24.07.2007

herbiers des campagnes bretonnes 13

This is the end
Herbiers des campagnes bretonnes 13
Eh oui tout a une fin. La série "fleurs à presser" s'achève. Les talus ne montent plus que quelques carottes sauvages, des séneçons et autres composées jaunes et quelques tâches roses par ci ou là, apportées par les épilobes ou salicaires.
Pourtant dans le style rose, il y en a d'autres qui s'éclatent, ce sont les bruyères. Surtout en bord de mer ou terrain calcaire. Et c'est indéniable que les bruyères sont, à l'instar des hortensias ou ajoncs, associées typiquement à la Bretagne. Il n'a qu'à voir les landes du côté du cap Frehel pour distinguer plusieurs variétés dans ce qui semble être de loin une même couleur rose virant à la rouille inévitable..
On en trouve essentiellement quatre sortes :
1c9a31a0f41c6fb30318b24ec78f30a8.jpg- les bruyères cendréeserica cinerea : la plus connue, dont dérivent les variétés de "toussaint" Presqu'un petit arbrisseau, plus foncé que les autres. Les feuilles restent toujours vertes, minuscules et glabres.



a47835a27025dd3e78496e494dc3742f.jpgles bruyères tétragoneserica tetralix, appelées aussi caminets, clarins ou bruyère à quatre angles plus petites, un peu plus pâles. Poussent plus sur les landes humides, tourbières. Ce sous arbrisseau voisin du précédent est un peu plus bas mais par contre les fleurs sont plus grandes, plus pâles, globuleuses, en grappes courtes, serrées.

48acbd833d5cb57a630c70347a93ab93.jpg- les bruyères ciliées – erica ciliaris, plus grandes, reconnaissables justement à leur espèce de cil et à leurs fleurs en longs épis rose foncé. Moins commune que les deux précédentes.



5f15466cda212ebca408b7a0fd65c0d9.jpg- les bruyères callunes calluna vulgaris, appelées aussi callune fausse bruyère, qui sont en fait plutôt de plus grands et plus denses sous- arbrisseaux. Les feuilles sont différentes, plus linéaires, vert plus clair. Les fleurs en grappes claires, serrées. On s'en sert pour faire des balais et pour les brandes, isolant les jardins.

Elles gardent toutes leur couleur sans aucun problème et leur juxtaposition sur un herbier est du meilleur effet. Dommage que l'on ne puise pas y ajouter ajoncs ou genêts (eux ne gardent pas leur belle couleur jaune), leur naturels voisins

23.06.2007

herbiers des campagnes bretonnes 12

Allez, dire que c'est déjà pratiquement la fin. Bientôt les bas-côtés des fossés vont sécher, jaunir et, émergeant parmi les fougères et graminées, ne resteront que quelques crépides, ombellifères style carottes sauvages et les belles tâches roses formées par les mauves, salicaires et épilobes.
Et pourtant les beaux spécimens arrivent, ils se sont fait attendre, mais ça valait le coup. En général ils se manifestent de loin, sans doute plus remarquables par le manque de concurrence et par le fait qu'ils sont généralement en bandes isolées au milieu d'une verdure de fougères, ronces et graminées.

medium_vipérine.jpgD'abord honneur au dernier bleu : la vipérineechium vulgare, pas le plus facile à cueillir car plutôt urticant. Il y a comme des espèces de soies à base rouge sur la tige. Assez haute, plus d'un mètre, avec des fleurs en nombreuses cymes formant un long épi. On la voit en bandes de copines, sur les bas-côtés, terrains secs, on en trouve plein en bordure de mer apportant un bleu intense sur des herbes sèches, voire du sable. La tige peut être très épaisse et là encore, pour les herbiers ce sont les plus jeunes qu'il faut cueillir. Et voilà une fleur fidèle qui demeure bleue au séchage. C'est aussi une plante médicinale réputée non pas pour soigner les morsures de vipère mais pour ses vertus galactogènes.

medium_phacélie.jpgDans le style bleu, avec aussi des fleurs en cyme, on voit des champs entiers se couvrir de cette couleur en ce moment. Et bien des touristes venaient nous demander, sur les marchés, "mais quelle fleur donne ces champs tout bleus" Eh bien c'est la phacélie commune - Phacelia tanacetifolia, plantée en Bretagne pour enrichir la terre sans engrais chimique. Un super engrais vert qui a en outre une autre vertu écologique puisqu'elle attire des "bons" insectes spécialistes de la lutte contre les pucerons.

Les coloris roses seront constitués essentiellement par les épilobes, de deux sortes.
medium_epilobe_en_épi.jpgD'abord hommage au plus grand, celui que l'on trouve en général en montagne mais qui pousse aussi en petits massifs isolées sur le bord de nos routes côtières par exemple, ou dans les clairières. Très haut (peut atteindre deux mètres), et avec une inflorescence imposante, en épi, d'où son nom : l'épilobe en épi ou laurier de St Antoineepilobium angustifolium. Les fleurs ont des pétales un peu inégaux et lâches avec étamines bien visibles. Avec le coquelicot, c'est l'autre fleur qui débutait bien un herbier, car sa taille donnait le mouvement d'ensemble. Plutôt à placer au milieu.

medium_epilobe_hirsute.jpgSa cousine, c'est l'épilobe hirsuteepilobium hirsutum. En voilà une qui traîne tard dans la saison. Assez haute elle aussi (1,50 m) Même type de fleur, bien rose, un peu plus régulière, mais qui ne pousse pas en grappe donc plutôt isolée accompagnée d'une terminaison courbe et pointue. Et fleur qui, en grandissant forme un duvet qui s'envole sur les routes. L'épilobe préfère les fossés, si possible avec un peu d'eau en bas.


medium_salicaire.jpgPareil pour les salicaireslythrum salicaria, (appelée aussi lysimaque rouge) même fossé, même couleur pourpre, même hauteur. Mais elle monte bien droit et bien haut, avec des feuilles ovales, étroites, opposée ou en verticille de trois sur la tige. Les fleurs poussent en épi. Il paraît qu'elle tient son nom du fait qu'elle poussait près des saules. Il faut dire qu'elle aime bien l'eau.


medium_reine_des_prés1.jpgEt c'est donc une transition rêvée pour évoquer une de mes préférées, la reine des présfilipendula almaria. Il faut venir avec des bottes, car c'est au bord, voire dans l'eau, ou dans la vase qu'elle se plait. Elle aussi est plutôt haute avec des feuilles très vertes, émerge des prairies et des fossés humides et malheureusement ne demeure pas blanche longtemps, virant au crème puis des tâches marron apparaissent sous l'action de l'humidité et des insectes. La fleur n'est pas remarquable en elle-même, un peu cotonneuse, en panicules denses, mais alors quel parfum incomparable. Le vrai parfum des champs, des prairies, de la campagne, plus que tout autre. S'il existait un parfum "reine des prés" je l'achèterai tout de suite. En plus il paraît que la plante a des vertus médicinales proches de l'aspirine.

La prochaine fois, les variantes de bruyères.

02.06.2007

Les indispensables fleurs de jardin

Durant toutes ces années de création artisanale, nous nous sommes aperçus que les coloris variés et vifs apportés par les fleurs dites de jardin, se révélaient d'une aide précieuse, voire carrément indispensable. Surtout pour les petites compositions telles les bijoux, boites ou signets. Et donc régulièrement on a semé, planté et acheté sur les marchés (ou cueilli dans des jardins amis, voire certains parterres municipaux) les incontournables que voici, en vrac, sous forme de liste :

medium_myosotis_jardin.jpg-Myosotis des jardins (couleur plus foncée que ceux des bois). On ne cueillait que la fleur pour une destination bijoux (broches, médaillons etc ) et avec une pince fine, on pouvait en placer une bonne centaine par feuille d'annuaire.


medium_alysse_corbeille_d_or.2.jpgmedium_alysse_odorante.jpg-Alysses jaunes (corbeille d'or), blanche (corbeille d'argent) et violette ou pourpre (les appellations "nuit d'orient" ou "purple queen" – les jardineries savent toujours trouver des noms aguichants pour leurs semences). On les cueille telles quelles, elles conservent fidèlement leur couleur et ensuite avec une aiguille de seringue on les sépare pour agrémenter une composition, combler des interstices. Elles sont impeccables pour cela.


medium_bleuet2.jpg- Bleuet. Ce qui est bien avec les centaurées bleuet des fleuristes, c'est qu'on en trouve des bleu foncé, mais aussi des roses, des pourpres, des blancs. Idéal pour donner des mouvements bariolés.


medium_centaurée_des_montagnes.2.jpg- dans la famille centaurée, il y a aussi celle des montagnes mais qui est massivement vendue en jardinerie et qui reste vivace, et dont les pétales sont plus longs et plus découpés. D'un mauve clair


medium_heuchera.jpg- Les heucheras, celles qu'on préfère sont connues sous le sobriquet" pluie de feu" et ça leur va plutôt bien. Elles s'élancent, droites, au dessus des autres avec un rouge carmin flamboyant. Il y en a des plus roses aussi, avec des pétales plus clairs que la tige, c'est rare, et qu'on surnomme "désespoir du peintre" car le coloris serait très difficile à rendre en peinture.



medium_crocosmia2.2.jpg- Dans le même style, les crocosmias, connus aussi sous le nom de montbriétia. C'est la fleur des jardins celtiques, on en voit plein en Irlande également. D'un orange incroyable, en épi, avec des feuilles longues


medium_pavot_de_californie2.jpg- Toujours dans le orange (que voilà une couleur qu'on ne retrouve pour ainsi dire pas à l'état sauvage ! bizarre) il y a aussi le pavot de californie.


- et puis le souci officinal – le calendula (qui sévit aussi en jaune) et qui se révélait idéal pour medium_souci.jpgilluminer l'herbier, formant comme un soleil. Mais attention à le cueillir très jeune et pas épais, car après les étamines se détachent et tombent en plein de bouts et les pétales aussi, par morceaux.


medium_verveine2.jpg- les verveines. Alors là on a le choix, des roses, rouges, violettes etc certaines avec un cœur blanc au milieu, d'autre pas, à vous de choisir. Les rouges vif nous semblaient les mieux. Mais un mélange est agréable.



medium_lobelia.2.jpg- les lobélias. Un beau bleu, certaines sont très vives, d'autres plus pâles avec aussi un cœur blanc.



medium_pensées_sauvages.jpg- les pensées sauvages et les pensées classiques. Les premières sont intéressantes par leur petite tailles avec des feuilles bien proportionnées. Bel ensemble, du violet et du jaune, rappelant leurs congénères sauvages.
medium_pensées.2.jpgMais les pensées "classiques' se prêtent à mille versions et mille couleurs. Que l'embarras du choix et en outre elles fleurissent longtemps, y'en a toujours



medium_pied_d_alouette.2.jpg- les delphiniums ou pieds d'alouette. On les achetait sur les marchés et on pouvait attendre pour les cueillir. De toutes façons, ils se prêtent bien au séchage, c'est même son utilisation première, en bouquets. Mais pressés, ils sont bien aussi, sauf qu'il vaut mieux là aussi cueillir du jeune et du frais car sinon, à force de trop bien sécher, ils s'effilochent et le pétales tombent. Mettre les têtes à sécher avec quelques feuilles car elles sont fines et bien découpées. Par contre la tige ne sert pas beaucoup, sauf si l'on veut garnir un herbier en longueur, mais presser une petite fleur car la tige demeure épaisse.


medium_hortensia_bleu.jpg- L'hortensia, fleur de pays. Comment ne pas l'oublier. Surtout qu'il décline ses coloris mauves et bleus partout, dans le moindre village et qu'avec une tête, on peut remplir une page. Presser en détachant les fleurs une à une. C'est facile. Mais ignorer celles qui commencent déjà à virer au sec et au rouille. Prendre celles du milieu plus petites et qui ont encore plus de couleur car ne sont pas restées longtemps à la lumière. Bien sûr préférer les bleues, celles qui se déploient massivement (et c'et le cas de le dire) à l'ombre des chapelles finistériennes par exemple. Celles dont on dit qu'elles sont bleues car poussent sur de la terre d'ardoise. Et c'est exact que des hortensias bien bleus, achetés par ici, dans le Nord de l'Ille et Vilaine, virent au mauve l'année suivante et finissent par devenir irrémédiablement roses.


medium_groseiller_à_fleurs.2.jpg- Le groseillier à fleurs, une des premières de printemps pour agrémenter un herbiers par le haut, vu qu'il est pendant.



medium_fuschia.jpg-Pareil avec la fuschia. Ah que voilà une indispensable et qui fleurit aussi à n'en plus finir et tardivement. Les abeilles en raffolent, on se faisait concurrence. Pour faire une sorte de "retombée" sur une compositions c'est génial. Presser aussi quelques feuilles, elles sont pas mal Préférer la variété classique, fine et rouge vif, et pas les très grosses pourpres qui font un peu pâté ensuite.



medium_bruyère.2.jpg- A la toussaint, les bruyères en pot ont de belles variété rose très soutenu qui servent à tout. Vraiment à tout, même les petites bagues. Ne pas hésiter à en presser, comme ça, avec la tige et tout



medium_monnaie_du_pape.2.jpg- La monnaie du pape au printemps et les giroflées des dunes, (plus vives que leurs cousines sauvages des bords de mer) mais pas les giroflées classiques.





medium_feuilles_achillée.2.jpgUn retour rapide quand même dans le sauvage pour dire que, du moins dans la composition de bijoux et de petites boites, aucune de ces fleurs n'auraient de sens sans l'indispensable liant vert : la feuille d'achillée. En plus la nature et tellement généreuse qu'elle nous en met partout. Qu'on marche dessus sans arrêt. Et qu'on peut même devenir difficile pour trouver la plus découpée, la plus verte, la plus tendre etc.. vous en mettez quelques unes dans des pages et elles vous servent pour beaucoup d'articles. Il faut la couper et la redécouper avec une aiguille.


medium_carotte_sauvage2.jpg- Un autre liant ou agrémenteur, venu du sauvage, c'est l'ombellifère blanche, style janotte ou carotte sauvage. Pareil redécoupées finement. Et les jeunes feuilles de janottes sont interessantes pour la composition.


Voilà, prochaine fois, retour vers les fossés où se commencent à se déployer les dernières fleurs (déjà eh oui !) notamment les roses avec les familles des mauves, épilobes.