16.10.2008
Festival du film britannique - compte-rendu

ça y est, c'est passé. Comment donc résumer ces quatre jours ?
- 18 films vus. Compétition, avant-premières, rétrospective, documentaires.
- La pluie, le vent. Pas n'importe quelle pluie. Forte. Grêle. Drue. Du genre de celle qui nous mouille complètement le temps de rejoindre deux salles de projection, ou deux cafés. Quelques brèves accalmies, mais alors c'est le vent, fort, bourrasques qui fait tomber les panneaux à l'effigie d'Hitchcock et qui donne l'impression que la salle gonflable va s'envoler. ou qu'elle va ployer sous l'eau. Car celle-ci redémarre très vite au gré des lâchages de ces gros nuages noirs.
L'esplanade devant la plage où l'on appréciait sandwiches et cafés en terrasse, est déserte, envahie par les vagues écumeuses de la marée, les palmiers de décoration et les pancartes à terre.
Et ça a duré deux drôles de jours le jeudi et vendredi, ça n'a jamais vraiement cessé en fait.
On pourrait dire qu'on s'en fout, le but de ces quatrejours étant de squatter les salles à outrance, 5 films par jour, c'est pas rien. Mais bon, j'imagine que pour les spectateurs qui doivent supporter jusqu'à une heure de queue pour avoir un précieux sésame, attendre sous la pluie, le vent et le froid, a de quoi faire émerger un profond découragement.
Pourtant j'ai eu l'impression qu'il y avait du monde, pratiquement autant que d'habitude et surtout à partir du vendredi après midi. Comme d'habitude. Salles combles. Des gens qui s'asseoient par terre au palais des arts, des ouvreuses qui comptent et recomptent les places, cherchant la moindre disponibilité. Et au fur et à mesure qu'avance le festival, chacun commentant, re-commentant, discutant, déconseillant tel film ("Helen" par exemple, unanime dans la neurasthénie), acclamant tel autre, pronostiquant tel gagnant un jour après avoir vu "The Escapist" et tel autre le lendemain après avoir vu "The Club". Mais il y en a un qui se détachait tout le temps : "Boy A". Le premier qu'on ait vu le jeudi matin. Un ton juste. Très juste.
Le temps chaotique nous aura permis d'expérimenter quelques restaurants (dont le minuscule "8 Bis" et ses tartines de chèvre gargantuesques), dont certains luttaient pour maintenir leurs terrasses hermétiques malgré les bourrasques. Petits restos devenus comme des annexes du "masque et la plume" ou de "le cercle", chacun dépliant ses fameuses grilles horaires.
Ah ces grilles, outil indispensable du festivalier, cochées et recochées, barrées, ré-ouvertes en fonction de telle ou telle nouvelle appréciation, mais susceptible de bousculer tout un planning. Cependant, ce genre de bousculade, on en redemande..
- 4 salles pas suffisantes toujours, le tapis rouge complètement imbibé d'eau, un filet d'eau tombant du toit de la salle gonflable, des files d'attente prenant souvent la forme d'un amas, chacun cherchant à se protéger des aléas météorologiques. Et au milieu de tout ça passent Colin Firth, Shame Meadows, Nicholas Roeg, Hugh Hudson..Lambert Wilson et le reste du Jury,
Je n'ai jamais aussi peu vu le jury d'ailleurs et honnêtement je m'en fous. Je ne suis même pas allée à la cérémonie d'ouverture et de présentation.
Mais j'ai aimé les acteurs et réalisateurs anglo-saxons qui venaient en début de projection dire un ou deux mots, habillés comme vous et moi, baskets, jeans et chemise à carreaux. Par exemple Liam Cunningham, présent dans "the Escapist" et dans le bouleversant et percutant "Hunger", ou toute l'équipe très applaudie des videurs de "The Club" ou encore l'acteur-réalisateur Chris Wait (sorte sosie de K Cobain) présentant son film-documentaire sur son "histoires de ses déboires sexuels". Quelques mots. Simples.
Les films :
Quand j'ai découvert le catalogue, j'y avais trouvé comme une thématique "prison". Elle y était bien présente. Pas seulement la prison/murs et sa sortie mais l'enfermement sous toutes ses formes, la non communication. Du huis clos dans une cabane d'observation d'oiseaux ("The Hide"), à la traque gore dans la forêt ("Eden Lake"), l'évasion et enfin la sinistre prison de Maze à Belfast avec la grève de l'hygiène et de la faim des militants de l'IRA.
Le film primé (justement) "Boy A", évoque la possibilité de réinsertion, la difficulté de tirer un trait sur le passé, tant de la part du protagoniste que de la société toute entière.
Donc une thématique certaine. Un peu sombre. Beaucoup d'hommes dans les films. Peu de femmes.D'ailleurs, un des films qui, lui par contre, a déclenché l'hilarité générale était considéré comme un "film pour hommes" à travers C Wait qui s'interroge sur les echecs de sa sexualité en faisant appel à ses "ex" en vidéo.
L'homme en premier plan mais les femmes sont justes toujours, comme la mère de ce videur, la femme d'un loser, l'épouse d'un petit revendeur turc..Et les deux muses de Dylan Thomas jouées par K Kneightly et S Miller..("The edge of love")
Peu de comédies à plier de rire, peu de grand air, de campagnes riantes, de verte irlande.
Mais un bon festival et un superbe film qui a remporté tous les prix : "Boy A". Un jeune acteur remarquable de justese. Les autres aussi, dont un grand Peter Mullan. La rédemption est elle possible ? L'absolution. La nouvelle vie. La double peine. A voir à sa sortie.
Vivement l'an prochain.
Boy A - bande annonce
11:52 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, festival, film britannique
01.10.2008
pré-festival du film 2

2ème journée de ce pré-festival qui s'avère un sacré succès vu la salle des "deux alizés" comble hier à 18heurs On se serait cru aux pleine heures du vrai festival, le samedi après midi par exemple, lorsqu'il y a des files d'attente impressionnantes jusqu'à l'entrée de la plage de l'écluse.
Cette fois c'était : "Le rêve de Cassandre" de Woody Allen. J'aime beaucoup le bonhomme, je suis très fan, j'accroche à pratiquement tous ses films, j'aime son humour particulier, le sarcasme de ses dialogues, j'aime son bavardage incessant, là où d'autres trouvent que ça peut devenir barbant. Et puis il a cette façon de créer des bijoux de films, plutôt comédies, plutôt courts, suaves.
Mais là il s'agit d'un versant plus sombre, de cette fameuse "trilogie londonnienne", selon les termes journalistiques. J'avais déjà vu Match Point et Sccop (avec la délicieuse Scalrett Johansson)i, que j'avais aimé.
Mais j'avais raté "le rêve de Cassandre".
Soit deux frères (Colin farrell et Ewan McGregor - déjà rien que pour eux..), de milieu ouvrier, qui achètent un bateau d'occasion qu'ils baptisent "le rêve de Cassandre". Mais suite à la passion du jeu pour l'un, à une passion amoureuse envers une jeune actrice ambitieuse pour l'autre, les voilà acculés par des dettes et contraints de réclamer l'aide d'un oncle fortuné, lequel en échange leur demande un service de confiance qui ne peut être effectué qu'au sein de la famille : "éliminer" un ex associé en voie de nuire à ses intérêts. Eliminer, dans le sens de tuer.
Et les deux frères, qui ne pouvaient pas envisager un tel acte, le font quand même, après des tergiversations (c'est pas vraiment le mot, mais..) qui constituent un aspect remarquable de ce film. Les doutes, les peurs au ventre, les cris que l'on devine enfouis, la honte, le désir, la tentative d'oubli dans l'alcool et les psychotropes, etc.. tout ceci pourrait faire penser non pas à Woddy Allen, mais à Kieslowski, carrément. Et la culpabilité rongeante de Colin Farrell (très juste dans ce film), tout comme la pseudo absence de remords de son frère, nous sont palpables. C'est du grand art..(j'en dis pas plus sur la fin. Disons que c'est le bateau qui revient, qui s'en va.)
Demain, encore un pré-festival (l'histoire des soeurs Boleyn, j'ai oublié le nom, mais il y a Scarlett Johannson et Nathalie Portmann, de quoi faire courir les hommes qui nous accusaient hier d'être attirés par Colin farrell et Ewan Mc Gregor.
14:35 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dinard, cinéma, festival, film britannique
29.09.2008
Pré-festival du film britannique.
Bon, je ne serai donc pas le membre de jury proposé par Ouest-France, l'honneur en revenant à une professeure d'anglais du Morbihan. Il faut dire que je m'en doutais puisque j'avais plus que largement dépassé les 1500 carcatères requis (j'en avais 6500 !!). Mais cela m'aura au moins permis de faire un billet de synthèse sur la manifestation et sur mes souvenirs liés au cinéma anglais dans le cadre de ce festival.
De toutes façons, je ne regrette pas, car j'aime être avec le public, avec les amis qui viennent chez nous le temps de ces quatre jours, avec les grilles horaires que l'on se passe et repasse afin de choisir tel film sans regretter amèrement tel autre, à moins de supprimer celui-ci mais dans ce cas on n'a pas le temlps de courir jusque l'autre salle voir celui-là. Sans compter les quelques temps de pause où l'on se retrouve sur une terrasse au bord de la mer, ou dans une pizzéria, voire un sandwich armoricain sur la plage avec les goelands qui rôdent tout près. Et j'oubliais les tablettes de chocolat, les sucreries et les pommes qui circulent en attendant la projection. Et les interminables discussions sur les films dans les files d'attente. Finalement je suis plutôt contente de ne pas être membre du jury.
Hier nous avons commencé le "pré-festival" (c'est à dire ces séances gratuites offertes par la ville durant 4 jours à raison de deux films par jour). Il s'agit de films sortis récemment en salle, dont par exemple les trois "Woody Allen londoniens". J'en avais vu deux ("Scop" et "Match point") mais pas le troisième "le rêve de Cassandre" que je verrais ce soir.
Hier c'était "Pénélope", avec C Ricci. je ne me souviens même pas de sa sortie en avril de cette année. Une fille de famille noble qui serait atteinte par une malédiction jetée par une sorcière et qui est affublée d'un "nez de cochon" jusqu'à ce qu'elle épouse un noble de son rang. Ce que sa mère s'évertue à faire, sauf que les prétendants fuient à sa vue (et pourtant c'est C Ricci). Exepté un (le délicieux James Mc Avoy), joueur fauché, au départ attiré par une récompense mais qui tombe amoureux, pour fuir aussi mais parce qu'il ne pourrait lui offrir ce qui est recherché car n'est pas un noble, juste un looser. Donc il fuit aussi mais pas pour les mêmes raisons. Sauf que la fille ne le sait pas, et, découragée, elle quitte le "chateau-cachette" familial pour découvrir la vie, et surtout l'acceptation de sa différence. Et c'est cette acceptation qui lui permettra de retrouver un nez normal.
Un film drôle souvent, un peu "Tim Bortonnien" avec la classe en moins, et sur une universelle leçon, toujours d'actualité.
Nous avons donc vu toutes les pancartes à l'effigie d'Hitchcock se mettre en place chez les "partenaires du festival" (c'est à dire une bonne moitié de la ville de Dinard), le tapis rouge déjà déroulé au Palais des arts et la distribution du magazine et des grilles horaires, avec le fameux casse-tête tant apprécié.
Cette année, il est beaucoup question de prison, de vie dans la prison, de sortie de prison, de délinquance..
Quelques films historiques aussi, notamment sur Dylan Thomas et une "Duchess" sous la forme de Keira Kneightley.
Un film violent du soir "Eden lake"
L'inévitable film musical, mais qui s'avére sacrément prometteur, mettant en scène des papys et mamies de 80 ans chantant du Clash et du Sonic Youth !!!
Et puis un film sur ces petites bestioles du désert australien, les "meerkats", dont une des voix de doublage est celle de Paul Newman.
Et j'attends beaucoup du nouveau Shane Meadows (celui qui a fait "dead man shoes" ) et de la reconstitution de la grève de la faim de Bobby Sands. ("Hunger")
Il y aura aussi le prochain Winterbottom, avec la venue de Colin Firth en personne. Classe.
Voilà c'est la première impression, plutôt jouissaive.
12:54 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, film, britannique, dinard
24.09.2008
Une lettre pour le festival du film britannique - version Georges
Promis, voici dorénavant la lettre adressée au journal Ouest-France par Georges pour devenir membre du jury (que finalement il ne sera pas car sa lettre est trop longue, tout comme la mienne - mais à l'époque, on ne connaissait pas les contraintes de caractères)
Juré, et si c'était moi l'élu !
Salut à tous,
Je viens de lire l'annonce ce matin dans ouest France. En fait, on se connaît, j'en suis sûr. En tous cas de vue…Faut vous dire quand même que çà fait une vingtaine d'années que j'écume le festival. Je m'appelle Georges et j'habite Dinard avec Mireille ma femme, elle aussi, une dingue de ciné. Pas seulement britannique…désolé…
Je me rappelle bien des débuts quand c'était des carnets à 5 places. C'était hyper cool. Est ce que vous savez que je restais parfois enfermé dans les toilettes pour pouvoir assister à plus de films. Je vous jure que c'est vrai.
Bon, faut quand même que je parle un peu ciné sinon, vous allez croire que j'y connais rien. C'est pas évident de récapituler. Nous sommes venus au festival depuis le second. Alors, voyons. Par exemple, un énorme souvenir : " Naked" de Mike Lee séance de nuit…génial, d'autant qu'avant il y avait aussi un autre film hyper glauque avec un mari anglais ultra psycho qui tabassait sa nana à n'en plus finir. Faut dire qu'on en a vu un sacré paquet de films durs tout au long de ces années. Quoi d'autre. Ah oui, "petits meurtres entre amis ": génial. Je me rappelle, l'équipe Dany Boyle and co était derrière nous au palais des arts et ne s'attendait absolument pas à recevoir le prix. Ca y est, je me rappelle le titre en anglais : "Shalow grave".
Excusez mais je vous écris en vrac…L'année dernière : " garage" génial. Oh et puis que voilà maintenant les souvenirs de films qui défilent dans ma tête qui va exploser. Vous vous rappelez du film " Funny Bones" de Peter Chilsom: un énorme coup de cœur, un de mes plus gros. Les débuts du festival, c'était quand même énorme : vous vous rappelez le film un peu homo de Derek Jarman. Etc etc Allez, je ne sais pas comment faire, je vous cite des coups de cœur : "Hollow reed", "The warrior", " In my father's den" Le film génial qui vient juste d'être distribué. Le film autobiographique de Tim Roth m'avait beaucoup touché et tellement d'autres.
.J'en peux plus maintenant parce que faut vous dire aussi que je suis un fan de rock depuis 30 ans et que je n'ai pas vraiment décroché. Alors, toutes ces séances de films musicaux. Carrément génial : l'histoire de Factory, et l'année dernière je crois l'histoire de l'énorme festival de Glastonbury. Ah là là toutes ses séances ou on était avec Alain, Mireille, avachis sur les fauteuils aux environ des 1 heure du mat.. C'était vraiment cool. J'adore aussi un bon petit film par festival dans le genre horrible, gore ou autre dans le genre : " the descent" par ex.
Hey, vous voulez que je vous soumette une idée de prochain festival : Passer tous les films qui ont eu le prix. Bon, d'accord, vous y avez déjà pensé. OK. Mais au cas où…Alors, maintenant, si on me demandait une sorte de palmarès final, je serai bien embêté pour choisir. Il y a quand même beaucoup de films que j'ai aimés. En fait, j'aimerai beaucoup terminer cette non-lettre probablement par le mot aimer..
Je relis ma non-lettre : un vrai bazar mais le cœur y est, çà vous pouvez en être certain, et par les temps qui courent…
Bon, encore un truc hyper important, peut être encore plus que tout le reste, l'aspect convivial, rencontres, partages de ce festival très humain sans trop de chichis quoique de plus en plus. Bon, c'est pas le moment de critiquer si tu veux être choisi.
Oh! Oui, la joie de retrouver ma sœur, mes nièces, des amis fidèles de longue date et avec lesquelles on se retrouve chaque année et on prend des pots sur la digue, on s'avale des sandwichs a toute berzingue en courant déjà presque pour aller voir un autre film. Et on change de salle et on cavale et on discute des films évidemment et on critique et on juge et on est parfois impitoyable et on est pas d'accord et on se dispute et on argumente et on refait le monde a coups de films. Génial. L'adrénaline qui court, ne cesse de monter. On s'éclate comme de vrais psychocinéphiles. Et bien sûr, chacun, chacune, a son propre palmarès.
Bon, je ne peux pas vous quitter sans écrire quelques noms magiques : Ken loach, Mike Lee, Stephen Frears, Jim Sheridan ( Ah! " the field") ( bon, faut que j'arrête parce que si je commence à parler de l'Irlande alors là avec tous ces petite bijoux de films comme celui de l'année dernière, ultra minimaliste auquel j'aurai moi donné la palme) Carol Reed.
Non, c'est trop, impossible de citer tant de réalisateurs, productrices ( très souvent, vous avez remarqué) Et pour la fin, comment ne pas dire, écrire ma presque dévotion cinéphilique pour la telle grande qualité en général des actrices et acteurs qui rayonnent de manière que je ne trouve même pas le mot juste. Je les adore. Je leur voue un culte en secret mais je ne vous donnerai aucun nom. Allez, seulement deux parce que vous insistez : Deux femmes Kerry fox et Kelly Mac Donald, un mec : Gary Oldman. Je ne peux évidemment pas citer toutes celles et ceux qui ont une très bonne place dans mon cœur.
Salut
Georges dingue de ciné depuis un sacré bail et peut être même dingue tout court…
PS : Si jamais, on ne sait jamais, vous me choisissez, je veux venir avec Mireille dont vous venez de recevoir la candidature et avec laquelle je m'associe totalement dans le choix de ses films préférés qui sont aussi les miens.. Encore merci à tous. Je n'oublie pas mon cher Ouest France que je reçois chaque matin aux alentours de six heures et que je lis aussitôt après mon petit déjeuner.
Vraiment, un des meilleurs week-ends de l'année , c'est quand? C'est facile : Début octobre à Dinard. …Tchaohmmmmmmmmmmmmmmmmm
17:35 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Dinard, festivla, film britannique
22.09.2008
Une lettre pour le Festival du film britannique version Mireille
Retour au blog après trois bonnes semaines de congés.
Au tout début de ces vacances, le journal Ouest-France proposait, comme chaque année, à un lecteur de devenir membre du jury du festival du film britannique de Dinard et pour cela d'envoyer un "feuillet" personnel où nous évoquerions nos souvenirs, nos coups de coeur, notre passion pour ce cinéma etc..Ce n''est pas que je souhaite devenir jury, bien que l'idée de débattre avec des acteurs français et britanniques, d'être logée au Grand Hôtel et de festoyer à tous les repas de gala possède certes un petit côté piquant. Mais en même temps, j'apprécie tellement ces quatre jours avec des amis, à se retrouver entre deux projections autour d'un sandwich sur la plage, de comparer nos plannings, se garder les places pour le copain qui arrivera juste à temps, glaner des points de vue différents etc..c'est une dynamlique qui fait partie du plaisir du festival.
Mais cette invitation à écrire à Ouest-France s'est trouvée devenir une opportunité de faire un peu un bilan, une synthèse et donc, Georges et moi avons envoyé un "feuillet". Ceux qui me connaissent ne seront pas surpris d'apprendre que mon "feuillet" faisait un recto-verso, tapé sur Word et remplissant bien les deux pages. Je dis ça parce que le journal a diffusé cette annonce à trois reprises durant la semaine, sauf qu'à la fin, il avait été rajouté l'annotation "feuillet pas plus de 1500 caractères". Oups ! je suis allée vérifier, le mien faisait...environ 6500 caractères. Donc pas bon j'imagine. On n'a pas les résultats (c'est le 27 septembre), mais c'est évident que je déborde à fond. J'ai du mal à faire synthétique. Celui de Georges n'était pas beaucoup mieux : 4300. On ne sera pas membre du jury, mais cela aura été l'occasion d'écrire un bilan-ressenti sur cet évènement et sur le festival britannique en général. Je vous le livre donc tel quel. (et la prochaine fois, celui de Georges qui est dans un dtyle tout à fait différent)
"Bonjour à vous, Ouest-France qui accompagnez mes petits matins, le bruit de la mobylette du livreur étant presque devenu mon réveil. Je lis ce jour l'annonce pour se proposer comme jury du Festival du film britannique et je me lance, pour cet événement cher à mon cœur et mes yeux de cinéphile. Et en plus, à domicile.
Festival du film Britannique de Dinard, FFBD pour faire court.
FFBD, comme un des premiers sigles que j'inscris inévitablement sur le calendrier de l'année nouvelle. Une date à ne pas manquer tout comme la Route du Rock.
FFBD . Fidèle depuis toujours, presque depuis la pré-origine, quand nous discutions avec Thierry de la Fournière dans sa librairie, du potentiel que pouvait constituer la ville de Dinard pour ce cinéma peu médiatisé à l'époque.
FFBD : que j'ai fréquenté chaque année depuis le début, d'abord un ou deux films en raison des impératifs liés à l'age de nos enfants (il n'y avait qu'un compostage sur ma carte "formule 5 films pour 100 ff", c'était avant le Pass magique.), puis graduellement beaucoup plus jusqu'à près de 18 l'an passé.
Et pas de lassitude, au contraire, tant est varié ce cinéma qui sait associer l'humour décapant et la désespérance sociale, les quotidiens de briques rouges et les manoirs victoriens, le microcosme enfumé des boites de nuit et les champs de murets d'Irlande, les ambiances conviviales des pubs et les ravages de la guerre, les paysans d'écosse et les communautés d'origine pakistanais
Un cinéma sur les gens avec des acteurs remarquables dans leur authenticité.
FFBD : des moments qui me sont restés
- "Naked" de Mike Leigh. J'ai rarement autant ri au cinéma, l'expression "pisser de rire" se trouvant presque adéquate. Et toute la salle aussi. Et pourtant le propos était noir, très noir..mais les dialogues si brillants. Et David Thewlis époustouflant. Et Kathryn Cartlidge, sensible. En voilà une à laquelle j'aurais souhaité que le FFBD rende hommage, après sa précoce disparition.
-" Mushrooms" (ce n'est sans doute pas le titre) : un des mes premiers films. En outre sur l'histoire d'un cinéma qui disparaît, livré aux promoteurs et que les employés font revivre en y cultivant des champignons. Je me rappelle surtout que l'équipe du film distribuait à la sortie des boites de champignons avec le nom du film dessus. Et j'ai gardé très longtemps cette boite, ne voulant pas l'utiliser, même après l'expiration de la date de validité. C'était plus comme un talisman de mon premier festival qu'une banale boite de conserves.
- "The Full Monty" : une salle comble, plus une seule place et surtout, comme dans le film, tous les spectateurs qui ont applaudi à tout rompre à la fin du film, quand la pellicule se fige sur la scène où les cinq lancent leurs chapeaux, de la même manière que la salle du pub là bas applaudissait. Ce genre de film, qui a fait les grandes heures du festival et du cinéma britannique en général ("Billy Elliott", "Les Virtuoses") pourrait paraître léger cinématographiquement parlant, voire utilisant les même ficelles, mais à chaque fois il me touche. Me déclenchant des larmes d'émotion et de foi en l'homme, récemment encore, c'était un chômeur qui traversait la manche, avec Peter Mulan ("Une belle journée")
- "Petits meurtres entre amis", l'impertinence de Danny Boyle associée à un scénario et des superbes acteurs en devenir, j'étais bluffée, sentant poindre une nouvelle génération de cinéastes avec M Winterbottom. Du typique et constant humour sur une base plutôt noire.
Mais ce n'était pas toujours aussi drôle. Ainsi l'an passé beaucoup de films sur les difficultés de communication entre les gens et puis ces films coup de poing qui m'ont dérangée mais demeurent à tout jamais marquants :
- "Nil by mouth", de Gary Oldman, avec le grand Ray Winstone. Les ravages de l'alcool comme si on y était, comme si on était la femme terrorisée qui se cache des coups et qui aime néanmoins. "The War Zone" de Tim Roth, œuvre autobiographique sur un inceste. Un coup de massue avec un père encore remarquablement joué par R Winstone (et la mère par Tilda Swinton, une future grande aussi)
Le festival n'a pas été avare de ces films troublants, abordant des thèmes tels l'homosexualité, ("Get real" ou "Hollow reed" – une "vie normale" que j'avais adoré) mais aussi l'inceste donc (avec aussi frères et sœurs – "Cement Garden" de A Birkin et un autre dont j'ai oublié le nom), la transsexualité...
- les films politiques : "Bloody Sunday" de Paul Greengrass avec une réalisation qui nous plongeait dans la manifestation, ressentant le côté "dépassé par les événement" de Mile Nesbitt. Longtemps après, la musique de U2 m'est restée en tête, avec aussi une sacrée rancœur contre les anglais.
- la violence, celle crue et dérangeante de "The great ecstasy of Robert Carmichael" où plein de spectateurs quittaient la salle gonflable, d'autres laissant libérer leur rage en sortant, alors que le propos pouvait paraître bien plus subtil qu'on ne le croit. Où est la violence, celle de tous les jours, celle qui faisaient fuir ces deux filles de L"ondon à Brighton", celle qui irradiait de ce jeune skinhead (Tim Roth déjà) dans "Made in England"
- les films sociaux : ceux-là me touchent d'autant que par ma profession d'assistante sociale je côtoie la précarité et les effets pervers d'une société sur les laissés pour compte. Et le cinéma britannique est passé maître dans cet art, associant en général l'humour ("The Van") les bons sentiments, mais aussi la violence et la politique évoquées précédemment.
- Les films musicaux tels "Glastonbury", ou"24 hour party people". Généralement ils passaient tard le samedi, nous n'étions plus nombreux dans la salle. Auparavant, ces séances tardives étaient aussi l'apanage des dessins animés ou des courts métrages non sous-titrées. On y a découvert des pépites, quand on ne s'endormissait pas en utilisant 3 ou 4 sièges.
Et en vrac, ce qui m'a marqué ces dernières années :
-"Dead man's shoes" de Shane Meadows (qui a fait ensuite This is England) Un rythme, une relation entre deux frères. Superbe.
-"In My Father's Den" de Brad McGann, avec un remarquable Matthew McFadyen, que j'avais découvert dans la série MI5. Il est d'ailleurs surprenant que ces deux films qui ont obtenu le prix n'aient pas encore été diffusés en France
-Following de Christopher Nolan, un premier essai en noir et blanc très original et très réussi. Un thriller, genre qui finalement n'est pas très représenté au cinéma britannique. Je m'en fais la réflexion à l'instant (hormis les réalisations loufoques de
-Trojan Eddie, une immersion dans le monde des travellers, des gitans, par un réalisateur trop peu connu, Gillies MacKinnon qui aura obtenu la première palme avec Grass Arena.
-Funny Bones, enchanteur
- The field, du grand Jim Sheridan, un de plus beaux, un des plus forts de tous.
-Kings ou les retrouvailles désenchantées de paddies irlandais, un des films qui m'a bouleversée l'an passé.
- On the edge, sur la "folie" adolescente, un des premiers films de Cillian Murphy
- Morvern callar, un road movie littéraire de deux filles entre banlieue écossaise et Espagne aride.
- Final Cut, avec des acteurs épatants (Jude Law, Sadie Frost, Ray Winstone ..encore) qui représente bien une synthèse de ce que peuvent être des relations.
Et puis des acteurs : Stephen rea, Paddy Considine, Colm Meaney, Robert Carlyle, Peter Mullan, Tom Wilkinson, Ray Winstone
Et des actrices : Samantha Morton, Tilda Swinton, Kelly McDonald, Kerry Fox, Emily Watson
Je pourrais encore dire et redire, il y en a tant. C'est tellement riche. C'est pourquoi j'aime ce cinéma, j'aime cet événement et j'y sera encore fidèle cette année.
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29.08.2008
Festival Film Britannique en vue
Festival du film britannique en vue
Je viens de découvrir l'affiche de l'édition 2008 du festival du film britannique et j'avoue que j'aime bien. Ces morceaux de pellicules et de cordes marines (non pas de cordes, plutôt de "bouts"m'a dit un marin, ou de drisses ou à la rigueur de cordages), entremêlés sur le sable est d'un meilleur effet, sobre.
Décidément dans le style bouts de pellicule qui se lâchent, il y avait aussi l'affiche de l'édition d'hiver de la route du rock, avec ses cassettes audios en déperdition. J'ai aussi beaucoup aimé.Par contre le côté britannique est plus discret. Quelques petits drapeaux épars au milieu de l'amoncellement tortueux. A quoi s'attendre cette année ? Rien ne filtre au bureau du festival du film. Aucune annonce de film en compétition ou d'avant-première. D'habitude, à cette époque de l'anée, on avait des noms, des thèmes, une tendance. Là rien de rien.
Sauf l'affiche. Mais elle est bien.
07:46 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, Dinard, britannique
15.10.2007
Once
Au sein de la compétition du film britannique, il y avait un film "Once", véritable petit bijou auquel j'aurais volontiers donné le premier prix s'il ne semblait pas trop décalé dans une programmation dite "de festival". D'abord il s'agit un film musical, un film sur la musique, un film sur les musiciens. Bref la musique est bien au cœur et pas n'importe laquelle : un style auquel je suis sensible, plutôt Folk-rock dirais-je, composition personnelle que chante un guitariste, âme esseulée, et cœur brisé, au milieu d'une artère commerçante de Dublin, sur une vieille guitare un peu abimée, avec une voix qui monte en rage et puissance, ce qui parait presque incongru au milieu des passants. Incongru, pas pour cette immigrée tchèque, merveille de visage lumineux et simple. Spontanée, elle aussi musicienne, mais sans instrument, le piano sur lequel elle pratiquait n'ayant pas suivi son périple vers l'Irlande et ses promesses d'avenir meilleur. Pour l'instant, elle vend des roses dans la rue, permettant de nourrir sa mère et petite fille. (le mari de convenance étant resté au pays)
Jusqu'à sa rencontre avec ce musicien, par ailleurs réparateur d'aspirateur dans le petit atelier de son père veuf, et l'accompagnement vers une expression, vers une réalisation artistique. En duo, apprentissage mutuel des chansons, la fille (dans le film c'est en effet : the girl and the boy) s'unissant au rythme, apportant une touche subtile complémentaire pour en faire des ballades magnifiques. petit à petit, sans se prendre la tête, hésitante d'abord, y croyant à fond, avec les moyens humbles mais efficaces.
Une scène se déroule dans un magasin d'instruments de musique, où le vendeur laisse courtoisement la fille s'exercer sur un piano durant le temps de fermeture du magasin à l'heure de midi. Et c'est là que les deux âmes isolées vont apprendre à s'apprivoiser, se mélanger pour un équilibre incroyable.
L'autre scène, celle du studio d'enregistrement, la première chanson, est aussi un morceau d'anthologie : toutes ces existences cabossées (avec l'adjonction d'un trio de musiciens de rue qui ne jurent que par Lynyrd Skynyrd) au milieu d'un studio ultra moderne avec un ingénieur du son qui se voit coincé tout un week-end avec des ploucs, et qui font vivre des morceaux habités, montée en puissance et unisson, avec un ingénieur du son qui a vite fait de retourner sa veste, bluffé.
Et celle-ci encore : la fille, autorisée par le gars à mettre des paroles sur un morceau qu'il a composé (mais pour lequel il ne peut mettre de lyrics pour cause de rupture récente douloureuse) et qui sort la nuit en robe de chambre car il manque des piles pour le discman. Et la voilà dans les rues entre son logement et la supérette, qui invente et chante tout haut ses mots à elle. Et c'est comme si ce serait ses mots à lui. C'est superbe.
Et je garde le meilleur pour la fin. le gars et la fille existent. Je m'en suis aperçue à la fin au moment du générique, quand j'ai vu que les acteurs étaient aussi les créateurs et interprètes des morceaux : Glen Hansard & Marketa Irglova. Chapeau à eux deux !
Et cerise sur le gâteau (mais malheureusement cela ne s'est pas passé à la séance à laquelle j'ai assisté, mais le lendemain), le duo était présent à Dinard et est venu chanter le morceau phare dans la salle pour la plus grande joie de la majorité du public présent. J'ai appris que le film a eu le prix du public au festival de Sundance, ça ne m'étonne pas. A surveiller lors de sa sortie ici. Un régal.
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08.10.2007
Festival du Film Britannique de Dinard 18

Voilà bien un évènement que j'attends avec une certaine impatience chaque année et qui me comble de bonheur cinéphilique, et de plus carrément à domicile.
18ème édition donc et 18 films vus (sans compter un pré-festival de quelques sortis récentes offerts par la mairie avec entre autres le remarquable documentaire "very british gangster.)
Il était noté dans tous les médias locaux que cette édition serait plus "légère" que celle de l'an passé laquelle était emprunte d'une thématique plutôt sombre et violente. (quoique, que signifie exactement ce mot, on a pu ainsi voir cette année une certaine forme de violence dans le silence et l'incommunicabilité).
Festival léger donc, mille fois répété par les protagonistes (comme pour se dédouaner ?).
Plus léger ? Moi je dirais plutôt plus lent mais pas dans le sens péjoratif et galvaudé du terme.
En effet lenteur et distance semblent être les maitres-mots qui ressortent d'au fil des séances. Un réalisateur aura ainsi parlé de son film ("Midnight drives") : "Ce n'est pas un film sur les gens, mais sur l'espace entre les gens". La difficulté de communication. Et les rythmes utilisés, les silences montrés, ont permis de faire apparaitre et de donner de l'expression à ces questionnements intérieurs, ces doutes, ces souffrances et ces espoirs.
Donc festival plus lent, plus recentré autour de cellules plus intimes (la famille, les rapports parents-enfants, la difficulté d'expression du sentiment..).
Un autre thème était celle d'identification et d'appartenance. Notamment d'appartenance à un pays, une communauté, comme dans ce superbe film "Kings" sur une bande de copains irlandais, les "paddys" qui vont chercher du boulot à Londres en se jurant d'être fidèles à leur pays, leur langue (le gaélique), et leur amitié. Mais celle-ci sera ébranlée par la fortune diverse et l'alcool, comme en témoigne leurs retrouvailles, 30 ans après, à l'occasion du décès de l'un d'eux, où chacun cherche à se raccrocher à son identité irlandaise avant se reconnaitre que le pays est ce qu'ils en ont fait. est ici. De même que ce très beau portrait de femme bengali ("Brick lane"- prix du public), venue à 17 ans pour se marier en Grande Bretagne et vivre, sous un semblant d'impassibilité, un quotidien banal dans sa cité de briques rouges, en se raccrochant aussi à des images du village bengali, avant que peu à peu se forge son être véritable, son autonomie et son appartenance là où elle est. Simplement lumineux.
Le succès public et professionnel était au rendez vous sous un frais soleil d'automne qui a permis de manger des sandwichs ou de gaufres au bord de la plage en compagnie des goelands avant de retourner dans les salles obscures british. Encore un grand moment. Vraiment
21:20 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, dinard
09.10.2006
Festival du film britannique clap de fin

Je n'aime pas le moment qui vient juste après un évènement de ce genre. Déphasée ! Après 17 films, et différents thèmes (même si la jeunesse et la violence en étaient prédominants, du moins en compétition) montrant la toujours vitalité du cinéma anglais qu'on annonce pourtant régulièrement moribond et à la solde de son voisin d'outre-atlantique. Un cinéma qui ose, moins prisonnier de parrainage de télévision de prime time comme chez nous, leur BBC étant uniquement publique et ne comptant pas sur la publicité pour dériver dans un politiquement correct.
Le jury ne s'y est pas trompé, décernant leur prix à "London to Brighton" alors que le public récompensait "Pierrepoint". Un public vraiment cinéphile, j'ai pu m'en apercevoir dans les files d'attente et c'est réconfortant. Le star système peine à prendre mais on s'en fiche.
Le grand gagnant demeure le cinéma et c'est tant mieux.
Reste à espérer que les distributeurs feront l'effort de les sortir. Car les deux prix des années précédentes "In my father's den" et "Dead man's Shoes" ne sont jamais sortis. Paraitrait que dans le dynamisme du festival un groupe de distribution s'arroge les droits de tel ou tel film et ensuite le laisse plusieurs mois dans les cartons sans qu'un autre groupe puisse prendre le relais.
A part ça, dernier film vu : "confetti" qui sort d'ailleurs mercredi 11 octobre. Histoire d'un concours du mariage le plus original organisé par un magazine Plutôt nunuche, gentillet, on sourit parfois, mais on a déjà vu et revu dans le style et c'est très vite oublié.
Comme les vagues des grandes marées qui nettoient l'esplanade du festival le dimanche soir pour clôturer de la meilleure façon
18:40 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival, britannique
08.10.2006
festival du film britannique 3
Samedi 7 octobre. 3ème journée. Devant certaines déclarations affirmant que "London to Brighton" de Paul Andrew Williams faisait preuve d'une violence inouie, certains de mes amis ont préféré voir un ancien "Hidden agenda" de Ken Loach ou "Glastonbury". J'avoue que j'y allais avec un certain recul, mais l'envie de visionner tous les 6 films de la compétition était plus forte et donc direction le palais des arts pour un film qui...finalement restera sans doute le plus fort du lot. Violence oui, elle est sacrément présente à travers l'histoire de la cavale de deux filles, une jeune fille un peu prostituée et une gamine de 11 ans en fugue, qu'un mac a voulu fourguer à un vieux richard répugnant, rencontre qui se poursuit très très mal.
Par rapport à "Kildulthood" d'hier, cette violence là est palpable, comme ressentie à travers les peurs des personnages et toutes leurs autres émotions, la panique, le froid, la détresse, l'espoir. Disons qu'on les sent vraiment "chier dans leur froc". Et à côté se vivent aussi des émerveillements d'enfant, des naïvetés, tout cela emmêlées, de Londres à Brighton. Un grand moment, des acteurs habités. On y pense encore beaucoup après être sorti.
E puis 2ème grand temps fort :"Snow cake", dirigé par un gallois, Marc Evans, mais avec une action au Canada et des acteurs internationaux et quels acteurs ! : Alan Rickman, Sigourney Weaver, Carrie Ann Moss, dans une histoire de communication et d'éveil à la vie entre en homme meurtri (A Rickman), muré dans un silence plein d'un difficile passé et une femme autiste (S Weaver), dont la fille, boule de naturel, est tuée dans un accident alors qu'elle avait été prise en stop par A Rickman dont la voiture est percutée par une déneigeuse. Pas facile à traiter comme sujet sans risquer de faire dans la surenchère, mais là c'est très subtil, une ode à la vie et à la différence. Peut-être le meilleur film que j'ai vu.
Le soir "Red Road". de Andrea Arnold, qui a obtenu le prix du jury à Cannes et j'avoue que je ne m'en rappelais même pas. Le résumé du catalogue disait qu'une femme, opératrice de caméras de surveillance à Glasgow, reconnait un jour un homme qu'elle ne voulait jamais revoir et qu'elle va devoir affronter. Ainsi résumé, on dirait un peu un thriller, mais le rythme, très lent, l'approche de la jeune femme, le silence là aussi forme d'une meurtrissure, et les caractères dont aucun n'est tout bon ou tout mauvais, donnent un film qui nous prend dans ces rues filmées la nuit, dans ces moments qui sont à la fois réels et vus à travers l'oeil de dizaines de caméras. Outre l'ambiance enveloppante de ce film, se pose quand même en filigrane la question de l'intimité et de la vie privée des citoyens.
C'est incroyable comme on peut suivre le parcours d'un véhicule dans une ville en choisissant les boutons adéquats.
18:40 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival, britannique


