17.10.2006

une enfance en centre bretagne 59 - ode à la galette saucisse

Ode à la galette saucisse
Les crêpes en centre Bretagne, c'était commun, pas autant que le pain de deux bien sûr, mais presque, avec souvent ce petit goût de placard typique depuis que le garde-manger avait malheureusement disparu des cuisines. Nous mangions les crêpes de froment ou de blé noir plutôt froides, recouvertes de beurre (évidemment) et trempées dans du café-chicorée. Les crêpes par douzaines, en sachets, étaient un des must de tout "mern" (goûter) qui se respecte. Dans les magasins on en trouvait des dizaines de variétés avec presque toujours les mentions "fait main", "pur beurre', et pratiquement la seule façon de les différencier était le village de fabrication. C'est ainsi qu'on pouvait entendre "tu me ramènes des crêpes de Plounévézel, ou de Kergloff, ou de Mael Carhaix ? ".
Nous les consommions très rarement chaudes, dans le style salé et plutôt blé noir avec des œufs et du jambon, ou sucré et froment avec du chocolat par exemple. Cela restait l'apanage des crêperies, c'est à dire d'une sortie de temps en temps, notamment quand on passait toute la journée au marché de Carhaix.
C'est pourquoi lors de mon arrivée en Ille et Vilaine (presqu'à l'étranger quoi) mon premier sujet de satisfaction a été la découverte des "galettes de blé noir", épaisses, lourdes, tellement qu'ils n'en mettait que six par sachet. Je dois avouer que j'ai été conquise par cette forme. Et si je reste fidèle au goût incomparable des crêpes de froment légères du Finistère, j'ai adopté la galette de blé noir de Haute Bretagne. Et celle-ci se prête merveilleusement bien à la préparation chaude avec œuf, jambon, champignon etc. Un repas complet vite trouvé et toujours apprécié.
Mais le must du must reste la fameuse galette-saucisse. Une institution en elle-même qui a même son site de sauvegarde. Elle est omniprésente sur tous les marchés, et aucune kermesse ne peut se passer de son stand de galette-saucisse, ni les clubs de foot amateurs du dimanche. C'est le sandwich du coin. Une bonne saucisse charcutière chaude, grillée enroulée dans une galette plutôt froide et le tour est joué. Ça tient bien en main, peut se manger en marchant entre des étals, mélange de chaud et froid, de viande et de céréales, de croquant et de spongieux. Parfois un peu de moutarde pour donner un peu de piquant mais c'est presque sacrilège. On voit même parfois le dimanche, devant un café perdu d'un village perdu, un parasol planté avec deux tréteaux et une planche, un grill d'où s'échappe de la fumée et une bonne odeur et un panneau : "arrêt galettes saucisse". Elle est réellement inimitable. Certains touristes ou parisiens en achètent parce que ça fait couleur locale et furieusement tendance, mais les vrais amateurs, et ils sont légion, ne se lassent pas de ce met simple.
Mais par contre je reste fidèle aux crêpes de froment du Finistère, et en ramène plusieurs paquets du Leclerc de Carhaix quand j'y retourne. (Car les crêpes de Haute Bretagne ressemblent plus à celles que l'on fait soi-même à la poêle, d'ailleurs elles sont parfois appelées crêpes parisiennes, c'est pour dire)

05.08.2006

une enfance en centre bretagne 46 - du hénaff comme madeleine

Du Henaff comme madeleine

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Cet après-midi, je me constituais des sandwiches avant d'aller au match Rennes/Lille. Des sandwiches au paté Henaff et est remonté tout un passé odorant et gouteux.
En ce qui concerne mes imprégnations bretonnes à travers les sens :
L'odeur ce serait celle de la reine des prés ou du fumier d'étable (si, si!)
La vue une fin d'après midi d'automne sur une route de campagne après la pluie, vaguement vallonnée, avec champs verts et clôtures, le gris de la pierre soutenant le bleu foncé de l'ardoise sous un ciel chargé et changeant.
Le son, quelques notes de bombarde, ça suffit.
Et le goût, le goût, ce serait les groseilles du jardin, ou le lait très frais, tiède, presqu' écoeurant et surtout le paté hénaff.
Les bretons ont toujours été amateurs de charcuterie, mais celle-ci se limitait essentiellement au lard car celui-ci pouvait être conservé longtemps dans les saloirs, tenait bien au corps par le mélange finalement savamment dosé de gras et de maigre et convenait au modeste budget des ouvriers agricoles. Il y avait aussi quelques andouilles et des terrines de campagne cuites au four à l'occasion d'un abattage de cochon.
Puis dans l'ensemble la charcuterie était achetée dans les magasins spécialisés du bourg ou à la coupe chez Leclerc, et souvent en tranches répétitives (10 tranches de saucissons à l'ail, 10 tranches d'andouille, 10 de jambon etc..) à l'occasion d'un repas familial à venir.
Mais de toutes façons, il n'y avait pas à s'inquiéter car on avait tout le temps dans les placards du paté Henaff. La fameuse petite boite bleue. Au départ prévue pour des pique-niques, quand on allait à la mer, elle a fini par détrôner même les tranches de terrine du charcutier. D'ailleurs quend on demandait "est-ce qu'il y a du paté ?" c'est du Henaff qu'on parlait. Sinon on précisait, du paté de foie, du paté de campagne, de la terrine. Mais le paté c'est la boite bleue. Car elle n'a pas son pareil. Aucune autre saveur charcutière ne lui arrive à la cheville. Très connue des marins car se conserve longtemps, elle avait aussi fait son trou dans les sandwiches des paysans lors des moissons. Un bout de pain de deux et une tranche de Hénaff et c'est le régal (avec aussi un cornichon, car on en avait toujours plein de ces bocaux). Si on pouvait rajouter un bon verre de vin rouge, c'est encore mieux, mais chez nous, on n'était pas spécialement amateur/connaisseur de vin et tout ce que j'ai vu trôner comme bouteille, c'est du "Père Benoit", litre étoilé et consigné, mélange de vins de la communauté européenne conditionnés près de Morlaix. Ce n'est pas en Centre Bretagne que j'ai fait mes armes œnologiques. Mais je suis incollable sur les cidres.
A l'époque, pour ouvrir la boite bleue, il y avait une petite bande de métal, qu'on déroulait facilement et qui faisait apparaître un couvercle épousant bien la forme de la boite, ce qui la rendait hermétique. Pratique pour ensuite conserver le pâté (car on achetait des très grosses boites). A l'intérieur, un petit mélange de gélatine et graisse blanche encadrant un pâté de couleur rosée (c'est fait avant tout à base de jambon), ce qui rebute parfois les non habitués, (ce n'est donc que ça ?) avec une odeur qui "accroche" tout de suite (et qui elle aussi peut rebuter certains, au départ). Mais quand on le mange, tout le monde tombe d'accord. Y'a pas photo. On a quand même essayé d'autres marques, du Joseph Larzul par exemple (très bon aussi), ou même d'autres spécialités de chez Hénaff comme leurs rillettes, mais on revient toujours au même.
Sauf que, sauf que, quand les directives européennes ont imposé un autre système de fermeture, avec languette classique et couvercle que l'on jette, eh bien c'est comme s'il y avait autre chose de parti avec la petite bande de métal, comme si le goût n'était plus exactement le même. Les fabricants de Pouldreuzic bien sûr nous rétorquent que rien n'a changé et c'est sans doute dans ma tête, mais quand même.
(j'ai lu sur un forum d'"An Tour tan", que certains mangeaient le Hénaff chaud au micro ondes, ou avec une galette de sarrasin. Bizzare. Ce doit être bon aussi avec des pommes de terre "Mod coz" – voir recette précédemment- j'essaierais, parce que même avec un nouveau système de fermeture, j'ai toujours du pâté Henaff dans mes placards)

08.06.2006

les fourneaux n'en peuvent plus sur le net

réseaux gourmands
J'aime la cuisine, faire la cuisine, manger la cuisine, aller au resto, cuisiner pour les amis, aller manger chez les amis, découvrir de nouvelles saveurs, manier les mélanges, bref c'est sans fin.
Amatrice entre autres de cuisine bio et asiiatique et venant tout juste d'acquérir un Wok, et je cherchais sur la toile des recettes sur ces thèmes, car les bouquins feuilletés ici et là ne me convenaient pas trop (à part Brigitte Fichaux pour le bio et Ken Hom pour le Wok)
En réalité il est rare qu'un livre de cuisine me corresponde du début à la fin. Il y a toujours des ingrédients que je trouve sur ou sous exploités et j'ai ainsi accumulé des ouvrages achetés au gré des marchés, et dont j'utilise une ou deux recettes et pas plus.
Donc le net vient pallier les feuilles volantes collées bon gré dans des classeurs, et c'est un vrai trésor. peut-être même trop.
Car c'est là que je me prends au piège, c'est à dire qu'une page en entraine une autre, un lien saute sur un lien, et je finis par avoir du mal à canaliser, ne me rappelant même plus ce que je cherchais au début.
Il m'était arrivé le même phénomène avec les polars, où, jetant un coup d'oeil sur les commentaires des internautes sur Amazon.com au sujet d'un livre (à l'époque c'était Harlan Coben), j'avais lu des évocations d'autres auteurs ou livres, où là encore les commentaires me renvoyaient à d'autres, etc.. et c'est ainsi que je suis arrivée à découvrir avec ravissement Henning Mankell, Dennis Lehane, Val McDermitt, Michael Connelly bien sûr et Douglas Preston..
Donc, partant d'un blog bio , je suis arrivée dans une forêt enchanteresse, car après avoir regardé un peu les dernières recettes à base de quinoa ou pois chiches, je suis allée cliquer sur les "blogs qu'on préfère" et alors là, c'est ali-baba. pour tous les gouts, toutes les saveurs, du débutant au spécialiste, du chinois (plein de trucs sur le Wok) avec des personnes qui reviennent souvent comme Scally ou d'autres blogs de référence. C'est presque trop, j'imprime, j'imprime, mais c'est ensuite le classement et la réalisation qui va poser problème..
Le retour aux feuilles volantes ?
En tous cas, quelle richesse !