont sécher, jaunir et, émergeant parmi les fougères et graminées, ne resteront que quelques crépides, ombellifères style carottes sauvages et les belles tâches roses formées par les mauves, salicaires et épilobes.
Et pourtant les beaux spécimens arrivent, ils se sont fait attendre, mais ça valait le coup. En général ils se manifestent de loin, sans doute plus remarquables par le manque de concurrence et par le fait qu'ils sont généralement en bandes isolées au milieu d'une verdure de fougères, ronces et graminées.

medium_vipérine.jpgD'abord honneur au dernier bleu : la vipérineechium vulgare, pas le plus facile à cueillir car plutôt urticant. Il y a comme des espèces de soies à base rouge sur la tige. Assez haute, plus d'un mètre, avec des fleurs en nombreuses cymes formant un long épi. On la voit en bandes de copines, sur les bas-côtés, terrains secs, on en trouve plein en bordure de mer apportant un bleu intense sur des herbes sèches, voire du sable. La tige peut être très épaisse et là encore, pour les herbiers ce sont les plus jeunes qu'il faut cueillir. Et voilà une fleur fidèle qui demeure bleue au séchage. C'est aussi une plante médicinale réputée non pas pour soigner les morsures de vipère mais pour ses vertus galactogènes.

medium_phacélie.jpgDans le style bleu, avec aussi des fleurs en cyme, on voit des champs entiers se couvrir de cette couleur en ce moment. Et bien des touristes venaient nous demander, sur les marchés, "mais quelle fleur donne ces champs tout bleus" Eh bien c'est la phacélie commune - Phacelia tanacetifolia, plantée en Bretagne pour enrichir la terre sans engrais chimique. Un super engrais vert qui a en outre une autre vertu écologique puisqu'elle attire des "bons" insectes spécialistes de la lutte contre les pucerons.

Les coloris roses seront constitués essentiellement par les épilobes, de deux sortes.
medium_epilobe_en_épi.jpgD'abord hommage au plus grand, celui que l'on trouve en général en montagne mais qui pousse aussi en petits massifs isolées sur le bord de nos routes côtières par exemple, ou dans les clairières. Très haut (peut atteindre deux mètres), et avec une inflorescence imposante, en épi, d'où son nom : l'épilobe en épi ou laurier de St Antoineepilobium angustifolium. Les fleurs ont des pétales un peu inégaux et lâches avec étamines bien visibles. Avec le coquelicot, c'est l'autre fleur qui débutait bien un herbier, car sa taille donnait le mouvement d'ensemble. Plutôt à placer au milieu.

medium_epilobe_hirsute.jpgSa cousine, c'est l'épilobe hirsuteepilobium hirsutum. En voilà une qui traîne tard dans la saison. Assez haute elle aussi (1,50 m) Même type de fleur, bien rose, un peu plus régulière, mais qui ne pousse pas en grappe donc plutôt isolée accompagnée d'une terminaison courbe et pointue. Et fleur qui, en grandissant forme un duvet qui s'envole sur les routes. L'épilobe préfère les fossés, si possible avec un peu d'eau en bas.


medium_salicaire.jpgPareil pour les salicaireslythrum salicaria, (appelée aussi lysimaque rouge) même fossé, même couleur pourpre, même hauteur. Mais elle monte bien droit et bien haut, avec des feuilles ovales, étroites, opposée ou en verticille de trois sur la tige. Les fleurs poussent en épi. Il paraît qu'elle tient son nom du fait qu'elle poussait près des saules. Il faut dire qu'elle aime bien l'eau.


medium_reine_des_prés1.jpgEt c'est donc une transition rêvée pour évoquer une de mes préférées, la reine des présfilipendula almaria. Il faut venir avec des bottes, car c'est au bord, voire dans l'eau, ou dans la vase qu'elle se plait. Elle aussi est plutôt haute avec des feuilles très vertes, émerge des prairies et des fossés humides et malheureusement ne demeure pas blanche longtemps, virant au crème puis des tâches marron apparaissent sous l'action de l'humidité et des insectes. La fleur n'est pas remarquable en elle-même, un peu cotonneuse, en panicules denses, mais alors quel parfum incomparable. Le vrai parfum des champs, des prairies, de la campagne, plus que tout autre. S'il existait un parfum "reine des prés" je l'achèterai tout de suite. En plus il paraît que la plante a des vertus médicinales proches de l'aspirine.

La prochaine fois, les variantes de bruyères.

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11.06.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 11

Dans la série des fleurs cousines, celles que l'on confond allègrement avec d'autres de la même famille mais qui ont cependant d'énormes différences il y a en ce moment :

medium_matricaire.jpgLa matricaire communematricaria perforata, une grande dame (40 cm environ) encore que l'on voit apparaître partout et même qu'on se dit : "encore des marguerites" ou alors de grandes pâquerettes. Elle se dresse ou s'étale sous forme de multi pâquerettes élancées, avec des feuilles à segments filiformes. Elle se sent pas à l'inverse de sa cousine, la petite matricaire odorante- chamomilla suaveolens medium_matricaire_odorante.jpgC'est en fait une variété de camomille, avec des têtes florales coniques et creuses et qui sent d'ailleurs très fort et très bon. Elle aurait été dit on introduite en Grande Bretagne de l'Oregon vers 1871.

medium_seneçon_jacobée.jpgEt puis le séneçon jacobée - senecio jacobaea tout jaune, qui s'élève. là aussi on aurait plutôt envie de dire : encore une crépide. Et puis non, les fleurs se regroupent en tête, pour faire un peu comme un bouquet jaune, fait de plusieurs petites fleurs lâches bien jaune-ocre.
Les variétés cohabitent ensemble, même si les marguerites et les crépides sont déjà apparues depuis un moment, elles sont tenaces. Vaste famille que ces composées.


medium_trèfle_rouge.jpgEt puis le trèfle rougetrifolium pratense qui vient damer le pion à son congénère blanc, qui lui sévissait déjà depuis longtemps. Il y en a qui se font attendre. En fait de rouge, il serait plutôt rosé et virant vite au brun au soleil. 20 à 30 cm, très fréquent au bord des routes et dans les champs



Une variété dont on n'a pas encore parlé, la mauve, et qui fait son apparition remarquée en deux versions à savoir mauve musquée et mauve sylvestre.

medium_mauve_sylvestre1.jpgLa mauve sylvestremalva sylvestris , contrairement à ce que son nom laisserait supposer, ne pousse pas spécifiquement dans les bois mais a également apprivoisé allègrement les terrains vagues et bords de rond-point. Elle est plus haute que sa cousine et plus foncée aussi, avec des espèces de stries, couleur pourpre rosé pale à foncé, groupées par deux.C'est une plante médicinale longtemps employée comme émollient pour traiter les inflammations de la peau et des yeux, mais aussi appareil respiratoire.. Généreuse en couleurs et en fleurs, elle se trouve très bien dans tous les herbiers.
medium_mauve_musquée1.jpgSa cousine, la mauve musquéemalva moschata (elle aussi officinale) est assez fréquente aussi au bord des routes. Les fleurs sont beaucoup plus claires et la forme des feuilles est bien découpée et elle fait un bon duo, il est intéressant de les cueillir ensemble (feuille et fleur). Tout comme il est judicieux de placer les deux variétés de mauve sur un herbier.

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03.06.2007

terrain vague

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Au coeur de Dinard il y a un terrain vague à l'endroit où s'élevait autrefois la gare SNCF et le terminus de la voie ferrée. Depuis des années, c'est devenu, au choix, une verrue ou un formidable investissement dans une région où le prix de l'immobilier atteint des records insensés.
C'était devenu également l'endroit où garer sa voiture les jours de marché, le lieu où se posaient les cirques et les zoos en été (et parfois aussi les gens du voyage, ce qui ne semblait pas plaire à la population balnéaire bien pensante), l'endroit où faire courir ses chiens et essayer le vélo du petit. Et pour beaucoup dont moi-même un raccourci boueux pour se rendre à pied au centre ville.
La municipalité ayant décidé, toujours en voulant y mettre une pointe de grandeur, de confier le projet immobilier à Riccado Bofill, et après moults recours en justice par des associations locales, il semble que les pelleteuses soient entrées en action et les issues en sont désormais bouchées au public motorisé. Par contre il est toujours possible d'enjamber les murets et de contourner les gros rochers anti-caravanes pour se rendre au marché, en passant derrière les tas de sable et gravats. Et c'est là, parmi tous ces morceaux de débris que poussent aujourd'hui des fleurs resplendissantes, coquelicots, scabieuses et églantines, pas du tout impressionnées par le chantier d'à coté, utilisant des recoins oubliés et arides pour se développer fièrement. Je suis émerveillée par cette constance florale à se magnifier même là où tout est désolé.
Mais quand les dalles de béton du futur parking souterrain auront pris possession du terrain vague, sans doute ne verra t'on plus ces flamboyants rouge et mauve qui s'accrochent pourtant avec l'énergie du désespoir. (quoique j'ai vu des pâquerettes se faufiler dans les moindres interstices de l'asphalte, rien n'est perdu)
Ces scabieuses ont donc été cueillies dans un amas de débris, au milieu de gaillets gratterons qui se sont accrochés à mon pull et d'églantiers piquants. C'est qu'on sait se défendre.
Ce bouquet, sobre, simple, vaut largement toutes les compositions onéreuses de fête des mères.

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31.05.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 10

Début juin
Flamboyant

C'est bien le mot qui convient pour le roi incontesté des herbiers (et il ne peut servir qu'à cela vu l'extrême grandeur de la fleur.) D'ailleurs, pour commencer un tableau, c'est d'abord un coquelicot qui y était posé, de préférence vers le milieu, car ainsi il dirigeait les places restantes et les mouvements à venir. Ensuite c'était pas mal de placer une autre grande fleur, plutôt longue, bordant un coté du tableau, par exemple une salicaire (on y reviendra vers juillet-aout, c'est une des dernières fleurs à fleurir sur le chemin. Les épilobes sont bien aussi (pareil, poussent plus tard) ou alors les digitales.

medium_coquelicot.jpgDonc par quoi on commence : le coquelicotpapaver rhoeas (famille des papavéracées).. Il déploie son rouge éclatant alors qu'on le croyait perdu en Bretagne après l'utilisation des herbicides dans les années 70. Eh bien non seulement il revient, mais pousse partout jusqu'à la moindre décombre, sur les bords des quatre-voies et bien sûr dans les champs qui n'auront jamais été aussi rouges. Très, très délicat à cueillir. Le temps que vous arrivez chez vous, et plusieurs pétales sont déjà tombés ou fripés. Alors, mieux vaut aller cueillir la fleur avec directement les feuilles ou l'annuaire, pas trop grosse quand même car ferait un trop gros pâté sur l'herbier, et là encore plutôt jeune, la capsule est moins épaisse et le plus rouge carmin possible, car ensuite il vire au plus foncé, et comme le pressage rajoute encore un coup de foncé, eh bien il peut y avoir quelques déceptions. Mais pas beaucoup, car le coquelicot garde quand même son coloris. Mais alors attention en le détachant, car il a tendance à rester bien collé au papier et les pétales semblent si fines qu'elles peuvent se déchirer. A décoller lentement, puis à recoller pareillement. En ce moment commence sa glorieuse époque. Les feuilles pennées, dentelées, à lobes étroits et profonds rendent bien aussi. Les fleurs à quatre pétales écarlates sont tâchées de sombre à la base et la tige est bien velue. Environ 50 cm.

medium_digitale.jpgLa digitale pourpredigitalis purpurea, appelée aussi grande digitale, ou gant de Notre dame (c'est joli) . Elle aussi s'élève fièrement au bord des routes et chemins et dans les clairières, gardant quelques distances avec ses congénères. Pratiquement un mètre de haut, une tige très épaisse avec des feuilles alternes et des fleurs tubulaires, en longs épis, style cloches rose foncé avec un intérieur à tâches blanches et noires. Cloche d'abord presque fermée, s'ouvrant au fur et à mesure de la croissance. J'ai déjà raconté l'anecdote de mes années d'enfance au bord des chemins en essayant de faire "claquer ces fleurs" en tenant fermement les deux extrémités et "clac". medium_digitale_1.jpgCeci étant, c'est une plante vénéneuse, médicinale, la digitaline étant utilisée pour traiter certains troubles cardiaques. Mais malheureusement au pressage, les fleurs conservent mal leur couleur et virent au marron, surtout si elles sont pressées avec la grosse tige bien grasse. Mieux vaut faire sécher les fleurs une à une et les disposer ensuite sur l'herbier dans les coins par exemple. Ou alors en choisir des très jeunes et très fines (en général, cela va ensemble)


medium_jasione.jpgL'autre jour, dans la série bleue, j'avais oublié la jasione- jasione montana et je m'en veux car elle a pour moi une connotation symbolique, étant en effet la fleur que je persistais à appeler bleuet pendant mon enfance (alors le vrai bleuet avait quant à lui disparu). Alors qu'elle n'appartient même pas à la famille des centaurées mais à celle des campanules. Mais elle ne ressemble pourtant pas à une campanule. Poussant dans les fossés, elle avait une odeur un peu forte qui sentait la campagne. Oui oui il y a des fleurs qui pour moi "sentent plus la campagne que d'autres" allez savoir pourquoi, le meilleur exemple étant la Reine des prés, définitivement associée à toutes les prairies. Pour revenir à la jasione, elle serait plutôt discrète, elle n'est pas souvent citée dans les livres de vulgarisation, mais continue sa présence persistante et semble t'il très ancienne, avec des fleurs bleues en capitules globuleux au bout d'une tige pratiquement glabre. Il faut la repérer, elle est petite et souvent cachée, assez isolée, au milieu des graminées.

medium_fougere.jpgActuellement les fougères – dryopteris filix mas (fougère male) commencent leur gigantesque expansion et c'est à présent qu'elles sont intéressantes à cueillir, quand on peut choisir le feuilles au vert tendre et des dentelles de petites tailles. Facile à presser, une simple feuille peut servir à plein de choses car on les recoupe comme on veut. Moi j'en plaçais trois ou quatre dans un coin de l'herbier (en bas à gauche par exemple) et un effet champêtre avec mouvement était tout de suite trouvé. Bientôt elles seront trop grandes avec un vert trop sombre et trop lisses. Par contre pour les toits des cabanes ce sera parfait. Et quand elles poussent, elles poussent si bien qu'on ne les voit plus en tant que fougères mais élément de verdure, comme l'herbe ou les graminées.



La prochaine fois, on laisse de côté momentanément fossés et prairies pour un tour d'horizon des fleurs indispensables qu'il faut planter dans son jardin pour s'en servir ensuite dans les compositions florale pressées. Les incontournables des incontournables, les lobélias, alysses, verveine etc..
De multiples formes et couleurs très soutenues. Précieux alliés.

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28.05.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 9

Allez, encore un peu de jaune avant de passer au bleu. De toutes façons, il faut s'y faire, c'est le jaune qui domine généralement. C'est la première couleur qui apparaît au printemps, avec les ficaires et primevères, et qui se maintient avec les inusables composées persistantes, crépides et autres laiterons, et même les ajoncs qui fleurissent à deux reprises c'est pour dire.

medium_millepertuis.jpgActuellement dans les fossés, le millepertuishypericum perforatum. Herbe à mille trous. Drôle de plante, très haute, 40 à 90 cm dans les fossés, qu'on prend de loin pour une autre composée style crépide Beaucoup de feuillage et ce sont d'ailleurs les petites vésicules claires de ces feuilles qui donneraient le nom à la plante, ressemblant à des perforations quand on les regarde devant une lumière. Les fleurs ne sont pas en reste, jaune ocre, pétales ponctués de noir sur les marges, avec plein d'étamines qui se dressent fières. La plante perd néanmoins de sa grandeur quand elle est pressée.

medium_linaire.jpgLinaire vulgairelinaria vulgaris (famille des scrofulaires). Là aussi une plante dressée (entre 30 et 80 cm) aux feuilles nombreuses, étroites alternes sur une tige gris-vert avec des fleurs jaune à cœur orange sur la lèvre qui se terminent par un éperon droit, en épi au sommet des tiges. Pareil, bord des chemins, sur les talus, dans les prés.



Et maintenant du bleu. Si le jaune est une couleur dominante des fleurs sauvages de Bretagne, et le rose qui suit pas loin, sans oublier les blancs ou crème, c'est quand même le bleu le parent pauvre et le plus fragile au niveau du pressage. Mais en cette fin mai, ils font de la résistance, souvent discrets mais bien présents si on y regarde de près et souvent délicats.

medium_polygala.jpgPolygala communpolygala vulgaris. voilà une petite fleur-grappe discrète (environ 15 cm) peu connue et pourtant celle qui déploie les couleurs les plus vives et qui en plus les conserve très bien, dans des proportions que sa taille permet, avec en outre la possibilité d'y joindre la feuille pointue pour un meilleur effet. De plus les sépales ont aussi l'aspect de pétales, ce qui rajoute en intérêt. Et elle peut varier du bleu intense au rose-mauve. Alors pourquoi cette méconnaissance ? Parce qu'elle est petite et un peu planquée dans l'herbe, de préférence en bord de mer ou alors en hauteur. Parce qu'elle ne pousse pas en grands groupes, et se mélange à d'autres fleurs plus banales. C'est dommage car voilà une valeur sûre.

medium_veronique_de_perse.jpgLes Véroniques (famille des scrophulariacées) : elles sont surtout de deux variantes. Celle qu'on appelle véronique de perseveronica persica. parce qu'introduite d'Asie au 19ème siècle;et devenue une des véronique les plus répandues . Une fleur à quatre pétales avec des stries blanches poussant en solitaire à l'aisselle des feuilles supérieures. Très basse, voire rampante, atteint 20cm.


Et sa cousine, plus remarquable, la véronique petit chêneveronica chamaedrys.. Très jolie petite fleur de 15-30 cm de haut, qui a pour habitude de refermer sur elle-mêmemedium_veronique_oetit_chene.jpg dès que le jour se cache. Carrément tapis de champs, ou de pelouse, elles déploient ensuite un bleu plus soutenu mais fragile en grappes pédicellées là aussi à l'aisselle des feuilles supérieures. Quand on s'y penche, la forme générale est harmonieuse et la petitesse peut lui permettre de figurer aussi bien dans des inclusions que sur des petites cartes ou grands herbiers. C'est un bleu un peu vieilli comme on en voit peu et qui doit être difficile à peindre. Enfin quand on peut en trouver un qui demeure bleu après le séchage, car, comme pour les pervenches, il n'y en a qu'une qui reste bleue pour neuf qui virent au beige. Dommage

medium_lin.jpgUne autre fleur fragile, le lin vivacelinum perenne . elle aussi se referme sans luminosité avec un bleu pratiquement pâle presque transparent qui contraste avec la tige haut dressée et les feuilles oblongues vertes, linéaires, alternes. On dirait que c'est presque évanescent et d'ailleurs, quand on les cueille, il faut pratiquement y aller avec l'annuaire ou des feuilles pour y placer la fleur immédiatement, sinon, les pétales vont se détacher et tomber comme des flocons. On la trouve en bordure des champs, sur les talus, sols calcaires, comme d 'hab.

Et pour finir avec les fleurs bleues délicates : la campanule à feuilles rondesmedium_campanules.jpgcampanula ritundifolia de 20 à 40 cm, dressée, grêle. Feuilles étroites le long d'une tige glabre et des fleurs pâles, à la limite entre mauve et le bleu, en pédoncules longs et fins comme des cloches. Elle pousse plutôt dans les prés et c'est quand elles sont en groupe que l'on remarque cette teinte bleu-clair fragile mais si attirant.


medium_bourrache.jpgBourrache officinaleborrago officinalis . que voilà une belle fleur bleue, du moins la fleur très précise, c'est à dire les cinq pétales bleus, bien déployés avec un calice pourpre pointu, un peu comme celui des douce-amères. Je dis que juste la fleur est magnifique parce qu'elle serait plutôt desservie par les tiges velues, presque rugueuses, les grosses feuilles grisâtres, et qui ont tendance à ne pas mettre en valeur les terminaisons. Ne cueillir que la tête, et encore, comme pour les pervenches ou les véroniques petit-chênes, c'est un seul bleu qui reste pour dix de cueillies, mais dans ce cas quel bleu !
Cette plante de 60 cm poussant sur terres incultes est cultivée pour soigner la toux en infusion ou pour stimuler la sudation comme diurétique. Paraît qu'on peut la manger en salade, mais les feuilles ne m'inspirent pas.

Dans le même style, fleur bleue à cinq pétales très bien dessinées avec une sorte de strie blanche au milieu, medium_buglosse.jpgcouleur profonde mais complètement perdue au bout d'une tige velue à feuilles qui se collent jusqu'au bout à la fleur, c'est la buglosse officinaleanchusa officinalis. Encore sur les décombres et terrains vagues. Comment ces fleurs font elles pour déployer de telles couleurs et de telles vertus sur des sols ingrats, c'est un mystère.



medium_bleuet.jpgPour terminer un bleu qui reste vif et qui sert à tout, mais alors à tout, c'est celui du bleuet des champscentaurea cyanus. C'était auparavant une plante très commune dans les champs de céréales, voire une "mauvaise herbe" et qui est devenue rare à la suite des traitements herbicides. Il revient désormais à l'occasion des cultures de jardins. Et s'accrochent sur les talus de quatre voies en même temps que les coquelicots. Pubescence grise, et surtout capitules paraissant radiés. Facile à faire presser, en enlevant la pubescence bien sûr et ensuite il sert à tout.

Si on peut l'y joindre quelques centaurées noirescentaurea nigra, en fait medium_centaurée_noire.jpgcapitules rose-vif, presqu'en pinceau, cela fera un bel ensemble. La courbe et la taille de ces capitules se prêtent bien à un tas de compositions.

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22.05.2007

une balade à la garde Guerin - St Briac

44c929212b7e6f23977c993bd990e063.jpgUne fin de dimanche crachinante à l'irlandaise (ou plutôt un dimanche "variable", car c'est bien connu en Bretagne il ne pleut jamais, il fait variable). Tous les Franciliens et Rennais sont repartis vers leurs villes respectives après une forte affluence du pont de l'ascension (certains diraient une "invasion" ) et le site est un peu désert.
Une balade à la Garde Guérin de St Briac, domaine naturel départemental, ce monticule culminant à 50 mètres, et qui offre une vue à 180 degrés sur toute la côte, du Cap Fréhel jusqu'au delà de Saint-Malo. J'aime bien ce monticule car il y a des dizaines de mini chemins non officiels qui s'enfoncent dans les fougères, recoupant d'autres mini chemins, passant sous des espèces d'arches naturelles constitués par les nombreux arbustes et laissant entendre les innombrables chants d'oiseaux qui ont dû batir des centaines de nids un peu partout. Sans compter les lapins du cru, plutôt omniprésents.
Et puis ce sont des couleurs toujours changeantes, entre le gris de l'hiver et les roches saillantes, puis le jaune des jonquilles du printemps et des ajoncs et enfin le rose des bruyères à partir de l'été.
Dimanche, la garde Guerin était devenue toute verte. le vert tendre des fougères qui sont en train de prendre possession des lieux, parce que même en autome elles donneront encore le ton des marrons (fougères fanées). Des bonnes odeurs que ces fougères naissantes, des différentes varétés de vert avec celles qui ont déjà un peu grandi. (en passant, pour rester dans le domaine des fleurs pressées, indispensables de cueillir des fougeres jeunes car leurs courtes feuilles et leur vert tranchant seront d'un meilleur effet surtout si on groupe quelques morceaux de ces plantes dans un coin de l'herbier, voire aux quatre coins)
Les paysages vus d'en haut sont sublimes et je m'extasie encore de vivre sur cette côte d'Emeraude dont les paysages, les variété de couleurs changeantes entre gris, vert et bleu foncé sont toujours remarquables.
Une petite vue du sommet, sur la commune de St Briac, avec un bout du golf et les petits ilots et avancées un peu déchiquetées.
C'était un bon dimanche, tout dans une certaine mélancolie.

08:00 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne

21.05.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 8

Mi-mai déjà
medium_minette.jpgDans le genre tellement petit qu'on marche allègrement dessus et ne la voit même pas, et se mêlant aux paquerettes, dans les lieux incultes : la minettemedicago lupulina, famille des légumineuses. En fait un mini trèfle, à tête bien jaune, rampant, présent au milieu de l'herbe. Avec bien sûr les feuilles similaires à celle du trèfle, mais avec souvent une sorte de tache au milieu, et pas plus d'espèces à quatre feuilles que les autres.


medium_geranium_mou.jpgEt le géranium mou- geranium molle, la plus petite variété de cette famille, aux fleurs rose clair., parfois presque blanches. Très répandu dans les champs et au bord des chemins. Là aussi on marche allègrement dessus.



medium_lotier_corniculé.jpgEt puis leurs grands cousins. D'abord, dans la grande famille des pois, variété luzernes, on trouve le lotier corniculélotus corniculatus, appelé aussi pied de poule. Bien jaune lui aussi, parfois avec des connotations rougeâtres. Il s'étend aussi dans les fossés, terrains vagues, bords des pelouses, là où l'on n'a pas tondu.

Emedium_geranium_sanguin.jpgt puis les géraniums ont aussi leur grande cousine (50 cm quand même) au pourpre éclatant, qui se conserve remarquablement bien, peut-être virant au mauve mais c'est l'apanage de tous les pressages en général : le géranium sanguingeranium sanguineum. Enfin il faut le chercher quand même car il préfère les lieux ombragés, les bords de mer, sous bois. Mais ça vaut le coup.


medium_herbe_à_robert.jpgEnfin je ne peux pas quitte cette famille de géraniums sans un de mes préférés, peut-être parce que c'était les premières fleurs que je trouvais sur le chemin qui menait à nos champs : l'herbe à robert, appelée aussi herbe à esquinancie – geranium robertianum. La feuille est différente, devenant un peu rougeâtre, avec une fleur qui