01.10.2008
pré-festival du film 2

2ème journée de ce pré-festival qui s'avère un sacré succès vu la salle des "deux alizés" comble hier à 18heurs On se serait cru aux pleine heures du vrai festival, le samedi après midi par exemple, lorsqu'il y a des files d'attente impressionnantes jusqu'à l'entrée de la plage de l'écluse.
Cette fois c'était : "Le rêve de Cassandre" de Woody Allen. J'aime beaucoup le bonhomme, je suis très fan, j'accroche à pratiquement tous ses films, j'aime son humour particulier, le sarcasme de ses dialogues, j'aime son bavardage incessant, là où d'autres trouvent que ça peut devenir barbant. Et puis il a cette façon de créer des bijoux de films, plutôt comédies, plutôt courts, suaves.
Mais là il s'agit d'un versant plus sombre, de cette fameuse "trilogie londonnienne", selon les termes journalistiques. J'avais déjà vu Match Point et Sccop (avec la délicieuse Scalrett Johansson)i, que j'avais aimé.
Mais j'avais raté "le rêve de Cassandre".
Soit deux frères (Colin farrell et Ewan McGregor - déjà rien que pour eux..), de milieu ouvrier, qui achètent un bateau d'occasion qu'ils baptisent "le rêve de Cassandre". Mais suite à la passion du jeu pour l'un, à une passion amoureuse envers une jeune actrice ambitieuse pour l'autre, les voilà acculés par des dettes et contraints de réclamer l'aide d'un oncle fortuné, lequel en échange leur demande un service de confiance qui ne peut être effectué qu'au sein de la famille : "éliminer" un ex associé en voie de nuire à ses intérêts. Eliminer, dans le sens de tuer.
Et les deux frères, qui ne pouvaient pas envisager un tel acte, le font quand même, après des tergiversations (c'est pas vraiment le mot, mais..) qui constituent un aspect remarquable de ce film. Les doutes, les peurs au ventre, les cris que l'on devine enfouis, la honte, le désir, la tentative d'oubli dans l'alcool et les psychotropes, etc.. tout ceci pourrait faire penser non pas à Woddy Allen, mais à Kieslowski, carrément. Et la culpabilité rongeante de Colin Farrell (très juste dans ce film), tout comme la pseudo absence de remords de son frère, nous sont palpables. C'est du grand art..(j'en dis pas plus sur la fin. Disons que c'est le bateau qui revient, qui s'en va.)
Demain, encore un pré-festival (l'histoire des soeurs Boleyn, j'ai oublié le nom, mais il y a Scarlett Johannson et Nathalie Portmann, de quoi faire courir les hommes qui nous accusaient hier d'être attirés par Colin farrell et Ewan Mc Gregor.
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29.09.2008
Pré-festival du film britannique.
Bon, je ne serai donc pas le membre de jury proposé par Ouest-France, l'honneur en revenant à une professeure d'anglais du Morbihan. Il faut dire que je m'en doutais puisque j'avais plus que largement dépassé les 1500 carcatères requis (j'en avais 6500 !!). Mais cela m'aura au moins permis de faire un billet de synthèse sur la manifestation et sur mes souvenirs liés au cinéma anglais dans le cadre de ce festival.
De toutes façons, je ne regrette pas, car j'aime être avec le public, avec les amis qui viennent chez nous le temps de ces quatre jours, avec les grilles horaires que l'on se passe et repasse afin de choisir tel film sans regretter amèrement tel autre, à moins de supprimer celui-ci mais dans ce cas on n'a pas le temlps de courir jusque l'autre salle voir celui-là. Sans compter les quelques temps de pause où l'on se retrouve sur une terrasse au bord de la mer, ou dans une pizzéria, voire un sandwich armoricain sur la plage avec les goelands qui rôdent tout près. Et j'oubliais les tablettes de chocolat, les sucreries et les pommes qui circulent en attendant la projection. Et les interminables discussions sur les films dans les files d'attente. Finalement je suis plutôt contente de ne pas être membre du jury.
Hier nous avons commencé le "pré-festival" (c'est à dire ces séances gratuites offertes par la ville durant 4 jours à raison de deux films par jour). Il s'agit de films sortis récemment en salle, dont par exemple les trois "Woody Allen londoniens". J'en avais vu deux ("Scop" et "Match point") mais pas le troisième "le rêve de Cassandre" que je verrais ce soir.
Hier c'était "Pénélope", avec C Ricci. je ne me souviens même pas de sa sortie en avril de cette année. Une fille de famille noble qui serait atteinte par une malédiction jetée par une sorcière et qui est affublée d'un "nez de cochon" jusqu'à ce qu'elle épouse un noble de son rang. Ce que sa mère s'évertue à faire, sauf que les prétendants fuient à sa vue (et pourtant c'est C Ricci). Exepté un (le délicieux James Mc Avoy), joueur fauché, au départ attiré par une récompense mais qui tombe amoureux, pour fuir aussi mais parce qu'il ne pourrait lui offrir ce qui est recherché car n'est pas un noble, juste un looser. Donc il fuit aussi mais pas pour les mêmes raisons. Sauf que la fille ne le sait pas, et, découragée, elle quitte le "chateau-cachette" familial pour découvrir la vie, et surtout l'acceptation de sa différence. Et c'est cette acceptation qui lui permettra de retrouver un nez normal.
Un film drôle souvent, un peu "Tim Bortonnien" avec la classe en moins, et sur une universelle leçon, toujours d'actualité.
Nous avons donc vu toutes les pancartes à l'effigie d'Hitchcock se mettre en place chez les "partenaires du festival" (c'est à dire une bonne moitié de la ville de Dinard), le tapis rouge déjà déroulé au Palais des arts et la distribution du magazine et des grilles horaires, avec le fameux casse-tête tant apprécié.
Cette année, il est beaucoup question de prison, de vie dans la prison, de sortie de prison, de délinquance..
Quelques films historiques aussi, notamment sur Dylan Thomas et une "Duchess" sous la forme de Keira Kneightley.
Un film violent du soir "Eden lake"
L'inévitable film musical, mais qui s'avére sacrément prometteur, mettant en scène des papys et mamies de 80 ans chantant du Clash et du Sonic Youth !!!
Et puis un film sur ces petites bestioles du désert australien, les "meerkats", dont une des voix de doublage est celle de Paul Newman.
Et j'attends beaucoup du nouveau Shane Meadows (celui qui a fait "dead man shoes" ) et de la reconstitution de la grève de la faim de Bobby Sands. ("Hunger")
Il y aura aussi le prochain Winterbottom, avec la venue de Colin Firth en personne. Classe.
Voilà c'est la première impression, plutôt jouissaive.
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24.09.2008
Une lettre pour le festival du film britannique - version Georges
Promis, voici dorénavant la lettre adressée au journal Ouest-France par Georges pour devenir membre du jury (que finalement il ne sera pas car sa lettre est trop longue, tout comme la mienne - mais à l'époque, on ne connaissait pas les contraintes de caractères)
Juré, et si c'était moi l'élu !
Salut à tous,
Je viens de lire l'annonce ce matin dans ouest France. En fait, on se connaît, j'en suis sûr. En tous cas de vue…Faut vous dire quand même que çà fait une vingtaine d'années que j'écume le festival. Je m'appelle Georges et j'habite Dinard avec Mireille ma femme, elle aussi, une dingue de ciné. Pas seulement britannique…désolé…
Je me rappelle bien des débuts quand c'était des carnets à 5 places. C'était hyper cool. Est ce que vous savez que je restais parfois enfermé dans les toilettes pour pouvoir assister à plus de films. Je vous jure que c'est vrai.
Bon, faut quand même que je parle un peu ciné sinon, vous allez croire que j'y connais rien. C'est pas évident de récapituler. Nous sommes venus au festival depuis le second. Alors, voyons. Par exemple, un énorme souvenir : " Naked" de Mike Lee séance de nuit…génial, d'autant qu'avant il y avait aussi un autre film hyper glauque avec un mari anglais ultra psycho qui tabassait sa nana à n'en plus finir. Faut dire qu'on en a vu un sacré paquet de films durs tout au long de ces années. Quoi d'autre. Ah oui, "petits meurtres entre amis ": génial. Je me rappelle, l'équipe Dany Boyle and co était derrière nous au palais des arts et ne s'attendait absolument pas à recevoir le prix. Ca y est, je me rappelle le titre en anglais : "Shalow grave".
Excusez mais je vous écris en vrac…L'année dernière : " garage" génial. Oh et puis que voilà maintenant les souvenirs de films qui défilent dans ma tête qui va exploser. Vous vous rappelez du film " Funny Bones" de Peter Chilsom: un énorme coup de cœur, un de mes plus gros. Les débuts du festival, c'était quand même énorme : vous vous rappelez le film un peu homo de Derek Jarman. Etc etc Allez, je ne sais pas comment faire, je vous cite des coups de cœur : "Hollow reed", "The warrior", " In my father's den" Le film génial qui vient juste d'être distribué. Le film autobiographique de Tim Roth m'avait beaucoup touché et tellement d'autres.
.J'en peux plus maintenant parce que faut vous dire aussi que je suis un fan de rock depuis 30 ans et que je n'ai pas vraiment décroché. Alors, toutes ces séances de films musicaux. Carrément génial : l'histoire de Factory, et l'année dernière je crois l'histoire de l'énorme festival de Glastonbury. Ah là là toutes ses séances ou on était avec Alain, Mireille, avachis sur les fauteuils aux environ des 1 heure du mat.. C'était vraiment cool. J'adore aussi un bon petit film par festival dans le genre horrible, gore ou autre dans le genre : " the descent" par ex.
Hey, vous voulez que je vous soumette une idée de prochain festival : Passer tous les films qui ont eu le prix. Bon, d'accord, vous y avez déjà pensé. OK. Mais au cas où…Alors, maintenant, si on me demandait une sorte de palmarès final, je serai bien embêté pour choisir. Il y a quand même beaucoup de films que j'ai aimés. En fait, j'aimerai beaucoup terminer cette non-lettre probablement par le mot aimer..
Je relis ma non-lettre : un vrai bazar mais le cœur y est, çà vous pouvez en être certain, et par les temps qui courent…
Bon, encore un truc hyper important, peut être encore plus que tout le reste, l'aspect convivial, rencontres, partages de ce festival très humain sans trop de chichis quoique de plus en plus. Bon, c'est pas le moment de critiquer si tu veux être choisi.
Oh! Oui, la joie de retrouver ma sœur, mes nièces, des amis fidèles de longue date et avec lesquelles on se retrouve chaque année et on prend des pots sur la digue, on s'avale des sandwichs a toute berzingue en courant déjà presque pour aller voir un autre film. Et on change de salle et on cavale et on discute des films évidemment et on critique et on juge et on est parfois impitoyable et on est pas d'accord et on se dispute et on argumente et on refait le monde a coups de films. Génial. L'adrénaline qui court, ne cesse de monter. On s'éclate comme de vrais psychocinéphiles. Et bien sûr, chacun, chacune, a son propre palmarès.
Bon, je ne peux pas vous quitter sans écrire quelques noms magiques : Ken loach, Mike Lee, Stephen Frears, Jim Sheridan ( Ah! " the field") ( bon, faut que j'arrête parce que si je commence à parler de l'Irlande alors là avec tous ces petite bijoux de films comme celui de l'année dernière, ultra minimaliste auquel j'aurai moi donné la palme) Carol Reed.
Non, c'est trop, impossible de citer tant de réalisateurs, productrices ( très souvent, vous avez remarqué) Et pour la fin, comment ne pas dire, écrire ma presque dévotion cinéphilique pour la telle grande qualité en général des actrices et acteurs qui rayonnent de manière que je ne trouve même pas le mot juste. Je les adore. Je leur voue un culte en secret mais je ne vous donnerai aucun nom. Allez, seulement deux parce que vous insistez : Deux femmes Kerry fox et Kelly Mac Donald, un mec : Gary Oldman. Je ne peux évidemment pas citer toutes celles et ceux qui ont une très bonne place dans mon cœur.
Salut
Georges dingue de ciné depuis un sacré bail et peut être même dingue tout court…
PS : Si jamais, on ne sait jamais, vous me choisissez, je veux venir avec Mireille dont vous venez de recevoir la candidature et avec laquelle je m'associe totalement dans le choix de ses films préférés qui sont aussi les miens.. Encore merci à tous. Je n'oublie pas mon cher Ouest France que je reçois chaque matin aux alentours de six heures et que je lis aussitôt après mon petit déjeuner.
Vraiment, un des meilleurs week-ends de l'année , c'est quand? C'est facile : Début octobre à Dinard. …Tchaohmmmmmmmmmmmmmmmmm
17:35 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Dinard, festivla, film britannique
22.09.2008
Une lettre pour le Festival du film britannique version Mireille
Retour au blog après trois bonnes semaines de congés.
Au tout début de ces vacances, le journal Ouest-France proposait, comme chaque année, à un lecteur de devenir membre du jury du festival du film britannique de Dinard et pour cela d'envoyer un "feuillet" personnel où nous évoquerions nos souvenirs, nos coups de coeur, notre passion pour ce cinéma etc..Ce n''est pas que je souhaite devenir jury, bien que l'idée de débattre avec des acteurs français et britanniques, d'être logée au Grand Hôtel et de festoyer à tous les repas de gala possède certes un petit côté piquant. Mais en même temps, j'apprécie tellement ces quatre jours avec des amis, à se retrouver entre deux projections autour d'un sandwich sur la plage, de comparer nos plannings, se garder les places pour le copain qui arrivera juste à temps, glaner des points de vue différents etc..c'est une dynamlique qui fait partie du plaisir du festival.
Mais cette invitation à écrire à Ouest-France s'est trouvée devenir une opportunité de faire un peu un bilan, une synthèse et donc, Georges et moi avons envoyé un "feuillet". Ceux qui me connaissent ne seront pas surpris d'apprendre que mon "feuillet" faisait un recto-verso, tapé sur Word et remplissant bien les deux pages. Je dis ça parce que le journal a diffusé cette annonce à trois reprises durant la semaine, sauf qu'à la fin, il avait été rajouté l'annotation "feuillet pas plus de 1500 caractères". Oups ! je suis allée vérifier, le mien faisait...environ 6500 caractères. Donc pas bon j'imagine. On n'a pas les résultats (c'est le 27 septembre), mais c'est évident que je déborde à fond. J'ai du mal à faire synthétique. Celui de Georges n'était pas beaucoup mieux : 4300. On ne sera pas membre du jury, mais cela aura été l'occasion d'écrire un bilan-ressenti sur cet évènement et sur le festival britannique en général. Je vous le livre donc tel quel. (et la prochaine fois, celui de Georges qui est dans un dtyle tout à fait différent)
"Bonjour à vous, Ouest-France qui accompagnez mes petits matins, le bruit de la mobylette du livreur étant presque devenu mon réveil. Je lis ce jour l'annonce pour se proposer comme jury du Festival du film britannique et je me lance, pour cet événement cher à mon cœur et mes yeux de cinéphile. Et en plus, à domicile.
Festival du film Britannique de Dinard, FFBD pour faire court.
FFBD, comme un des premiers sigles que j'inscris inévitablement sur le calendrier de l'année nouvelle. Une date à ne pas manquer tout comme la Route du Rock.
FFBD . Fidèle depuis toujours, presque depuis la pré-origine, quand nous discutions avec Thierry de la Fournière dans sa librairie, du potentiel que pouvait constituer la ville de Dinard pour ce cinéma peu médiatisé à l'époque.
FFBD : que j'ai fréquenté chaque année depuis le début, d'abord un ou deux films en raison des impératifs liés à l'age de nos enfants (il n'y avait qu'un compostage sur ma carte "formule 5 films pour 100 ff", c'était avant le Pass magique.), puis graduellement beaucoup plus jusqu'à près de 18 l'an passé.
Et pas de lassitude, au contraire, tant est varié ce cinéma qui sait associer l'humour décapant et la désespérance sociale, les quotidiens de briques rouges et les manoirs victoriens, le microcosme enfumé des boites de nuit et les champs de murets d'Irlande, les ambiances conviviales des pubs et les ravages de la guerre, les paysans d'écosse et les communautés d'origine pakistanais
Un cinéma sur les gens avec des acteurs remarquables dans leur authenticité.
FFBD : des moments qui me sont restés
- "Naked" de Mike Leigh. J'ai rarement autant ri au cinéma, l'expression "pisser de rire" se trouvant presque adéquate. Et toute la salle aussi. Et pourtant le propos était noir, très noir..mais les dialogues si brillants. Et David Thewlis époustouflant. Et Kathryn Cartlidge, sensible. En voilà une à laquelle j'aurais souhaité que le FFBD rende hommage, après sa précoce disparition.
-" Mushrooms" (ce n'est sans doute pas le titre) : un des mes premiers films. En outre sur l'histoire d'un cinéma qui disparaît, livré aux promoteurs et que les employés font revivre en y cultivant des champignons. Je me rappelle surtout que l'équipe du film distribuait à la sortie des boites de champignons avec le nom du film dessus. Et j'ai gardé très longtemps cette boite, ne voulant pas l'utiliser, même après l'expiration de la date de validité. C'était plus comme un talisman de mon premier festival qu'une banale boite de conserves.
- "The Full Monty" : une salle comble, plus une seule place et surtout, comme dans le film, tous les spectateurs qui ont applaudi à tout rompre à la fin du film, quand la pellicule se fige sur la scène où les cinq lancent leurs chapeaux, de la même manière que la salle du pub là bas applaudissait. Ce genre de film, qui a fait les grandes heures du festival et du cinéma britannique en général ("Billy Elliott", "Les Virtuoses") pourrait paraître léger cinématographiquement parlant, voire utilisant les même ficelles, mais à chaque fois il me touche. Me déclenchant des larmes d'émotion et de foi en l'homme, récemment encore, c'était un chômeur qui traversait la manche, avec Peter Mulan ("Une belle journée")
- "Petits meurtres entre amis", l'impertinence de Danny Boyle associée à un scénario et des superbes acteurs en devenir, j'étais bluffée, sentant poindre une nouvelle génération de cinéastes avec M Winterbottom. Du typique et constant humour sur une base plutôt noire.
Mais ce n'était pas toujours aussi drôle. Ainsi l'an passé beaucoup de films sur les difficultés de communication entre les gens et puis ces films coup de poing qui m'ont dérangée mais demeurent à tout jamais marquants :
- "Nil by mouth", de Gary Oldman, avec le grand Ray Winstone. Les ravages de l'alcool comme si on y était, comme si on était la femme terrorisée qui se cache des coups et qui aime néanmoins. "The War Zone" de Tim Roth, œuvre autobiographique sur un inceste. Un coup de massue avec un père encore remarquablement joué par R Winstone (et la mère par Tilda Swinton, une future grande aussi)
Le festival n'a pas été avare de ces films troublants, abordant des thèmes tels l'homosexualité, ("Get real" ou "Hollow reed" – une "vie normale" que j'avais adoré) mais aussi l'inceste donc (avec aussi frères et sœurs – "Cement Garden" de A Birkin et un autre dont j'ai oublié le nom), la transsexualité...
- les films politiques : "Bloody Sunday" de Paul Greengrass avec une réalisation qui nous plongeait dans la manifestation, ressentant le côté "dépassé par les événement" de Mile Nesbitt. Longtemps après, la musique de U2 m'est restée en tête, avec aussi une sacrée rancœur contre les anglais.
- la violence, celle crue et dérangeante de "The great ecstasy of Robert Carmichael" où plein de spectateurs quittaient la salle gonflable, d'autres laissant libérer leur rage en sortant, alors que le propos pouvait paraître bien plus subtil qu'on ne le croit. Où est la violence, celle de tous les jours, celle qui faisaient fuir ces deux filles de L"ondon à Brighton", celle qui irradiait de ce jeune skinhead (Tim Roth déjà) dans "Made in England"
- les films sociaux : ceux-là me touchent d'autant que par ma profession d'assistante sociale je côtoie la précarité et les effets pervers d'une société sur les laissés pour compte. Et le cinéma britannique est passé maître dans cet art, associant en général l'humour ("The Van") les bons sentiments, mais aussi la violence et la politique évoquées précédemment.
- Les films musicaux tels "Glastonbury", ou"24 hour party people". Généralement ils passaient tard le samedi, nous n'étions plus nombreux dans la salle. Auparavant, ces séances tardives étaient aussi l'apanage des dessins animés ou des courts métrages non sous-titrées. On y a découvert des pépites, quand on ne s'endormissait pas en utilisant 3 ou 4 sièges.
Et en vrac, ce qui m'a marqué ces dernières années :
-"Dead man's shoes" de Shane Meadows (qui a fait ensuite This is England) Un rythme, une relation entre deux frères. Superbe.
-"In My Father's Den" de Brad McGann, avec un remarquable Matthew McFadyen, que j'avais découvert dans la série MI5. Il est d'ailleurs surprenant que ces deux films qui ont obtenu le prix n'aient pas encore été diffusés en France
-Following de Christopher Nolan, un premier essai en noir et blanc très original et très réussi. Un thriller, genre qui finalement n'est pas très représenté au cinéma britannique. Je m'en fais la réflexion à l'instant (hormis les réalisations loufoques de
-Trojan Eddie, une immersion dans le monde des travellers, des gitans, par un réalisateur trop peu connu, Gillies MacKinnon qui aura obtenu la première palme avec Grass Arena.
-Funny Bones, enchanteur
- The field, du grand Jim Sheridan, un de plus beaux, un des plus forts de tous.
-Kings ou les retrouvailles désenchantées de paddies irlandais, un des films qui m'a bouleversée l'an passé.
- On the edge, sur la "folie" adolescente, un des premiers films de Cillian Murphy
- Morvern callar, un road movie littéraire de deux filles entre banlieue écossaise et Espagne aride.
- Final Cut, avec des acteurs épatants (Jude Law, Sadie Frost, Ray Winstone ..encore) qui représente bien une synthèse de ce que peuvent être des relations.
Et puis des acteurs : Stephen rea, Paddy Considine, Colm Meaney, Robert Carlyle, Peter Mullan, Tom Wilkinson, Ray Winstone
Et des actrices : Samantha Morton, Tilda Swinton, Kelly McDonald, Kerry Fox, Emily Watson
Je pourrais encore dire et redire, il y en a tant. C'est tellement riche. C'est pourquoi j'aime ce cinéma, j'aime cet événement et j'y sera encore fidèle cette année.
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03.09.2008
fest-noz again
Minimaliste donc, mais efficace et suffisant pour faire danser tout le monde sur les mêmes danses, réduites en fait au nombre de deux ou trois dans ce Centre Bretagne, à savoir la gavotte, le plinn et le fisel. On pouvait rentrer à tout moment dans la ronde, on n'était pas largué. De toutes façons, à l'époque il n'y avait aucun jugement à propos de ceux qui savent faire et les autres. L'important c'était d'être ensemble. Les pas venaient assez facilement, c'était d'ailleurs toujours les mêmes : gavotte (et sa variante fisel plus hard) et plinn (fatigant aussi celui-là), et un peu de pach-pi et la fameuse danse du "pot au fer" immortalisée par les sœurs Goadec où il fallait" tourner en arrière" ce qui faisait naitre un fou rire systématique général.
Puis le revival celtique des années 70 nous a fait entrevoir d'autres sonorités, des groupes avec batterie et guitares électriques, des harpes celtiques, des danses d'autres nations, Irlande et Ecosse, mais aussi d'autres pays locaux, notamment vannetais avec les an-dro, hanter dro, laridé et plein d'autres où il fallait se tenir par le petit doigt. Avec le plinn et la gavotte, on ne se servait jamais des petits doigts, mais des bras, bien serrés. Et pourtant quand on discute danse bretonne avec des personnes qui ne connaissent pas grand chose, elles évoquent irrémédiablement les petits doigts. ça fait plus fun, on dirait.Ceci étant, j'ai beaucoup aimé apprendre les autres danses, et cela apportait une variété dans les festou-noz d'adolescence qui remplaçaient pour nous les bals ringards ou les discothèques. Je suis devenue experte en plein de pas différents, an-dro et laridé donc mais aussi le Kost ar Ch'oat, Dérobée de Guingamp, et j'ai découvert les duos, valses scottish, polka etc..
Mais en même temps, comme on écumait surtout la région située entre Chateauneuf du Faou et Brasparts d'un côté (le pays de la gavotte des montagnes) et Kergrist Moëlou et Lanrivain de l'autre côté, (le pays du Plinn), et que les gens du village venaient toujours en nombre, tous âges confondus, eh bien c'est encore et surtout ces deux danses que l'on retrouvait le plus. En outre, malgré l'essor des groupes multi-instrumentistes, ce sont essentiellement les duos qui animaient les soirées. Ainsi sur les affiches on pouvait toujours lire des annonces telles "Grand Fest-noz de l'Amicale laique de Carnoêt" avec Marchand-Kemener (mes préférés de tous temps avant qu'ils ne vaquent à d'autres projets), Jegou-Le Bars, Pedron-Le Guillou, toujours des duos, soit sonneurs, soit chanteurs et plutôt locaux, gars du village se produisant de temps en temps avec son compère, amateurs. Tels ceux-ci, par exemple (sur un air plinn)Pourquoi en fait je parle autant de fest-noz aujourd'hui ?
C'est parce que samedi dernier, j'étais un peu par hasard à celui de St Enogat, à Dinard. Un fest-noz que j'aurais eu tendance facilement à qualifier de "manifestation à touristes", dans une zone qui n'a jamais été coutumière du fait, avec des groupes (ici pas de kan ha diskan, ni de simples sonneurs) qui essaient de brasser très large, en faisant une panoplie de danses très étendue - pour un peu, ça pourrait presque se poursuivre en chants de marins....
Il n'y a pas longtemps, je me serais drapée dans une sorte d'intégrisme du genre "moi je viens d'un vrai coin où la danse est une tradition, na !". Mais j'ai suffisamment dénoncé les ayatollahs des festou-noz, ceux qui montrent qu'ils connaissent le vrai pas, qu'ils différencient le passepied du Haut Léon de celui du Bas Léon et le démontrent de manière trop dogmatique, sérieuse, ne souriant pratiquement pas, et bref, cette nuit-là, je suis rentrée dans les danses, certains pas que je ne connaissais pas, d'autres que j'avais oublié mais qui revenaient assez rapidement, avec des gens qui rentraient aussi, attirés par l'aspect festif, et c'est bien cet aspect qui présidait aux tous premiers festou-noz, et ce qui m'est resté, c'est la convivialité, c'est le "tous ensemble".
Et c'est le simple, comme cela se faisait par exemple dans la salle communale de Spezet dans les années 70.
fest-noz à Spezet
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01.09.2008
Sunshine, fest-noz et bain de minuit
Début officiel de mes congés annuels. Visite d'amis, apéritif au cabernet rosé au soleil et préparation d'un repas italien. Ou plutôt de différentes sauces pour accompagner des pâtes dont un super pistou rosso, une bolognaise qui cuit 2 heures avec du vin rouge (du vrai "ragû") et une subtile préparation au thon signée Jamie Oliver, avec juste ce qu'il faut de gingembre et fenouil.
Samedi 30 aout.
Chaude journée, super pour ma première journée de vacances. Et pas moins de trois bains dans cette journée, en parvenant à éviter l'heure de basse mer, où il aurait fallu marcher des heures pour pouvoir nager. Donc un le matin, personne sur la plage, tout le monde est au marché, puis un autre vers 18 heures et c'est à ce retour qu'on a vu un podium s'installer pour un fest-noz prévu en soirée à la plage de St Enogat, c'est à dire pratiquement à la porte.
Donc, après l'intermède Italie et foot mêlés, nous voilà tous partis dans une nuit qui n'aurait rien à envier à celles du Sud vers la plage, le podium, la terrasse au bord de mer.
Très auspicieux pour ce début de congés !
Un bain de minuit dans une mer où l'on pénètre facilement, les seules étoiles comme éclairage, encore plus de sensation d'être immergée, car rien ne vient distraire visuellement, une mer se fondant dans le noir de la nuit, avec un son de biniou et bombarde, c'était tout simplement parfait
Pourtant, ce n'est pas un air celtique qui me trottait en tête ce jour-là. Non peut-être dû au fait que c'était une première journée de vrai beau temps, c'est une chanson d'un de mes groupes fétiches, Swell (pour plus d'infos sur ce groupe, voir ici) qui s'est insinuée toute cette journée, le genre de morceau languissant, intemporel, qui ne soulève certes pas un enthousiasme de premier abord, presque banal mais qui demeure et avec ce titre : Everyday Sunshine.
En espérant que cette phrase puisse s'appliquer à tous, toujours, par tous les temps. Un sunshine in our hearts.
18:20 Publié dans perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : perso, rock, dinard
29.08.2008
Festival Film Britannique en vue
Festival du film britannique en vue
Je viens de découvrir l'affiche de l'édition 2008 du festival du film britannique et j'avoue que j'aime bien. Ces morceaux de pellicules et de cordes marines (non pas de cordes, plutôt de "bouts"m'a dit un marin, ou de drisses ou à la rigueur de cordages), entremêlés sur le sable est d'un meilleur effet, sobre.
Décidément dans le style bouts de pellicule qui se lâchent, il y avait aussi l'affiche de l'édition d'hiver de la route du rock, avec ses cassettes audios en déperdition. J'ai aussi beaucoup aimé.Par contre le côté britannique est plus discret. Quelques petits drapeaux épars au milieu de l'amoncellement tortueux. A quoi s'attendre cette année ? Rien ne filtre au bureau du festival du film. Aucune annonce de film en compétition ou d'avant-première. D'habitude, à cette époque de l'anée, on avait des noms, des thèmes, une tendance. Là rien de rien.
Sauf l'affiche. Mais elle est bien.
07:46 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, Dinard, britannique
15.10.2007
Once
Au sein de la compétition du film britannique, il y avait un film "Once", véritable petit bijou auquel j'aurais volontiers donné le premier prix s'il ne semblait pas trop décalé dans une programmation dite "de festival". D'abord il s'agit un film musical, un film sur la musique, un film sur les musiciens. Bref la musique est bien au cœur et pas n'importe laquelle : un style auquel je suis sensible, plutôt Folk-rock dirais-je, composition personnelle que chante un guitariste, âme esseulée, et cœur brisé, au milieu d'une artère commerçante de Dublin, sur une vieille guitare un peu abimée, avec une voix qui monte en rage et puissance, ce qui parait presque incongru au milieu des passants. Incongru, pas pour cette immigrée tchèque, merveille de visage lumineux et simple. Spontanée, elle aussi musicienne, mais sans instrument, le piano sur lequel elle pratiquait n'ayant pas suivi son périple vers l'Irlande et ses promesses d'avenir meilleur. Pour l'instant, elle vend des roses dans la rue, permettant de nourrir sa mère et petite fille. (le mari de convenance étant resté au pays)
Jusqu'à sa rencontre avec ce musicien, par ailleurs réparateur d'aspirateur dans le petit atelier de son père veuf, et l'accompagnement vers une expression, vers une réalisation artistique. En duo, apprentissage mutuel des chansons, la fille (dans le film c'est en effet : the girl and the boy) s'unissant au rythme, apportant une touche subtile complémentaire pour en faire des ballades magnifiques. petit à petit, sans se prendre la tête, hésitante d'abord, y croyant à fond, avec les moyens humbles mais efficaces.
Une scène se déroule dans un magasin d'instruments de musique, où le vendeur laisse courtoisement la fille s'exercer sur un piano durant le temps de fermeture du magasin à l'heure de midi. Et c'est là que les deux âmes isolées vont apprendre à s'apprivoiser, se mélanger pour un équilibre incroyable.
L'autre scène, celle du studio d'enregistrement, la première chanson, est aussi un morceau d'anthologie : toutes ces existences cabossées (avec l'adjonction d'un trio de musiciens de rue qui ne jurent que par Lynyrd Skynyrd) au milieu d'un studio ultra moderne avec un ingénieur du son qui se voit coincé tout un week-end avec des ploucs, et qui font vivre des morceaux habités, montée en puissance et unisson, avec un ingénieur du son qui a vite fait de retourner sa veste, bluffé.
Et celle-ci encore : la fille, autorisée par le gars à mettre des paroles sur un morceau qu'il a composé (mais pour lequel il ne peut mettre de lyrics pour cause de rupture récente douloureuse) et qui sort la nuit en robe de chambre car il manque des piles pour le discman. Et la voilà dans les rues entre son logement et la supérette, qui invente et chante tout haut ses mots à elle. Et c'est comme si ce serait ses mots à lui. C'est superbe.
Et je garde le meilleur pour la fin. le gars et la fille existent. Je m'en suis aperçue à la fin au moment du générique, quand j'ai vu que les acteurs étaient aussi les créateurs et interprètes des morceaux : Glen Hansard & Marketa Irglova. Chapeau à eux deux !
Et cerise sur le gâteau (mais malheureusement cela ne s'est pas passé à la séance à laquelle j'ai assisté, mais le lendemain), le duo était présent à Dinard et est venu chanter le morceau phare dans la salle pour la plus grande joie de la majorité du public présent. J'ai appris que le film a eu le prix du public au festival de Sundance, ça ne m'étonne pas. A surveiller lors de sa sortie ici. Un régal.
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08.10.2007
Festival du Film Britannique de Dinard 18

Voilà bien un évènement que j'attends avec une certaine impatience chaque année et qui me comble de bonheur cinéphilique, et de plus carrément à domicile.
18ème édition donc et 18 films vus (sans compter un pré-festival de quelques sortis récentes offerts par la mairie avec entre autres le remarquable documentaire "very british gangster.)
Il était noté dans tous les médias locaux que cette édition serait plus "légère" que celle de l'an passé laquelle était emprunte d'une thématique plutôt sombre et violente. (quoique, que signifie exactement ce mot, on a pu ainsi voir cette année une certaine forme de violence dans le silence et l'incommunicabilité).
Festival léger donc, mille fois répété par les protagonistes (comme pour se dédouaner ?).
Plus léger ? Moi je dirais plutôt plus lent mais pas dans le sens péjoratif et galvaudé du terme.
En effet lenteur et distance semblent être les maitres-mots qui ressortent d'au fil des séances. Un réalisateur aura ainsi parlé de son film ("Midnight drives") : "Ce n'est pas un film sur les gens, mais sur l'espace entre les gens". La difficulté de communication. Et les rythmes utilisés, les silences montrés, ont permis de faire apparaitre et de donner de l'expression à ces questionnements intérieurs, ces doutes, ces souffrances et ces espoirs.
Donc festival plus lent, plus recentré autour de cellules plus intimes (la famille, les rapports parents-enfants, la difficulté d'expression du sentiment..).
Un autre thème était celle d'identification et d'appartenance. Notamment d'appartenance à un pays, une communauté, comme dans ce superbe film "Kings" sur une bande de copains irlandais, les "paddys" qui vont chercher du boulot à Londres en se jurant d'être fidèles à leur pays, leur langue (le gaélique), et leur amitié. Mais celle-ci sera ébranlée par la fortune diverse et l'alcool, comme en témoigne leurs retrouvailles, 30 ans après, à l'occasion du décès de l'un d'eux, où chacun cherche à se raccrocher à son identité irlandaise avant se reconnaitre que le pays est ce qu'ils en ont fait. est ici. De même que ce très beau portrait de femme bengali ("Brick lane"- prix du public), venue à 17 ans pour se marier en Grande Bretagne et vivre, sous un semblant d'impassibilité, un quotidien banal dans sa cité de briques rouges, en se raccrochant aussi à des images du village bengali, avant que peu à peu se forge son être véritable, son autonomie et son appartenance là où elle est. Simplement lumineux.
Le succès public et professionnel était au rendez vous sous un frais soleil d'automne qui a permis de manger des sandwichs ou de gaufres au bord de la plage en compagnie des goelands avant de retourner dans les salles obscures british. Encore un grand moment. Vraiment
21:20 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, dinard
03.06.2007
terrain vague
C'était devenu également l'endroit où garer sa voiture les jours de marché, le lieu où se posaient les cirques et les zoos en été (et parfois aussi les gens du voyage, ce qui ne semblait pas plaire à la population balnéaire bien pensante), l'endroit où faire courir ses chiens et essayer le vélo du petit. Et pour beaucoup dont moi-même un raccourci boueux pour se rendre à pied au centre ville.
La municipalité ayant décidé, toujours en voulant y mettre une pointe de grandeur, de confier le projet immobilier à Riccado Bofill, et après moults recours en justice par des associations locales, il semble que les pelleteuses soient entrées en action et les issues en sont désormais bouchées au public motorisé. Par contre il est toujours possible d'enjamber les murets et de contourner les gros rochers anti-caravanes pour se rendre au marché, en passant derrière les tas de sable et gravats. Et c'est là, parmi tous ces morceaux de débris que poussent aujourd'hui des fleurs resplendissantes, coquelicots, scabieuses et églantines, pas du tout impressionnées par le chantier d'à coté, utilisant des recoins oubliés et arides pour se développer fièrement. Je suis émerveillée par cette constance florale à se magnifier même là où tout est désolé.
Mais quand les dalles de béton du futur parking souterrain auront pris possession du terrain vague, sans doute ne verra t'on plus ces flamboyants rouge et mauve qui s'accrochent pourtant avec l'énergie du désespoir. (quoique j'ai vu des pâquerettes se faufiler dans les moindres interstices de l'asphalte, rien n'est perdu)
Ces scabieuses ont donc été cueillies dans un amas de débris, au milieu de gaillets gratterons qui se sont accrochés à mon pull et d'églantiers piquants. C'est qu'on sait se défendre.
Ce bouquet, sobre, simple, vaut largement toutes les compositions onéreuses de fête des mères.
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