29.08.2008

Festival Film Britannique en vue

Festival du film britannique en vue

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Je viens de découvrir l'affiche de l'édition 2008 du festival du film britannique et j'avoue que j'aime bien. Ces morceaux de pellicules et de cordes marines (non pas de cordes, plutôt de "bouts"m'a dit un marin, ou de drisses ou à la rigueur de cordages), entremêlés sur le sable est d'un meilleur effet, sobre.
4ad344a7bffc91fde755e15f73d275c1.jpgDécidément dans le style bouts de pellicule qui se lâchent, il y avait aussi l'affiche de l'édition d'hiver de la route du rock, avec ses cassettes audios en déperdition. J'ai aussi beaucoup aimé.

Par contre le côté britannique est plus discret. Quelques petits drapeaux épars au milieu de l'amoncellement tortueux. A quoi s'attendre cette année ? Rien ne filtre au bureau du festival du film. Aucune annonce de film en compétition ou d'avant-première. D'habitude, à cette époque de l'anée, on avait des noms, des thèmes, une tendance. Là rien de rien.
Sauf l'affiche. Mais elle est bien.

15.10.2007

Once

8f808622aaf85f7c98abc852f6de901b.jpgAu sein de la compétition du film britannique, il y avait un film "Once", véritable petit bijou auquel j'aurais volontiers donné le premier prix s'il ne semblait pas trop décalé dans une programmation dite "de festival". D'abord il s'agit un film musical, un film sur la musique, un film sur les musiciens. Bref la musique est bien au cœur et pas n'importe laquelle : un style auquel je suis sensible, plutôt Folk-rock dirais-je, composition personnelle que chante un guitariste, âme esseulée, et cœur brisé, au milieu d'une artère commerçante de Dublin, sur une vieille guitare un peu abimée, avec une voix qui monte en rage et puissance, ce qui parait presque incongru au milieu des passants. Incongru, pas pour cette immigrée tchèque, merveille de visage lumineux et simple. Spontanée, elle aussi musicienne, mais sans instrument, le piano sur lequel elle pratiquait n'ayant pas suivi son périple vers l'Irlande et ses promesses d'avenir meilleur. Pour l'instant, elle vend des roses dans la rue, permettant de nourrir sa mère et petite fille. (le mari de convenance étant resté au pays)
Jusqu'à sa rencontre avec ce musicien, par ailleurs réparateur d'aspirateur dans le petit atelier de son père veuf, et l'accompagnement vers une expression, vers une réalisation artistique. En duo, apprentissage mutuel des chansons, la fille (dans le film c'est en effet : the girl and the boy) s'unissant au rythme, apportant une touche subtile complémentaire pour en faire des ballades magnifiques. petit à petit, sans se prendre la tête, hésitante d'abord, y croyant à fond, avec les moyens humbles mais efficaces.
Une scène se déroule dans un magasin d'instruments de musique, où le vendeur laisse courtoisement la fille s'exercer sur un piano durant le temps de fermeture du magasin à l'heure de midi. Et c'est là que les deux âmes isolées vont apprendre à s'apprivoiser, se mélanger pour un équilibre incroyable.
L'autre scène, celle du studio d'enregistrement, la première chanson, est aussi un morceau d'anthologie : toutes ces existences cabossées (avec l'adjonction d'un trio de musiciens de rue qui ne jurent que par Lynyrd Skynyrd) au milieu d'un studio ultra moderne avec un ingénieur du son qui se voit coincé tout un week-end avec des ploucs, et qui font vivre des morceaux habités, montée en puissance et unisson, avec un ingénieur du son qui a vite fait de retourner sa veste, bluffé.
Et celle-ci encore : la fille, autorisée par le gars à mettre des paroles sur un morceau qu'il a composé (mais pour lequel il ne peut mettre de lyrics pour cause de rupture récente douloureuse) et qui sort la nuit en robe de chambre car il manque des piles pour le discman. Et la voilà dans les rues entre son logement et la supérette, qui invente et chante tout haut ses mots à elle. Et c'est comme si ce serait ses mots à lui. C'est superbe.
Et je garde le meilleur pour la fin. le gars et la fille existent. Je m'en suis aperçue à la fin au moment du générique, quand j'ai vu que les acteurs étaient aussi les créateurs et interprètes des morceaux : Glen Hansard & Marketa Irglova. Chapeau à eux deux !
Et cerise sur le gâteau (mais malheureusement cela ne s'est pas passé à la séance à laquelle j'ai assisté, mais le lendemain), le duo était présent à Dinard et est venu chanter le morceau phare dans la salle pour la plus grande joie de la majorité du public présent. J'ai appris que le film a eu le prix du public au festival de Sundance, ça ne m'étonne pas. A surveiller lors de sa sortie ici. Un régal.

08.10.2007

Festival du Film Britannique de Dinard 18

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Voilà bien un évènement que j'attends avec une certaine impatience chaque année et qui me comble de bonheur cinéphilique, et de plus carrément à domicile.
18ème édition donc et 18 films vus (sans compter un pré-festival de quelques sortis récentes offerts par la mairie avec entre autres le remarquable documentaire "very british gangster.)
Il était noté dans tous les médias locaux que cette édition serait plus "légère" que celle de l'an passé laquelle était emprunte d'une thématique plutôt sombre et violente. (quoique, que signifie exactement ce mot, on a pu ainsi voir cette année une certaine forme de violence dans le silence et l'incommunicabilité).
Festival léger donc, mille fois répété par les protagonistes (comme pour se dédouaner ?).
Plus léger ? Moi je dirais plutôt plus lent mais pas dans le sens péjoratif et galvaudé du terme.
En effet lenteur et distance semblent être les maitres-mots qui ressortent d'au fil des séances. Un réalisateur aura ainsi parlé de son film ("Midnight drives") : "Ce n'est pas un film sur les gens, mais sur l'espace entre les gens". La difficulté de communication. Et les rythmes utilisés, les silences montrés, ont permis de faire apparaitre et de donner de l'expression à ces questionnements intérieurs, ces doutes, ces souffrances et ces espoirs.
Donc festival plus lent, plus recentré autour de cellules plus intimes (la famille, les rapports parents-enfants, la difficulté d'expression du sentiment..).
Un autre thème était celle d'identification et d'appartenance. Notamment d'appartenance à un pays, une communauté, comme dans ce superbe film "Kings" sur une bande de copains irlandais, les "paddys" qui vont chercher du boulot à Londres en se jurant d'être fidèles à leur pays, leur langue (le gaélique), et leur amitié. Mais celle-ci sera ébranlée par la fortune diverse et l'alcool, comme en témoigne leurs retrouvailles, 30 ans après, à l'occasion du décès de l'un d'eux, où chacun cherche à se raccrocher à son identité irlandaise avant se reconnaitre que le pays est ce qu'ils en ont fait. est ici. De même que ce très beau portrait de femme bengali ("Brick lane"- prix du public), venue à 17 ans pour se marier en Grande Bretagne et vivre, sous un semblant d'impassibilité, un quotidien banal dans sa cité de briques rouges, en se raccrochant aussi à des images du village bengali, avant que peu à peu se forge son être véritable, son autonomie et son appartenance là où elle est. Simplement lumineux.
Le succès public et professionnel était au rendez vous sous un frais soleil d'automne qui a permis de manger des sandwichs ou de gaufres au bord de la plage en compagnie des goelands avant de retourner dans les salles obscures british. Encore un grand moment. Vraiment

09.10.2006

Festival du film britannique clap de fin

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Voilà, il est l'heure de ranger les palmiers et de rouler les tapis rouges. Finies les petites effigies d'Hitchcock en contreplaqué vert devant les magasins ou restaurants "partenaires". Le festival se termine à l'image de ces vagues de grande marée inondant l'esplanade, emportant des bouts de grille de programme ou des tickets d'entrée au palais des Arts et du festival.
Je n'aime pas le moment qui vient juste après un évènement de ce genre. Déphasée ! Après 17 films, et différents thèmes (même si la jeunesse et la violence en étaient prédominants, du moins en compétition) montrant la toujours vitalité du cinéma anglais qu'on annonce pourtant régulièrement moribond et à la solde de son voisin d'outre-atlantique. Un cinéma qui ose, moins prisonnier de parrainage de télévision de prime time comme chez nous, leur BBC étant uniquement publique et ne comptant pas sur la publicité pour dériver dans un politiquement correct.
Le jury ne s'y est pas trompé, décernant leur prix à "London to Brighton" alors que le public récompensait "Pierrepoint". Un public vraiment cinéphile, j'ai pu m'en apercevoir dans les files d'attente et c'est réconfortant. Le star système peine à prendre mais on s'en fiche.
Le grand gagnant demeure le cinéma et c'est tant mieux.
Reste à espérer que les distributeurs feront l'effort de les sortir. Car les deux prix des années précédentes "In my father's den" et "Dead man's Shoes" ne sont jamais sortis. Paraitrait que dans le dynamisme du festival un groupe de distribution s'arroge les droits de tel ou tel film et ensuite le laisse plusieurs mois dans les cartons sans qu'un autre groupe puisse prendre le relais.
A part ça, dernier film vu : "confetti" qui sort d'ailleurs mercredi 11 octobre. Histoire d'un concours du mariage le plus original organisé par un magazine Plutôt nunuche, gentillet, on sourit parfois, mais on a déjà vu et revu dans le style et c'est très vite oublié.
Comme les vagues des grandes marées qui nettoient l'esplanade du festival le dimanche soir pour clôturer de la meilleure façon

08.10.2006

festival du film britannique 3

Samedi 7 octobre. 3ème journée. Devant certaines déclarations affirmant que "London to Brighton" de Paul Andrew Williams faisait preuve d'une violence inouie, certains de mes amis ont préféré voir un ancien "Hidden agenda" de Ken Loach ou "Glastonbury". J'avoue que j'y allais avec un certain recul, mais l'envie de visionner tous les 6 films de la compétition était plus forte et donc direction le palais des arts pour un film qui...finalement restera sans doute le plus fort du lot. Violence oui, elle est sacrément présente à travers l'histoire de la cavale de deux filles, une jeune fille un peu prostituée et une gamine de 11 ans en fugue, qu'un mac a voulu fourguer à un vieux richard répugnant, rencontre qui se poursuit très très mal.
Par rapport à "Kildulthood" d'hier, cette violence là est palpable, comme ressentie à travers les peurs des personnages et toutes leurs autres émotions, la panique, le froid, la détresse, l'espoir. Disons qu'on les sent vraiment "chier dans leur froc". Et à côté se vivent aussi des émerveillements d'enfant, des naïvetés, tout cela emmêlées, de Londres à Brighton. Un grand moment, des acteurs habités. On y pense encore beaucoup après être sorti.
E puis 2ème grand temps fort :"Snow cake", dirigé par un gallois, Marc Evans, mais avec une action au Canada et des acteurs internationaux et quels acteurs ! : Alan Rickman, Sigourney Weaver, Carrie Ann Moss, dans une histoire de communication et d'éveil à la vie entre en homme meurtri (A Rickman), muré dans un silence plein d'un difficile passé et une femme autiste (S Weaver), dont la fille, boule de naturel, est tuée dans un accident alors qu'elle avait été prise en stop par A Rickman dont la voiture est percutée par une déneigeuse. Pas facile à traiter comme sujet sans risquer de faire dans la surenchère, mais là c'est très subtil, une ode à la vie et à la différence. Peut-être le meilleur film que j'ai vu.
Le soir "Red Road". de Andrea Arnold, qui a obtenu le prix du jury à Cannes et j'avoue que je ne m'en rappelais même pas. Le résumé du catalogue disait qu'une femme, opératrice de caméras de surveillance à Glasgow, reconnait un jour un homme qu'elle ne voulait jamais revoir et qu'elle va devoir affronter. Ainsi résumé, on dirait un peu un thriller, mais le rythme, très lent, l'approche de la jeune femme, le silence là aussi forme d'une meurtrissure, et les caractères dont aucun n'est tout bon ou tout mauvais, donnent un film qui nous prend dans ces rues filmées la nuit, dans ces moments qui sont à la fois réels et vus à travers l'oeil de dizaines de caméras. Outre l'ambiance enveloppante de ce film, se pose quand même en filigrane la question de l'intimité et de la vie privée des citoyens.
C'est incroyable comme on peut suivre le parcours d'un véhicule dans une ville en choisissant les boutons adéquats.

07.10.2006

festival du film britannique 2

2ème journée de festival, de la place dans les salles, beaucoup de "common people" comme le chantait hier Jarvis Cocker à Glastonbury, ce qui rend finalement encore attractif et convivial l'évènement, malgré la tendance au clinquant et au sponsoring. (qui est sans doute nécessaire je conçois, mais ce qui va avec ...)
Je n'ai jamais été fan de country music et de l"ambiance bar enfumé, chemise de bucheron, barbe mal taillée et casquette sur la tête. Et pourtant "Small engine repair" de l'irlandais Niall Heery, présenté en compétition, parle justement de country music, au coeur d'une campagne boisée irlandaise, on se croirait au canada, sauf qu'il pleut beaucoup et que ce n'est pas un driver's café pour camionneurs mais le pub local où se produira peut-être pour un meilleur futur un ouvrier du coin, désenchanté et fan de cette musique. Avec des relations amicales et familiales qui s'effritent, se resserrent, puis se diluent. Donc une atmosphère, des drames larvés, et de la musique et au final un film que j'ai vraiment aimé.
On avait beaucoup parlé de violence et de jeunesse au début du festival. Eh bien on est entré dans le vif du sujet avec "Kidulthood", film sur le malaise de jeunes lycéens banlieusards londoniens. Un peu de difficulté à entrer dans cette histoire d'une journée où deux groupes d'adolescents, filles et garçons, trainent en ville car leur lycée leur a suspendu les cours en raison du suicide d'une de leurs collègues persécutée. Errance, violence, et le début de réflexion sur leur devenir, entre enfance et age adulte. sans complaisance. Cette violence m'a un peu déstabilisée au début, déjà beaucoup vue au cinéma, mais le final laisse une forte impression. Les avis étaient très partagés
Ensuite "Pierrepoint", ltiré du nom d'un bourreau de la royauté, le meilleur "hangman" en son domaine, qui a pendu de manière impassible près de 600 personnes. Remarquablement interprété par Thimoty Spall. Un job comme un autre. Et l'avant et l'après guerre filmées dans des nuances de gris et une minimisation des actions pour mieux en ressentir l'intensité atrocement tranquille. Je parie pour un prix.
"Middletown", une avant première, dans un village irlandais deux frères élevés par un père tenant un petit établissement de carburants. L'un devient brillant prêtre, officiant en Afrique et un peu partout. L'autre reste au village, aidant son père, essayant des petits trafics de gas oil pour achever la construction de la maison qui abritera sa femme enceinte de leur future fille. En attendant ils dorment dans une caravane sur un terrain boueux et se retrouvent au pub local où se jouent des combats de coqs dans l'arrière salle enfumée. Jusqu'à ce que le frère revienne pour prendre la paroisse et redonner un peu de moralité à ces pratiques de débauche et remettre dans le droit chemin cette famille qui a dévoyé du seigneur, qui va au pub le dimanche et qui ne compte même pas faire baptiser le futur enfant. Mais qui a pêché, qui a trahi Dieu ? Dans l'intégrisme la folie n'est pas loin, cela on le savait. Le film est très fort sur ce thème et le rôle du prêtre halluciné remarquablement joué par Matthew Mcfayden. le Feu derrière un masque. Terrifiant.
Par contre ce qui était annoncé comme terrifiant, cad "Lie Still", film fantstico-horreur sur une maison hantée, a fait un vrai flop. Trop convenu, grosses ficelles, déjà vu et en bien meilleur, fin bâclée. J'aurais mieux fait de partir avant. Mais chaque année on a le droit à ce genre de film un peu raté. ça fait partie du festival maintenant.

06.10.2006

festival du film britannique 1

Festival du film britannique 1
C'est donc lancé. 17ème édition de ce nom. Avec désormais policiers municipaux à l'entrée du palais des congrès renommé "palais des arts et du festival", mais attention policiers en standing et gants blancs pour fouiller votre sac dans le cadre de vigipirate. Alors que dans les 4 autres salles de projection, aucun regard vers nos sacs, c'est à croire que les risques d'attentat ne seraient sensibles qu'aux abords de ce palais. Ou alors c'est encore les conséquences de cette vitrine VIP, allez savoir..
Le jury était présent dans la salle hier pour le 1er film en compétition, mais je n'ai pas eu l'occasion de les voir, placée à l'étage, juste entendu leurs noms : Evelyne Bouix, Chantal Lauby (il y a toujours eu des actrices françaises en masse dans le jury), Domiique Besnehard, François Berleand pour les français, et Charles Dance (très classe), Stephen Mangan, Radhu Milhaileanu pour les anglais (j'en oublie certainement) et surtout Josiane la lectrice d'ouest France, qui doit se sentir un peu perdue au milieu de tout ces people.
Perdue, peut-être pas finalement car l'atmosphère demeure encore bon enfant et conviviale. Et il y avait largement de la place dans les salles hier pour un public qui, même sans pass, peut assiter aux projections des films en compèt et des avant-premières à 5 euros la place. ça va. Il y aura un prix du Jury et nous sommes amenés à voter en donnant des notes de 1 à 5 étoiles qui vont, et c'est marrant, de "white Chapel" (pour le moins bon" à "Buckingham Palace" pour le meilleur (en passant par "Hyde park".)
Donc 1er film en compétition : "Cashback", 1ere réalisation de Sean Ellis. L'histoire d'un étudiant de beaux arts, qui se remet difficilement d'une rupture amoureuse jusqu'à en perdre le sommeil et qui décide d'utiliser ces heures en travaillant la nuit dans un supermarché (c'est vrai qu'en Angleterre les supermarchés sont ouverts non stop, et même à 3 heures du matin vous pouvez tout acheter pour faire un civet de lapin - si vous avez bien entendu envie de faire du civet à 3 heures du matin). Et dans ce supermarché il se voit figer le temps, mettre en mode pause où lui seul éveillé peut alors déshabiller les femmes juste pour saisir sur sa planche à dessins les courbes, les cheveux, les lumières etc.."Frozen Time", ce sera le titre de son exposition. ("oups" voilà que je dévoile déjà un bout de la fin )
Il y a de la poésie certes, peut-être un peu trop de voix off au départ, ce qui fait qu'on tarde à y entrer, mais les situations sont cocasses, voire carrément hilarantes en témoignent ces grands éclats de rire dans la salle. Comédie savoureuse comme savent le faire nos voisins d'outre-manche mais qu'on peut aussi oublier vite, comme d'hab.
2ème film en compet : "Almost Adult", de Yousaf Ali Khan. Le dur parcours d'une jeune ressortissante du Congo pour obtenir un permis de séjour en Angleterre, terre réputée promise après un passé inavouable et qui rencontre une âme soeur dans la personne d'une plus jeune kenyane, au secret tout aussi inavouable. Dans un Birmingham pluvieux et froid, aux prises avec des travailleurs sociaux dépassés, des soi-disant familles d'accueil agréées qui cherchent surtout du personnel pour faire les vitres, des exploitants de travailleurs au black dans les champs et des femmes qui s'entr'aident chaleureusement témoin cette Malika, tenant un foyer avec un accueil sans égal. J'aurais eu envie de défendre le film pour son constat et sa dénonciation, tout comme son espoir, mais cinématographiquement je dois dire que je suis restée sur ma faim. Les deux actrices sont super et il convient de noter que l'une des deux n'a même pas pu venir présenter le film à Dinard car elle ne pouvait pas quitter le territoire. Quand la réalité dépasse la fiction.
Le reste des films c'était "L I E " de Michael Cuesta, sorti en 2001, donc pas nouveau et pas british non plus sauf pour l'acteur Brian Cox à qui le festival rend hommage et qui est présent. J'avais très envie de voir ce film depuis qu'on en a reparlé à l'occasion de la récente sortie de "12 and holding" Eh bien c'est le film que j'ai préféré, très subtil dans les relations ambigües entre un jeune adolescent et un voisin (Brian Cox justement) tendance pédophile, mais pas si simple.
J'ai aussi assisté à l'avant première de : "driving lessons" de Jeremy Brack avec l'impeccable Julie Walters et l'adolescent copain de Harry Potter. Un jeune homme donc, bridé par une mère chrétienne fondamentaliste (on dirait Bree de "desperate Housewifes", jouée ici très bien par Laura Linney) et qui s'ouvre à la vie auprès d'une ancienne actrice shakespearienne. C'est drôle aussi, frais mais oubliable pareillement.
Enfin "Glastonbury" de Julian Temple, que j'attendais beaucoup et qui m'a un peu déçue, peut-être parce que j'aurais préféré voir les groupes plus longtemps. Centré autour de l'organisateur fondateur de l'évènement qui s'avère être le fermier propriétaire du champ, lequel raconte près de 35 ans de festival, agrémenté de plein d'images d'archives, période hippie, drogues, travellers, construction de la clôture, boue, toilettes..Et d'innombrables séquences montrant les trouvailles des festivaliers dans le spectacle, l'accoutrement, le show. Peut-être un peu trop justement, faisant parfois office de catalogue d'excentricités. Alors que nous sommes tous des "common people", n'est-ce pas Jarvis ? Ce morceau de Pulp aura pour ainsi dire été le seul à être montré dans son intégralité, d'où ma petite déception et puis j'étais fatiguée, après 5 films, il était presqu'une heure du matin et la salle était bizzarement vide.

04.10.2006

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La ville de Dinard serait elle secrètement envieuse de la peopolisation et du fashion Cannois ? Où veut elle passer une étape dans un certain standing avec vitrine internationale respectueuse ?
En tous cas, les efforts de signalétique, accueil, promotion, dépliants en tous genres etc..sont très marquants cette année. Avec cette fois un palais des arts devenu le must, un grand panneau donnant sur la grande plage et informant du 17ème festival créé dans des tons noirs et blancs et imitant le format d'une pellicule de film, pareil pour le mur extérieur avec mention des 6 films en compétition en français et anglais, et dans le Hall des grandes photos des acteurs/réalisateurs venus les années passées. C'est ainsi que j'ai revu avec émotion le portrait hanté et superbe de la regrettée Kathrin Cartlidge, laquelle n'aura même pas eu droit à un hommage par la suite.... allez comprendre.
Au milieu de tout cela, des stands de vins d'Anjou (?!) et de voyagistes, ça sent le sponsoring à plein nez.
Mais bref, cela ne semble pas enlever le côté accessible à tous et plutôt bon enfant du festival. (j'attends juste les répercussions sur la taxe d'habitation..) C'est juste les bousculades à l'entrée et les dernières erreurs de programmation etc..qui vont disparaitre.
Hier, salle pleine pour le pré festival gratuit avec "The Constant Gardener". Belle photographie, c'est évident mais quand même ficelles un peu lourdes du scénario. Quoique, quoique..lorsque l'on entend encore il n'y a pas moins de quelques semaines les conséquences mortelles pour la population de Cote d'Ivoire d'un déchargement de déchets toxiques par un cargo néerlandais, on est en droit de se dire que J Le carré n'a pas tout à fait trop forcé le trait.
Demain, affaires sérieuses, démarrage du festival avec les 1ers films en compétition, dont certains assez "hard". Et puis à la soirée d'ouverture sera projetée "The Queen" de S Frears. Mais je zappe en général cette soirée où tout le monde s'autocongratule pour avoir fait une édition encore meilleure que les précédentes et vous êtes tous formidables et l'on met dix plombes à présenter le jury.
Je verrai la chère reine une autre fois et pendant ce temps je prévois de terminer la soirée en musique avec le film de J Temple consacré au festival de Glastonbury. Quel pied : Beck, REM, les White Stripes, les Dandy Warhols, Oasis, Nick Cave, et plein d'autres tout aussi alléchants. Une fin de jeudi très attendue..

03.10.2006

En attendant le festival du film britannique

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ça y est. L'heure est donc venue.
Comme chaque année en ce premier week end d'Octobre, Dinard voit fleurir les drapeaux de l'"Union Jack" sur chaque batiment un tant soit peu officiel. Et devant chaque bar, restau ou boutique, voire même banque sponsorisant un tant soit peu peu l'évènement, on voit apposée une drole d'effigie en contreplaqé vert représentant ce cher vieil Alfred avec des oiseaux sur l'épaule et une mention "établissement partenaire du festival "
Car il s'agit bien du 17ème festival du film britannique de Dinard que dorénavant je ne manque sous aucun prétexte.
Environ 35 films programmés sur 4 jours. des films en compétition (il y a un Hitchkock d'Or - prix du jury lequel est cette année présidé par F Berléand et un prix du public d'où l'importance de notre vote. si.si), des avant-premières en veux-tu en voilà, dont les trois quart ne sont jamais distribuées en France, et des rétrospectives en hommage à tel acteur ou même telle série TV (cette année "le prisonnier")
J'aime décidément beaucoup cette péridode. Avec l'ambiance qui y règne, les critiques qui vont bon train, les relations que l'on croise, et cet intolérable dilemne qui est de choisir dans la grille de programmation (sur 4 jours et 5 salles) ce que l'on va aller voir, sachant que si on décide de voir ce film, on sera trop tard pour aller à la séance suivante qui a lieu tout à fait dans une autre salle de la ville (rappelons qu'aucune salle n'est éloignée de plus de 200m de la plus lointaine) mais le film repasse tel autre jour, ouf, oui mais dans cas je vais rater ceci et comment faire ? Ce qui donne des grilles mille fois raturées que tout le monde compare. "Ah tu vas voir ça toi, j'ai cru lire que c'était un peu léger, tu me diras ? " Ce genre de dilemne, je veux bien y être confrontée tous les jours.
Par contre, me dépayser de mon quotidien d'assistante sociale, je ne suis pas sür que ce sera pour cette année quand je vois les thèmes abordés par le cinéma d'outre manche en 2006 : jeunesse en mal de vivre et en proie à la violence, ressortissants d'origine étrangère en menace d'explusion, peine de mort, otage en afghanistan, travail à la chaine, banlieues en proie à une certaine précarité. Comme d'hab, diriez vous, mais encore plus fort cette année il me semble, à la lecture des premières lignes du catalogue.
Je reste toujours émerveillée de cette prise à bras le corps des problèmes de société par les cinéastes britanniques, souvent jeunes d'ailleurs et venant fréquemment de la télévision. Parfois notre production ferait bien d'y prendre de la graine, poour enfin sortir de nos énièmes apparteùents bourgeois parisiens, tout comme nos acteurs d'ailleurs, lorsque l'on voit les performances très fortes de leurs homologues d'outre manche, majoritairement formés à l'école du théatre.
En attendant le Jour J, jeudi prochain, l'équipe du festival nous offre gratuitement quelques films récents que j'avais raté en salles : Separate Lies (moyen, une histoire chabrolienne sur l'adultère qui se passe dans le Birminghamshire), et the Road to Guantanamo, de Michael Winterbottom (qui avait eu un hitchkock d'or avec Jude il y a quelqesu années et dont a toujours droit à sa dernière production tellement il se révèle prolifique et hélas aussi inconstant). mais Road to guantanamo ne laisse pas indifférent et ne manque pas de susciter des questionnements, concernnat chaque bord d'ailleurs. Ce soir The Constant Gardener

06.08.2006

Etre lourd au ciné ?

Qu'est-ce qu'être lourd au cinéma ?
Je me pose la question depuis que Georges et moi avons vu récemment deux films :
« CRAZY » du canadien Jean Marc Valée et « mon nom est Tsotsi » du sud africain Gavin Hood
Moi j'ai bien aimé les deux, de manière bien différente bien entendu, mais j'ai trouvé ces deux films bons, voire excellents dans le cas CRAZY.ea0ac2d9f2162084c3ad47201494fe43.jpg
Et Georges quant à lui est sorti à, chaque fois en disant :"c'est lourd !" Mais sans que je ne puisse me faire préciser ce qu'il entend par "lourd". Après discussions quand même viennent des bribes d'explication : pour CRAZY c'est trop gros, trop exagéré, trop long et le pathos de la fin (mort du frère) n'est pas bien mis en valeur par le contexte précédent. Est ce un film comique ou grave ?
2367d3df33d839371369bebbe3ff7017.jpgPour "mon nom est Tsotsi", c'est plus le coté hollywoodien classique, voire pompier qui choque, l'histoire vue cent fois de la rédemption d'un bad boy.
Mais moi j'ai marché aux deux.
En ce qui concerne CRAZY, dans l'humour décalé, l'ironie, le pittoresque de l'accent et aussi la gravité du destin du frère, tout cela jouissif, et même si les années de jeunesse donnent souvent lieu à maints films avec une impression de déjà vu, je trouve celui-là particulièrement attachant.
Quant à l'autre, là aussi du déjà vu dans le thème (rédemption) mais avec des couleurs, des lumières, un cadrage remarquables, le jeu des comédiens, poignant dans toute la proximité de leurs émotions (les bonnes et mauvaises) que l'on "sent" vraiment. Et l'histoire, le rappel à l'enfant perdu, le retour d'identité, la renaissance à l'humain. C'est fort.
Il y a de l'Américain dans ces deux films certes, mais c'est un peu logique, mais lourd ?
Je ne mettrais pas cette définition.



C.R.A.Z.Y

18:15 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema

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