26.08.2008
Festive fifty John peel. suite
Suite à mon précédent billet sur John peel (que je regrette de n'avoir pas mieux connu le gars avant !), voici donc, à titre indicatif, quels étaient les "podiums" annuels de la musique indépendante, du moins selon les auditeurs de Radio One, soit les trois premières places du fameux Festive Fifty de 1976 à 1991. Ce classement a continué après 1991, mais ces quinze années-là sont celles du coffret que je possède et que j'ai découvert avec grand plaisir:
- 1976 : (sorte d'année "récapitulative d'avant", les trois premiers ayant en effet sorti leur album bien auparavant.)
1 - Led Zeppelin - "Stairway to heaven" (un must)
2 - Derek and dominos - "Layla" (un autre must, avec une intro qui fait office de réveil sur mon portable)
3 - Bob Dylan - "Desolation Row" (très ancien, mais c'est du grand Bob, comme toujours)
- 1977 : (sorte d'année de transition - il n'y avait d'ailleurs que 13 titres)
1 - The Motors - "Dancing the night away" (jamais entendu parler)
2 - Althea and Donna - "Uptown to ranking" (encore moins entendu parler)
3 - The Motors - "you beat the hell out of me" (encore eux, eh bien...)
- 1978 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK" (ça y est voici arriver le punk"
2 - The Clash - "Complete Control" (les autres grandes figures de ce mouvement)
3 - Sex Pistols - God save The Queen
- 1979 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK" (again, il faudra s'y habituer)
2 - Undertones - "Teenage Kicks" (en n° 2 et pourtant cela restera sans doute le meilleur morceau de tous les temps selon John peel)
3 - The Clash - "Whiteman in Hammersmith palais"
- 1980 :
1 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK"
2 - Joy Division - "Atmosphere" (voici venir un familier du chart, pas étonnant. Ils ont vraiment apporté quelque chose. Hommage donc aussi à Ian Curtis)
3 - Joy Division - Love wille tear us apart
- 1981 : (On prend les mêmes, dans le désordre)
1 - Joy Division - "Atmosphere"
2 - Sex Pistols - "Anarchy in the UK"
3 - Joy Division - " Love will tear us apart"
- 1982 :
1 - New Order - "temptation" (la suite logique de Joy Division, à leurs débuts, encore proches de la période Joy)
2 - Robert Wyatt - "Shipbuilding" (le grand Robert Wyatt de Soft Machine après son accident qui l'a laissé paralysé)
3 - Grandmaster Flash and the furious five - "the message" (totalement inconnus pour ma part)
- 1983 :
1 - New Order - "Blue Monday"
2 - The Smiths - "This charming man" (1ère apparition des gars de Manchester. Ce ne sera pas la dernière)
3 - New Order - "Age of contact"
- 1984 :
1 - The Smiths - "How soon is now"
2 - Cocteau Twins - pearly drewdrop's drops (un des préférés de John Peel, avec la voix si spécifique de Liz Phraser")
3 - The men they could'nt hang - "green fields of france" (un ovni ?)
- 1985 :
1 - Jesus and Mary Chain - "never understand" (arrivée du "shoegazing", des distorsions, toujours défendus par John peel)
2 - Jesus and mary Chain - "Just like Honey" (la preuve)
3 - The Fall - "Cruiser's creek" (1ère entrée sur le podium du chouchou des chouchous.)
- 1986 :
1 - The Smiths - "there is a light that never goes out"
2 - Age of Chance - "Kiss" (?!)
3 - The Fall - "Mr Pharmacist"
- 1987 :
1 - The Sugarcubes - "Birthday" (pré-Bjork)
2 - The Fall - "Australians in Europe"
3 - The Wedding present : "Everyone thinks he looks daft" (l'autre chouchou de John, très intransigeants eux aussi - je les ai vus plusieurs fois)
- 1988 :
1 - The House of Love - " destroy the heart" (j'avais beaucoup aimé leur album à l'époque)
2 - The Wedding Present - "Nobody 's twisting your arm"
3 - Jesus and mary Chain - "Sidewalking"
- 1989 :
1 - The Sundays - "can't be sure"
2 - The Wedding Present - "Kennedy"
3 - The Pixies - "debaser" (voici venir les américains - débutaient aussi cette année-là Dinosaur Jr et Sonic Youth)
- 1990 :
1 - The Fall - "Bill is dead"
2 - My Bloody Valentine - "Soon" (voici le rock saturé dans toute sa splendeur)
3 - Ride - "Dreams burn down" (c'était mes préférés dans la rubrique "Shoe gazing")
- 1991 :
1 - Nirvana - "Smell like teen spirit" (incontournable)
2 - P J Harvey - "Dress" (brut de décoffrage, efficace, tranchant)
3 - Curve - "ten little girls" (connais pas)
Laissons le journaliste annoncer donc ce "number one" de 1991 (que pratiquement tout le monde connait..)
18:42 Publié dans Rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock
23.08.2008
John Peel - une décade prodigieuse
13:06
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18:30
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07:45
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| Envoyer cette note | Tags : rock Depuis le temps que j'en parlais ! J'ai enfin entrepris le projet de ré-écouter une bonne partie de tous les cds de ma discothèque (et il y en a ..) afin d'encoder les morceaux choisis et d'en faire une sorte de compil des compils.
17:35
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| Envoyer cette note | Tags : rock, musique Alors que l'époque est aux retours sur le devant de la scène de groupes quasi préhistoriques (Led Zeppelin, Police) ou même de musiciens que l'on a aimés il y a une dizaine d'années, novateurs à leur époque mais dorénavant calibrés pour renflouer leur compte bancaire (Pixies, Smashing Pumpkins) il y en a peu qui ressortent du lot, hormis peut-être Neil Young pour la première catégorie et Dinosaur Jr pour la deuxième.
16:30
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16:30
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21:45
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| Envoyer cette note | Tags : rock Ce matin dans le Ouest France local, il est annoncé en première page la venue des Smashing Pumpkins et Sonic Youth à la Route du rock de St Malo. (les 16 et 17 aout) Seule date d'ailleurs en Europe pour les Smashing.
15:40
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| Envoyer cette note | Tags : rock En ce début d'année et plusieurs semaines de repos numérique, j'essayais de me dire un peu : "qu'est-ce qui me sera donc resté en 2006 dans la tête" ? Musicalement parlant, je veux dire.
09:10
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17:45
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| Envoyer cette note | Tags : rock, musique Ce qu'il y a de très attractif avec les nouvelles technologies, notamment les lecteurs-graveurs-convertisseurs etc..c'est cette possibilité de se faire soi-même ses propres compilations musicales pour les écouter ensuite sur baladeur MP3 (un souhait au père Noël), ou pendant le temps passé sur le PC, mais surtout créer ses propres cds avec jaquette personnalisée.
13:25
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21:05
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18:40
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18:15
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| Envoyer cette note | Tags : rock, musique Swell, une atmosphère présente
15:35
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| Envoyer cette note | Tags : rock, musique Le retour du saturé magnifique
18:30
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14:15
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18:20
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09:45
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17:10
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17:15
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| Envoyer cette note | Tags : rock, musique Hier je me suis lancée dans une opération « rangeage de Cds », profitant de l’occasion que constituait l’installation d’un nouvelle étagère. Jusqu’ici ils tenaient tant bien que mal dans des boites à chaussures, ou sur le plateau de la chaîne HI-FI, menaçant de tomber par terre à chaque frôlement. (ce qui leur arrivait d'ailleurs régulièrement d’où un nombre de boitiers cassés).
John Peel : c'était l'équivalent grand-breton de notre B Lenoir à nous, officiant lui aussi sur une radio publique (Radio one) et proposant aussi des "sessions", les fameuses "Peel sessions" dont certaines sont devenues célèbres. Elles étaient un peu différentes de nos "black sessions" en ce sens qu'il mettait à disposition des groupes un studio et ceux-ci devaient enregistrer quelques titres qui seraient ensuite diffusés dans son émission. Certains de ces morceaux sont devenus d'anthologie.
Sinon c'était un défricheur insatiable, ayant commencé son travail d'explorateur des courants musicaux indépendants il y a bien longtemps, en 1967 ou 1969, époque Woodstock, mais lui déjà entrevoyait la progressive et le punk. C'est d'ailleurs en ardent défenseur de ce dernier mouvement, en dénicheur de plein de pépites de groupes "garage" qu'il a fait connaitre, que sa notoriété s'est affermie et il est devenu incontournable au sein de la musique rock indépendante. Sa disparition brutale en 2004, à l'age de 65 ans a laissé beaucoup de regrets et encore maintenant, nombre d'hommages, de "John Peel day", ont lieu en Grande Bretagne.Voir le site bien fait de la BBC à se sujet. Chaque année, il établissait, à partir des votes des lecteurs, une sorte de hit parade des 50 meilleurs morceaux de l'année, appelé "festive fifty". Pendant quelque temps, il s'agissait de voter pour ses morceaux de musique préférés, même s'ils étaient sortis quelques années auparavant (c'est ainsi qu'on a pu voir "Anarchy in the UK" des Sex Pistols trôner sur la première marche du podium pendant pratiquement 3 ans.) Ensuite il s'agissait de voter uniquement pour les albums sortis dans l'année. Et c'est là que ça devenait sacrément instructif, avec le recul.
J'ai eu l'occasion récemment d'écouter une compilation regroupant 15 de ces années, et pas n'importe lesquelles, celles allant de 1976 à 1991, soit du punk au grunge, des Sex Pistols à Nirvana. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une "décade", mais comme c'est à partir de 1982 que le classement prenait en compte l'année écoulée, on va dire comme ça. J'ai éprouvé un réel plaisir à ré-écouter tous ces noms oubliés, (en vrac "pale saints, galaxy 500, field mice, mudhoney, babes in toyland..) qui faisaient à l'époque le bonheur des couvertures des Inrockuptibles, formule bimestrielle et de Lenoir toujours et encore. Et de ré-entendre aussi ceux qui se sont installés dans mon parcours musical, mais que je n'avais pas écouté depuis longtemps (Joy Division, Jesus and Mary Chain..)
Et c'est donc ainsi, en découvrant ces presque 800 morceaux !!! (carrément, super occupation pendant mes trajets en voiture) que j'ai retrouvé une bonne partie de mon parcours musical "historique", celui, plus indépendant, qui avait commencé justement en 1980 avec B. Lenoir et Echo and the Bunnymen.
De plus John Peel avait ce côté "so british" pour annoncer les morceaux, en général hyper-minimaliste du style "and this is the number twenty nine" : et s'ensuivait le morceau en question sans qu'en général lui même ne dise le titre du morceau, avec parfois un bref commentaire :
Le premier Cd du coffret en question commence en 1976 et John Peel semble faire cette année-là comme une synthèse ou un aperçu du rock de la fin sixties, début seventies avec P. Floyd, Yes, les Who, Dylan, Bowie, Neil Young et en numéro un cette année là : Stairway to Heaven de Led Zeppelin.
Un peu comme une jonction avec la suite, c'est à dire l'explosion 1977 et le punk.
- Il en a été un fervent défendeur, et a régulièrement passé dans son émission les Jam, Damned, Stiff, Buzzcocks, et bien sur Clash et Sex Pistols. D'ailleurs "Anarchy in the Uk" est demeuré trois ans en tête de ce chart particulier.
- Puis on a vu arriver Joy Division et Cure, Echo and the Bunnymen, et un de ses groupes préférés : Siouxsee and the Banshees. J'ai vite repéré ses "chouchous" si on peut dire ainsi, à travers le nombre de fois où apparait l'artiste en question. Donc beaucoup de Siouxsee and The Banshées. Et c'est plutôt pas mal. Je les avais oubliés.
- Joy Division aussi était un favori, et j'ai eu l'occasion de réécouter plusieurs morceaux avec plaisir (d'autant plus que je venais de voir "Control" le remarquable film de Anton Corjbin sur la vie de Ian Curtis)
- Et qui dit Joy Division suggère bien sûr ensuite New Order. Et là aussi John Peel leur a donné une bonne couverture.
- Joy division puis ensuite New order, il a fait la même chose avec Birthday Party puis Nick cave, et avec The Smiths puis Morrissey, avec Sex Pistols puis PIL... La fidélité dans la continuité.
- Par contre très peu de ceux qui sont devenus des grosses cylindrées à savoir U2 (quelques morceaux et encore période October), Simple Minds, Dire Straits, Police..Il avait déjà dû sentir le commercial.
- Un peu d'électro quand même surfant sur la vague New Order : Propaganda, Bronski beat, Magazine, The Orb, même les fameux Marrs. Mais ça reste limité.
- Un peu de rap aussi avec Public Ennemy.
- un peu de ska avec the spécials, mais pas de reggae
- pas de métal non plus, ni de gros rock US à la Springsteen, ni blues.
Alors quoi ? Qu'est ce que j'ai écouté durant plusieurs semaines ?
- la période "cold wave" avec The Cure, Siouxsee, Sisters of Mercy, Nick cave.
- Le noisy matiné de "shoegazing" type Jesus and mary Chain, My Bloody Valentine, Ride.
- Le noisy américain avec Husker dû, Dinosaur Jr, Mudhoney,Sonic Youth, Pixies..
- les débuts des glorieux slackers, Pavement, Dinosaur Jr, et le grunge avec Nirvana
- quelques groupes plus mélodiques, style Teenage Fan Club, House of Love, Inspiral carpets.
- des particularités anglaises ou groupes éphémères, voire presqu'inconnus : Rezillos, Stiff little fingers, Billy Bragg, the mekongs
Et puis les préférés de John :
- Siouxsee and the Banshees> au tout début (période Punk)
- The Smiths et Morrissey. J'en ai entendu des morceaux, et ils sont tous bien. Rien à dire. ça m'a rappelé la première moûture des Inrocks, lesquels vouaient aussi une admiration sans bornes au groupe
- Les Cocteau Twins
- The Jesus and Mary Chain
- The Wedding Present (son numero 2)
- The Fall (de loin son numero 1)
Il convient de noter que les trois derniers artistes sont plutôt du style intègre, du moins sans concessions voire même austères et braques. (Ensuite il y aura Mogwai, dans le même style)
Mark E. Smith de The Fall a toujours été à part, avec une musique qui ne relève d'aucun courant et une attitude quelque peu chaotique. Le groupe aurait participé à 27 reprises aux émissions de John Peel.
Voici donc une de ces apparitions (avec John Peel présentant rapidement)
The fall "Smile" 1983
Et puis il y a "Teenage Kicks" des Undertones, que J. Peel aurait considéré comme la meilleure chanson de tous les temps
18.08.2008
2008 - pop is not dead

Ce slogan est celui associé à la Route du rock depuis des années et jamais il n'aura autant été d'actualité qu'en cette édition 2008 qui vient de s'achever. Parce que les nuages s'amoncelaient fortement au-dessus de cette manifestation à part, parce que son équilibre était fragile, parce que l'évolution des scènes et du milieu artistique en général génère une surenchère délirante des cachets et frais d'exclusivité.
Et donc ce jour, on peut dire que "the pop is not dead". Ce serait donc ce constat de la manifestation 2008, qui laisse espérer encore d'autres éditions, éditions d'hiver, éditions d'été et que vive toujours cette musique hors normes.
Pourtant, une programmation qui ne me faisait pas tellement vibrer au départ, puis qui commençait peu à peu à me parler, trouvant finalement une cohérence entre l'expérimental et le plus immédiat, entre l'inconnu et le plus connu, entre les diverses nationalités et styles de musique. En y revenant après coup, c'était une excellente programmation. Comme d'hab.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir l'un des deux concerts qui étaient le plus attendus (l'autre étant Cold war Kids), à savoir celui de Sigur Ros. Les divers avis que j'ai glanés évoquaient surtout un aspect visuel très recherché mais une certaine déception musicale. Bon, en même temps on n'aime ou on n'aime pas. De là à parler d'un croisement entre Pink Floyd et Radiohead (comme je l'ai lu sur un média quelconque), je demeure toujours très sceptique. Ils ont créé l'évènement en tous cas et c'était la journée la plus chargée en termes de public. Sinon, les autres attendus : Cold war Kids n'ont pas déçu, les Foals ont apporté une sacrée énergie, Tindersticks a fait ...du Tindersticks, les Breeders ont fait ce qu'on attendait de cette reformation, les Ting tings ont montré certes une sacrée pêche mais aussi des limitations répétitives et une voix suraüe de la chanteuse qui m'ont fait reculer jusque derrière le grand écran, sur l'herbe, juste avant la pluie.
Et puis les découvertes, tel ce trio de Portland, Menomena (drôle de nom déjà), qui alterne et mélange les voix avec brio.
Et puis le rock géographiquement francophone a démontré et déployé son incroyable vitalité, son énergie.
Entre autres les French Cowboys (photo) qui n'ont pas démérité par rapport à la superbe période des Little rabbits, Federico faisant participer le public et jouant des morceaux que l'on pourrait juger monocordes, si ce n'était parallèlement les vocalises et montées progressives des deux autres guitaristes qui finissant pas créer un paroxysme.
Pareil pour les Girls in Hawaii, des belges, jouant comme leurs confrères de dEus à l'époque de Worst Case Scénario, c'est à dire, jouissif, chaotique, avec là aussi des incroyables montées en puissance.
Il y a deux ans, je me réjouissais du bon tonus du rock canadien (à l'occasion du passage de The Islands à la RDR et de Broken Social Scene la fois d'avant) avec plein de monde sur scène et échanges d'instruments et de rôles en permanence.
Cette année, c'est le rock belge qui me fait vibrer. D'ailleurs, le dernier dEus est super, les Ginzhu sont une vraie révélation et donc samedi Girls In Hawaii ont chauffé l'enceinte du Fort St Père où je serai toujours aussi ravie de pénétrer, même si je vais bientôt commencer à être dans les doyens de l'épreuve.
Peu importe, Pop is not dead, qu'ils disent les rock tympans.
Alors que la fête continue07.08.2008
Route du rock 2008 à venir
Il est beaucoup question de la route du rock 2008 ces jours-ci dans la région.
D'abord j'ai reçu le programme (bien que j'avais déjà suivi les péripéties sur le net, le quotidien local ou via l'incontournable B Lenoir. En outre j'avais assisté à la version hiver que j'avais vraiment appréciée.)
Maintenant ce sont les affiches que l'on voit un peu partout à St Malo, très chouette affiche d'ailleurs qui me rappelle celle de l'édition d'hiver (on y voyait sur fond rouge des bandes magnétiques bien malmenés fusionnant dans un maelstrom sonique et cette fois ce sont de bons vieux vinyles sur fond jaune qui subissent un sort similaire)
Et demain ce sera l'achat des billets.
Sans compter les commentaires de différents organes de presse qui sont plus nombreux cette année pour pointer à la fois le côté toujours défricheur et indépendant de la manifestation et revers de la médaille, le déficit budgétaire (merci entre autres les Smashing Pumpkins) et l'annonce que ce serait peut-être la dernière fois.
Ce serait dur, dur pour moi qui trouve là ( à l'instar du festival du film britannique) un festival selon mes gouts situé à ma porte. Mais dur surtout pour l'évolution des scènes musicales, de la musique pas comme les autres, de la recherche et de l'audace, bref, de la différence.
Cette année, pas de grosse tête d'affiche à la Cure ou Smashing Pumpkins. Il semble que les cachets des musiciens et la main mise (j'ai envie de dire "l'engouffrement", même si ce n'est guère français) de certaines entreprises privées qui se spécialisent dans les tournées, avec enchères à la clef, rendent difficile l'équilibre des festivals indépendants.
Et pourtant : Cold War Kids, Girls in Hawai, Sigur Ros, Notwist, the Foals seront peut-être d'ici 3 ans les cachets que l'on monnaiera au plus offrant.
Pour l'instant j'entends surtout des réflexions du genre :" c'est qui ?" "je connais personne". Et certains de ressasser le côté soi-disant élitiste de l'évènement. Elitiste, non. Connaisseur, intéressé, ouvert oui. J'ai récemment pris en stop un gars qui revenait des Vieilles Charrues, et qui avait aussi passé un jour à Bobital. Et il ne se lassait pas de nous raconter l'ambiance, les campings, les retrouvailles entre copains, le monde etc.. La musique, il en a peu parlé, et lorsque je lui ai demandé s'il allait à "la route du rock", il m'a demandé "c'est où, c'est quand, c'est quoi ?".
Personnellement cette année, j'ai hésité à y aller, hormis pour le côté soutien de la manifestation.
Disons que dans la programmation il n'y avait pas tellement d'artistes qui me faisaient sauter au ciel du fort de St Père. A part le jeudi et Cold war kids (qui passent à 1h20, heureusement que je ne bosse pas le lendemain) ce qui me permettra aussi de revoir pour la 5ème ou 6ème fois les Tindersticks (dont une fois au fort déjà et ce n'était pas la prestation la plus mémorable, celle-ci restant pour toujours celle de 19994 à l'UBU). Les Breeders seront là aussi mais je me méfie de ces reformations après coup, l'exemple des Pixies et des Smashing (encore eux !) me laissant une arrière odeur de billet vert. Il y aura aussi The Do, une sensation du moment.
Le vendredi, journée qualifiée par beaucoup comme la plus intéressante par le côté expérimental et intègre des groupes en question (Sigur Ros, Notwist), me semblait quant à moi plutôt neurasthénique. Les allemands de Notwist j'ai déjà vu ici même, le groupe Why aussi (il y a deux ans). Quant à Sigur Ros, auréolé d'une certaine atmosphère (nappes éthérées, longues vocalises), je suis dubitative par rapport à ce que ça peut donner sur scène. Ils ont fait un super DVD, mais l'album, réécouté encore hier, me laisse un peu de marbre. Mais peut-être que ce sera un grand moment, très possible.
Le samedi, grosse sympathie pour les "french cowboys", émanation des Little rabbits que j'ai tant aimés, et pour Girls in hawai (j'adore la scène belge - Deus, Ghinzu, Zita Swoon..). Le reste c'est l'autre sensation du moment Ting Tings.
Les groupes électro de fin de nuit par contre n'ont jamais été mon truc.
Alors PASS 3 jours ou que le jeudi ?
Tindersticks - Jism25.11.2007
compil de compil de compil
Vaste programme, facilité par les trajets en voiture et par les moments passés à faire de la cuisine. Car c'est plutôt là que je me donne le temps de ré-écouter ces albums. D'office, certains disques je n'y touche pas, car quand je les écoute c'est dans leur totalité. Et c'est quand même la majorité !
Mais il y a tous les autres de Alpha à Dandy Warhols (en effet j'en suis à la lettre D), en passant par Perry Blake, Built to spill ou Cousteau. Il y en a même, je me demande pourquoi je les ai achetés, comme AIM (trip hop ?) ou Arde (genre de tTndersticks espagnols ). Sans doute parce qu'ils étaient "disque du mois" au magazine "magic" (j'achetais régulièrement ce mag, mais plus maintenant et le net est passé par là.) Eh bien par exemple je n'ai rien gardé de ces deux albums. car je me tiens à une rigueur, sinon je vais me retrouver avec une méga compil.
Il y a du boulot, demain je m'attaque à "Day One"
Parallèlement, je fais aussi une sélection sur des...compils déjà existantes. Dans une boite à chaussures, sur l'étagère des disques, il y a tous les cds gratuits qui étaient fournis avec le magazine des Inrocks (je l'achetais aussi régulièrement, depuis leur période bimestrielle, avec articles de fond et noir et blanc, que j'adorais, jusqu'aux débuts hebdomadaires mais sur la fin, je n'adhérais plus à leurs gouts musicaux et cinématographiques. Il y en aurait à dire sur les Inrocks - une note entière s'impose. Je reste quand même fidèle à leur newsletter).
Donc, passé cette mini-parenthèse Inrocks, j'ai plein de cds qui s'appellent du style : "un printemps 88", "un été 90", "un automne 95" etc.. je me suis arrêtée à 2001 - avec à chaque fois une bonne quinzaine de morceaux choisis. Et sans compter que s'ajoutent des cds spéciaux "route du rock" ou "transmusicales". En emballage carton souple, ils trainaient dans cette boite, n'étant jamais ré-écoutés, sauf pour des "blindtests". Et pourtant ils recèlent des pépites.. sauf qu'en général ces pépites sont des extraits d'albums que j'ai achetés à la même période. mais un tri sera le bienvenu. Il y a du boulot aussi.
Et puis tant qu'à encoder, autant en rajouter un morceau, si je puis dire..Je me suis donc dénichée un petit logiciel gratuit grâce à Micro hebdo : mp3DirectCut, avec lequel je me fais des "bouts de morceaux", par exemple que des intros de 45 s maximum et qui me serviront pour des séances de "blintests". Car on aime bien ça à la maison, et en général, celui qui se collait à la platine et au choix des titres avait du boulot avec tous les cds à sélectionner, sans que le public ne triche en regardant la pochette, puis à sortir et insérer le cd, repérer le morceau choisi et le remettre dans le boitier ce qui faisait un vrai bazar à la fin de la séance. C'est toujours marrant de voir que certains (et moi-même quand j'y participe en tant que public) ne parviennent pas à sortir le nom d'un artiste, à l'occasion de l'écoute du titre où pourtant on ne peut que se dire "mais oui, mais je connais ça, c'est évident, mais c'est qui, mais c'est pas possible..." et tout le monde est prêt à cracher le nom plus vite que d'autres et c'est parfois le plus grand fan de l'artiste en question qui est victime d'un blanc. "mais oui mais c'était eux, bon sang je l'avais sur le bout de la langue" C'est fun. Maintenant avec tous ces débuts de morceaux en mp3, la liste tiendra dans une clé USB, avec la possibilité de mettre une lecture aléatoire ce qui fait que même le Dj pourra y jouer. (et ne sera pas à l'abri des trous de mémoire)
Et puis ce petit logiciel permettra aussi des montages audacieux comme des suites guitaristiques de Dinosaur Jr à se déchirer les tympans.
Donc, du fun en musique en perspective.
Pour en revenir aux artistes déjà triés (j'en suis qu'à la lettre D, je viens de finir Dandy Warhols), je voudrais tirer un coup de chapeau à Boo Radleys. D'ailleurs, au final, ils ne seront même pas sur la compil, les Cds s'écoutant en entier, notamment "Giant Steps". Mais je les ai dans un premier temps ré-écoutés et je me suis dit que voilà un groupe qui n'aura eu le succès qu'il méritait. car il y à la fois du mélodieux à la Beatles et du noisy à la Bloody Valentine, du travail d'orfèvre sous un son brut et fouilli. Très dense, très riche. Hommage donc ce jour à Martin Carr et ses acolytes.
Boo radleys - Wake up27.10.2007
The black angels
Mais, grâce entre autres à Bayon de Libé, j'ai découvert plusieurs de groupes qui "font comme", qui "sonnent comme". mais avec une spontanéité et une énergie incroyables et qui sont depuis longtemps endormies chez leurs prédécesseurs. Ainsi Serena Maneeh l'an passé, lorgant du coté de "My Bloody Valentine" ou "Ride", et cette fois "The Black Angels" avec un superbe album "Passover"
Je ne sais pas grand chose d'eux, sinon qu'ils sont six musiciens (dont deux femmes) originaires d'Austin au Texas (Austin), pas très glamour pour un sou, mais quel son ! Pourtant cela ne ressemble pas à de la musique sudiste mais bien carrément à du Doors hargneux mâtiné de Velvet underground et rappelant aussi les débuts d'Echo and The Bunnymen (mais c'est vrai que je trouvais déjà à l'époque que la voix Ian Mc Cullough lorgnait vers celle de Jim Morrison)
C'est puissant, enlévé, hypnotique. Rien d'inventif, du bon rock, mais sacrément plus vibrant que toutes les reformations qui fleurissent actuellement.
A découvrir vite.
26.08.2007
Route du rock 17
Voici donc achevée la 17ème route du Rock , qui aura été la 13ème pour moi, fidèle de par la double proximité à la fois géographique et musicale. Eh oui déjà en 1991, j'avais assisté à la nuit furieuse qui avait vu Therapy enflammer une maison des associations peu habituée à ce genre de rythme. Sans oublier l'ardeur des fans de Ned's Atomic Dustbin. Qui se souvient des Ned's maintenant et d'ailleurs que sont ils devenus ? Cette année, on faisait dans le plus gros calibre, l'asso Rock Tympans ayant cassé la tirelire pour les Smashing Pumpkins. Qui se souvient des Smashing Pumpkins ? Apparemment beaucoup de monde si j'en juge par l'affluence du jeudi soir et la bousculade avant même que le groupe ne pointe le bout de son nez. Le soir précédent, on avait eu droit à une invitée qui jusqu'à présent était plutôt restée discrète sur ce festival : la pluie –hormis une fois en 2002 où une forte tempête avait obligé Neil Hannon de Divine Comedy à écourter son set, n'en pouvant plus d'éponger ses claviers. "You are brave" avait t'il lancé à une foule trempée jusqu'aux os, les pieds enfoncés dans une boue collante. Cette fois c'est une pluie plus classique dirons nous, pénétrante à laquelle a échappé de justesse Elvis Perkins, bien que sa musique se serait bien arrangée d'une prestation plus nocturne et humide. A 19h15, son folk construit ne passe pas trop. Peu de monde. Même avec ma petite taille je pouvais m'avancer à un mètre de la scène. C'est Herman Düne qui a fait le plus de plaisanteries sur la pluie (en français qu'il connait bien), essayant d'exorciser les gouttes et de les faire oublier par un rock un peu déjanté, bien sympathique. Mais qui ne laisse pas non plus beaucoup de traces. Et puis The National, groupe qui m'intéressait au 1er lieu ce mercredi soir. Dense, profond, pas déçue, quoique c'est le genre de groupe que je verrais mieux dans une salle de petite taille (La Cité à Rennes pourquoi pas) que sur la scène d'un festival, à l'instar des Tindersticks par exemple. Je ne suis pas restée pour Art Brut que j'avais déjà vu ici même il y a deux ans et je crois que c'est un peu toujours le même genre de show (beaucoup parlé). Donc exit aussi Justice et Go team. Le lendemain il y avait boulot. Le lendemain il y avait surtout la grosse artillerie : The Smashing Pumpkins. Déjà il se la jouent star. Je veux dire, les autres, ceux de Besnard Lakes ou des groupes électro précédents, venaient auparavant faire des passages sur scène histoire de vérifier les câbles etc. Pas la bande de Corgan qui s'est fait attendre longtemps histoire de faire monter la pression. Auparavant donc, un combo anglais au nom japonais Fujiya et Myagi et qui ferait dans l'électro allemand. Et un concept un peu redondant, ressemblant à un "Inertia creep" étiré et répété. Jusque dans la façon de chanter de (scander) du chanteur à la façon Robert Del Naja. Sauf que sur Massive il y a une richesse des sons et une diversité des compositions qu'on ne retrouvait pas là. Un peu ça va, mais sur la longueur. Et puis un inconnu puisque même pas programmé sur le catalogue, 120 days, sorte de Happy Mondays aussi allumés en substance semble t'il, mais trop brouillon pour accrocher. Le chanteur essayait désespérément de faire bouger un public qui n'en avait pas grand chose à faire, attendant que vienne la bande à Corgan. Même public qui a peu accroché aux Besnard Lakes et pourtant cette bande de canadiens assure à fond. Mais là aussi, comme Arcade Fire, ils seraient mieux dans une salle. Pourtant les morceaux du génial "Dark Horse" étaient là, mais avec un son trop saturé qui ne laisse pas s'exprimer la lente dynamique et les reliefs explosifs que recèle ce groupe. C'est resté pour moi un grand moment quand même. A revoir. Puis la scène s'enrichit d'enceintes supplémentaires et on sent qu'il va y avoir du gros son. Et du gros son il y en a On en prend plein la gueule. On les reçoit très fort, les Smashing, un peu bluffant dans leur déversement sonique, mais en même temps sans pénétrer en profondeur à l'intérieur. Trop métal pratiquement, au sens lisse du mot. C'est fort, mais ça glisse. Décevant donc. Dans le style je préfèrerais dorénavant assister à un concert de Tool. Et puis pas très sympathique le Corgan. Quand je pense qu'il s'est ramassé 40% du budget total des artistes et a refusé tout enregistrement sonore et visuel… J'ai pas vu New Young Pony club et CSS – Boulot le lendemain et Corgan m'avait achevée. Au fait il n'a pas plu, ou juste deux ou trois gouttes, dans le style léger crachin. Le lendemain, ma journée préférée. Sonic Youth et un album que j'ai beaucoup écouté : "Daydream Nation". Toujours contente de les revoir. C'est peut-être la 4ème fois, mais leur son (avec du vrai relief celui-là) est inimitable et toujours présent et toujours généreusement donné. Et Thurston Moore a toujours l'air adolescent, alors qu'il doit bien avoir mon age. Auparavant leurs consœurs anglaises d'Electrelane ont assuré aussi dans ce genre. Elles sont très bien ces filles. Rien à dire. Et puis là où Electrelane fait du Sonic Youth, Albert Hammond jr, le guitariste des Strokes, fait..du Strokes. C'est pas mal dans le genre, mais je préfère quand même les originaux. Il y a eu un autre groupe, en tout premier, Voxtrot, mais lors j'ai l'impression d'avoir complètement zappé. Pourtant j'étais tout près de la scène, va t'en savoir. Y'en a toujours des groupes comme ça, qu'on ne se souvient même plus ce que c'était. L'an dernier c'était Why?.(c'est leur nom) Bon, revenons donc à Sonic Youth donc, très, très bien. L'album impeccablement restitué avec ses côtés expérimentaux, torsions, sons saturés et stridents etc qui ont dû en dérouter certains. Il y avait une continuité bien menée et je m'en fous que certains disent que c'est un marketing, une tendance que de jouer des albums dans l'ordre etc.. C'est un bon album de bout en bout, il est construit, a une unité et c'est un bon groupe. Donc chapeau les mecs. Vous étiez parfaits, (mieux en tous cas qu'en 2005) Et pour ne pas bouder notre plaisir ils sont revenus avec six ou sept morceaux plus nouveaux ("incinerate" par exemple) et impeccables. Avec une Kim Gordon qui dansait comme une jeune fille. En voilà qui ont apporté ce qu'on attendait. Je ne suis pas restée pour LCD Soundsystem, pour cause d'obligations du lendemain. Parait que c'était pourtant un des meilleurs sets. Tant pis, ce sera pour l'année prochaine. Car cette route du rock m'a semblé toujours autant sympathique, 23000 personnes sur trois jours, restant à taille humaine, (si on les compare aux autres mastodontes bretons – Terre neuvas et Vieilles Charrues – ou aux mastodontes rock que sont les Eurockéennes) on peut s'assoir non loin de la scène sur l'herbe entre chaque set, le fort est un bel endroit, le public intéressant. A refaire. J'espère que les volontés démesurés de certains artistes et la concurrence acharnées des festivals ne vont pas saper le budget. A l'année prochaine donc ! 05.06.2007
L'étranger
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Il y a 35 ans, ce devait être en 1972, j'avais découvert, dans le "Rock and Folk" du mois, un article de Philippe Paringaux sobrement intitulé "l'étranger" et qui montrait une photo d'un artiste seul sur scène, cheveux longs et chemise canadienne, penché sur une guitare folk "angelica". le journaliste y relatait un moment magique, à savoir un concert solo de Neil Young dans une salle londonienne. Il aurait tout au plus intituler son article "The loner", le surnom le plus connu de l'homme en question.
C'était la période d'avant Harvest et de la notoriété que ce futur album allait déclencher. Combien de fois j'ai pu lire cet article ! Par procuration je m'y voyais, j'entendais tous ces morceaux commentés avec force et admiration et ce qui en ressortait c'était comme une grâce infinie.
J'étais déjà fan de Neil Young, cette sensibilité à fleur de peau, cette voix fragile et cette impression de solitude qu'il trainait et vers laquelle je me projetais dans cette période adolescente prise en tenaille entre une campagne qui me plaisait, certes, mais où je me morfondais et l'attrait d'une autre culture, d'un autre tout simplement. Avec la peur de ce qui allait être.
Neil Young je l'avais découvert avec ses comparses Crosby, Stills and Nash, au travers d'un formidable double album (parties acoustiques et très électriques) "Four Way Street". Et je suis réellement tombée sous le charme du "loner", suivant fidèlement sa carrière, depuis Harvest qui sortait peu de temps ensuite, et redécouvrant les premiers albums dont "Everybody knows this is nowhere" avec sa pochette bucolique avec chien (la campagne toujours), remontant même jusqu'aux Buffalo Springfield et vibrant profondément aux albums noirs qu'ont représenté "Tonight the Night" ou "On the Beach", mon préféré peut-être par ce côté magnifiquement désabusé. Certaines périodes ultérieures, country, rockabilly,ou ou électronique m'ont un peu laissé de marbre, mais le retour avec "Rust never sleep" a été un énorme moment et le présage de cette vague sonique qui allait éclater à la fin des eighties avec Sonic Youth et Dinosaur Jr. Ensuite j'ai décroché c'est vrai. mais je conserve une affection intacte pour le bonhomme.
J'ai eu l'occasion de le voir, en 1976, dans ce qu'on appelait alors "les abattoirs " de la Villette. J'étais arrivée avec une copine vers 15h00 alors que le concert commençait à 20h00, pour être au plus près, pas dans le style groupie hystérique ,mais pour absorber encore mieux ces morceaux magiques, que ce soit en solo ou en électricité échevelée avec Crazy Horse.
Absorber, vibrer, une intimité, une fusion. Et voilà que l'on m'a offert (pour la fête des mères) ce "live à Massey Hall," concert qui ressemble trait pour trait à celui évoqué dans "l'étranger". Une voix juste, forte, des mélodies chargées d'émotion, un son qui semble plus profond que les versions digitales. Juste un piano et une guitare, ces chansons que l'on connait par coeur et qui semblent prendre vie, et un public extraordinairement présent jusque dans le silence. Un souffle magique.
Il y a un DVD joint et qui semble dirigé par B Sharkey, c'est à dire le pseudo que prend N. Young quand il réalise. Je suis un peu perplexe en ce qui concerne le DVD. C'est le même concert, le même ordre de morceaux, et l'on y voit dans une pénombre quasi constante, (avec un grain assez grossier) juste le visage de N. Young en gros plan (ce qui est déjà remarquable), mais qu'une partie éclairée. Parfois on ne voit que ses cheveux, ou ses mains sur une guitare. Et quelques ajouts sur des scènes très années 70 de son ranch. Rien sur le public, rien sur la scène hormis un tabouret, un tapis, et à de multiples reprises des gros plans sur un vieux magnéto qui tourne.
ça fait un peu art et essai avec des moyens soviétiques. Et pourtant en fin de compte cette minimalisation (si on peut dire) rajoute à la profondeur et la magie du concert.
Un pur moment de grâce.
12.05.2007
Route du rock à venir
Ouah ! je me croirais revenue quinze ans en arrière à cette belle époque des guitares saturées qui avaient sacrément chamboulé le paysage musical indé.
Smashing Pumpkins, j'avais déjà entendu dire qu'ils se réformaient et sortaient un nouvel album ("Zeitgeist "le 7 juillet), le 1er depuis 7 ans. Et à priori j'ai des doutes sur ce genre d'évènement, le précédent épisode Pixies sentant quand même beaucoup l'attrait des billets verts.
Pourtant, en parlant de reformation, j'ai écouté l'album de Dinosaur jr, "Beyond" et je suis très agréablement surprise. Certains morceaux sont réellement dantesques, Lou Barlow y a sa place, même si elle demeure toujours plus infime, et J Mascis n'a rien perdu de sa magie guitaristique inimitable et de ses mélodies brouillonnes chantées par cette voix trainante de quelqu'un qu'on a sorti du lit trop tôt. Génial feignasse quoi.
Alors pour en revenir la programmation et à l'autre groupe phare, Sonic Youth, j'étais un peu surprise de leur venue à St Malo car ils y étaient déjà il y a deux ans et avaient d'ailleurs servi un set bien terne (je les avais préférés à St Brieuc). Mais Ouest-France précise qu'ils vont jouer leur album "daydream nation" (qui a presque 20 ans -sorti en 1998) et qui a vraiment marqué le monde musical. Leur meilleur album sans doute, un double, ce qui laisse préfigurer un long set. Je me réjouis. En outre, peut-être verra t'on le feignasse avec ou sans Dinosaur Jr, car il était présent sur l'album. Il y a même un morceau clin d'oeil "eliminator Jr" Alors on peut rêver.06.02.2007
des restes de 2006 et les seconds 2007
Et avec le recul je vois bien que j'ai déjà vite oublié tous les Rakes, les Kooks, maximo Park, voire même Kaiser chiefs, bien éphémères et lassants à la longue. Du talent certes, du culot, du spontané fiévreux, mais rien de neuf sous le soleil et surtout rien qui s'accroche, qui pénètre dans ces fibres.
Je me serais aussi un peu lassé des Raconteurs, malgré tout le talent de Jack White et sa bande, peut-être parce que cela finit par faire filon. Ou trop écouté.
Et puis les merveilles annoncées par une certaine presse, à savoir the Shins (évoqués dans 'Garden State" comme un groupe qui va changer ta vie") et Bonnie Prince Billy, eh bien ils m'ennuient plutôt qu'autre chose. je sais, on me dit qu'il faut réécouter encore et encore pour en ressentir la subtilité, mais c'est un peu rasoir quand même.
Qu'est-ce qui me reste finalement ?
- Une chanson : "Roscoe" de Midlake, magnifique, un entrelac d'harmonies et de vocaux sinueux comme je les aime. (Dès que j'aurais trouve une formule permettant de mettre en ligne des fichiers plus gros, je le ferai) Tout l'album est bien d'ailleurs.
- Tout comme Eagle Seagull, ces américains du le frontière du Nord, combo évoquant un savant mariage de Pulp -et d'Arcade Fire. Ils tiennent la longueur sans faiblir.
- Quelques pépites : "Raoul" et "Monster" de The Automatic, "Alsatian" de White Rose Movement, un morceau qui donne envie de battre du pied et de remuer follement la tête. Pareil pour "Ennemies like this" de Radio Four.
Et bizzarement, ces deux deniers groupes empruntent au feeling des début 80, New order en tête et ce retour des eighties me semble avoir été une donnée constante de cettee année 2006.
On a même senti repointer le "retour du Shoe gazing", avec Serena Maneesh ou les groupes à guitares style Ride ou My Bloody valentine.
Alors si l'on suit cette tendance, 2007 sera t'elle l'année du revival grunge ?
Non, on s'oriente plutôt vers ce qu'on pourrait appeler l'année des seconds, de ces fameux seconds albums. Le tournant tant attendu et redouté selon les dires de la presse spécialisée qui parvient carrément à en faire un évènement.
Bloc Party a bien passé le cap. Maintenant reste à attendre les Clap your hands, et surtout Arcade Fire que j'attends avec une sacrée impatience tout comme Arctic monkeys
Enfin , je suis bien contente de voir que ces néerlandais d'Alamo Race Track connaissent enfin les honneurs. Je les avais vus à la Route du rock 2004 je crois (ou 2005 me souviens plus) et j'avais trouvé leur musique tonique et inventive, solide et mélodieuse, n'ayant rien à envier aux anglo-saxons. Bizzarement personne n'évoquait leur prestation (qui avait eu lieu en plus au début de la soirée alors qu'il faisait encore bien jour avec peu de monde.)
Maintenant les Inrocks et d'autres en disent le plus grand bien, parlant de "Strokes et Radiohead" (carrément) et ce n'est que justice. Voilà un groupe qui allie toute la nervosité du rock avec un sens mélodique et une simplicité qui nous changent de l'arrogance des jeunôts anglo-saxons poussés sur le gazon de Myspace.
L'année commence pas si mal finalement.12.12.2006
EAGLE SEAGULL
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La scène musicale canadienne continue à se révéler une des plus jouissives du moment : Arcade Fire, Broken Social Scene, The Islands etc. en général très nombreux sur scène, intervertissant les instruments, chantant à tour de rôle. Une énergie, une dynamique et une remarquable harmonie, même et surtout dans la dissonance. J'ai eu l'occasion d'assister à leurs concerts, totalement foutraques mais complètement prenants.
Dans la même vague je nommerais EAGLE SEAGULL. En réalité ils seraient plutôt de vagues cousins, puisque venant de l'autre côté de la frontière, du Nebraska. Mais là aussi une tribu de six musiciens qui a sorti un bijou d'album il y a un an déjà outre atlantique, lequel parvient dans les bacs en ce moment. Une voix qui oscille entre Jarvis Cocker et Jim White, avec quelques relents de Radiohead et le tout porté là-aussi par une rythmique impeccable, mélangée à une dense mélancolie A découvrir d'urgence.
06.12.2006
l'art de la compilation
J'ai toujours été fan des compilations et dans ma discothèque il doit bien y avoir une bonne vingtaine de ces disques, notamment celles des Inrocks (à la période où j'étais abonnée ( "un été 1988", "un hiver 1991" et d'autres saisons similaires), mais aussi les 20 ans de "Magic", les cds de "l'odyssée du Rock "et un pack indé de 3 qui s'appelait "Colors" (une merveille). Cela reste quand même confidentiel, les autres variantes du commerce du style "le meilleur des années 1990 " ne me branchant absolument pas. De fait je ne trouvais jamais de compilation idéale correspondant à mes gouts.
J'avais donc pris l'habitude de bidouiller des cassettes audio, sur un magnétophone double K7, et je ne raconte pas le temps que j'ai passé à revenir en arrière, puis en avant, rembobiner encore, trouver la position juste pour le début de lecture, puis trouver la position juste pour le début de l'écriture, fusionner le tout et encore à condition que je retrouve aussi le morceau en question sur une des nombreuses émissions enregistrées de B Lenoir. Mais j'en ai ressorti des compilations d'anthologie, dont une par exemple composée de la scène grunge de la fin 80, avec que du bruit : Sonic Youth, Sugar, Dinosaur Jr, Afghan Whigs, Nirvana..Et une autre avec que du "émotionnel dirais-je" : Tindersticks, J Buckley, Walkabouts..
Et une encore avec que des morceaux du Smashing pumpkins "mellencolie and...", double album que je trouvais trop long (d'autant que la voix de Billy Corgan m'a toujours crispée) et dont j'ai choisi les meilleurs morceaux pour en faire un truc bien percutant.
Donc maintenant, je vois devant moi un vaste chantier, où je vais encoder sur le disque dur des morceaux issus de mes 600 disques. J'imagine déjà les compils à thème :
"jeunes blancs-becs anglais furieux mais talentueux" (Artic monkeys, Rakes.)
"anciens jeunes blancs becs anglais restés talentueux : (Stone Roses, La's, Supergrass..)
"Anglais de toujours, plus grosses pointures" (Suede, Pulp, Oasis, Blur - le british power pop quoi)
"retour du shoe gazing" (avec Ride, My bloody Valentine, Jesus and Mary Chains et Serena Maneesh
"Smiths et Morrissey "avec clins d'oeils aussi aux canadiens de The Deers et ce merveilleux duo avec Siouxsee nommé "Interlude")
" Son Wild bunch (avec Massive Attack, Tricky, Alpha, Archive, Portishead)
" Clique américaine (Mercury Rev, Flaming lips, Grandaddy, Sparklehorse..")
"Les foutraques polyphoniques, canadiens essentiellement (Arcade Fire, The islands, Broken Social Scene, Eagle Seagull)
"La continuation du Bruitiste" avec toujours Dinosaur Jr et Sonic Youth
"Le bon bourrin avec (Deftones, Tool, 30 seconds to mars)
Et plein d'autres, plein d'autres, tellement d'autres. Du plaisir en perspective mais aussi du temps passé à encoder, classer trier.. mais avec ces nouveaux multimédia, cela ira plus vite. Il faudrait juste prendre le temps d'encoder 4/5 disques par jours avec à chaque fois 2 à 3 morceaux.
Sans compter aussi une compilation d'un même artiste (un peu à la façon de ma cassette Smashing Pumpkins), car le fait est que bien souvent sur un album, il y a des morceaux qui m'ennuient ou qui finissent par donner une impression de "ça ne tient pas la distance". Et du coup, j'écoute moins.
Les puristes diront qu'un album s'écoute sur toute la durée et que parfois c'est au bout de plusieurs écoutes que l'on ressent l'homogénéité, mais bon, il faut du temps et puis se faire ce listing qui correspond à ce qui nous fait vibrer, dans un ordre parfois très montant en puissance, pour alterner avec plages plus retombantes, eh bien ça me dit bien. Ceci étant, je ne toucherais pas à Cure ou Radiohead.
Ensuite par la suite peut-être découvrirai-je les sites Fnac Music, Virgin Music ou I Tunes (ou encore mieux ce site russe légal qui proposent des cds à 1 euros ou des morceaux à 10cts- véridique), pour acquérir au morceau. Jamais essayé, ça ne passait même pas sur mon ancien ordinateur.
Dommage de ne pas pouvoir en faire profiter plus facilement sur le blog08.11.2006
La grande soupe au rock indé
Oups, n'en jetez plus, je ne peux plus ramasser..
Cette année la programmation du festival des Inrocks me donne le tournis. Presque trop. Est-ce que c'est parce que se retrouvent des groupes qu'à un moment où un autre de cette année j'ai découvert, écouté, ré-écouté et puis ...oublié. The Guillemots, The Kooks, The Spinto Band, The Klaxons, The Automatic... La liste est longue.
Oups, ça va presque plus vite que Lemonchois sur la Route du Rum !
Des bons groupes certes talentueux à souhait, qui font plaisir à entendre, mais à les voir tous rassemblés sur une affiche, je me suis dit avec le recul : "qu'est-ce qui reste, du moins qu'est-ce qui m'est resté ?" Comme si la faculté d'oubli était proportionnelle à la faculté de "buzzage" de ces formations. Des montagnes russes que ce rock indépendant, façonnées par des médias prompts à s'enflammer comme à négliger ensuite.
Des bons groupes, oui, mais qui surfent sur des vagues finalement téléphonées.
Alors qu'est-ce qu'il reste ? Qu'est ce qui émerge de la profondeur pour demeurer ensuite un son, un ton, un Cd que l'on remet volontiers?
Eh bien pas grand chose finalement et c'est là que je sens poindre un découragement.
Pourtant j'ai vibré à Spinto Band, White Rose Movement, Forward Russia, I love You but I've chosen Darkness, Radio Four, The Rakes. Toujours dommage que d'entendre un morceau dont on se dit : c'est "super" et après, sur la longueur, ça tient pas la distance.......Mais pas grand chose ne s'accroche comme une marque indélébile. Peut-être Midlake mais c'est un des derniers écoutés aussi.
Sans faire vieille combattante, j'ai le souvenir récent de véritables coups de coeur qui sont demeurés et demeurent encore présents, par exemple Bloc Party et Arcade Fire pas plus tard que l'an passé.
Cette année, c'est comme s'il n'y avait jamais autant eu en quantité et pourtant pas grand chose ne résiste à quelques heures d'écoute.
Cependant la prog du festival est dense. Presque trop. Et l'on assiste sans contexte à une dynamique d'éclosion de talents, avec MySpace et tout. Mais alors pourquoi est-ce que j'ai cette impression que l'ère du zapping toucherait désormais ce style de musique ? Et quel rôle joue donc la médiatisation tous azimuts ?
Allez il y a quand même des groupes jouissifs pour preuve The Automatic, frais, directs. Une "percussion" en rock comme dirait Aimé pour le foot.
03.11.2006
THE VEILS, au-delà des comparaisons
Mon neveu, ingénieur du son en Angleterre, tournait récemment avec "The Veils" et nous a fortement encouragé à les découvrir, à défaut de ne pouvoir nous rendre disponibles pour la "black session" de Bernard Lenoir lundi dernier. Il nous les avait présentés un peu comme Nick Cave, sachant que l'on est grand fan du bonhomme
Et j'ai été bluffée par cette prestation. Du Nick Cave, certes, mais aussi The Smiths parfois, même Noir Désir et beaucoup "Sixteen Horsepower". Bref, du bon songwriting, un son costaud, présent , pas mal hanté, tourmenté comme je les aime, avec un sacré bon titre d'album : "Nux Vomica".
J'ai évoqué beaucoup de comparaisons, parce qu'avec trois décennies de musiques et pas mal d'albums, je ne peux plus m'empêcher de faire des liens. Mais la musique de Finn Andrews est finalement au-delà d'un éventuel melting-pot et "Nux Vomica" est un sacré bon album.
The Veils - Not yet27.10.2006
MIDLAKE une vraie revelation
Ecouter la Musique
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L'autre jour j'ai reçu la Newletter de l'Olympic, salle de concert de Nantes. Y était présentée entre autres la venue itinérante du festival des Inrocks dont une soirée avec The Guillemots (que j'aime bien) et Midlake. Ceux-là je n'en avais jamais entendu parler et lorsque j'ai découvert les mots de Christophe, (aux commandes de cette Newsletter) parlant de groupe de l'année, voire de la décennie et citant des phrases pareillement dithyrambiques de "Magic" et autres mags, j'ai vite voulu savoir de quoi il en retournait.
Et c'est une vraie révélation, comme je n'en ai pas entendue beaucoup depuis un moment. Une claque ! Pas dans le sens qui vous met par terre tout de suite, mais un son fluide et aérien, tout en demeurant d'une solidité du style que l'on n'oublie pas. Un son étonnant, bien à part. Certains évoquent un peu Mercury Rev pour parler de ces texans de Deton. Mais c'est unique, comme des entrelacs de voix sui se croisent, se brisent, se poursuivent dans un mouvement dont on se demande qu'est-ce qu'il suit comme route, mais en tous cas, ils nous y emmènent. Un peu nonchalants, parfois minimalistes avec des sonorités un peu 70's, qui glissent et qui accrochent en même temps et qui se bonifient à l'écoute. Un vrai régal. On devrait en entendre parler. Avec une pochette d'album à la Genesis, un nom d'album à la Van der Graaf ("the Trials of Van Occupanther" allez donc vous rappeler de ça !" ) un art de la sinuosité et une comppraison (selon l'Olympic toujours) entre Neil Young et Radiohead. C'est tout dire. Chapeau bas.
Midlake - Head Home22.10.2006
SWELL, meilleur groupe du monde ?
L'autre soir B lenoir et H cassaveti ont encore parlé de "meilleur groupe du monde" à propos de "The National" et en répétant qu'ils prenaient ainsi la place laissée vacante par "Swell".
Swell, c'est vrai, sacré groupe, pratiquement inconnu et qui n'a rien fait pour ça. Je ne me rappelle plus d'où vient cette appellation de "meilleur groupe du monde" Et à vrai dire les gaillards de Swell ne semblaient pas au prime abord taillés pour un tel piédestal. D'apparence Mr tout le monde, tendance professeur d'université, David Freel et son quartet de San-Francisco semblaient déjà hors d'age à leur récente époque (le groupe a cessé d'émettre au début de cette décennie). Peut-être parce qu'ils jouent une musique intemporelle ? Inclassable, tous cas. Presque nonchalante, on se dit qu'on va un peu s'y ennuyer et pourtant la construction des morceaux s'avère remarquable, la basse est puissante et cette voix qui ose à peine forcer le ton demeure à tout jamais gravée dans nos oreilles. Un son unique. Et c'est pour cela que l'on écoutait sans se lasser il y a dix ans et c'est ainsi que c'est indémodable aujourd'hui. Au dessus des tendances. Et si c'était pour cela que l'on peut parler de meilleur groupe du monde ?
SWELL - "What I always wanted "-15.10.2006
1991.
J'ai lu dans une brève des Inrocks que Dinosaur Jr allait refaire un album avec le trio fondateur et en outre jouer avec Sonic Youth le 13 décembre au zénith à Paris (si j'étais parisienne je foncerais de ce pas acheter les billets..). Il est précisé dans l'article que c'était déjà cette même affiche il y a quinze ans, en 1991.
1991, année incroyable dans mon parcours rock : découverte de la bouillonnante scène américaine côte Ouest-Seattle avec Nirvana, Afghan Whigs, Screeming Trees et côte Est avec Sonic Youth, Pixies et Dinosaur Jr, Que du gros son ! Que du bon son ! "Grunge" ou "slacker' (ou les deux) la presse musicale a très vite catégorié le style. Comme d'habitude. Moi je trouvais ça direct, à la fois bruyant et mélodique, foutoir et construit, envie de remuer la tête et de taper du pied. Avec le retour des guitares dans un mode noisy.
L'outre-manche n'était pas en reste cette année-là avec My Bloody Valentine, Jesus and Mary Chain, Boo Radleys et Blur, entre autres.
Je me souviens d'achats à Rennes Musique d'au moins 900ff de l'époque avec que du bonheur.
J'ai revu Sonic Youth l'an passé à St Brieuc et St Malo et rarement groupe aura mieux mérité son nom : Jeunesse Sonique, à près de cinquante ans ils n'ont rien perdu de leur fougue et de leur intégrité. Pas de concessions. Y'a pas grand chose à dire sur eux, Ils sont parfaits. Alors les voir rejouer avec ce feignard plaintif saturé en puissance guitaristique et mélodique qu'est J.Mascis, ce devrait être un grand moment
J'avais acheté une cassette vidéo intitulée : "1991 - the year the punk broke", coulisses d'une tournée de Sonic Youth à travers l'Europe, filmée par les membres du groupe, avec les invités qui avaient pour nom : Nirvana, L7, Dinosaur Jr.. géniale cassette, exactement correspondant à ce que je vivais musicalement. elle a fini sa vie de cassette en dévidant des mètres de bandes tordues. Pas étonnant.
15.09.2006
THE POSIES. en parcourant mes cd's
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Dream All day
En 1993, en plein coeur de la vague Grunge, et également en provenance de Seattle, sortait un single diffusé par plusieurs radios indépendantes et accrocheur immédiatement "Dream all day" des Posies. C'était à la fois les mélodies power pop plutôt influencé british, style Teenage Fan club, mâtiné du son grungy de leur ville d'origine, avec une harmonie vocale rarement entendue. J'ai dû écouter des dizaines de fois et toujours avec une réelle joie le Cd "Frosting on the Beater" produit par un pape plutôt noisy de cette scène : Don Fleming (qui a pas mal joué avec Dinosaur jr et a monté son propre groupe éphémère mais sacrément efficace : Gumball)
Il faut dire que les deux compères d'enfance Jonathan Auer et Ken Stringfellow n'en étaient pas à leur coup d'essai, ayant sorti en duo leur premier opus en 1988 ("Failure") largement inspiré des duos vocaux mélodieux du style Simon and Garfunkel ou Hollies et surtout par Alex Chilton qu'ils ont par la suite rejoint sur scène (tout comme Teenage fan Club, d'ailleurs)
Alors d'où vient que ce disque d'orfèvre, tout comme le suivant ("Amazing Disgrace" magnifique) aient été portés par une vague plutôt grungy ? Pas seulement l'effet Seattle, ni celui de Don Fleming, mais parce que parvenaient justement au milieu de ces sons saturés des mélodies courtes, tantôt chantées par l'un, tantôt par l'autre, les deux compères se retrouvant toujours pour des harmonies parfaites, des véritables chansons, qui donnent envie de taper du pied et de bouger la tête. Simples et superbes.
Cela n'a pas suffi à aller au-delà d'un succès d'estime alternatif, le groupe splittant en 1998 après un album appelé ironiquement "Success".
Et c'est par un nouveau morceau intitulé lui aussi comme un clin d'oeil "It's great to be here again" qu'ils sont revenus en 2005, toujours la même veine, avec peut-être moins ces mélenges électrico mélodieux que l'on pouvait entendre sur "dream all day", "solar sister", "everybody is a fucking liar" et "please return it".
08.09.2006
Lenoir toujours et encore
Putain, déjà presque 30 ans que j'écoute B Lenoir.
C'est un peu la réflexion que je me faisais à l'occasion de la nouvelle grille de France Inter ou l'intéressé à cèdé son horaire de 21h00 pour passer une heure plus tard.
30 ans et déjà beaucoup de modifications horaires, de menaces de suppression etc..Mais il est toujours, là, apparemment pas lassé de proposer cette musique un peu différente. "pas comme les autres" dit-il, loin des standards qui inondent la FM. (quoique dans les grandes agglomérations il y a surement de très bonnes stations, telles Canal B à Rennes, mais ici c'est la soupe habituelle fun radio, nrj ou toutes les nostalgies avec plein de pub et des morceaux sirupeux/dansants qui me donnent un mal de crane absolu)
Je me rappelle encore écouter "Feedback", à la fin 1970 et découvrir Echo and the Bunnymen. Avant cela je baignais déjà dans un paysage rock, certes, depuis toujours, mais plus élargi, grand public disons, apporté par les médias de masse ou quelques magazines spécialisés. La nouveauté branchée de l'époque c'était Police ou Dire Straits.
Et puis est venue une musique d'ailleurs, avec des retransmissions de concerts, des sons plutôt anglo-saxons et sacrément bons, les Joy Division, Cure et donc Echo and the Bunnymen, groupe qui m'est resté comme un des premiers écoutés sous l'ère Lenoir.
Ensuite j'ai un peu décroché, les enfants et les études d'assistante sociale prenant toute la place. Jusqu'à ce que vers la fin 1980/ début 1990, je redevienne mordue de l'émission avec des découvertes coups de poignards : le son de Manchester avec Stone Roses, Happy Mondays et les Smiths, la brit Pop avec Blur, La's et Oasis, le shoe gazing avec Ride et My Bloody Valentine et la scène noisy américaine avec Dinosaur Jr et Sonic Youth : bref que du bon.
Il faut dire que le magazine des Inrocks était passé par là, auquel j'ai été abonnée pendant longtemps avant de trouver leurs critiques un peu trop jouant à "être parisien branché et différent". Mais Lenoir, lui, demeure intègre, sachant se faire entourer de collaborateurs qui ont marqué des époques. Je me rappelle encore Arnaud Viviant chahutant Bernard Cantat, Lydie Barbarian apportant une touche féminine et bruitiste, Mishka Assayas, toujours très juste et fortement emprunt d'émotion. Bref, du bon et ça continue encore avec H cassaveti et ses vieilleries, même si parfois son phrasé un peu sourd passe mal à radio. j'ai du mal à le comprendre. Mais découvrir Traffic et Peter hamill est toujours un plaisir.
Sans oublier les légendaires sessions. J'en ai enregistré des dizaines dont des vrais musts (dommage que certaines de mes cassettes commencent à donner des signes de fatigue)
Bref, ravie d'être à l'écoute après 30 ans. J'ai pas l'impression d'avoir pris une ride avec son émission alors que je ne dois pas être beaucoup plus jeune que l'animateur. Mais c'est que lui, n'en a pris, de rides dans ce domaine musical indépendant.
(allez, juste un peu plus de bruitiste me plairait bien..)
Alors longue vie, Bernard06.09.2006
CS&N (avec ou sans N Young)
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Un de mes premiers disques achetés avec beaucoup d'impatience, c'était carrément un double album, celui de Crosby Stills Nash and Young live : "Four way street". Ça devait être je crois vers 1972, j'économisais dur pour pouvoir me l'acheter mais j'en étais si satisfaite, presque fière de faire partie de cette magie des fidèles de la bande des 4.
Je l'avais acheté avant tout pour Neil Young dont j'étais très fan. (peu de temps après d'ailleurs je devais me procurer "Harvest" puis tous les autres dans le désordre). Je ne connaissais même pas les trois autres lascars, sinon par oui dire, ou sur des docus sur Woodstock ou Monterey, à travers les critiques de Rock and folk (je connaissais tout par procuration grâce à Rock et Folk et Best que je lisais de A à Z) et je n'avais pas encore découvert le Buffalo Springfield.
Je n'ai pas été déçue par les prestations de Neil Young sur de disque. Magistrales envolées guitaristiques sur "Southern Man", bouleversantes mélodies dans la lignée d' "after the Goldrush".
Mais les vocaux parfaitement coordonnées de C S et N m'ont assez bluffée. Les mélodies sont parfois un peu limites, ou font très datées maintenant, mais le mélange des voix est absolument remarquable.
J'ai réécouté S.Stills ensuite, parce que son jeu de guitare, en duo avec N Young est époustouflant, mais aussi grâce à la découverte de leurs débuts avec Buffalo. Sa carrière solo m'a certes moins passionnée, mais en réécoutant un morceau de Manassas, (son "super" groupe, fondé ensuite avec entre autres des membres originaux des Byrds ), je trouve qu'il y avait tout, dans la simplicité : la mélodie, la guitare, les voix.
Manassa - It dosn't matter02.09.2006
BUFFALO SPRINGFIELD, en parcourant mes CDs
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J'ai toujours vénéré Neil Young, pour moi il demeure le plus grand, sans contexte. Sorte de miroir d'une certaine intériorité, mélodies envoutantes et chant à la limite de la fracture, doublée d'un guitariste génial et d'un chercheur constant. (J'ai juste moins accroché aux derniers disques intimistes country).
Alors l'autre jour j'ai redécouvert ses tous-débuts, en réécoutant des Cds de Buffalo Springfield, et la magie qui illustre toute sa carrière était déjà là.
Buffalo Springfield, du nom d'une station de lavage de Californe (imaginez un groupe de rock français qui s'appellerait "Elephant bleu" !!!) et sa création mythique : Neil Young et Bruce Palmer quittant leur Ontario natal à bord d'un corbillard Pontiac pour tenter leur chance à Los Angeles et croisant à un feu Stephen Stills et Richie Furay. Le groupe était né, avec ces personnalités d'une vingtaine d'années qui allaient marquer tout un courant country-rock américain.
40 ans déjà et pas une ride. De la jeunesse oui, de l'ébauche, un peu amateurs mais tant de talents pour à la fois intégrér le folk, le rock, le blues, le bootleg..., tous mélangés dans une belle harmonie vocale.
Une vraie jouissance donc que d'entendre Neil Young, Stephen Stills ou Richie Furay, chanter tour à tour et ensemble, des bijoux de chansons ciselées, peut-être encore un peu naifs, mais si bien construits. Toute la genèse de ce que sera plus tard CSNY et surtout ce que nous apporteront les albums solos de Neil Young.
"Broken Arrow", "Expecting to fly", Mr Soul", Fying on the ground is wrong", toutes ces chansons du canadien solitaire demeurent encore aujourd'hui fortement inspirées avec en outre la bouleversante émotion du commencement. Les autres compères sont pas mal non plus, Stephen Stills signant sans doute avec "for what it's worth" un des protest-songs majeurs de l'histoire du rock, mille fois repris au cinéma ou dans des samples.
Mais un de mes préférés, c'est le 1er single, composé par N. Young, mais pas chanté par lui (il fait uniquement les back vocals) ; "Nowaday's Clancy can't even sing" Août 1966. C'est un peu daté au niveau production et arrangement, mais le coeur du morceau est superbe et toutes les voix de ce groupe légendaire s'unissent pour une belle envolée.
25.08.2006
Elliott Smith

Une des choses que j'apprécie énormément en musique c'est le sens du songwriting. Cette aptitude à déployer des lignes mélodiques, qui se succèdent, s'agencent, montent puis descendent et le tout dans une harmonie et une justesse incroyables. C'est assez rare et plutôt balèze. John Lennon en était un parfait exemple, avec ses morceaux sinueux, où on a l'impression que tout coule de source, avec une fluidité très émouvante.
L'autre jour je regardais un épisode d'une série TV "FBI portés disparus") où régulièrement la production intègre en sourdine un morceau rock plutôt bien choisi d'ailleurs (on a eu droit aux White Stripes, Coldplay, Mazzy Star..) et cette fois c'était…Elliott Smith.
Elliott Smith. Artiste solitaire et génial, décédé il y a bientôt 3 ans dans des circonstances pas très claires, même si tout penche vers un suicide. Encore un ! Peu connu alors qu'il a distillé depuis 1998 des pépites d'albums
C'est incroyable d'ailleurs qu'aucun de ses disques ne soit actuellement référencé à la FNAC. J'ai l'impression de plus en plus que ce magasin n'en fait qu'aux nouveautés ou à la pression des maisons de disques. Sur Amazon, on les trouve encore, ces pépites. (avec des commentaires dithyrambiques d'utlisateurs, pas étonnant) les "XO", "Either/O", "From a basement on the hill"des merveilles minimalistes, pratiquement acoustiques, mais avec ce sens de la fluidité qui en fait les plus grands. Et une grande évocation "Beatles" ce qui ne me surprend pas.
Elliott Smith, à ne pas oublier.
Elliott Smith - "Waltz # 2 (XO)21.08.2006
tendances de cds
Donc, hier, classement par ordre alphabétique de quelques… 350 cds (j’en reviens pas encore moi-même du nombre) acquis régulièrement depuis 16 ans.
Intéressant car ça m’a permis de repérer des tendances :
- Ce que j’appellerais «anciennes valeurs sures incontournables » : Doors, Led Zeppelin, Jimi Hendrix, Stones, Beatles, David Bowie (j'ai beaucoup de cds) et Pink Floyd (j'en ai encore plus)
- Le "progressif années 70" : King Crimson, Van der Graaf Generator, Robert Wyatt. (des artistes visionnaires)
- Les "débuts 80" : U2, Echo and the Bunnymen, Cure (la totale carrément) Ils sont eux aussi en passe de devenir "ancienne valeur sure incontournab

