06.10.2006

Marguerite et la mondialisation, par Guy carlier

Guy Carlier et Marguerite
J'ai été très touchée par la chronique de Guy carlier ce jeudi matin 5 octobre (7h55, je ne sais pas si l'on peut réécouter, peut-être par Podcast).
C'était parti d'une répartie avec un autre animateur qui lui demandait de fredonner l'air de Carmen ("l'amour est enfant de Bohême..") et G Carlier s'est retrouvé fredonner les paroles de la pub de 118 708 ou un numéro comme ça qui reprend l'air de Bizet et il en a été effrayé le Carlier.
D'où cette chronique d'une vielle dame habitant seule une maison éloignée d'un village de l'Yonne et qui n'a pour compagnie que la télévision. G Carlier notait qu'à l'heure de sa chronique, elle devait surement regarder W Lemergie à télé matin, puis Sophie Davant, qu'elle aime particulièrement car elle lui rappelle sa Sophie à elle dont la photo de communiante jaunie trône sur la télévision et qui ne vient plus la voir. Non les rares visites que recevait Marguerite, c'était la factrice qui apportait le courrier. Enfin c'est pas qu'elle recevait beaucoup de courrier Marguerite, juste l'Yonne Républicaine, les publicités des 3 suisses et les avis de paiement de la CAMARCA. La factrice apportait aussi parfois le pain et les médicaments pour les jambes de Marguerite. Et puis elle a cessé de venir, remplacé par un facteur avec une grosse camionnette qui n'a plus le temps de s'arrêter car il doit avoir terminé pour midi afin de remplir le contrat d'objectifs de la Poste pour toucher sa prime d'interessement. Et Marguerite doit descendre doucement(à cause de ses jambes) jusqu'à la boite aux lettres pour trouver un recommandé de la camarca qu'elle devra aller chercher à la grande poste d'Avalon. Alors elle appelle justement ce fameux 118 208 pour demander le numéro de la poste d'Avalon. Et un opérateur basé à Casablanca ou Limerick, après avoir pris ses coordonnées et demandé rapidement si elle était satisfaite du temps de réponse, la met en relation avec ....Emile Laposte, à Avalon
Et G Carlier de terminer, pour reprendre cet air de Carmen : "si l'amour est enfant de Bohème, la mondialisation elle est bien fille de pute."
J'espère qu'il ne m'en voudra pas de renoter (en dix fois moins bien" cette chronique, mais il y a des petites histoires comme ça qui en disent bien plus long que des éditoriaux économico-politiques et en bien plus humains.

08.09.2006

Lenoir toujours et encore

726ad7d004a0b5a70734f6392d6171e8.jpgPutain, déjà presque 30 ans que j'écoute B Lenoir.
C'est un peu la réflexion que je me faisais à l'occasion de la nouvelle grille de France Inter ou l'intéressé à cèdé son horaire de 21h00 pour passer une heure plus tard.
30 ans et déjà beaucoup de modifications horaires, de menaces de suppression etc..Mais il est toujours, là, apparemment pas lassé de proposer cette musique un peu différente. "pas comme les autres" dit-il, loin des standards qui inondent la FM. (quoique dans les grandes agglomérations il y a surement de très bonnes stations, telles Canal B à Rennes, mais ici c'est la soupe habituelle fun radio, nrj ou toutes les nostalgies avec plein de pub et des morceaux sirupeux/dansants qui me donnent un mal de crane absolu)
Je me rappelle encore écouter "Feedback", à la fin 1970 et découvrir Echo and the Bunnymen. Avant cela je baignais déjà dans un paysage rock, certes, depuis toujours, mais plus élargi, grand public disons, apporté par les médias de masse ou quelques magazines spécialisés. La nouveauté branchée de l'époque c'était Police ou Dire Straits.
Et puis est venue une musique d'ailleurs, avec des retransmissions de concerts, des sons plutôt anglo-saxons et sacrément bons, les Joy Division, Cure et donc Echo and the Bunnymen, groupe qui m'est resté comme un des premiers écoutés sous l'ère Lenoir.
Ensuite j'ai un peu décroché, les enfants et les études d'assistante sociale prenant toute la place. Jusqu'à ce que vers la fin 1980/ début 1990, je redevienne mordue de l'émission avec des découvertes coups de poignards : le son de Manchester avec Stone Roses, Happy Mondays et les Smiths, la brit Pop avec Blur, La's et Oasis, le shoe gazing avec Ride et My Bloody Valentine et la scène noisy américaine avec Dinosaur Jr et Sonic Youth : bref que du bon.
Il faut dire que le magazine des Inrocks était passé par là, auquel j'ai été abonnée pendant longtemps avant de trouver leurs critiques un peu trop jouant à "être parisien branché et différent". Mais Lenoir, lui, demeure intègre, sachant se faire entourer de collaborateurs qui ont marqué des époques. Je me rappelle encore Arnaud Viviant chahutant Bernard Cantat, Lydie Barbarian apportant une touche féminine et bruitiste, Mishka Assayas, toujours très juste et fortement emprunt d'émotion. Bref, du bon et ça continue encore avec H cassaveti et ses vieilleries, même si parfois son phrasé un peu sourd passe mal à radio. j'ai du mal à le comprendre. Mais découvrir Traffic et Peter hamill est toujours un plaisir.
Sans oublier les légendaires sessions. J'en ai enregistré des dizaines dont des vrais musts (dommage que certaines de mes cassettes commencent à donner des signes de fatigue)
Bref, ravie d'être à l'écoute après 30 ans. J'ai pas l'impression d'avoir pris une ride avec son émission alors que je ne dois pas être beaucoup plus jeune que l'animateur. Mais c'est que lui, n'en a pris, de rides dans ce domaine musical indépendant.
(allez, juste un peu plus de bruitiste me plairait bien..)
Alors longue vie, Bernard