18.08.2008

2008 - pop is not dead

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Ce slogan est celui associé à la Route du rock depuis des années et jamais il n'aura autant été d'actualité qu'en cette édition 2008 qui vient de s'achever. Parce que les nuages s'amoncelaient fortement au-dessus de cette manifestation à part, parce que son équilibre était fragile, parce que l'évolution des scènes et du milieu artistique en général génère une surenchère délirante des cachets et frais d'exclusivité.
Et donc ce jour, on peut dire que "the pop is not dead". Ce serait donc ce constat de la manifestation 2008, qui laisse espérer encore d'autres éditions, éditions d'hiver, éditions d'été et que vive toujours cette musique hors normes.
Pourtant, une programmation qui ne me faisait pas tellement vibrer au départ, puis qui commençait peu à peu à me parler, trouvant finalement une cohérence entre l'expérimental et le plus immédiat, entre l'inconnu et le plus connu, entre les diverses nationalités et styles de musique. En y revenant après coup, c'était une excellente programmation. Comme d'hab.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir l'un des deux concerts qui étaient le plus attendus (l'autre étant Cold war Kids), à savoir celui de Sigur Ros. Les divers avis que j'ai glanés évoquaient surtout un aspect visuel très recherché mais une certaine déception musicale. Bon, en même temps on n'aime ou on n'aime pas. De là à parler d'un croisement entre Pink Floyd et Radiohead (comme je l'ai lu sur un média quelconque), je demeure toujours très sceptique. Ils ont créé l'évènement en tous cas et c'était la journée la plus chargée en termes de public. Sinon, les autres attendus : Cold war Kids n'ont pas déçu, les Foals ont apporté une sacrée énergie, Tindersticks a fait ...du Tindersticks, les Breeders ont fait ce qu'on attendait de cette reformation, les Ting tings ont montré certes une sacrée pêche mais aussi des limitations répétitives et une voix suraüe de la chanteuse qui m'ont fait reculer jusque derrière le grand écran, sur l'herbe, juste avant la pluie.
Et puis les découvertes, tel ce trio de Portland, Menomena (drôle de nom déjà), qui alterne et mélange les voix avec brio.
Et puis le rock géographiquement francophone a démontré et déployé son incroyable vitalité, son énergie.
Entre autres les French Cowboys (photo) qui n'ont pas démérité par rapport à la superbe période des Little rabbits, Federico faisant participer le public et jouant des morceaux que l'on pourrait juger monocordes, si ce n'était parallèlement les vocalises et montées progressives des deux autres guitaristes qui finissant pas créer un paroxysme.
Pareil pour les Girls in Hawaii, des belges, jouant comme leurs confrères de dEus à l'époque de Worst Case Scénario, c'est à dire, jouissif, chaotique, avec là aussi des incroyables montées en puissance.
Il y a deux ans, je me réjouissais du bon tonus du rock canadien (à l'occasion du passage de The Islands à la RDR et de Broken Social Scene la fois d'avant) avec plein de monde sur scène et échanges d'instruments et de rôles en permanence.
Cette année, c'est le rock belge qui me fait vibrer. D'ailleurs, le dernier dEus est super, les Ginzhu sont une vraie révélation et donc samedi Girls In Hawaii ont chauffé l'enceinte du Fort St Père où je serai toujours aussi ravie de pénétrer, même si je vais bientôt commencer à être dans les doyens de l'épreuve.
Peu importe, Pop is not dead, qu'ils disent les rock tympans.
Alors que la fête continue

26.10.2006

Route du Rhum, grandeurs et dérives

Route du Rhum, grandeurs et dérives de départ
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J'ai la chance de travailler à St Malo, non loin de la cité qui accueille en ce moment une manifestation qu'il est pratiquement impossible d'ignorer. Depuis des semaines, les panneaux publicitaires s'ornent de la photo d'un trimaran voguant en pleine mer, le Ouest France local en fait quatre à six pages départementale tous les jours et les véhicules se pressent aux abords de la ville, remplissant la moindre place de parking et se mettant même n'importe où. La route du Rhum, je ne me souvenais plus qu'elle attirait autant de monde. Une marée humaine comme ils disent. Et malheureusement pour une bonne partie une marée de consommation.
C'est vrai que la vue de ces géants des mers dans le bassin Vauban, toutes ces couleurs devant les remparts, drapeaux flottants au vent, a un certain cachet. Et on ne peut que demeurer béats devant ces skippers qui vont affronter seuls les ardeurs océanes. Surtout lorsque l'on voit la grandeur des coques et des mâts en question.
Mais dorénavant le sponsoring a aussi envahi les quais, dans des village de foire expo, avec des stands où l'on peut se servir en ce que l'on veut, ce qui est rendu disponible c'est à dire presque tout. Pas la peine d'apporter un sandwich à l'heure de midi. Sur un stand nous est offert un gobelet de soupe Liebig chaude, puis sur un autre un steak de soja à l'indienne de chez Sojasun, en passant par une banane et un chocolat d'une marque parrainant un bateau. Sans oublier les vendeurs du "Télégramme"et de "Ouest France" qui nous incitent lourdement à acheter leurs offres du siècle, journal + poster + casquette + boite de sardine etc..le lot à 3 euros seulement!
Que les sponsors qui versent des sommes considérables se fassent connaitre, je comprends, mais il m'a semblé voir se dessiner une dérive, une conséquence au niveau du public assez décevante. Ainsi les gens se précipitent vers tout ce qui traine, remplissant les sacs plastiques de posters, autocollants, cartes et se bousculant pour attraper des échantillons de crêpes Whaou ou de mini Brossard, s'énervant même quand on leur dit qu'il ne reste plus de pizza sodebo chaude. Cette frénésie mercantile, "je prends tout ce qui bouge" en choisissant si possible les stands qui prodiguent cadeaux en tous genres et évitant les sponsors style "lutte contre la spondylarthrite", m'a un peu terni l'évènement. Trop c'est trop.
Heureusement, en allant au boulot le matin vers 7h30, je passe par les quais sous les remparts pour découvrir une vision féérique d'une soixantaine de mats éclairés, juste quelques techniciens affairés pour les derniers préparatifs, les villages-expo fermés et le bruit des drapeaux mêlé à celui des vagues et de quelques exclamations de skippers fatigués. Là c'est magique, là c'est l'attente, le regard tourné vers les écluses, vers le large. Alors bon vent.