24.07.2007
herbiers des campagnes bretonnes 13
This is the end
Herbiers des campagnes bretonnes 13
Eh oui tout a une fin. La série "fleurs à presser" s'achève. Les talus ne montent plus que quelques carottes sauvages, des séneçons et autres composées jaunes et quelques tâches roses par ci ou là, apportées par les épilobes ou salicaires.
Pourtant dans le style rose, il y en a d'autres qui s'éclatent, ce sont les bruyères. Surtout en bord de mer ou terrain calcaire. Et c'est indéniable que les bruyères sont, à l'instar des hortensias ou ajoncs, associées typiquement à la Bretagne. Il n'a qu'à voir les landes du côté du cap Frehel pour distinguer plusieurs variétés dans ce qui semble être de loin une même couleur rose virant à la rouille inévitable..
On en trouve essentiellement quatre sortes :
- les bruyères cendrées – erica cinerea : la plus connue, dont dérivent les variétés de "toussaint" Presqu'un petit arbrisseau, plus foncé que les autres. Les feuilles restent toujours vertes, minuscules et glabres.
les bruyères tétragones – erica tetralix, appelées aussi caminets, clarins ou bruyère à quatre angles plus petites, un peu plus pâles. Poussent plus sur les landes humides, tourbières. Ce sous arbrisseau voisin du précédent est un peu plus bas mais par contre les fleurs sont plus grandes, plus pâles, globuleuses, en grappes courtes, serrées.
- les bruyères ciliées – erica ciliaris, plus grandes, reconnaissables justement à leur espèce de cil et à leurs fleurs en longs épis rose foncé. Moins commune que les deux précédentes.
- les bruyères callunes – calluna vulgaris, appelées aussi callune fausse bruyère, qui sont en fait plutôt de plus grands et plus denses sous- arbrisseaux. Les feuilles sont différentes, plus linéaires, vert plus clair. Les fleurs en grappes claires, serrées. On s'en sert pour faire des balais et pour les brandes, isolant les jardins.
Elles gardent toutes leur couleur sans aucun problème et leur juxtaposition sur un herbier est du meilleur effet. Dommage que l'on ne puise pas y ajouter ajoncs ou genêts (eux ne gardent pas leur belle couleur jaune), leur naturels voisins
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23.06.2007
herbiers des campagnes bretonnes 12
Allez, dire que c'est déjà pratiquement la fin. Bientôt les bas-côtés des fossés vont sécher, jaunir et, émergeant parmi les fougères et graminées, ne resteront que quelques crépides, ombellifères style carottes sauvages et les belles tâches roses formées par les mauves, salicaires et épilobes.
Et pourtant les beaux spécimens arrivent, ils se sont fait attendre, mais ça valait le coup. En général ils se manifestent de loin, sans doute plus remarquables par le manque de concurrence et par le fait qu'ils sont généralement en bandes isolées au milieu d'une verdure de fougères, ronces et graminées.
D'abord honneur au dernier bleu : la vipérine – echium vulgare, pas le plus facile à cueillir car plutôt urticant. Il y a comme des espèces de soies à base rouge sur la tige. Assez haute, plus d'un mètre, avec des fleurs en nombreuses cymes formant un long épi. On la voit en bandes de copines, sur les bas-côtés, terrains secs, on en trouve plein en bordure de mer apportant un bleu intense sur des herbes sèches, voire du sable. La tige peut être très épaisse et là encore, pour les herbiers ce sont les plus jeunes qu'il faut cueillir. Et voilà une fleur fidèle qui demeure bleue au séchage. C'est aussi une plante médicinale réputée non pas pour soigner les morsures de vipère mais pour ses vertus galactogènes.
Dans le style bleu, avec aussi des fleurs en cyme, on voit des champs entiers se couvrir de cette couleur en ce moment. Et bien des touristes venaient nous demander, sur les marchés, "mais quelle fleur donne ces champs tout bleus" Eh bien c'est la phacélie commune - Phacelia tanacetifolia, plantée en Bretagne pour enrichir la terre sans engrais chimique. Un super engrais vert qui a en outre une autre vertu écologique puisqu'elle attire des "bons" insectes spécialistes de la lutte contre les pucerons.
Les coloris roses seront constitués essentiellement par les épilobes, de deux sortes.
D'abord hommage au plus grand, celui que l'on trouve en général en montagne mais qui pousse aussi en petits massifs isolées sur le bord de nos routes côtières par exemple, ou dans les clairières. Très haut (peut atteindre deux mètres), et avec une inflorescence imposante, en épi, d'où son nom : l'épilobe en épi ou laurier de St Antoine – epilobium angustifolium. Les fleurs ont des pétales un peu inégaux et lâches avec étamines bien visibles. Avec le coquelicot, c'est l'autre fleur qui débutait bien un herbier, car sa taille donnait le mouvement d'ensemble. Plutôt à placer au milieu.
Sa cousine, c'est l'épilobe hirsute – epilobium hirsutum. En voilà une qui traîne tard dans la saison. Assez haute elle aussi (1,50 m) Même type de fleur, bien rose, un peu plus régulière, mais qui ne pousse pas en grappe donc plutôt isolée accompagnée d'une terminaison courbe et pointue. Et fleur qui, en grandissant forme un duvet qui s'envole sur les routes. L'épilobe préfère les fossés, si possible avec un peu d'eau en bas.
Pareil pour les salicaires – lythrum salicaria, (appelée aussi lysimaque rouge) même fossé, même couleur pourpre, même hauteur. Mais elle monte bien droit et bien haut, avec des feuilles ovales, étroites, opposée ou en verticille de trois sur la tige. Les fleurs poussent en épi. Il paraît qu'elle tient son nom du fait qu'elle poussait près des saules. Il faut dire qu'elle aime bien l'eau.
Et c'est donc une transition rêvée pour évoquer une de mes préférées, la reine des prés – filipendula almaria. Il faut venir avec des bottes, car c'est au bord, voire dans l'eau, ou dans la vase qu'elle se plait. Elle aussi est plutôt haute avec des feuilles très vertes, émerge des prairies et des fossés humides et malheureusement ne demeure pas blanche longtemps, virant au crème puis des tâches marron apparaissent sous l'action de l'humidité et des insectes. La fleur n'est pas remarquable en elle-même, un peu cotonneuse, en panicules denses, mais alors quel parfum incomparable. Le vrai parfum des champs, des prairies, de la campagne, plus que tout autre. S'il existait un parfum "reine des prés" je l'achèterai tout de suite. En plus il paraît que la plante a des vertus médicinales proches de l'aspirine.
La prochaine fois, les variantes de bruyères.
18:10 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, fleurs, artisanat
11.06.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 11
Dans la série des fleurs cousines, celles que l'on confond allègrement avec d'autres de la même famille mais qui ont cependant d'énormes différences il y a en ce moment :
La matricaire commune – matricaria perforata, une grande dame (40 cm environ) encore que l'on voit apparaître partout et même qu'on se dit : "encore des marguerites" ou alors de grandes pâquerettes. Elle se dresse ou s'étale sous forme de multi pâquerettes élancées, avec des feuilles à segments filiformes. Elle se sent pas à l'inverse de sa cousine, la petite matricaire odorante- chamomilla suaveolens
C'est en fait une variété de camomille, avec des têtes florales coniques et creuses et qui sent d'ailleurs très fort et très bon. Elle aurait été dit on introduite en Grande Bretagne de l'Oregon vers 1871.
Et puis le séneçon jacobée - senecio jacobaea tout jaune, qui s'élève. là aussi on aurait plutôt envie de dire : encore une crépide. Et puis non, les fleurs se regroupent en tête, pour faire un peu comme un bouquet jaune, fait de plusieurs petites fleurs lâches bien jaune-ocre.
Les variétés cohabitent ensemble, même si les marguerites et les crépides sont déjà apparues depuis un moment, elles sont tenaces. Vaste famille que ces composées.
Et puis le trèfle rouge – trifolium pratense qui vient damer le pion à son congénère blanc, qui lui sévissait déjà depuis longtemps. Il y en a qui se font attendre. En fait de rouge, il serait plutôt rosé et virant vite au brun au soleil. 20 à 30 cm, très fréquent au bord des routes et dans les champs
Une variété dont on n'a pas encore parlé, la mauve, et qui fait son apparition remarquée en deux versions à savoir mauve musquée et mauve sylvestre.
La mauve sylvestre – malva sylvestris , contrairement à ce que son nom laisserait supposer, ne pousse pas spécifiquement dans les bois mais a également apprivoisé allègrement les terrains vagues et bords de rond-point. Elle est plus haute que sa cousine et plus foncée aussi, avec des espèces de stries, couleur pourpre rosé pale à foncé, groupées par deux.C'est une plante médicinale longtemps employée comme émollient pour traiter les inflammations de la peau et des yeux, mais aussi appareil respiratoire.. Généreuse en couleurs et en fleurs, elle se trouve très bien dans tous les herbiers.
Sa cousine, la mauve musquée – malva moschata (elle aussi officinale) est assez fréquente aussi au bord des routes. Les fleurs sont beaucoup plus claires et la forme des feuilles est bien découpée et elle fait un bon duo, il est intéressant de les cueillir ensemble (feuille et fleur). Tout comme il est judicieux de placer les deux variétés de mauve sur un herbier.
21:35 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, bretagne, nature
03.06.2007
terrain vague
C'était devenu également l'endroit où garer sa voiture les jours de marché, le lieu où se posaient les cirques et les zoos en été (et parfois aussi les gens du voyage, ce qui ne semblait pas plaire à la population balnéaire bien pensante), l'endroit où faire courir ses chiens et essayer le vélo du petit. Et pour beaucoup dont moi-même un raccourci boueux pour se rendre à pied au centre ville.
La municipalité ayant décidé, toujours en voulant y mettre une pointe de grandeur, de confier le projet immobilier à Riccado Bofill, et après moults recours en justice par des associations locales, il semble que les pelleteuses soient entrées en action et les issues en sont désormais bouchées au public motorisé. Par contre il est toujours possible d'enjamber les murets et de contourner les gros rochers anti-caravanes pour se rendre au marché, en passant derrière les tas de sable et gravats. Et c'est là, parmi tous ces morceaux de débris que poussent aujourd'hui des fleurs resplendissantes, coquelicots, scabieuses et églantines, pas du tout impressionnées par le chantier d'à coté, utilisant des recoins oubliés et arides pour se développer fièrement. Je suis émerveillée par cette constance florale à se magnifier même là où tout est désolé.
Mais quand les dalles de béton du futur parking souterrain auront pris possession du terrain vague, sans doute ne verra t'on plus ces flamboyants rouge et mauve qui s'accrochent pourtant avec l'énergie du désespoir. (quoique j'ai vu des pâquerettes se faufiler dans les moindres interstices de l'asphalte, rien n'est perdu)
Ces scabieuses ont donc été cueillies dans un amas de débris, au milieu de gaillets gratterons qui se sont accrochés à mon pull et d'églantiers piquants. C'est qu'on sait se défendre.
Ce bouquet, sobre, simple, vaut largement toutes les compositions onéreuses de fête des mères.
17:30 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, dinard, bretagne
02.06.2007
Les indispensables fleurs de jardin
Durant toutes ces années de création artisanale, nous nous sommes aperçus que les coloris variés et vifs apportés par les fleurs dites de jardin, se révélaient d'une aide précieuse, voire carrément indispensable. Surtout pour les petites compositions telles les bijoux, boites ou signets. Et donc régulièrement on a semé, planté et acheté sur les marchés (ou cueilli dans des jardins amis, voire certains parterres municipaux) les incontournables que voici, en vrac, sous forme de liste :
-Myosotis des jardins (couleur plus foncée que ceux des bois). On ne cueillait que la fleur pour une destination bijoux (broches, médaillons etc ) et avec une pince fine, on pouvait en placer une bonne centaine par feuille d'annuaire.
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-Alysses jaunes (corbeille d'or), blanche (corbeille d'argent) et violette ou pourpre (les appellations "nuit d'orient" ou "purple queen" – les jardineries savent toujours trouver des noms aguichants pour leurs semences). On les cueille telles quelles, elles conservent fidèlement leur couleur et ensuite avec une aiguille de seringue on les sépare pour agrémenter une composition, combler des interstices. Elles sont impeccables pour cela.
- Bleuet. Ce qui est bien avec les centaurées bleuet des fleuristes, c'est qu'on en trouve des bleu foncé, mais aussi des roses, des pourpres, des blancs. Idéal pour donner des mouvements bariolés.
- dans la famille centaurée, il y a aussi celle des montagnes mais qui est massivement vendue en jardinerie et qui reste vivace, et dont les pétales sont plus longs et plus découpés. D'un mauve clair
- Les heucheras, celles qu'on préfère sont connues sous le sobriquet" pluie de feu" et ça leur va plutôt bien. Elles s'élancent, droites, au dessus des autres avec un rouge carmin flamboyant. Il y en a des plus roses aussi, avec des pétales plus clairs que la tige, c'est rare, et qu'on surnomme "désespoir du peintre" car le coloris serait très difficile à rendre en peinture.
- Dans le même style, les crocosmias, connus aussi sous le nom de montbriétia. C'est la fleur des jardins celtiques, on en voit plein en Irlande également. D'un orange incroyable, en épi, avec des feuilles longues
- Toujours dans le orange (que voilà une couleur qu'on ne retrouve pour ainsi dire pas à l'état sauvage ! bizarre) il y a aussi le pavot de californie.
- et puis le souci officinal – le calendula (qui sévit aussi en jaune) et qui se révélait idéal pour
illuminer l'herbier, formant comme un soleil. Mais attention à le cueillir très jeune et pas épais, car après les étamines se détachent et tombent en plein de bouts et les pétales aussi, par morceaux.
- les verveines. Alors là on a le choix, des roses, rouges, violettes etc certaines avec un cœur blanc au milieu, d'autre pas, à vous de choisir. Les rouges vif nous semblaient les mieux. Mais un mélange est agréable.
- les lobélias. Un beau bleu, certaines sont très vives, d'autres plus pâles avec aussi un cœur blanc.
- les pensées sauvages et les pensées classiques. Les premières sont intéressantes par leur petite tailles avec des feuilles bien proportionnées. Bel ensemble, du violet et du jaune, rappelant leurs congénères sauvages.
Mais les pensées "classiques' se prêtent à mille versions et mille couleurs. Que l'embarras du choix et en outre elles fleurissent longtemps, y'en a toujours
- les delphiniums ou pieds d'alouette. On les achetait sur les marchés et on pouvait attendre pour les cueillir. De toutes façons, ils se prêtent bien au séchage, c'est même son utilisation première, en bouquets. Mais pressés, ils sont bien aussi, sauf qu'il vaut mieux là aussi cueillir du jeune et du frais car sinon, à force de trop bien sécher, ils s'effilochent et le pétales tombent. Mettre les têtes à sécher avec quelques feuilles car elles sont fines et bien découpées. Par contre la tige ne sert pas beaucoup, sauf si l'on veut garnir un herbier en longueur, mais presser une petite fleur car la tige demeure épaisse.
- L'hortensia, fleur de pays. Comment ne pas l'oublier. Surtout qu'il décline ses coloris mauves et bleus partout, dans le moindre village et qu'avec une tête, on peut remplir une page. Presser en détachant les fleurs une à une. C'est facile. Mais ignorer celles qui commencent déjà à virer au sec et au rouille. Prendre celles du milieu plus petites et qui ont encore plus de couleur car ne sont pas restées longtemps à la lumière. Bien sûr préférer les bleues, celles qui se déploient massivement (et c'et le cas de le dire) à l'ombre des chapelles finistériennes par exemple. Celles dont on dit qu'elles sont bleues car poussent sur de la terre d'ardoise. Et c'est exact que des hortensias bien bleus, achetés par ici, dans le Nord de l'Ille et Vilaine, virent au mauve l'année suivante et finissent par devenir irrémédiablement roses.
- Le groseillier à fleurs, une des premières de printemps pour agrémenter un herbiers par le haut, vu qu'il est pendant.
-Pareil avec la fuschia. Ah que voilà une indispensable et qui fleurit aussi à n'en plus finir et tardivement. Les abeilles en raffolent, on se faisait concurrence. Pour faire une sorte de "retombée" sur une compositions c'est génial. Presser aussi quelques feuilles, elles sont pas mal Préférer la variété classique, fine et rouge vif, et pas les très grosses pourpres qui font un peu pâté ensuite.
- A la toussaint, les bruyères en pot ont de belles variété rose très soutenu qui servent à tout. Vraiment à tout, même les petites bagues. Ne pas hésiter à en presser, comme ça, avec la tige et tout
- La monnaie du pape au printemps et les giroflées des dunes, (plus vives que leurs cousines sauvages des bords de mer) mais pas les giroflées classiques.
Un retour rapide quand même dans le sauvage pour dire que, du moins dans la composition de bijoux et de petites boites, aucune de ces fleurs n'auraient de sens sans l'indispensable liant vert : la feuille d'achillée. En plus la nature et tellement généreuse qu'elle nous en met partout. Qu'on marche dessus sans arrêt. Et qu'on peut même devenir difficile pour trouver la plus découpée, la plus verte, la plus tendre etc.. vous en mettez quelques unes dans des pages et elles vous servent pour beaucoup d'articles. Il faut la couper et la redécouper avec une aiguille.
- Un autre liant ou agrémenteur, venu du sauvage, c'est l'ombellifère blanche, style janotte ou carotte sauvage. Pareil redécoupées finement. Et les jeunes feuilles de janottes sont interessantes pour la composition.
Voilà, prochaine fois, retour vers les fossés où se commencent à se déployer les dernières fleurs (déjà eh oui !) notamment les roses avec les familles des mauves, épilobes.
19:35 Publié dans nature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nature, bretagne, fleurs, artisanat
31.05.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 10
Début juin
Flamboyant
C'est bien le mot qui convient pour le roi incontesté des herbiers (et il ne peut servir qu'à cela vu l'extrême grandeur de la fleur.) D'ailleurs, pour commencer un tableau, c'est d'abord un coquelicot qui y était posé, de préférence vers le milieu, car ainsi il dirigeait les places restantes et les mouvements à venir. Ensuite c'était pas mal de placer une autre grande fleur, plutôt longue, bordant un coté du tableau, par exemple une salicaire (on y reviendra vers juillet-aout, c'est une des dernières fleurs à fleurir sur le chemin. Les épilobes sont bien aussi (pareil, poussent plus tard) ou alors les digitales.
Donc par quoi on commence : le coquelicot – papaver rhoeas (famille des papavéracées).. Il déploie son rouge éclatant alors qu'on le croyait perdu en Bretagne après l'utilisation des herbicides dans les années 70. Eh bien non seulement il revient, mais pousse partout jusqu'à la moindre décombre, sur les bords des quatre-voies et bien sûr dans les champs qui n'auront jamais été aussi rouges. Très, très délicat à cueillir. Le temps que vous arrivez chez vous, et plusieurs pétales sont déjà tombés ou fripés. Alors, mieux vaut aller cueillir la fleur avec directement les feuilles ou l'annuaire, pas trop grosse quand même car ferait un trop gros pâté sur l'herbier, et là encore plutôt jeune, la capsule est moins épaisse et le plus rouge carmin possible, car ensuite il vire au plus foncé, et comme le pressage rajoute encore un coup de foncé, eh bien il peut y avoir quelques déceptions. Mais pas beaucoup, car le coquelicot garde quand même son coloris. Mais alors attention en le détachant, car il a tendance à rester bien collé au papier et les pétales semblent si fines qu'elles peuvent se déchirer. A décoller lentement, puis à recoller pareillement. En ce moment commence sa glorieuse époque. Les feuilles pennées, dentelées, à lobes étroits et profonds rendent bien aussi. Les fleurs à quatre pétales écarlates sont tâchées de sombre à la base et la tige est bien velue. Environ 50 cm.
La digitale pourpre – digitalis purpurea, appelée aussi grande digitale, ou gant de Notre dame (c'est joli) . Elle aussi s'élève fièrement au bord des routes et chemins et dans les clairières, gardant quelques distances avec ses congénères. Pratiquement un mètre de haut, une tige très épaisse avec des feuilles alternes et des fleurs tubulaires, en longs épis, style cloches rose foncé avec un intérieur à tâches blanches et noires. Cloche d'abord presque fermée, s'ouvrant au fur et à mesure de la croissance. J'ai déjà raconté l'anecdote de mes années d'enfance au bord des chemins en essayant de faire "claquer ces fleurs" en tenant fermement les deux extrémités et "clac".
Ceci étant, c'est une plante vénéneuse, médicinale, la digitaline étant utilisée pour traiter certains troubles cardiaques. Mais malheureusement au pressage, les fleurs conservent mal leur couleur et virent au marron, surtout si elles sont pressées avec la grosse tige bien grasse. Mieux vaut faire sécher les fleurs une à une et les disposer ensuite sur l'herbier dans les coins par exemple. Ou alors en choisir des très jeunes et très fines (en général, cela va ensemble)
L'autre jour, dans la série bleue, j'avais oublié la jasione- jasione montana et je m'en veux car elle a pour moi une connotation symbolique, étant en effet la fleur que je persistais à appeler bleuet pendant mon enfance (alors le vrai bleuet avait quant à lui disparu). Alors qu'elle n'appartient même pas à la famille des centaurées mais à celle des campanules. Mais elle ne ressemble pourtant pas à une campanule. Poussant dans les fossés, elle avait une odeur un peu forte qui sentait la campagne. Oui oui il y a des fleurs qui pour moi "sentent plus la campagne que d'autres" allez savoir pourquoi, le meilleur exemple étant la Reine des prés, définitivement associée à toutes les prairies. Pour revenir à la jasione, elle serait plutôt discrète, elle n'est pas souvent citée dans les livres de vulgarisation, mais continue sa présence persistante et semble t'il très ancienne, avec des fleurs bleues en capitules globuleux au bout d'une tige pratiquement glabre. Il faut la repérer, elle est petite et souvent cachée, assez isolée, au milieu des graminées.
Actuellement les fougères – dryopteris filix mas (fougère male) commencent leur gigantesque expansion et c'est à présent qu'elles sont intéressantes à cueillir, quand on peut choisir le feuilles au vert tendre et des dentelles de petites tailles. Facile à presser, une simple feuille peut servir à plein de choses car on les recoupe comme on veut. Moi j'en plaçais trois ou quatre dans un coin de l'herbier (en bas à gauche par exemple) et un effet champêtre avec mouvement était tout de suite trouvé. Bientôt elles seront trop grandes avec un vert trop sombre et trop lisses. Par contre pour les toits des cabanes ce sera parfait. Et quand elles poussent, elles poussent si bien qu'on ne les voit plus en tant que fougères mais élément de verdure, comme l'herbe ou les graminées.
La prochaine fois, on laisse de côté momentanément fossés et prairies pour un tour d'horizon des fleurs indispensables qu'il faut planter dans son jardin pour s'en servir ensuite dans les compositions florale pressées. Les incontournables des incontournables, les lobélias, alysses, verveine etc..
De multiples formes et couleurs très soutenues. Précieux alliés.
21:19 Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, fleurs, nature
21.05.2007
Herbiers des campagnes bretonnes 8
Mi-mai déjà
Dans le genre tellement petit qu'on marche allègrement dessus et ne la voit même pas, et se mêlant aux paquerettes, dans les lieux incultes : la minette – medicago lupulina, famille des légumineuses. En fait un mini trèfle, à tête bien jaune, rampant, présent au milieu de l'herbe. Avec bien sûr les feuilles similaires à celle du trèfle, mais avec souvent une sorte de tache au milieu, et pas plus d'espèces à quatre feuilles que les autres.
Et le géranium mou- geranium molle, la plus petite variété de cette famille, aux fleurs rose clair., parfois presque blanches. Très répandu dans les champs et au bord des chemins. Là aussi on marche allègrement dessus.
Et puis leurs grands cousins. D'abord, dans la grande famille des pois, variété luzernes, on trouve le lotier corniculé – lotus corniculatus, appelé aussi pied de poule. Bien jaune lui aussi, parfois avec des connotations rougeâtres. Il s'étend aussi dans les fossés, terrains vagues, bords des pelouses, là où l'on n'a pas tondu.
E
t puis les géraniums ont aussi leur grande cousine (50 cm quand même) au pourpre éclatant, qui se conserve remarquablement bien, peut-être virant au mauve mais c'est l'apanage de tous les pressages en général : le géranium sanguin – geranium sanguineum. Enfin il faut le chercher quand même car il préfère les lieux ombragés, les bords de mer, sous bois. Mais ça vaut le coup.
Enfin je ne peux pas quitte cette famille de géraniums sans un de mes préférés, peut-être parce que c'était les premières fleurs que je trouvais sur le chemin qui menait à nos champs : l'herbe à robert, appelée aussi herbe à esquinancie – geranium robertianum. La feuille est différente, devenant un peu rougeâtre, avec une fleur qui s'élève en solitaire (45cm environ de haut) et elle a une plus forte odeur que les autres. On la trouve dans les endroits plutôt ombragés. Il y a un peu ma même variété au bord de la mer : le bec de grue maritime- erodium maritimum.
Quittons cette famille des geraniums, qui sont tellement variés et se dessinent sous tellement de forme que vous devez au moins en croiser un quelque part (et ils conservent tous leur couleur au séchage) pour évoquer une fleur méconnue et plutôt délaissée. C'est vrai que la forme est un peu spéciale et elle ne rend pas terrible en bouquet, mais elle est omniprésente en cette période au bord des fossés : le fumeterre officinal – fumaria officinalis. Il fait en réalité partie de la famille des papévéracées, qui l'eut cru, et elle a tendance à se reposer sur les plantes voisines, étant elle même assez molle. Les tiges sont presque glabres et les fleurs sont bien caractéristiques, éperonnées, de couleur rose avec extrémités plus foncées. Il paraît qu'on l'utilise en infusion pour guérir la jaunisse et autres troubles du foie.
Ah et voici une superbe touche de couleur dans un herbier avec la morelle douce amère – solanum dulcamara. Famille des solanacées. Un violet et un jaune bien vifs avec en outre une forme de fleurs originale, en panicules lâches, pétales recourbés en arrière et une anthère en colonne très saillante. Elle peut atteindre 2m, rampante, là aussi cachée dans des buissons, terrains vagues. Depuis des siècles les baies font l'objet de superstitions et dans le tombeau de Toutankhamon on en a trouvé un collier. Elles sont très vénéneuses. Et comme souvent, c'est une plante médicinale. Mais la couleur et la taille sont originales, même pour de petites inclusions.
Enfin, dans la grande famille des labiées (variété des sauges), outre les orties et leurs fleurs à peine visibles, apparaît en mai l'épiaire des bois – stachys silvatica, que l'on devine à l'odeur, plutôt forte, et qui aime bien aussi le voisinage de l'eau. Très haute et bien dressée. fleurs pourpres, à tâches blanchâtres, en épis verticillés non feuillés.
La prochaine fois, on fera dans le bleu avec les véroniques, polygala, lins et puis les centaurées, bleuet et jasione et peut-être la flamboyance des coquelicots.
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14.05.2007
herbiers des campagnes bretonnes 7
Au bord de la mer
Les côtes bretonnes ne sont pas les plus chatoyantes au niveau coloris de fleurs. Celles-ci en règle générale sont de la même famille que leurs congénères champêtres, mais plus rabougries, plus duveteuses et épaisses.
Ainsi l'euphorbe maritime – euphorbia paralias, à la tige plus rouge et aux fleurs plus minuscules que celles des haies, qui semble sortir bien costaud du sable ou de terrains arides. Elles ont en outre plein de feuilles pointues concaves du coté de la tige.
Pareil pour les silènes maritimes – silene vulgaris maritima , famille des stellaires, avec des feuilles grisâtres en paires, beaucoup plus basses, formant des tapis, avec un renflement plus prononcé.
Les trèfles et luzernes ont aussi leur variété maritime : la luzerne maritime – medicago marina Plante couchée et rampante qui s'accrochent au moindre petit bout d'herbe sablonneuse, parfois on croirait qu'il pousse sur le sable. Très fréquent, si bien qu'on le repère à peine.
La giroflée des dunes – matthiola tricuspidata est une des versions maritime de cette grande famille des crucifères Très belle fleur qui présente oh combien dans un herbier dont le ton restera quand même plus palot qu'un herbier sylvestre par exemple.
Les crucifères ont la côte en milieu marin car on y trouve est la fameuse roquette de mer, ou coquillier maritime – calkile maritima (sorte de cardamine des bords de mer)
ainsi que la crambe maritime ou chou marin – crambe maritima qui pousse en gros massifs en plein milieu du sable et la mini version est l'alysson maritime – lobularia maritima, qui
se serait en fait développé à partir des jardins. Les alysses, qu'elles soient blanches, jaunes ou violettes ont toujours constitué une base des inclusions florales. Elles forment des massifs ras, bien fournis et rampants.
Le liseron des dunes- calystegia soldanella se remarque bizarrement plus que son confrère des champs, lequel a c'est vrai tendance à se mélanger aux plantes ou arbustes voisins en s'y entortillant, alors que la variété des dunes semble sortir directement du sable avec des pétales de belle teinte rose aux stries blanches.
Dans le style fleur qu'on voit partout mais qui se plait bien au bord de mer en plus robuste, il y a aussi le géranium sanguin (voir note précédente), la petite centaurée du littoral – centaurium littorale
et la carotte sauvage. (on y reviendra, elles poussent plutôt vers juillet)
ainsi que le serpolet - thymus serpyllum, plante basse gazonnante qui se plait bien en arbrisseaux très ras au bord des dunes. Là aussi on marche allègrement desssus, comme tant d'autres fleurs. Il y en a plein du côté des sables d'Or.
Et il y a les spécialités :
La spergulaire des rochers – spergularia rupicola , fleur à 5 pétales, rose aussi (décidément y'a pas beaucoup de fleurs bleues au bord de la mer). Elle pousse vraiment sur les rochers, sur les falaises, faut le faire, belle fleur mais difficile à faire presser en raison de la tige et des feuilles très grasses et épaisses.
L'armérie maritime – armeria maritima (famille des œillets) appelé aussi gazon d'Olympe qui colore falaises de rose avec une tête bien compacte et une assez longue tige glabre. C'est une fleur assez épaisse et qui donc ne permet pas de l'inclure sous résine, mais dans le cadre d'un herbier marin, elle est d'un meilleur effet. Comme toutes les fleurs épaisses, s'y reprendre en plusieurs étapes pour bien aplatir. Elle est incontournable, omniprésente et c'est tant mieux.
Une autre fleur typique des dunes c'est le pavot cornu ou glaucière jaune- glaucium flavum. Sorte de coquelicot jaune, avec là encore une tige forte, une feuille épaisse et une espèce de terminaison courbe, d'où le nom. Comme les coquelicots, les pétales des fleurs sont très délicats et tombent facilement de la main lors de la cueillette. De même ils ont tendance à bien coller à la feuille d'annuaire tellement ils sont fins, et ils sont à manier avec précaution après le séchage. On les trouve souvent au milieu des ajoncs, ce qui ne manquent pas d'égratigner un peu les jambes.
La star des dunes c'est quand même la lagure ovale –lagurus ovatus (famille des graminées) que l'on connaît sous le nom de pompon ou de queue de lièvre à cause bien sur de la terminaison duveteuse marron ovale et qui plient en groupe devant les vents dominants. Là aussi préférer les fleurs plus petites car bien qu'elles soient faciles à presser (s'y reprendre à plusieurs fois quand même pour bien presser l'herbier, car la fleur épaisse se rétracte d'abord un peu et il est nécessaire d'y revenir pour l'aplatir réellement) et qu'elles gardent leur couleur, elles risquent néanmoins de faire du jeu sous la vitre.
Et la lavande de mer- limonium vulgare , qui forment des taches roses sur les grèves à marée basses et qu'on a pris l'habitude de cueillir surtout pour les bouquets secs sous le nom de statice.
Et puis il y a toutes les bruyères mais cela fera l'objet d'une future note et de toutes façons elles n'apparaissent que vers juillet-aout.
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03.05.2007
herbiers des campagnes bretonnes 6
fin avril-début mai
Et voici qu'arrivent enfin en scène les indispensables accessoires de notre activité florale, indispensables, car par la possibilité de réduction et le maintien de leur couleur blanche, ils pouvaient orner tous les articles, tels bijoux, boites, apportant la touche de finesse et complétant les moindres interstices. J'ai nommé les ombellifères, cette immense famille qui rivalise facilement avec celle des composées par le nombre et par la difficulté à les différencier. Les fleurs sont donc disposées en ombelles, semblables à un parapluie retourné. Souvent les rayons portent eux aussi de petites ombelles composées, aux fleurs très nombreuses. Mais la vraie blancheur et finesse n'est pas l'apanage de tous.
Pour les articles délicats, le Conopode Dénudé- conopodium majus appelé aussi janotte (ou génotte) est parfait. Il reste bien blanc et même les feuilles peuvent être re-découpées pour en faire un décor. Actuellement c'est celui qui pousse en sous bois, d'environ 60 cm, ne se groupant pas réellement avec ses congénères. Donc feuilles fines, presque filiformes, pennées, fleurs très blanches et duveteuses. Pour les inclusions presser les têtes individuellement. Puis ensuite découper les mini fleurs avec une aiguille. Presser les jeunes feuilles à part. Pour les herbiers, préférer alors de presser la fleur avec la tige et la feuille. Les grosses ombelles sont toujours d'un bel effet, apportant la touche "soleil"(moins quand même que le souci officinal mais on y reviendra) et à cet effet
les grandes ciguës- conium maculatum devraient se révéler encore plus majestueuses. Plantes pouvant atteindre 2m50 cm quand même, mais justement elles sont trop grandes et trop crème et trop pleines d'insectes et l'effet n'est pas garanti comme on pourrait le croire en les voyant de loin. Je me souviens qu'enfant, après avoir lu l'agonie de Socrate je me méfiais de cette plante comme la peste, osant à peine toucher la fleur, bien que ce soit la tige, maculée de pourpre d'où le nom latin (pourtant parfaite pour sarbacane) qui renferme le suc toxique) Et en plus l'odeur est plutôt fétide. Donc pas vraiment indispensable.
L'autre ombellifère très présente actuellement et se présentant en groupe, au bord des routes mesurant près d'un mètre 50 de haut, c'est l'anthrisque sauvage - anthriscus silvestris appelé aussi "cerfeuil d'âne" La différence avec le conopode se voit à leurs feuilles beaucoup plus larges, vert vif. Les fleurs sont moins serrées et donc le blanc se présente moins bien Mais elle est pas mal quand même. On ne peut pas la rater au printemps.
En fait l'autre reine incontestée des ombellifères c'est la carotte sauvage, mais elle ne pousse que vers début juin, donc attendons encore.
Je ne manquerais cependant pas d'évoquer aussi l'achillée millefeuille – achillea millefolium . Plante médicinale très, très commune partout, sur les pelouses, les talus les lieux incultes. La fleur en elle même est plutôt épaisse et pas très intéressante, blanche ou rosée mais les feuilles sont innombrables, elles jonchent le sol en permanence, vous marchez dessus sans arrêt sans le savoir. C'était la touche de verdure première, indispensable car cette feuille pennée aux languettes courtes et ciselées se découpent en autant de variantes que l'on veut et reste très verte. Très odorante, elle serait appelée ainsi depuis qu'Achille l'utilisa pour soigner ses blessures.
Après la couleur blanc, voici le bleu avec donc le myosotis, star incontestée des inclusions florales en compagnie de la bruyère, des alysses violettes et jaunes(fleurs de parterre) et donc des ombellifères et feuilles d'achillée. (là vous avez la base essentielle de toutes les compositions)
Les myosotis fleurissent dans les champs ou surtout dans les bois. Le myosotis des champs- myosotis arvensis est un peu décevant, car très clair et fleurs très petites. Le myosotis des bois – myosotis sylvatica,
que l'on trouve aussi dans des zones un peu humides, pas loin des ruisseaux se révèle plus grand, plus bleu, se rapprochant de ce qu'on peut voir dans les parterres municipaux. Pour le faire sécher, deux façons : soit la fleur entière, avec les feuilles oblongues, que l'on peut ensuite recomposer en bouquet et donner une forme harmonieuse, soit juste la fleur, 5 pétales bien bleus, que l'on détachait avec une pince de laboratoire pour poser directement sur la page d'annuaire. Le myosotis reste très bleu.
Ce qui n'est pas le cas des grandes pervenches – vinca major par exemple. Pourtant la forme est harmonieuse, bien découpée, parfaite. La plante pousse en massif ou en tapis faisant ressortir ses fleurs mauves-bleues à partir leurs feuilles persistantes et luisantes Mais pour une fleur qui reste bleue il faut en cueillir 10 qui virent au marron. Dommage !
Pareil pour la violette de rivin – viola riviniana (plus commune en Bretagne que la variété odeorante) petite, 10 à 20 cm, herbacée glabre aux feuilles cordéiformes en rosette. Difficile de conserver cette couleur violette avec un éperon pale à l'arrière. Pareil, pour en trouver une seule qui demeure, il faut en cueillir plusieurs Dommage encore!
Par contre dans la même veine, celle qui conserve son côté fleur le plus classique c'est la pensée sauvage-viola tricolor minuscule par rapport à nos pensées de jardin qui, malgré leur attrait de couleur, font quand même souvent "gros pâté". Ce mélange-là de jaune et violet est très seyant et la taille adaptée pour plein d'usages. Mais on la trouve peu cette vraie variété sauvage, au lieu de cela les jardineries revendent des pensées sauvages domestiquées si on peut dire. Le résultat en est néanmoins garanti et c'est une des fleurs que je faisais constamment pousser dans l'optique de composition florale sur petites surfaces (avec aussi les alysses (violettes et jaunes) les lobélias (bleus ou roses), les delphinium pied d'alouette, et les centaurées)
Enfin à signaler et vraiment rien à voir, mais y'en a plein, la dynamique des oseilles, qui s'élèvent partout fièrement et qu'on remarque à peine, puisque après tout ce ne sont que des herbes, hein ? Et pourtant l'oseille des prés – rumex acetosa, avec sa fleur rougeâtre en épis serrées apporte un coté brut très nature A noter que l'oseille avait cette particularité d'étancher notre soif l'été quand on ne trouvait pas de point d'eau. Le côté acide des feuilles ("trink!") faisait saliver et désaltérer.
La prochaine fois un petit tour au bord de mer avec les arméries maritimes
silèmes, pavot cornu
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26.04.2007
herbiers des campagnes bretonnes 5
mi-avril/fin avril
Vesce des haies- vicia sepium (famille des légumineuses) La fleur en elle-même n'a rien de remarquable, si ce n'est un dégradé de rose-mauve en regardant de près, mais c'est l'ensemble de cette plante grimpante avec ses feuilles, divisées en folioles ovales, très ciselées, parfois courbes et terminées par des espèces de fils fins, qui donne son aspect gracile. On en trouve partout, pas seulement sur les haies, comme le dit leur nom. La variété bleue(vesce cracca), courante en juillet, est encore plus remarquable. On y reviendra.
Jacinthe des bois. Scilla non scripta ou Endymion non scriptus. Ah que voilà une fleur qui remporte son succès dans nos contrées. Surtout dans les sous bois qui se couvrent en avril d'une teinte bleue qui tranche avec l'ombre générale ou le verdure des fougères. La "clochette", comme on les nommait, qu'il convient de cueillir à l'ombre et jeune, car ensuite la fleur en cloche s'évase et devient plus pâle, virant presque au blanc. Les feuilles ressemblent un peu à celle de ces plantes à bulbes, un peu comme le muguet qui commence lui aussi à percer, c'est à dire fines, disposées au pied de la tige glabre. C'est bien d'en cueillir quelques unes pour reformer l'aspect penché de la fleur. ça donne un bel air à la composition avec cet air qui encadre les autres. Et le couleur se maintient très bien, ce qui n'est pas le cas des fleurs bleues en général. Par contre le muguet ne vaut pas la peine d'être cueilli, il vire tout le temps au marron. Tant pis.
La grande consoude. Symphytum officinale. (Famille des bourraches) Atteint presque 1 m parfois Voilà une fleur qu'il faut réussir à deviner tellement elle est envahie par ses feuilles velues, formant presque un buisson urticant dont raffole les abeilles. Mais la fleur blanche crème, ou rosée, voire violette, dans un bel air penché elle aussi et toujours en cloches, apporte une note courbe et officinale.
Les gaillets Drôle de famille, on ne penserait même pas qu'il s'agisse de fleurs : pas grand chose à dire, ils passent presque inaperçus. On la rangerait dans la rubrique "mauvaises herbes". Et pourtant, bien vivaces, s'accrochant sur toutes surfaces, souvent rampants. Avec une tige solide et des feuilles sombres et étroites, pointues, verticillées, allant par 6 ou 8.
Les fleurs sont en panicules denses, blanc-crème pour le gaillet commun – galium mollugo, celui qui couvre nos fossés actuellement , toutes jaunes pour le gaillet jaune – galium verum (appelé aussi caille-lait, j'aime bien ce nom)
et plutôt ternes avec petits panicules pour le gaillet gratteron – galium aparine. Celui-là vous devez le connaître pour avoir pesté quand il s'accroche à vos vêtements ou cheveux par leurs petits aiguillons renversés.
En plus il se mélange à la végétation environnante, s'appuie sur les autres espèces. Bon, la version jaune demeure intéressante à presser, la blanche devient plutôt sombre mais elle est tellement vivace et présente que ce serait dommage de l'ignorer. le gratteron c'est pour le fun, pour embêter les copains.
Les silènes. Honneur à cette famille des œillets (on avait déjà évoqué les stellaires qui recouvrent ardemment les fossés en ce moment) dont cette variété s'impose en cette fin avril sous ses variantes, blanches, rouges ou maritimes.
D'abord le compagnon blanc-silene alba : tige droite à grande fleurs blanches à cinq pétales échancrés jusqu'à mi-longueur – bords des champs, sur les talus, feuilles pointues, ovales.
A la même période, le compagnon rouge – silene dioica, plutôt en sous-bois, à l'ombre.
Il conserve très bien sa couleur. A noter que ces fleurs se mettent moins en massifs que les stellaires. Pour le pressage et le mouvement des herbiers, il y a encore mieux, c'est la lychnis fleur de coucou – lychnis flos-cuculi (rien à voir avec la primevère du même nom). On la trouve plutôt dans les prés humides, entre l'époque cardamine et celle de la reine des prés, donc plutôt vers juin, mais puisqu'on est dans les œillets, allons-y.
Les feuilles sont un peu similaires mais les fleurs sont intéressantes, rose vif, comme un peu chiffonnées, avec lobes très irréguliers et étroits qui donnent cet aspect déchiqueté. En séchant, le rose vif devient jaune pale, mais le mouvement demeure. On reviendra sur les silènes maritimes quand on fera un tour en bords de mer.
Allez, un petit coup de jaune encore.
La chélidoine – chelidonium majus (famille des pavots) Et celle-là pour rester jaune, elle reste jaune, même sur les mains quand on la cueille. Appelée aussi "grande eclaire", ou plus communément" herbe aux verrues" car la sève, appliquée sur les verrues a la réputation de les réduire en 8 jours. C'est ce suc qui teinte les doigts. Dangereux en usage interne. Elle s'adapte particulièrement aux friches, terrains incultes.
Une autre qui s'adapte aussi sur les terres abandonnées, sur toutes les surfaces d'ailleurs tant qu'à faire, le
laiteron des champs – sonchus arvensis. Et revoilà la grande famille des composées jaunes, celles qui poussent partout, s'adaptent, variétés difficiles à étiqueter à moins d'aller devant la plante avec deux ou trois livres pour comparer et différencier les épervières et autres crépides (ah si les crépides ce sont celles qui s'accrochent désespérément en aout-septembre sur les pelouses quand toutes les autres herbes ont grillé).
La prochaine fois, on s'attaque aux ombellifères et un peu de couleur avec les pervenches, pensées sauvages et autres violettes et myosotis.
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