11.06.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 11

Dans la série des fleurs cousines, celles que l'on confond allègrement avec d'autres de la même famille mais qui ont cependant d'énormes différences il y a en ce moment :

medium_matricaire.jpgLa matricaire communematricaria perforata, une grande dame (40 cm environ) encore que l'on voit apparaître partout et même qu'on se dit : "encore des marguerites" ou alors de grandes pâquerettes. Elle se dresse ou s'étale sous forme de multi pâquerettes élancées, avec des feuilles à segments filiformes. Elle se sent pas à l'inverse de sa cousine, la petite matricaire odorante- chamomilla suaveolens medium_matricaire_odorante.jpgC'est en fait une variété de camomille, avec des têtes florales coniques et creuses et qui sent d'ailleurs très fort et très bon. Elle aurait été dit on introduite en Grande Bretagne de l'Oregon vers 1871.

medium_seneçon_jacobée.jpgEt puis le séneçon jacobée - senecio jacobaea tout jaune, qui s'élève. là aussi on aurait plutôt envie de dire : encore une crépide. Et puis non, les fleurs se regroupent en tête, pour faire un peu comme un bouquet jaune, fait de plusieurs petites fleurs lâches bien jaune-ocre.
Les variétés cohabitent ensemble, même si les marguerites et les crépides sont déjà apparues depuis un moment, elles sont tenaces. Vaste famille que ces composées.


medium_trèfle_rouge.jpgEt puis le trèfle rougetrifolium pratense qui vient damer le pion à son congénère blanc, qui lui sévissait déjà depuis longtemps. Il y en a qui se font attendre. En fait de rouge, il serait plutôt rosé et virant vite au brun au soleil. 20 à 30 cm, très fréquent au bord des routes et dans les champs



Une variété dont on n'a pas encore parlé, la mauve, et qui fait son apparition remarquée en deux versions à savoir mauve musquée et mauve sylvestre.

medium_mauve_sylvestre1.jpgLa mauve sylvestremalva sylvestris , contrairement à ce que son nom laisserait supposer, ne pousse pas spécifiquement dans les bois mais a également apprivoisé allègrement les terrains vagues et bords de rond-point. Elle est plus haute que sa cousine et plus foncée aussi, avec des espèces de stries, couleur pourpre rosé pale à foncé, groupées par deux.C'est une plante médicinale longtemps employée comme émollient pour traiter les inflammations de la peau et des yeux, mais aussi appareil respiratoire.. Généreuse en couleurs et en fleurs, elle se trouve très bien dans tous les herbiers.
medium_mauve_musquée1.jpgSa cousine, la mauve musquéemalva moschata (elle aussi officinale) est assez fréquente aussi au bord des routes. Les fleurs sont beaucoup plus claires et la forme des feuilles est bien découpée et elle fait un bon duo, il est intéressant de les cueillir ensemble (feuille et fleur). Tout comme il est judicieux de placer les deux variétés de mauve sur un herbier.

02.06.2007

Les indispensables fleurs de jardin

Durant toutes ces années de création artisanale, nous nous sommes aperçus que les coloris variés et vifs apportés par les fleurs dites de jardin, se révélaient d'une aide précieuse, voire carrément indispensable. Surtout pour les petites compositions telles les bijoux, boites ou signets. Et donc régulièrement on a semé, planté et acheté sur les marchés (ou cueilli dans des jardins amis, voire certains parterres municipaux) les incontournables que voici, en vrac, sous forme de liste :

medium_myosotis_jardin.jpg-Myosotis des jardins (couleur plus foncée que ceux des bois). On ne cueillait que la fleur pour une destination bijoux (broches, médaillons etc ) et avec une pince fine, on pouvait en placer une bonne centaine par feuille d'annuaire.


medium_alysse_corbeille_d_or.2.jpgmedium_alysse_odorante.jpg-Alysses jaunes (corbeille d'or), blanche (corbeille d'argent) et violette ou pourpre (les appellations "nuit d'orient" ou "purple queen" – les jardineries savent toujours trouver des noms aguichants pour leurs semences). On les cueille telles quelles, elles conservent fidèlement leur couleur et ensuite avec une aiguille de seringue on les sépare pour agrémenter une composition, combler des interstices. Elles sont impeccables pour cela.


medium_bleuet2.jpg- Bleuet. Ce qui est bien avec les centaurées bleuet des fleuristes, c'est qu'on en trouve des bleu foncé, mais aussi des roses, des pourpres, des blancs. Idéal pour donner des mouvements bariolés.


medium_centaurée_des_montagnes.2.jpg- dans la famille centaurée, il y a aussi celle des montagnes mais qui est massivement vendue en jardinerie et qui reste vivace, et dont les pétales sont plus longs et plus découpés. D'un mauve clair


medium_heuchera.jpg- Les heucheras, celles qu'on préfère sont connues sous le sobriquet" pluie de feu" et ça leur va plutôt bien. Elles s'élancent, droites, au dessus des autres avec un rouge carmin flamboyant. Il y en a des plus roses aussi, avec des pétales plus clairs que la tige, c'est rare, et qu'on surnomme "désespoir du peintre" car le coloris serait très difficile à rendre en peinture.



medium_crocosmia2.2.jpg- Dans le même style, les crocosmias, connus aussi sous le nom de montbriétia. C'est la fleur des jardins celtiques, on en voit plein en Irlande également. D'un orange incroyable, en épi, avec des feuilles longues


medium_pavot_de_californie2.jpg- Toujours dans le orange (que voilà une couleur qu'on ne retrouve pour ainsi dire pas à l'état sauvage ! bizarre) il y a aussi le pavot de californie.


- et puis le souci officinal – le calendula (qui sévit aussi en jaune) et qui se révélait idéal pour medium_souci.jpgilluminer l'herbier, formant comme un soleil. Mais attention à le cueillir très jeune et pas épais, car après les étamines se détachent et tombent en plein de bouts et les pétales aussi, par morceaux.


medium_verveine2.jpg- les verveines. Alors là on a le choix, des roses, rouges, violettes etc certaines avec un cœur blanc au milieu, d'autre pas, à vous de choisir. Les rouges vif nous semblaient les mieux. Mais un mélange est agréable.



medium_lobelia.2.jpg- les lobélias. Un beau bleu, certaines sont très vives, d'autres plus pâles avec aussi un cœur blanc.



medium_pensées_sauvages.jpg- les pensées sauvages et les pensées classiques. Les premières sont intéressantes par leur petite tailles avec des feuilles bien proportionnées. Bel ensemble, du violet et du jaune, rappelant leurs congénères sauvages.
medium_pensées.2.jpgMais les pensées "classiques' se prêtent à mille versions et mille couleurs. Que l'embarras du choix et en outre elles fleurissent longtemps, y'en a toujours



medium_pied_d_alouette.2.jpg- les delphiniums ou pieds d'alouette. On les achetait sur les marchés et on pouvait attendre pour les cueillir. De toutes façons, ils se prêtent bien au séchage, c'est même son utilisation première, en bouquets. Mais pressés, ils sont bien aussi, sauf qu'il vaut mieux là aussi cueillir du jeune et du frais car sinon, à force de trop bien sécher, ils s'effilochent et le pétales tombent. Mettre les têtes à sécher avec quelques feuilles car elles sont fines et bien découpées. Par contre la tige ne sert pas beaucoup, sauf si l'on veut garnir un herbier en longueur, mais presser une petite fleur car la tige demeure épaisse.


medium_hortensia_bleu.jpg- L'hortensia, fleur de pays. Comment ne pas l'oublier. Surtout qu'il décline ses coloris mauves et bleus partout, dans le moindre village et qu'avec une tête, on peut remplir une page. Presser en détachant les fleurs une à une. C'est facile. Mais ignorer celles qui commencent déjà à virer au sec et au rouille. Prendre celles du milieu plus petites et qui ont encore plus de couleur car ne sont pas restées longtemps à la lumière. Bien sûr préférer les bleues, celles qui se déploient massivement (et c'et le cas de le dire) à l'ombre des chapelles finistériennes par exemple. Celles dont on dit qu'elles sont bleues car poussent sur de la terre d'ardoise. Et c'est exact que des hortensias bien bleus, achetés par ici, dans le Nord de l'Ille et Vilaine, virent au mauve l'année suivante et finissent par devenir irrémédiablement roses.


medium_groseiller_à_fleurs.2.jpg- Le groseillier à fleurs, une des premières de printemps pour agrémenter un herbiers par le haut, vu qu'il est pendant.



medium_fuschia.jpg-Pareil avec la fuschia. Ah que voilà une indispensable et qui fleurit aussi à n'en plus finir et tardivement. Les abeilles en raffolent, on se faisait concurrence. Pour faire une sorte de "retombée" sur une compositions c'est génial. Presser aussi quelques feuilles, elles sont pas mal Préférer la variété classique, fine et rouge vif, et pas les très grosses pourpres qui font un peu pâté ensuite.



medium_bruyère.2.jpg- A la toussaint, les bruyères en pot ont de belles variété rose très soutenu qui servent à tout. Vraiment à tout, même les petites bagues. Ne pas hésiter à en presser, comme ça, avec la tige et tout



medium_monnaie_du_pape.2.jpg- La monnaie du pape au printemps et les giroflées des dunes, (plus vives que leurs cousines sauvages des bords de mer) mais pas les giroflées classiques.





medium_feuilles_achillée.2.jpgUn retour rapide quand même dans le sauvage pour dire que, du moins dans la composition de bijoux et de petites boites, aucune de ces fleurs n'auraient de sens sans l'indispensable liant vert : la feuille d'achillée. En plus la nature et tellement généreuse qu'elle nous en met partout. Qu'on marche dessus sans arrêt. Et qu'on peut même devenir difficile pour trouver la plus découpée, la plus verte, la plus tendre etc.. vous en mettez quelques unes dans des pages et elles vous servent pour beaucoup d'articles. Il faut la couper et la redécouper avec une aiguille.


medium_carotte_sauvage2.jpg- Un autre liant ou agrémenteur, venu du sauvage, c'est l'ombellifère blanche, style janotte ou carotte sauvage. Pareil redécoupées finement. Et les jeunes feuilles de janottes sont interessantes pour la composition.


Voilà, prochaine fois, retour vers les fossés où se commencent à se déployer les dernières fleurs (déjà eh oui !) notamment les roses avec les familles des mauves, épilobes.

31.05.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 10

Début juin
Flamboyant

C'est bien le mot qui convient pour le roi incontesté des herbiers (et il ne peut servir qu'à cela vu l'extrême grandeur de la fleur.) D'ailleurs, pour commencer un tableau, c'est d'abord un coquelicot qui y était posé, de préférence vers le milieu, car ainsi il dirigeait les places restantes et les mouvements à venir. Ensuite c'était pas mal de placer une autre grande fleur, plutôt longue, bordant un coté du tableau, par exemple une salicaire (on y reviendra vers juillet-aout, c'est une des dernières fleurs à fleurir sur le chemin. Les épilobes sont bien aussi (pareil, poussent plus tard) ou alors les digitales.

medium_coquelicot.jpgDonc par quoi on commence : le coquelicotpapaver rhoeas (famille des papavéracées).. Il déploie son rouge éclatant alors qu'on le croyait perdu en Bretagne après l'utilisation des herbicides dans les années 70. Eh bien non seulement il revient, mais pousse partout jusqu'à la moindre décombre, sur les bords des quatre-voies et bien sûr dans les champs qui n'auront jamais été aussi rouges. Très, très délicat à cueillir. Le temps que vous arrivez chez vous, et plusieurs pétales sont déjà tombés ou fripés. Alors, mieux vaut aller cueillir la fleur avec directement les feuilles ou l'annuaire, pas trop grosse quand même car ferait un trop gros pâté sur l'herbier, et là encore plutôt jeune, la capsule est moins épaisse et le plus rouge carmin possible, car ensuite il vire au plus foncé, et comme le pressage rajoute encore un coup de foncé, eh bien il peut y avoir quelques déceptions. Mais pas beaucoup, car le coquelicot garde quand même son coloris. Mais alors attention en le détachant, car il a tendance à rester bien collé au papier et les pétales semblent si fines qu'elles peuvent se déchirer. A décoller lentement, puis à recoller pareillement. En ce moment commence sa glorieuse époque. Les feuilles pennées, dentelées, à lobes étroits et profonds rendent bien aussi. Les fleurs à quatre pétales écarlates sont tâchées de sombre à la base et la tige est bien velue. Environ 50 cm.

medium_digitale.jpgLa digitale pourpredigitalis purpurea, appelée aussi grande digitale, ou gant de Notre dame (c'est joli) . Elle aussi s'élève fièrement au bord des routes et chemins et dans les clairières, gardant quelques distances avec ses congénères. Pratiquement un mètre de haut, une tige très épaisse avec des feuilles alternes et des fleurs tubulaires, en longs épis, style cloches rose foncé avec un intérieur à tâches blanches et noires. Cloche d'abord presque fermée, s'ouvrant au fur et à mesure de la croissance. J'ai déjà raconté l'anecdote de mes années d'enfance au bord des chemins en essayant de faire "claquer ces fleurs" en tenant fermement les deux extrémités et "clac". medium_digitale_1.jpgCeci étant, c'est une plante vénéneuse, médicinale, la digitaline étant utilisée pour traiter certains troubles cardiaques. Mais malheureusement au pressage, les fleurs conservent mal leur couleur et virent au marron, surtout si elles sont pressées avec la grosse tige bien grasse. Mieux vaut faire sécher les fleurs une à une et les disposer ensuite sur l'herbier dans les coins par exemple. Ou alors en choisir des très jeunes et très fines (en général, cela va ensemble)


medium_jasione.jpgL'autre jour, dans la série bleue, j'avais oublié la jasione- jasione montana et je m'en veux car elle a pour moi une connotation symbolique, étant en effet la fleur que je persistais à appeler bleuet pendant mon enfance (alors le vrai bleuet avait quant à lui disparu). Alors qu'elle n'appartient même pas à la famille des centaurées mais à celle des campanules. Mais elle ne ressemble pourtant pas à une campanule. Poussant dans les fossés, elle avait une odeur un peu forte qui sentait la campagne. Oui oui il y a des fleurs qui pour moi "sentent plus la campagne que d'autres" allez savoir pourquoi, le meilleur exemple étant la Reine des prés, définitivement associée à toutes les prairies. Pour revenir à la jasione, elle serait plutôt discrète, elle n'est pas souvent citée dans les livres de vulgarisation, mais continue sa présence persistante et semble t'il très ancienne, avec des fleurs bleues en capitules globuleux au bout d'une tige pratiquement glabre. Il faut la repérer, elle est petite et souvent cachée, assez isolée, au milieu des graminées.

medium_fougere.jpgActuellement les fougères – dryopteris filix mas (fougère male) commencent leur gigantesque expansion et c'est à présent qu'elles sont intéressantes à cueillir, quand on peut choisir le feuilles au vert tendre et des dentelles de petites tailles. Facile à presser, une simple feuille peut servir à plein de choses car on les recoupe comme on veut. Moi j'en plaçais trois ou quatre dans un coin de l'herbier (en bas à gauche par exemple) et un effet champêtre avec mouvement était tout de suite trouvé. Bientôt elles seront trop grandes avec un vert trop sombre et trop lisses. Par contre pour les toits des cabanes ce sera parfait. Et quand elles poussent, elles poussent si bien qu'on ne les voit plus en tant que fougères mais élément de verdure, comme l'herbe ou les graminées.



La prochaine fois, on laisse de côté momentanément fossés et prairies pour un tour d'horizon des fleurs indispensables qu'il faut planter dans son jardin pour s'en servir ensuite dans les compositions florale pressées. Les incontournables des incontournables, les lobélias, alysses, verveine etc..
De multiples formes et couleurs très soutenues. Précieux alliés.

21.05.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 8

Mi-mai déjà
medium_minette.jpgDans le genre tellement petit qu'on marche allègrement dessus et ne la voit même pas, et se mêlant aux paquerettes, dans les lieux incultes : la minettemedicago lupulina, famille des légumineuses. En fait un mini trèfle, à tête bien jaune, rampant, présent au milieu de l'herbe. Avec bien sûr les feuilles similaires à celle du trèfle, mais avec souvent une sorte de tache au milieu, et pas plus d'espèces à quatre feuilles que les autres.


medium_geranium_mou.jpgEt le géranium mou- geranium molle, la plus petite variété de cette famille, aux fleurs rose clair., parfois presque blanches. Très répandu dans les champs et au bord des chemins. Là aussi on marche allègrement dessus.



medium_lotier_corniculé.jpgEt puis leurs grands cousins. D'abord, dans la grande famille des pois, variété luzernes, on trouve le lotier corniculélotus corniculatus, appelé aussi pied de poule. Bien jaune lui aussi, parfois avec des connotations rougeâtres. Il s'étend aussi dans les fossés, terrains vagues, bords des pelouses, là où l'on n'a pas tondu.

Emedium_geranium_sanguin.jpgt puis les géraniums ont aussi leur grande cousine (50 cm quand même) au pourpre éclatant, qui se conserve remarquablement bien, peut-être virant au mauve mais c'est l'apanage de tous les pressages en général : le géranium sanguingeranium sanguineum. Enfin il faut le chercher quand même car il préfère les lieux ombragés, les bords de mer, sous bois. Mais ça vaut le coup.


medium_herbe_à_robert.jpgEnfin je ne peux pas quitte cette famille de géraniums sans un de mes préférés, peut-être parce que c'était les premières fleurs que je trouvais sur le chemin qui menait à nos champs : l'herbe à robert, appelée aussi herbe à esquinancie – geranium robertianum. La feuille est différente, devenant un peu rougeâtre, avec une fleur qui s'élève en solitaire (45cm environ de haut) et elle a une plus forte odeur que les autres. On la trouve dans les endroits plutôt ombragés. Il y a un peu ma même variété au bord de la mer : le bec de grue maritime- erodium maritimum.

medium_fumeterre.jpgQuittons cette famille des geraniums, qui sont tellement variés et se dessinent sous tellement de forme que vous devez au moins en croiser un quelque part (et ils conservent tous leur couleur au séchage) pour évoquer une fleur méconnue et plutôt délaissée. C'est vrai que la forme est un peu spéciale et elle ne rend pas terrible en bouquet, mais elle est omniprésente en cette période au bord des fossés : le fumeterre officinal fumaria officinalis. Il fait en réalité partie de la famille des papévéracées, qui l'eut cru, et elle a tendance à se reposer sur les plantes voisines, étant elle même assez molle. Les tiges sont presque glabres et les fleurs sont bien caractéristiques, éperonnées, de couleur rose avec extrémités plus foncées. Il paraît qu'on l'utilise en infusion pour guérir la jaunisse et autres troubles du foie.





medium_morelle_douce_amère.jpgAh et voici une superbe touche de couleur dans un herbier avec la morelle douce amèresolanum dulcamara. Famille des solanacées. Un violet et un jaune bien vifs avec en outre une forme de fleurs originale, en panicules lâches, pétales recourbés en arrière et une anthère en colonne très saillante. Elle peut atteindre 2m, rampante, là aussi cachée dans des buissons, terrains vagues. Depuis des siècles les baies font l'objet de superstitions et dans le tombeau de Toutankhamon on en a trouvé un collier. Elles sont très vénéneuses. Et comme souvent, c'est une plante médicinale. Mais la couleur et la taille sont originales, même pour de petites inclusions.

medium_epiaire_des_bois.jpgEnfin, dans la grande famille des labiées (variété des sauges), outre les orties et leurs fleurs à peine visibles, apparaît en mai l'épiaire des boisstachys silvatica, que l'on devine à l'odeur, plutôt forte, et qui aime bien aussi le voisinage de l'eau. Très haute et bien dressée. fleurs pourpres, à tâches blanchâtres, en épis verticillés non feuillés.




La prochaine fois, on fera dans le bleu avec les véroniques, polygala, lins et puis les centaurées, bleuet et jasione et peut-être la flamboyance des coquelicots.

14.05.2007

herbiers des campagnes bretonnes 7

Au bord de la mer

Les côtes bretonnes ne sont pas les plus chatoyantes au niveau coloris de fleurs. Celles-ci en règle générale sont de la même famille que leurs congénères champêtres, mais plus rabougries, plus duveteuses et épaisses.
medium_euphorbe_maritime.jpgAinsi l'euphorbe maritimeeuphorbia paralias, à la tige plus rouge et aux fleurs plus minuscules que celles des haies, qui semble sortir bien costaud du sable ou de terrains arides. Elles ont en outre plein de feuilles pointues concaves du coté de la tige.

medium_silène.jpgPareil pour les silènes maritimessilene vulgaris maritima , famille des stellaires, avec des feuilles grisâtres en paires, beaucoup plus basses, formant des tapis, avec un renflement plus prononcé.

medium_luzerne_maritime.jpgLes trèfles et luzernes ont aussi leur variété maritime : la luzerne maritimemedicago marina Plante couchée et rampante qui s'accrochent au moindre petit bout d'herbe sablonneuse, parfois on croirait qu'il pousse sur le sable. Très fréquent, si bien qu'on le repère à peine.


medium_gitoflée_des_dunes.jpgLa giroflée des dunesmatthiola tricuspidata est une des versions maritime de cette grande famille des crucifères Très belle fleur qui présente oh combien dans un herbier dont le ton restera quand même plus palot qu'un herbier sylvestre par exemple.

medium_roquette_de_mer.jpgLes crucifères ont la côte en milieu marin car on y trouve est la fameuse roquette de mer, ou coquillier maritimecalkile maritima (sorte de cardamine des bords de mer) medium_chou_marin.jpgainsi que la crambe maritime ou chou marincrambe maritima qui pousse en gros massifs en plein milieu du sable et la mini version est l'alysson maritime – lobularia maritima, qui medium_alysson_maritime.jpgse serait en fait développé à partir des jardins. Les alysses, qu'elles soient blanches, jaunes ou violettes ont toujours constitué une base des inclusions florales. Elles forment des massifs ras, bien fournis et rampants.


medium_liseron_des_dunes.jpgLe liseron des dunes- calystegia soldanella se remarque bizarrement plus que son confrère des champs, lequel a c'est vrai tendance à se mélanger aux plantes ou arbustes voisins en s'y entortillant, alors que la variété des dunes semble sortir directement du sable avec des pétales de belle teinte rose aux stries blanches.


Dans le style fleur qu'on voit partout mais qui se plait bien au bord de mer en plus robuste, il y a aussi le géranium sanguin (voir note précédente), la petite centaurée du littoralcentaurium littorale medium_petite_centaurée.jpget la carotte sauvage. (on y reviendra, elles poussent plutôt vers juillet)



medium_serpolet.jpgainsi que le serpolet - thymus serpyllum, plante basse gazonnante qui se plait bien en arbrisseaux très ras au bord des dunes. Là aussi on marche allègrement desssus, comme tant d'autres fleurs. Il y en a plein du côté des sables d'Or.




Et il y a les spécialités :

medium_spergulaire.jpgLa spergulaire des rochersspergularia rupicola , fleur à 5 pétales, rose aussi (décidément y'a pas beaucoup de fleurs bleues au bord de la mer). Elle pousse vraiment sur les rochers, sur les falaises, faut le faire, belle fleur mais difficile à faire presser en raison de la tige et des feuilles très grasses et épaisses.

medium_armerie.jpgL'armérie maritimearmeria maritima (famille des œillets) appelé aussi gazon d'Olympe qui colore falaises de rose avec une tête bien compacte et une assez longue tige glabre. C'est une fleur assez épaisse et qui donc ne permet pas de l'inclure sous résine, mais dans le cadre d'un herbier marin, elle est d'un meilleur effet. Comme toutes les fleurs épaisses, s'y reprendre en plusieurs étapes pour bien aplatir. Elle est incontournable, omniprésente et c'est tant mieux.

medium_pavot_cornu.jpgUne autre fleur typique des dunes c'est le pavot cornu ou glaucière jaune- glaucium flavum. Sorte de coquelicot jaune, avec là encore une tige forte, une feuille épaisse et une espèce de terminaison courbe, d'où le nom. Comme les coquelicots, les pétales des fleurs sont très délicats et tombent facilement de la main lors de la cueillette. De même ils ont tendance à bien coller à la feuille d'annuaire tellement ils sont fins, et ils sont à manier avec précaution après le séchage. On les trouve souvent au milieu des ajoncs, ce qui ne manquent pas d'égratigner un peu les jambes.

medium_pompon.jpgLa star des dunes c'est quand même la lagure ovalelagurus ovatus (famille des graminées) que l'on connaît sous le nom de pompon ou de queue de lièvre à cause bien sur de la terminaison duveteuse marron ovale et qui plient en groupe devant les vents dominants. Là aussi préférer les fleurs plus petites car bien qu'elles soient faciles à presser (s'y reprendre à plusieurs fois quand même pour bien presser l'herbier, car la fleur épaisse se rétracte d'abord un peu et il est nécessaire d'y revenir pour l'aplatir réellement) et qu'elles gardent leur couleur, elles risquent néanmoins de faire du jeu sous la vitre.

medium_lavande.jpgEt la lavande de mer- limonium vulgare , qui forment des taches roses sur les grèves à marée basses et qu'on a pris l'habitude de cueillir surtout pour les bouquets secs sous le nom de statice.



Et puis il y a toutes les bruyères mais cela fera l'objet d'une future note et de toutes façons elles n'apparaissent que vers juillet-aout.

03.05.2007

herbiers des campagnes bretonnes 6

fin avril-début mai

Et voici qu'arrivent enfin en scène les indispensables accessoires de notre activité florale, indispensables, car par la possibilité de réduction et le maintien de leur couleur blanche, ils pouvaient orner tous les articles, tels bijoux, boites, apportant la touche de finesse et complétant les moindres interstices. J'ai nommé les ombellifères, cette immense famille qui rivalise facilement avec celle des composées par le nombre et par la difficulté à les différencier. Les fleurs sont donc disposées en ombelles, semblables à un parapluie retourné. Souvent les rayons portent eux aussi de petites ombelles composées, aux fleurs très nombreuses. Mais la vraie blancheur et finesse n'est pas l'apanage de tous.

medium_janotte2.jpgPour les articles délicats, le Conopode Dénudé- conopodium majus appelé aussi janotte (ou génotte) est parfait. Il reste bien blanc et même les feuilles peuvent être re-découpées pour en faire un décor. Actuellement c'est celui qui pousse en sous bois, d'environ 60 cm, ne se groupant pas réellement avec ses congénères. Donc feuilles fines, presque filiformes, pennées, fleurs très blanches et duveteuses. Pour les inclusions presser les têtes individuellement. Puis ensuite découper les mini fleurs avec une aiguille. Presser les jeunes feuilles à part. Pour les herbiers, préférer alors de presser la fleur avec la tige et la feuille. Les grosses ombelles sont toujours d'un bel effet, apportant la touche "soleil"(moins quand même que le souci officinal mais on y reviendra) et à cet effet medium_cigue.jpgles grandes ciguës- conium maculatum devraient se révéler encore plus majestueuses. Plantes pouvant atteindre 2m50 cm quand même, mais justement elles sont trop grandes et trop crème et trop pleines d'insectes et l'effet n'est pas garanti comme on pourrait le croire en les voyant de loin. Je me souviens qu'enfant, après avoir lu l'agonie de Socrate je me méfiais de cette plante comme la peste, osant à peine toucher la fleur, bien que ce soit la tige, maculée de pourpre d'où le nom latin (pourtant parfaite pour sarbacane) qui renferme le suc toxique) Et en plus l'odeur est plutôt fétide. Donc pas vraiment indispensable.

medium_anthrisque.jpgL'autre ombellifère très présente actuellement et se présentant en groupe, au bord des routes mesurant près d'un mètre 50 de haut, c'est l'anthrisque sauvage - anthriscus silvestris appelé aussi "cerfeuil d'âne" La différence avec le conopode se voit à leurs feuilles beaucoup plus larges, vert vif. Les fleurs sont moins serrées et donc le blanc se présente moins bien Mais elle est pas mal quand même. On ne peut pas la rater au printemps.
En fait l'autre reine incontestée des ombellifères c'est la carotte sauvage, mais elle ne pousse que vers début juin, donc attendons encore.

medium_achillee.jpgJe ne manquerais cependant pas d'évoquer aussi l'achillée millefeuilleachillea millefolium . Plante médicinale très, très commune partout, sur les pelouses, les talus les lieux incultes. La fleur en elle même est plutôt épaisse et pas très intéressante, blanche ou rosée mais les feuilles sont innombrables, elles jonchent le sol en permanence, vous marchez dessus sans arrêt sans le savoir. C'était la touche de verdure première, indispensable car cette feuille pennée aux languettes courtes et ciselées se découpent en autant de variantes que l'on veut et reste très verte. Très odorante, elle serait appelée ainsi depuis qu'Achille l'utilisa pour soigner ses blessures.

medium_myoso_des_champs.jpgAprès la couleur blanc, voici le bleu avec donc le myosotis, star incontestée des inclusions florales en compagnie de la bruyère, des alysses violettes et jaunes(fleurs de parterre) et donc des ombellifères et feuilles d'achillée. (là vous avez la base essentielle de toutes les compositions)
Les myosotis fleurissent dans les champs ou surtout dans les bois. Le myosotis des champs- myosotis arvensis est un peu décevant, car très clair et fleurs très petites. Le myosotis des boismyosotis sylvatica, medium_myoso_des_bois.jpgque l'on trouve aussi dans des zones un peu humides, pas loin des ruisseaux se révèle plus grand, plus bleu, se rapprochant de ce qu'on peut voir dans les parterres municipaux. Pour le faire sécher, deux façons : soit la fleur entière, avec les feuilles oblongues, que l'on peut ensuite recomposer en bouquet et donner une forme harmonieuse, soit juste la fleur, 5 pétales bien bleus, que l'on détachait avec une pince de laboratoire pour poser directement sur la page d'annuaire. Le myosotis reste très bleu.
medium_pervenche.jpgCe qui n'est pas le cas des grandes pervenches vinca major par exemple. Pourtant la forme est harmonieuse, bien découpée, parfaite. La plante pousse en massif ou en tapis faisant ressortir ses fleurs mauves-bleues à partir leurs feuilles persistantes et luisantes Mais pour une fleur qui reste bleue il faut en cueillir 10 qui virent au marron. Dommage !
medium_violette_2.jpgPareil pour la violette de rivinviola riviniana (plus commune en Bretagne que la variété odeorante) petite, 10 à 20 cm, herbacée glabre aux feuilles cordéiformes en rosette. Difficile de conserver cette couleur violette avec un éperon pale à l'arrière. Pareil, pour en trouver une seule qui demeure, il faut en cueillir plusieurs Dommage encore!

medium_penséee_sauvage.jpgPar contre dans la même veine, celle qui conserve son côté fleur le plus classique c'est la pensée sauvage-viola tricolor minuscule par rapport à nos pensées de jardin qui, malgré leur attrait de couleur, font quand même souvent "gros pâté". Ce mélange-là de jaune et violet est très seyant et la taille adaptée pour plein d'usages. Mais on la trouve peu cette vraie variété sauvage, au lieu de cela les jardineries revendent des pensées sauvages domestiquées si on peut dire. Le résultat en est néanmoins garanti et c'est une des fleurs que je faisais constamment pousser dans l'optique de composition florale sur petites surfaces (avec aussi les alysses (violettes et jaunes) les lobélias (bleus ou roses), les delphinium pied d'alouette, et les centaurées)

medium_oseille.2.jpgEnfin à signaler et vraiment rien à voir, mais y'en a plein, la dynamique des oseilles, qui s'élèvent partout fièrement et qu'on remarque à peine, puisque après tout ce ne sont que des herbes, hein ? Et pourtant l'oseille des présrumex acetosa, avec sa fleur rougeâtre en épis serrées apporte un coté brut très nature A noter que l'oseille avait cette particularité d'étancher notre soif l'été quand on ne trouvait pas de point d'eau. Le côté acide des feuilles ("trink!") faisait saliver et désaltérer.

La prochaine fois un petit tour au bord de mer avec les arméries maritimes
silèmes, pavot cornu

26.04.2007

herbiers des campagnes bretonnes 5

mi-avril/fin avril

medium_vesce_des_haies.jpgVesce des haies- vicia sepium (famille des légumineuses) La fleur en elle-même n'a rien de remarquable, si ce n'est un dégradé de rose-mauve en regardant de près, mais c'est l'ensemble de cette plante grimpante avec ses feuilles, divisées en folioles ovales, très ciselées, parfois courbes et terminées par des espèces de fils fins, qui donne son aspect gracile. On en trouve partout, pas seulement sur les haies, comme le dit leur nom. La variété bleue(vesce cracca), courante en juillet, est encore plus remarquable. On y reviendra.


medium_jacinthe.jpgJacinthe des bois. Scilla non scripta ou Endymion non scriptus. Ah que voilà une fleur qui remporte son succès dans nos contrées. Surtout dans les sous bois qui se couvrent en avril d'une teinte bleue qui tranche avec l'ombre générale ou le verdure des fougères. La "clochette", comme on les nommait, qu'il convient de cueillir à l'ombre et jeune, car ensuite la fleur en cloche s'évase et devient plus pâle, virant presque au blanc. Les feuilles ressemblent un peu à celle de ces plantes à bulbes, un peu comme le muguet qui commence lui aussi à percer, c'est à dire fines, disposées au pied de la tige glabre. C'est bien d'en cueillir quelques unes pour reformer l'aspect penché de la fleur. ça donne un bel air à la composition avec cet air qui encadre les autres. Et le couleur se maintient très bien, ce qui n'est pas le cas des fleurs bleues en général. Par contre le muguet ne vaut pas la peine d'être cueilli, il vire tout le temps au marron. Tant pis.




medium_consoude.jpgLa grande consoude. Symphytum officinale. (Famille des bourraches) Atteint presque 1 m parfois Voilà une fleur qu'il faut réussir à deviner tellement elle est envahie par ses feuilles velues, formant presque un buisson urticant dont raffole les abeilles. Mais la fleur blanche crème, ou rosée, voire violette, dans un bel air penché elle aussi et toujours en cloches, apporte une note courbe et officinale.

Les gaillets Drôle de famille, on ne penserait même pas qu'il s'agisse de fleurs : pas grand chose à dire, ils passent presque inaperçus. On la rangerait dans la rubrique "mauvaises herbes". Et pourtant, bien vivaces, s'accrochant sur toutes surfaces, souvent rampants. Avec une tige solide et des feuilles sombres et étroites, pointues, verticillées, allant par 6 ou 8.
medium_gaillet_blanc.jpgLes fleurs sont en panicules denses, blanc-crème pour le gaillet commungalium mollugo, celui qui couvre nos fossés actuellement , toutes jaunes pour le gaillet jaunegalium verum (appelé aussi caille-lait, j'aime bien ce nom) medium_gaillet_jaune.jpg et plutôt ternes avec petits panicules pour le gaillet gratterongalium aparine. Celui-là vous devez le connaître pour avoir pesté quand il s'accroche à vos vêtements ou cheveux par leurs petits aiguillons renversés. medium_gratteron.jpgEn plus il se mélange à la végétation environnante, s'appuie sur les autres espèces. Bon, la version jaune demeure intéressante à presser, la blanche devient plutôt sombre mais elle est tellement vivace et présente que ce serait dommage de l'ignorer. le gratteron c'est pour le fun, pour embêter les copains.


Les silènes. Honneur à cette famille des œillets (on avait déjà évoqué les stellaires qui recouvrent ardemment les fossés en ce moment) dont cette variété s'impose en cette fin avril sous ses variantes, blanches, rouges ou maritimes.
medium_compagnon_blanc.jpgD'abord le compagnon blanc-silene alba : tige droite à grande fleurs blanches à cinq pétales échancrés jusqu'à mi-longueur – bords des champs, sur les talus, feuilles pointues, ovales.
A la même période, le compagnon rougesilene dioica, plutôt en sous-bois, à l'ombre. medium_compagnon_rouge.jpgIl conserve très bien sa couleur. A noter que ces fleurs se mettent moins en massifs que les stellaires. Pour le pressage et le mouvement des herbiers, il y a encore mieux, c'est la lychnis fleur de coucou lychnis flos-cuculi (rien à voir avec la primevère du même nom). On la trouve plutôt dans les prés humides, entre l'époque cardamine et celle de la reine des prés, donc plutôt vers juin, mais puisqu'on est dans les œillets, allons-y. medium_lychnis.jpgLes feuilles sont un peu similaires mais les fleurs sont intéressantes, rose vif, comme un peu chiffonnées, avec lobes très irréguliers et étroits qui donnent cet aspect déchiqueté. En séchant, le rose vif devient jaune pale, mais le mouvement demeure. On reviendra sur les silènes maritimes quand on fera un tour en bords de mer.

Allez, un petit coup de jaune encore.
medium_chelidoine.jpgLa chélidoinechelidonium majus (famille des pavots) Et celle-là pour rester jaune, elle reste jaune, même sur les mains quand on la cueille. Appelée aussi "grande eclaire", ou plus communément" herbe aux verrues" car la sève, appliquée sur les verrues a la réputation de les réduire en 8 jours. C'est ce suc qui teinte les doigts. Dangereux en usage interne. Elle s'adapte particulièrement aux friches, terrains incultes.
Une autre qui s'adapte aussi sur les terres abandonnées, sur toutes les surfaces d'ailleurs tant qu'à faire, le medium_laiteron.jpglaiteron des champssonchus arvensis. Et revoilà la grande famille des composées jaunes, celles qui poussent partout, s'adaptent, variétés difficiles à étiqueter à moins d'aller devant la plante avec deux ou trois livres pour comparer et différencier les épervières et autres crépides (ah si les crépides ce sont celles qui s'accrochent désespérément en aout-septembre sur les pelouses quand toutes les autres herbes ont grillé).


La prochaine fois, on s'attaque aux ombellifères et un peu de couleur avec les pervenches, pensées sauvages et autres violettes et myosotis.

15.04.2007

Herbier des campagnes bretonnes 4

Mi-avril (1ère partie)
Ça y est, c'est parti,. ça commence à fleurir de partout, les variétés s'accélèrent, sur tous les terrains.
medium_bouton_d_or.jpgBouton d'orrenonculus acris taille moyenne à grande, dans les prés et sur les bords des chemins, zones un peu humides J'avais évoqué précédemment les ficaires et les populages, spécimens précoces mais voici maintenant venir la plus connue de la famille des renoncules : le bouton d'or. Interessant, car il fleurit longtemps, il conserve bien sa couleur jaune et il forme avec la tige et en prenant le soin de conserver quelques feuilles (à plusieurs lobes) une composition élancée, claire, donnant un mouvement à l'herbier. A cueillir jeune aussi mais quand même bien ouvert, car comme la plupart des fleurs il se referme sur lui même, repliant ses 6 pétales, à l'aube et le soir. Quand nous étions petits, dans les champs, nous passions une fleur de bouton d'or sous le menton du copain et s'il y avait un reflet d'or, on disait que la "personne aime bien le beurre" (ce qui marchait à tous les coups mais c'est normal, c'est tout à fait naturel chez un breton d'aimer le beurre, pas la peine d'aller y mettre une fleur). Ceci étant c'est une plante plutôt vénéneuse et les animaux ne la mangent pas.

medium_marguerite.jpgGrande Margueriteleucanthemum vulgare J'avais aussi parlé des pâquerettes, et voilà, dans cette même (gigantesque) famille des composées, la très grande sœur : la grande marguerite. elles se ressemblent surtout par leurs pétales élancées et leur cœur de capitules jaunes. Les fameuses languettes blanches que l'on effeuillait en pensant "il m'aime, il m'aime pas, il m'aime, il m'aime pas". Ça fait partie des classiques tout comme les vœux que l'on fait avant de souffler sur les capitules cotonneux des pissenlits en espérant qu'un seul souffle les enlèvera tout entiers du cœur (et aussi les feuilles de digitales que l'on "couaque" entre les doigts et les graines des stellaires que l'on claque aussi.) Faire attention à ne pas cueillir des fleurs au cœur jaune trop bombé car les mini capitules s'effilocheront après le pressage. Là encore prendre une fleur jeune avec cœur très fin, presque verdâtre et bien sûr garder les feuilles dentelées, embrassant la tige. C'est un très bel effet et le blanc demeure blanc.

medium_stellaire.jpgStellairestellaria holostea.(vivace courte, rampante. Feuilles étroites, lancéolées. Fleurs 20-30 mm, pétales blancs échancrés jusque mi-longueur). J'ai évoqué les graines que l'on claquait entre les doigts. Mais auparavant, les fossés sont bien garnis de cette petite fleur blanche qui se met en groupe pour faire une tache colorée. Les pétales sont particulièrement fins (alors que les graines sont bien rebondies), donc attention en les décollant de l'annuaire. Il vaut mieux les faire sécher avec plein de leurs feuilles, car elles donnent vraiment ce côté bouquet printanier des fossés.

medium_cardamine.jpgCardamine - cardamine pratensis. Là il va falloir chausser les bottes à nouveau car cette plante se plait et au bord de l'eau et surtout dans les prairies qu'elles contribuent à couvrir de tâches blances-rosées., de par leurs fleurs à 4 pétales (la fameuse famille des crucifères) La plante atteint environ 30 cm, et se dresse tout droit à partir de feuilles inférieures qui ressemblent à celles du cresson. Il paraît même qu'elles se mangent.. Ensuite les feuilles du long de la tige deviennent plus fines, dentelées et dissemblables. Il faut les cueillir aussi C'est une fleur qui conservera sa couleur, mais les versions rosées donnent un meilleur effet.

medium_moutarde_des_champs.jpgMoutarde des champs, Sanvesinapsis arvensis. Restons dans les crucifères avec cette version jaune, très commune dans les champs et au bord des chemins. Environ 30 cm. Il y existe beaucoup de fleurs similaires, notamment les chou, les raves et le fameux colza qui illumine les paysages bretons printaniers par ces champs jaune d'or qui s'étalent au milieu des verts tendres. On voudrait presque pouvoir les peindre. J'ai souvent cru que la moutarde des champs provenait de ces graines de colza essaimées, mais non, elle a bien son existence propre

medium_monnaie_du_pape.jpgMonnaie du papelunaria annua. Allez une dernière crucifère avec cette plante, plus connue et cultivée pour ces fruits presque ronds et translucides, mais dont la fleur, très violette et plutôt grande, apporte une touche bien colorée. Les feuilles, ovales et dentées sont intéressantes à cueillir aussi, plutôt vert tendre et pas trop grosses quand même.



Il reste encore beaucoup à dire sur cette mi-avril, notamment l'éveil de la formidable famille des ombellifères et les touches bleues violettes des jacinthes et des violettes des bois. A suivre..

09.04.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 3

Herbiers des campagnes bretonnes 3
Avril - Ils poussent partout
medium_paquerette.jpgPâqueretteBellis prennis. Pâquerette et pissenlit et voilà deux espèces qui s'invitent partout, champs, chemins, pelouses, jardins. Impossible de les rater. Mais si la première peut à la rigueur orner un herbier par ses inflorescences blanches au cœur jaune, il faut en mettre plusieurs pour redonner l'aspect de ces petites fleurs (10 à 15cm au maximum) . Les languettes si blanches (avec parfois terminaisons rouges) deviennent beaucoup plus fines et plus ternes au séchage, mais en prenant soin d'y ajouter les petites feuilles en reosette, ça peut être d'un bel effet. Et elles s'intègrent dans n'importent quel thème d'herbier, vu qu'elles s'adaptent vaillamment à toutes les milieux, même urbains (intéressant d'ailleurs un herbier urbain).Et c'est la seule fleur à s'appeler bellis. Hommage lui soit donc rendu
medium_pisenlit.jpgPissenlittaraxacum vulgaris. Le pissenlit quant à lui, formidable adaptateur également, sort lui aussi de cette même très grande famille des composées. Enorme famille (encore plus grande que celle des ombellifères, des légumineuses ou des labiées) qui comprend les marguerites, centaurées et chardons mais surtout toutes les variétés jaunes telles les crépides, chicorées, laitues avec beaucoup de difficultés à reconnaître les espèces, notamment les pissenlits. Il n'est pas intéressant à presser car fait une sorte de pâté informe mais agrémente tout à fait un herbier "terrains vagues" et hommage lui soit rendu aussi pour sa comabativité. Et qui n'a pas soufflé sur les capitules cotonneux en faisant un voeu ?
medium_trèfle.jpgTrèfle blanc - trifolium repens Dans le même style poussant partout, voici venir le trèfle blanc, qui n'est plus limité aux pâturages mais essaime sur le moindre bas-côté. Tellement qu'un des miels les plus connus en Bretagne est fait à base de ronces et de ce trèfle blanc increvable. (famille des pois). Lui aussi vire un peu au marron en séchant.
medium_geranium.jpgGeranium découpégeranium dissectum le premier géranium qui apparaît sur les fossés et même pelouses. Très bas, discret,rampant, rien à voir avec la fière allure de leurs cousins geraniums sanguin ou herbes à robert qui vont fleurir en mai. Bonne nouvelle, tous les géraniums conservent leur couleur rose/mauve au pressage et ce serait dommage de rater ce premier venu, petit poucet mais vaillant, tout comme les pâquerettes
medium_groseiller.jpgGroseiller à fleurs.- ribes sanguineum. Il s'agit en fait d'un arbuste, introduit pour agrémenter les haies de maisons individuelles et les murets des villes. Mais la fleur pendante, associée avec ses feuilles et disposée tête en bas, à partir du haut de l'herbier, apporte une très belle harmonie. Un peu comme la fuschia, qui fleurira en fin d'été. Les espèces pendantes sont assez rares, du moins celles qui gardent bien forme et couleur, donc, à cueillir.
medium_ajonc.jpgAjonc d'EuropeUlex europaeus et Genêt à balaicytisus scoparius.medium_genet.2.jpg(arbustes de la famille des pois) Enfin, c'est vrai que la Bretagne se couvre d'or en avril avec les ajoncs et les genêts mais malheureusement, ces fleurs emblématiques ne se laissent pas apprivoiser facilement. Le genêt devient d'un marron inintéressant, quant aux ajoncs, on peut à la rigueur cueillir les fleurs jaunes une à une (car les tiges sont très épineuses) et les presser ainsi, puis les regrouper, par exemple dans chaque coin de la planche pour donner un aspect local.Et si vous ratez la floraison de printemps, il y en a une autre à la fin de l'été. (en même temps que les bruyères) Mais rien ne rendra ces fantastiques haies jaunes qui me manquaient tant quand j'étais à l'étranger.

04.04.2007

Herbiers des campagnes bretonnes 2

Herbiers des campagnes bretonnes 2

Mars (2ème partie – vert et bleu)


medium_eu.jpgEuphorbe des bois - euphorbia amygdaloides Famille des Euphorbes.Au bord des chemins de mars, plutôt à l'ombre ou en sous-bois, apparaît une plante, moyenne taille, qui pourrait passer totalement inaperçue, qu'on pourrait confondre avec un feuillage, voire une mauvaise herbe. Tout y est vert, feuilles, lancéolées sur une longue tige (parfois rougeâtre la tige) et ces ombelles vertes avec des glandes jaunes que l'on distingue à peine, cachées par des corolles vertes. Après le séchage, l'euphorbe demeure verte et sa couleur tout comme ses rondeurs, ou sa masse sont d'un meilleur effet sur un herbier. (au mois de mai-juin, on trouve aussi sur nos côtes la variété Euphorbe maritime, plus petite, plutôt dans endroits secs et sableux, avec une tige rougeâtre, glabre, non ramifiée)

medium_pu.jpgPulmonaire officinale- pulmonaria officinalis- Les premières tâches bleues apparaissent aussi (non pas encore les myosotis, ni les jacinthes ou les véroniques qui viendront plutôt en avril-mai) Là il s'agit des pulmonaires officinales, très beau rose devenant bleu, en cloche s'élevant au dessus de feuilles à taches pales un peu velues. La Grande famille bleues des bourraches qui comprend aussi le myosotis, si si. Feuille et tiges deviennent très sombre au séchage mais la fleur demeure et pour un herbier officinal, rien de tel.


medium_bu.jpgBugle rampanteAjuga reptans Une autre très petite fleur -bleu pointant son nez assez tôt est bien souvent négligée. On lui marche dessus, on l'ignore, tout juste ne la traite t'on pas de laideron qui pue : "le bugle rampant", très très commun, que l'on confond souvent avec sa cousine rose, l'épiaire des champsstachys arvensis, medium_ep.jpgmais c'est un peu cette même grande famille des labiées, sauges et lamiers, plutôt mal aimées. Les orties en sont le bel exemple. C'est vrai, le bugle ne sent pas particulièrement bon, il est tout petit, plein de feuilles velues et des mini-fleurs à deux lèvres qui essaient de pointer leur bout de tête mais qui ne sont pas gâtées par l'environnement. Mais les abeilles aiment bien.

Je n'ai pas volontairement parlé des arbustes aux belles fleurs blanches, aubépines et églantiers, qui pourtant, par leur masse coloriée blanche, annoncent plus que tout l'arrivée du printemps. C'est parce que, essayez d'abord de cueillir des aubépines, ça pique de partout et seule la fleur blanche gagnerait à être pressée, détachée de sa branche, mais même là, elle vire vers une sorte de marron pisseux et toute la magie disparaît.

La prochaine fois, Avril (et là il commence à y en avoir pas mal..)

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